‹ Les trésors de Cornelius a Lapide (volume 2)Chapitre 25 sur 97 · IV · texte numérisé non relu

IV

jusqu’à la fin le malheureux qui allait mourir, partageait ses an< goisses, ranimait son courage défaillant, et le fortifiait également contre les terreurs du supplice et contre celles du remords. Ses mains compatissantes ne se détachaient, pour ainsi dire, de linfortuné qu’elles avaient reçu au pied du tribunal inflexible de l’homme, qu'après lavoir déposé au pied du tribunal du Dieu clément.

Je ne finirais pas, si j’essayais de rappeler même sommairement tous les services rendus à la société par le clergé catholique. Combien d’inimitiés apaisées, combien d’époux , de parents, de concitoyens réconciliés , de victimes arrachées au vice, de torts réparés , d’iniquités prévenues, de peines consolées, de secrètes misères adoucies par leur entremise!

J’ai rappelé une partie des bienfaits de la religion , ils sont aussi grands qu’incontestables. Comment se fait-il qu’une religion si favorable à l'humanité, mère de la civilisation et de la science, amié de la liberté, de l'égalité, de la fraternité; qu’une religion qui soulage toutesles misères, ait des ennemis parmi les hommes? Est-il possible que tant d’amour ne dissipe pas lespréjugés et la haine? Hélas! ce qui l’excite cette haine, c’est la beauté, la perfection même de la loi évangélique. La sévérité des devoirs qu’elle impose effraie les passions, et oncontestele bien qu’elle fait, àcause du bien qu’elle ordonne defaire,

Mais , avant de rejeter avec dédain la religion, l’homme doit apprendre à la connaitre, Le mépris est facile ; c’est un plaisir que l’ignorance procure à peu de frais à l’orgueil : mais encore faudraitil, portant les yeux plus loin, regarder aux suites de ce mépris, et songer à ce qu’on répondra au législateur suprême, lorsqu'il nous en demandera raison. Sourire, ce n’est pas tout, et Dieu aussi sourira, dit l’Ecriture : /rridebit et subsannabit eos (Psal. 11. 4). Mais en ce jour formidable qui sera celui de sa justice, la créature rebelle, contemplant à découvert l’ordre qu’elle a blessé, et l’'admirant avec désespoir , le sentira tellement conforme à sa nature , que ce sera pour elle un moindre tourment d’y concourir par son supplice, que de le troubler, s’il était possible, par la jouissance injuste de la félicité qu’elle mérita de perdre. À quoi sert de s’abuser ? quel avantage nous en revient-il? Qu'est-ce, hélas! que ce court assoupissement qu'on se procure à l’aide de sophismes enivrants, comparé à cette veille terrible qui lui succède , et à laquelle rien ne succède ?...

Attachons -nous donc à cette religion si féconde en bienfaits, si parfaite, si divine ; aimons-la, respectons-la, pratiquons-la.….

oser ayant été vendu par ses frères, lorsqu'ils allèrent en Egypte

pour se soustraire à la famine, il les menaca, les traita d’espions,

les fit mettre en prison pendant trois jours. Et ils se disaient l’un à l’autre : Nous souffrons ceci justement, parce que nous avons péché contre notre frère : Merito h«æc patimur, quia peccavimus in fratrem nostrum (Gen, x1ur. 21).

Autant, dit saint Bernard, on se livre à des plaisir scriminels, autant on retrouve de tourments dans la peine; car nous sommes punis par où nous péchons : Quotquot fuerunt oblectamenta mala, tot tormenta dura in pœna ; nam inde punimur, unde delectamur (Serm. in Psal.).

La justice de Dieu ne laisse impuni aucun péché, comme elle ne laisse aucun bien sans récompense. L'âme criminelle provoque ellemême sa peine... Vous l’avez ainsi ordonné, dit saint Augustin, et il doit en être ainsi : que tout esprit déréglé soit à lui-même sa peine: Jussisti, Domune, et ita est, ut pœna sibr sif omnis inordinatus animus (Lib. Confess.).

Je rejetterai les crimes du coupable dans son sein, dit le Seigneur

par la bouche d’Isaie : Remetiar opus eorum primum in sinu eorum

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