LV
Parce qu'ils ont abandonné la loi que je leur avais donnée, dit Jérémie, qu’ils n’ont point écouté ma voix, et qu'ils n’ont point marché selon mes commandements; et parce qu'ils ont suivi la perversité de leur cœur, voici ce que dit le Seigneur des armées, le Dieu
d'Israël : Je nourrirai ce peuple d’absinthe, je l’abreuverai de l’eau
de fiel : Quia dereliquerunt legem meam, et non audierunt vocem meam , et non ambulaverunt in ea; et abierunt post pravitatem cordis sui; idctreo , ecce ego cibabo populum istum absinthio , et notum dabo
eis aquam fellis (1x. 13-15).
Autant de vices, autant de remords et de tourments de l’âme, dit saint Jérôme : Quot sunt vitia, tot sunt animt tormenta (Lib. super Genes.). | |
L'impie est lui-même son châtiment , dit saint Ambroise : Zmprus ipse sibi pæna est (Lib. de Offic.).
Le joug de mes iniquités veille, dit Jérémie : de se prye tie qguitatum mearum (Lament. 1. 14).
LT
Justice du remords.
Le démon et les passions ne laissent
pas entrevoir le remords
avant l’action mauvaise,
On ne peut se soustraire aux remords.
La conscience a été donnée à l’homme pour s’attacher au bien et fuir le mal; donc celui qui fait le mal, blessant sa conscience, doit nécessairement sentir le remords...
Le péché, jusqu’à ce qu’il soit consommé, tient l’âme dans les ténèbres , dit saint Chrysostome, et la jette dans un sombre nuage; ensuite le remords de la conscience se lève et ronge l’âme plus que tout autre accusateur, montrant le désordre et l’énormité de l’action (1).
C'est comme l’eau d’un fleuve : tant qu’elle coule, elle est douce; arrivée à la mer, elle devient amère et salée...
Le coupable commet le péché pour avoir quelque moment de plaisir, dit saint Augustin ; le plaisir passe, le péché reste; ce qui flattait n’est plus, ce qui tourmente ne s’en va pas (2).
Lorsque le serpent voulut faire tomber Eve, il lui cacha le remords, et il lui fit voir la beauté et l'excellence du fruit défendu. Vous ne mourrez pas, dit-il, vous serez comme des dieux, sachant le bien et le mal (Gen. 11. 4. 5). Elle tombe , Adam tombe. Le remords et la confusion s’emparent d'eux... Si le démon et les passions ne cachaient pas le remords, surtout avant le péché, on ne tomberait jamais dans le mal. C’est donc une ruse infernale du démon et des passions de nous empêcher de penser, avant le mal, au remords qui suivra la chute...
Les péchés, dit saint Basile, suivent l’âme comme l'ombre je COTPS;, et représentent vivement par le remords les images des crimes commis : Sicut umbræ corpora, sic peccata sequuntur animas, et manif'estas facinorum repræsentant imagines (Apud Anton., serm. xvi). Quelque distraction qu’eût David, son péché lui était toujours présent, dit saint Ambroise : Quoi qu’il dit, ou entendit dire, à quelque action qu'il se livrât, le remords était toujours là : tout ce qu'il voyait lui jetait son crime à la face; à table, au lit, la nuit, le jour, dans ses prières, jamais le souvenir de sa chute ne le quittait : son remords le poursuivait partout. 1] le dit lui-même : Mon péché
(1) Peccatum donec consummetur, obtenebrat mentem, et quasi densa nubes ita mentem corrumpit : deinde conscientia insurgit , et quovis accusatore mentem gra— vius arrodit, monstrans absurditatem facti (In Genes., ce. xLur).
(2) Fecit peccatum, ut aliquäm corporalem caperet voluptatem; voluptas transit,
peccatum manet : prateriit quod delectabat, remansit quod pungat (Tract. de Honest. mulier.).
REMORDS. Arr
est toujours contre moi : Peccatum meum contra me est semper (2. 4. — Lib. I de Office. },
Saint Ambroise s'adressant à Caïn, dit excellemment : ce n’est pas la voix d’Abel qui t’accuse, ce n’est pas son âme, mais la voix du sang que tu as répandu ; c’est ton crime qui t’accuse, et non ton frère. Cependant la terre qui a recu ce sang, est aussi témoin contre toi, Si ton frère t’épargne, la terre ne t’épargne pas ; si ton frère se tait, la terre te condamne : elle est pour toi et témoin et juge. {l n’y a pas de doute que les créatures supérieures, le ciel, le soleil, la June, les étailes, les trônes, les dominations , les principautés , les puissances, les chérubins et les séraphins, n’aient aussi condamné ce coupable que les créatures inférieures condamnaient également. Comment le ciel pourrait-il l’épargner, puisque la terre le FOI ? (Lib. IT de Cain. c. 1x.)
Saint Wenceslas, roi de Bohème et martyr, eut le sort d’Abel ; son frère Boleslas, comme un autre Caïn, le tua, poussé à ce fratricide par sa mère Drohomire : ce saint fut assassiné à la porte du temple où il priait. Les murs du temple furent teints de son sang innocent; et ce fut en vain que ses bourreaux s’efforcèrent de faire disparai- ‘tre ce sang; plusils lavaient les murs, plus le sang paraissait. Ce sang ne put être enlevé ; il resta en témoignage contre les auteurs d’un si grand crime; ce sang, comme celui d’Abel, demandait vengeance au ciel. C’est pourquoi tous ceux qui avaient trempé dans ce forfait, périrent misérablement. La terre engloutit vivante Drohomire, qui avait été enfermée dans la forteresse de Prague. Boleslas, comme un autre Caïn, tourmenté par des choses extraordinaires et des terreurs, attaqué par l’empereur Othon qui s’arma pour venger ce meurtre, accablé de terribles maladies, fut privé du pouvoir et finit par mourir tristement. Parmi les autres coupables, les uns, agités par le démon, craignant jusqu’à leur ombre, se jetèrent dans le fleuve et se noyèrent ; d’autres, devenus fous, prirent la fuite et disparurent sans retour; les autres enfin, frappés de diverses maladies incurables, devenus à charge au reste des hommes, moururent tous d’une mort affreuse. (Ita habet ejus vita; ita et Annales Bohemiæ, atjue ex ïis Æneas Sylvius in Aistoria Bohemica.)
Si tu fais le bien, dit le Seigneur à Caïn, n’en recevras-tu pas fa récompense ? si tu fais mal, le péché n’est-il pas là pour t’apparaitre soudain? Vonne si bene egeris, recipies? sin autem male, statim na foribus peccatum aderit? (Gen. 14.7.)
Personne ne peut se soustraire au remords, à cette flagellation de
la conscience. ; le remords est inséparable de la faute...; la peine marche avec le coupable...
L’impie fuit sans qu’on le poursuive, disent les Proverbes : Fugit npius, nemine persequente (XXVI. À ).
Tel est le péché, dit saint Chrysostome , que personne ne reprenant le coupable, ne le découvrant, personne ne le condamnant , ne l'accusant, ne sachant sa faute, il fuit sans être poursuivi par personne. Ah! le remords est dans l’intérieur de sa conscience; cet accusateur est toujours là; et comme le pécheur ne peut pas se fuir , il ne peut pas non plus éviter cet accusateur secret et intérieur (Apud Maxim., serm. xxvr).
Le remords est le compagnon inséparable du péché. Comme deux forçats enchainés ensemble ne peuvent remuer, se lever, aller, venir l’un sans l’autre, de même le remords suit constamment le pécheur.
L’esclave de l'homme se repose quelquefois, dit saint Augustin; mais l’esclave du péché, où peut-il aller pour se reposer? Quelque part qu’il aille, il le traine après lui. Une mauvaise conscience ne peut pas se fuir; il n’y a pas de lieu où elle puisse se mettre à l'abri; elle se suit elle-même, elle ne s'éloigne jamais; car Le péché commis est au dedans (1).
La conscience criminelle, dit Plutarque, est à l’âme ce que l’ulcère est au corps : F’acinorosa conscientia in anima instar est ulceris in corpore (Lib. de Tranquill. animi).
Celui que Pon crucifiait portait sa croix, instrument de son supplice ; de même le criminel porte son supplice avec lui; sa croix, c’est le remords...
Le pécheur, dit saint Ambroise, lors même qu'’extérieurement il a les richesses en abondance, qu'il nage dans les plaisirs et est entouré de parfums, passe sa vie dans l’amertume. La vie du criminel est comme un songe ; il se réveille, son repos est passé, son plaisir s’est évanoui ; le repos même dont l’impie paraît jouir, est un enfer ; il descend vivant dans l’enfer.
Vous voyez le festin du pécheur : interrogez sa conscience, n'est-elle pas plus infecte que tous les sépulcres? Vous regardez sa joie, ses immenses richesses : voyez ses ulcères , et les blessures de son âme, et le fiel qui remplit son cœur. Il n’y pas de supplice
(1) Servus hominis aliquando requiescit; servus peccati, quo fugit? Se trahit quocumque fugerit. Non fugit seipsam mala conscientia; non est quo eat, sequi— tur se, imo non recedit a se; peccafum enim quod facit, intus est (Lib, de Civit.).
comparable à la captivité du péché, au remords que donnent les chutes dans le péché. Ce remords, qui est la peine de la conscience coupable, châtie le pécheur qui a péché en secret; il veut se couvrir, et il est nu en la présence de Dieu (Lib. I Offie., 0. xx).
Expliquez-moi , dit admirablement saint Chrysostome, la conscience de ce criminel , et vous verrez un épouvantable tumulte des péchés, une terreur continuelle, la tempête, le trouble. Vous verrez V’âme trainée au tribunal suprème de la conscience ; vous la verrez assise comme un juge, employant le remords comme un bourreau, attachant l’âme au poteau de l’ignominie, la condamnant à haute voix, et cela sans autre témoin que Dieu. Celui qui commet l’adulière, füt-il le plus riche du monde, n’eût-il aucan témoin, aucun accusateur, ne cesse d’être poursuivi, accusé en lui-même. Son plaisir a passé vite, son tourment est perpétuel. De toute part, crainte et frayeur, soupçon et anxiété; il redoute les lieux les plus cachés, il est épouvanté même des ombres; il pälit devant ses serviteurs, ne sussent-ils même rien; le souvenir, la vue de son complice l'accable de confusion, de honte, d’amertume, de remords déchirants. Il porte son accusateur , il se condamne lui-même; il n’a pas un instant pour respirer tranquille. Et tous ceux qui sont coupables de tout autre crime, sont plongés dans les mêmes angoisses et les mêmes tourments ( Æomil, 1 de Lazaro).
Parmi toutes les tribulations de l’âme humaine, il n’y en a point de plus grande que Le remords des péchés, ditsaint Augustin : /nter omnes tribulationes humanæ animcæ nulla est major tribulatio quam conscientia delictorum (In Psal. x1Y ).
Tout homme qui est mauvais, dit encore saint Augustin, est mal avec lui-même ; il est nécessairement tourmenté, déchiré; il est son propre tourment. Celui que sa conscience poursuit est à lui-même sa propre peine : on peut fuir un ennemi , mais comment se fuir soimême (1).
La première et la plus grande peine de ceux qui pèchent, dit Sénèque lui-même, c’est d’avoir péché : aucun crime ne reste impuni ; le supplice du crime est dans le crime lui-même : Prima et maxima peccantium pæna est , peccasse : nec ullum scelus impunitum est, quoniam sceleris in scelere supplicium est (Epist. xxvIr).
Le remords est comme un gardien , comme un chien couché à la
(1) Quisquis malus est, male secum est, torqueatur necesse est, sibi ipsi tormentum est : ipse enim est pœna sua, quem torquet constientia sua, Fugit ab inimico quo potuerit; a se quo fugiet? (In Psal, xxxv1, conc. 11.)
porte du mal pour faire justice du péché. Aussitôt que vous aurez péché , il sera là, il aboiera contre vous, il vous mordra, il vous déchirera. C’est le ver rongeur de la conscience ; il se soulève contre l'âme coupable , il est furieux contre elle; il montre la colère de Dieu qui va frapper ; c’est la tribulation, l’angoisse, et toutes les douleurs présentes et futures.
Saul , persécuteur , entend une voix terrible qui lui crie : Saul, Saul , pourquoi me persécutez-vous? IL vous est dur de regimber contre l’aiguillon du remords : Saule, Saule, quid me persequeris ? Durum est tibi contra stimulum calcitrare ( Act. 1x. 4. 5).
Il n’y a pas de supplice plus terrible que le remords de conscience, dit saint Isidore ; la conscience du coupable est toujours dans la peine; jamais une âme criminelle n’est tranquille et en paix: le remords la dévore (1).
Les yeux qui se ferment à la faute s’ouvrent à la peine , dit saint Grégoire : Oculos quos culpa claudit, pœnæ aperit (In Genes. ).
La conscience est un véritable tribunal domestique, dit saint Grégoire de Nazianze : C'onscientia domesticum et verum tribunal est (In Genes.).
La conscience vaut mille témoins, dit saint Grégoire : Conscientia mille testes (In Genes. ).
Les crimes sont punis par le remords, dit Sénèque ( Zpist. xawir).
Il vous est impossible d’espérer vous cacher, si vous faites quel- ‘que chose de honteux, dit Isocrate; car quand même vous le cacheriez aux hommes, vous verrez clairement votre iniquité : Omnino non sperandum , si quid turpe feceris, te latiturum ; quamwvis enim lateas alios , late tamen tibi male conscius eris (Teste Plutarch. ),
Nos parents, dit Epictète, nous confient dans notre enfance à des instituteurs ; mais Dieu nous livre, devenus grands, à notre conscience pour nous garder : Parentes non pueros, pædagogo ; Deus autem , jam viros, conscientiæ custodiendos tradit (Teste Plutarch.).
Néron, le cruel Néron, avoue lui-même qu'il était bourrelé, tourmenté par l’image de sa mère qu'il avait fait mourir; qu'il était déchiré par les fouets des furies, et dévoré par des torches enflammées (Ita Dion. in Nerone ).
Ceux , dit saint Chrysostome , qui, dans la prison, attendent la peine capitale à laquelle ils ont été condamnés, passent leurs heures
(1) Nulla pœna gravior est pœna conscientiæ ; conscientia rei semper in pœna est, nunquam seçurus est reus animus; mens enim mala conscientiæ proprits gyratur stimulis (Lib. IT SoZ/oq. ).
dans l'angoisse et le tourment, lors même qu'ils auraient toutes les délices de la terre; de même ceux qui ont une âme chargée d’iniquités, sont dévorés par le remords (Æomil. xuut de Nequitia depulsa).
Sortez et voyez, dit le Seigneur par la bouche d’Isaïe ; voyez Les cadavres des violateurs de ma loi : le ver qui les ronge ne mourra pas, et le feu qui les dévore ne s’éteindra pas; et ils seront à jamais un objet d'horreur pour toute chair (Lxvr. 24). C’est aussi ce que dit J. C.: Leur ver ne meurt pas : Vermis eorum non moritur (Marc. 1x. 47 ).
Antiochus, chargé de crimes et poursuivi par les remords, disait lui-même : Le sommeil s’est éloigné de mes yeux; je suis abattu, et mon cœur a défailli à cause de mes chagrins. Et j'ai dit en mon cœur : En quelle affliction suis-je plongé maintenant, et en quel abime de tristesse, moi qui étais heureux et aimé dans ma puissance ! Maintenant je me souviens des maux que j’ai faits à Jérusalem, d’où j’ai emporté tout l’or et l’argent, faisant enlever sans motif ceux qui habitaient en Judée. Je reconnais donc que c’est à cause de cela que ces maux sont tombés sur moi ; et voilà que, plongé dans la tristesse, je meurs sur la terre étrangère : Nunc reminiscor malorum quæ feci in Jerusalem... Cognovi ergo quia propterea invenerunt me mala ista ; et ecce pereo trishitin magna in terra aliena (I. Machab. vi. 10-13).
On voit les mêmes peines dans Adam, Caïn, les frères de Joseph, le traître Judas : car le remords presse la conscience, rappelle le crime à la mémoire, et, par ses violents reproches, il châtie et ne laisse aucun repos.
Dans ma propre maison et dans ma propre famille, j’ai des accusateurs, dit saint Bernard, j’ai des témoins, des juges et des bourreaux. La conscience m’accuse , la mémoire est le témoin, la raison est le juge, la volupté est la prison, le remords est le bourreau, le tourment , le supplice (1).
Le mal poursuit les pécheurs , disent les Proverbes : Peccatores persequitur malum (xur. 21); car la faute commise poursuit et persécute celui qui la faite; elle trouble sa conscience, la presse, l’agite, la tourmente, afin que partout le coupable se souvienne de son crime , qu’il tremble, et s’attende à la vengeance divine...
(1) In domo propria, et propria familia, habeo accusatores, testes, judices, et tortores. Accusat me conscientia, testis est memoria, ratio judex, voluptas carcer; timor, tortor, tormentum ( Lib. de Interiori domo, c. xiv ).
Une âme souillée de crimes, dit Pacatus, a je ne sais quels bourreaux intérieurs; ou plutôt, une telle conscience est son propre bourreau : Æabet, nescio, quos internos, mens scelerata, carnifices ; aut ipsa sibi carnifex conscientia est (In Paneg. Theodosii imper., C. XL),
O triste souvenir, Ô le plus terrible des tourments, que celui d’une conscience souillée, s’écrie Quintilien ! O tristis recordatio, a tormentis omnibus conscientia gravior ! (Declamat, xrr. )
Le remords s'attache au coupable, comme le vautour à sa proie...
C’est la conscience qui punit lorsqu'on fait le mal, ditPhilostrate. Cest d’elle que vinrent les fureurs d’Oreste lorsqu'il s’éleva contre sa mère (Lib. VIT de Vita Apollon, c. vi).
Il n’y a pas de peine comparable à une conscience chargée de crimes, dit saint Grégoire ; car lorsque l’homme souffre à l’extérieur, il se réfugie en Dieu; mais une conscience déréglée ne trouve pas Dieu en elle-même ; alors, où peut-elle trouver des consolations? Où chercher le repos et la paix? (Zn Psal. ex.) C’est le contraire pour les justes...
Quelle peine plus terrible , dit saint Ambroise, que la blessure intérieure de la conscience? quel plus sévère jugement que ce jugement domestique, qui fait que le coupable voit son crime et se le reproche? ( Lib. IT de Offic., ©. 1v.)
La morsure du péché est la morsure du serpent; c’est une furie qui poursuit, qui agite, qui persécute; quelque part que vous alliez, votre péché est avec vous, il s’attache et adhère à votre conscience ; c’est un mal inquiet qui ne laisse plus aucun repos à Pâme.….,
Mon péché m’a désolée, dit Sion par Jérémie, et durant tout le jour il m’a accablée de douleur : Posuit me desolatam, tota die mærore confectam (Lament. 1, 13),
Le remords vous saisit comme la douleur saisit une femme qui enfante, dit le prophète Michée (1v. 9). Pourquoi, dit saint Ambroise, des tourments semblables tombent-ils sur le pécheur ? parce qu'il conçoit l’iniquité et qu'il l’enfante. Car il n’y a pas de douleur plus grande que le remords du péché qui blesse l’âme ; il n’y a pas de fardeau aussi accablant que celui des péchés. Il abat l’âme, il la renverse, elle ne peut presque plus se relever ; et elle ne le pourrait jamais sans la grâce de Dieu. Oh! mon fils, que le poids des iniquités est écrasant ! (Lib. III de Ofic.)
Mes jours ont fui, dit Job, mes pensées se sont dispersées en
tourmentant mon cœur; le jour n’est plus pour moi qu’une nuit sombre, la lumière n’est plus que ténèbres (xvir. 41. 19).
Ux malade qui ne sent plus son mal est voisin de la mort ; ainsi en est-il du pécheur qui n’a plus, qui ne sent plus de remords, parce qu'il les a étouffés..... Quand le pouls ne bat plus, e’en est fait de la vie; le pouls pour le pécheur, c’est le remords; tant que le remords se fait sentir, il y a espoir de guérison pour le pécheur ; mais lorsqu’il cesse, l’espoir s'enfuit...
La marque la plus certaine et la plus effrayante de l'abandon de Dieu et de l’éternelle réprobation, c’est la cessation du remords. Lorsqu'un pécheur n’a plus de remords, et qu’il se réjouit de n’être plus troublé dans ses plaisirs, alors il se vante même de ses crimes; il ne songe ni à s’en repentir ni à les quitter; il y persévère en toute sécurité; tout est perdu pour lui, il est maudit pour le temps et pour l'éternité.
Une âme criminelle poursuivie par le remords sent sa faute; tôt ou tard, elle rentre peut-être en elle-mème, elle change de vie: mais les remords cessant, elle ne sent plus sa faute; partant, elle ne se convertit plus...
Le remords est une grande grâce de Dieu pour le pécheur. Sentir le remords, l'écouter, prouve que la conscience n’est pas entièrement éteinte, dit saint Ambroise; celui qui sent sa blessure, en désire la guérison et prend des remèdes. Là où le mal est senti, il y a espoir de vie (Lib. II de Ofic., ce. v).
Dieu envoie le remords pour faire rentrer en soi-même, pour porter à se corriger, à demander pardon, à mener une nouvelle vie...
Dieu envoie le remords pour troubler la tranquillité dans les passions , pour faire comprendre le malheur du péché...
Si nos iniquités, Seigneur, dit Jérémie, déposent contre nous, agissez à cause de votre nom, car nos iniquités sont innombrables ; nous avons péché contre vous : 8? imiquitates nostræ responderint nobis; quia multæ sunt aversiones nostreæ ; tibi peccavimus (XIV. 7). Remarquez ici la puissance du remords qui, comme le dit Origène, est le correcteur et le guide de l'âme (/n Genes.).
Ainsi, 40 le remords est un frein après le péché, parce qu’il met en nous l’aversion du péché... ; 2 c’est un châtiment salutaire après le péché, parce qu’il en montre l’énormité et le désordre... Je fermerai le chemin du péché avec des épines, dit le Seigneur
Malheur affreux de ne plus sentir la
remords,
Le remordsest une grâce pour le pécheur.
Moyens de calmer le remords et de l’'éviter.
281 | REMORDS, par Osée : Sepiam viam tuam spinis (n. 6). Et il dira : J'irai et je retournerai à mon premier époux, à Dieu, parce qu’alors j'étais plus heureux qu'aujourd'hui: Z£ dicet : Vadam et revertar ad virum meum priorem, quia bene mihi erat tunc magis quam nunce (Id. 11. 7) Dieu ferme le chemin du péché par le remords...
Comme un enfant est frappé de verges pour qu’il se corrige, ainsi le pécheur est frappé par le remords pour qu'il s’arrête et change de route...
Vouzez- vous n'avoir jamais de remords ? dit saint Isidore : vivez saintement; la bonne vie est toujours dans l’allégresse et la paix : Vis nunguam esse tristis ? bene vive ; bona vita semper gaudium habet (Lib. IT Soliloq.).
Vous périrez parmi les nations, et la terre ennemie vous consumera, dit le Seigneur dans le Lévitique. Et si quelques-uns d’entre vous survivent, ils languiront dans la terre de leurs ennemis, à cause de leurs iniquités, et seront affligés pour leurs péchés, jusqu’à ce qu'ils confessent leurs iniquités; je marcherai contre eux, jusqu’à ce que leur cœur incirconcis s’humilie (xxvr. 38-41 ).
Ainsi le moyen d'éviter le remords, c’est d'éviter le péché qui seul l’engendre. Et le moyen de le calmer, de le faire disparaitre, c'est de se repentir des péchés commis, de s’en corriger et d’en faire pénitence.….
vor de plus servile que d’être réduit, ou plutôt, de $e réduire
soi-même à la nécessité de conformer sa religion au caprice
d'autrui? de la pratiquer, non plus selon l'Evangile , mais selon les idées des autres? de n’en donner des marques et de n’en accomplir les devoirs que selon le bon vouloir des autres? de n’être chrétien qu’autant que cela plaît à autrui?
Saint Augustin condamne les sages du paganisme, à qui la raison montrait l’existence d’un Dieu unique et qui en adoraient plusieurs par respect humain. Et par un autre respect humain, le lâche chrétien ne sert pas le Dieu qu’il connait et qu’il croit. Ceux-là étaient superstitieux et idolâtres; et celui-ci, par respect humain, devient aujourd’hui infidèle et impie, Ceux-là, pour ne pas s’attirer la haine des peuples, pratiquaient ce qu’ils condamnaient, adoraient ce qu’ils méprisaient, professaient ce qu'ils détestaient, dit saint Augustin : . Colebant quod reprehendebant , agebant quod arguebant, quod culpabant adorabant (Lib. de Civit.). Et nous, pour éviter la cénsure des hommes, et par un vil assujettissement aux vains usages du siècle et à ses maximes corrompues , nous déshonorons ce que nous professons, nous profanons ce que nous révérons, nous blasphémons, au moins pat nos œuvres, non pas, comme disait l’Apôtre, ce que nous ignorons, mais Ce que nous savons et ce que nous reconnais: sons. Les païens contrefaisaient les dévots, dit Boutdaloue, et ous; nous contrefaisons les athées. Chez eux, ce n’était qu’une fiction qui n’intéressait que de fausses divinités; mais la nôtre est une abomination réelle (Sermon sur le respect humain).
Or, en user de la sorte, n’est-ce pas se rendre esclave, et esclave dans la chose même où il est moins excusable dé l'être, où il s’agit de notre âme, de notre éternité ?...
Nés libres, nous devons l'être inviolablement pour Dieu, à qui nous devons foi, respect , adoration, reconnaissance et amour...
Au temps de la Passion, la servante qui gardait la porte dit à Pierre : Etes-vous aussi desdisciples de cet homme? Il lui dit: Je n’en suis point: Dicit Petro ancilla ostiaria : Numquid et tu ex discipulis es hominis
Le respect humain est un esclavage.
Le respect humain est une faiblesse
etunelâcheté.
istius? Dicit ile : Non sum (Joann. xvinr. 17). Voilà la faiblesse et la lâcheté du respect humain...
Celui qui craint l'homme (aber soudain, disent les Proverbes : Qui timet hominem, cito corruet (xxix. 25). Ils n’ont pas invoqué le Seigneur, dit le Psalmiste ; ils ont frémi de terreur là où il n’y avait pas à craindre : Deum non invocaverunt ; illic trepidaverunt timore ubi non erat timor (L11. 6).
L'homme qui se laisse dominer par le respect humain, craint ce qu'il ne faut pas craindre, et ne craint pas ce qu’il faut craindre. .….
Quelle lâcheté, par exemple, de ne pas oser se montrer chrétien par un simple signe de croix ! Et dites-moi, le signe du chrétien, n'est-ce pas la croix? N'est-ce pas par la croix, dit saint Augustin, que l’on bénit et l’eau qui nous régénère, et le sacrifice qui nous nourrit, et l’onction sainte qui nous fortifie? ( Tracé. cxvrr ên Joann. )
Avez - vous oublié que l’on a imprimé la croix sur vos fronts; quand on vous a confirmés par le Saint-Esprit ? Pourquoi limprimer sur le front ? N'est-ce pas que le front est le siége de la pudeur? J. C:, par la croix, a voulu armer notre front contre cette fausse et misérable honté du respect humain, qui nous fait rougir des choses que les hommes appellent petites, et qui sont grandes devant Dieu...
Le respect humain est chose indigne et lâche... Rien ne dégrade, n’avilit, ne déshonore l’homme, comme le respect humain... Celui qui en est esclave ne mérite plus le nom d'homme; sa place est avec ces machines que l’on met sur les toits des maisons, pour marquer la direction des vents ; car il ne sait pas faire autre chose.
Un tel homme est souverainement méprisable...…
Qu'est-ce qui nous arrête ? une parole , un signe , une raillerie?.:. Quelle petitesse d'esprit, quelle bassesse de cœur ! Nous en rougissons nous-mêmes en secret, et nous ne nous mettons pas au-dessus de ces ignohles niaiseries !... Nous cherchons à cacher cette faiblesse, cette lâcheté, mais c’est en vain...
Nous craignons là censure du monde, des incrédules, des impies: des hommes ignorants, paresseux et corrompus... Nous craignons de passer pour des esprits faibles, si nous pratiquons la religion ; et nous ne voyons pas que la suprème faiblesse est de ne pas la pratiquers ti
Quoi de plus honteux, de plus dégradant, que la honte de paraître ce que l’on doit être? On nous raille ; et quoi de plus frivole que la
DE
RESPECT HUMAIN: 987 raillerie ? Qui nous raille ? quel est le mérite, le poids, la science AE vertu, la réputation de celui qui nous raille?.. Après cela, osons nous piquer de force de caractère, de grandeur d'âme, de courage. .…,
Lâcheté odieuse que le respect humain. Nous appartenons à Dieu par tous les titres, par la création, la rédemption , la sanctification, la conservation ; et nous rougissons de servir Dieu !.…. Le soldat rougit-il de servir son roi , de défendre sa patrie?
Nous rougissons de la religion, de la vertu ! c’est-à-dire que nous rougissons d’être créés à l’image de Dieu , d’avoir été régénérés par Son sang; nous rougissons de ce qui a fait la gloire des apôtres, des martyrs, des confesseurs, des vierges, des docteurs, des pontifes , etc. Nous rougissons d'appeler Dieu notre père, d’être ses enfants de travailler à notre salut, d’aller au ciel ! O stupide folie ! 6 lâcheté qui ne mérite ni indulgence ni pardon!.…
Prewrer désordre du respect humain : il détruit l'amour de préférence que nous devons à Dieu; ce qui est détruire toute la religion: Préférer Dieu à la créature, voilà le devoir sacré de tout homme. Or, le respect humain fait préférer la créature au Créateur. Et c’est de là que cette passion prend son nom, nom aussi déshonorant que la passion elle-même. Pourquoi, en effet, appelons - nous cerespect humain, sinon parce qu’ilnous fait préférer, respecter la créature à la place de Dieu? D’un côté, Dieu me commande; de l’autre, le monde me commande aussi; et pour ne pas déplaire à la créature, je lui obéis au détriment de Dieu et de mon salut, au mépris de Dieu et de tous mes devoirs les plus sacrés... Pour plaire à l’homme, je deviens rebelle à Dieu... Alors plus de religion...
Second désordre du respect humain : il jette l’homme dans une espèce d’apostasie: Que d’irrévérences dans le lieu saint par la crainte de paraitre hypocrite ou chrétien! L’autel, pour l’esclave du respect humain, n’est-il pas l'autel du Dieu inconnu? l’autel du Dieu méprisé, déshonoré , renié?.… Les Athéniens adoraient le vrai Dieu sans le connaître; et celui qui est dominé par le respect humain, connaît Dieu et ne l’adore pas; il l’outrage..….
Troisième désordre du respect humain : il rend inutiles les grâces de Dieu les plus précieuses. On se sent des désirs, des dispositions à une vie plus réglée; mais le respect humain paralyse ces bonnes dispositions... On voudrait se convertir, se confesser, s’approcher de la table sainte; prier, sanctifier le dimanche, en un mot, être décidément vertueux et chrétien ; mais le respect humain retient,
Ce qu'il ya dé désordre dans lerespect humain.
Le respect humain est un scandale.
D'où vient le respect humain ?
arrête. ; où voudrait prier, faire pénitence, pratiquer le bien; mais on ne voudrait pas que le monde s’en apercüt..….. On sort d’une instruction , bien persuadé, bien convaincu , même bien résolu de mieux faire, d'observer ce que l’on a entendu; mais le respect humain est là pour détruire toutes les bonnes intentions...
Toutes les grâces sont rendues inutiles par cette malheureuse faiblesse...
LE respect humain est un scandale injurieux à Dieu, parce qu'il détruit le culte de Dieu...
Scandale prompt à se communiquer : on est porté à dire ce qu’on entend... , à faire ce qu’on voit faire. .….
Le respect humain est surtout un scandale affligeant et très-pernicieux dans les riches et les puissants...
Pcusreurs d’entre les princes mêmes crurent en J. C., dit PEvangile ; mais, à cause des pharisiens, il ne le confessaient point, de peur d’être rejetés de la synagogue; car ils aimaient la gloire des hommes plus
| que la gloire de Dieu (1). Combien qui imitent ce triste exemple !
Nécessité de mépriser le respect humain,
Tous ceux qui sont conduits par le respect humain n’agissent -ils pas par de semblables motifs?
On craint la critique! Maïs ayons donc les sentiments de saint Augustin, qui disait : Pensez d’Augustin ce qu’il vous plaira ; tout ce que je désire , tout ce que je veux, tout ce que je cherche, c’est
: que ma conscience ne m’accuse pas devant Dieu : Senti de Augustino
quidquid libet, sola me conscientia in oculis Dei non accuset (Lib. I contra Secundinum, €. 1).
IL faut fouler aux pieds le respect humain, c’est une nécessité rigoureuse. Il faut croire de cœur pour obtenir la justice, et confes: ser de bouche pour obtenir le salut, dit le grand Apôtre : Corde crez ditur ad justiliam ; ore autem confessio fit ad salutem (Rom. x. 10).
Ne rougissez point du témoignage de Notre-Seigneur, ni de moi son captif, dit saint Paul à son disciple Timothée ; mais souffrez avec moi pour l'Evangile, selon la force de Dieu : Noli erubescere testimohium Domini nostri, neque me binctum ejus : sed collabora E vangelio secundum virtutem Dei (IL. 8.)
(L)-Ex principibus multi crediderunt in cum; sed propter pharisæos, non confitebantur, ut e Syuagoga non ejicerentur. Dilexerunt enim gloriam hominum magis quam gloriam Dei ( Joann. x11. 42, 43).
RESPEUT HUMAÏN: 989
Est-ce des hommes ou de Dieu que je désire l'approbation? écrit cet apôtre aux Galates. Est-ce que je cherche à plaire aux hommes? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais point le serviteur de J. C. : Modo enim hominibus suadeo, an Deo? An quæro hominibus placere ? Si adhuc hominibus placerem, Christi servus non essem (1. 10).
Celui, dit J. C., qui aura rougi de moi et de mes paroles, le Fils de l’homme rougira de lui, lorsqu'il viendra dans sa majesté, et dans celle de son Père et des saints anges : Qui me erubuerit, et meos sermones , hunc F'ilius hominis erubescet, cum venerit in majestate sua , et Patris, et sanctorum angelorum (Luc. 1x. 26).
Celui, dit-il encore ailleurs, qui m’aura confessé devant les hommes, moi aussi je le confesserai devant mon Père qui est dans les cieux. Et quiconque m'aura renié devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est dans les cieux (1). Maïs se laisser dominer par le respect humain, n’est-ce pas rougir de Dieu? n’est-ce pas renier Dieu ? Donc, il y a nécessité absolue de fouler aux pieds le respect humain...
Ne craignez point l’opprobre et les blasphèmes des hommes, dit Isaïe : Volite timere opprobrium hominum , et blasphemias eorum ne metuatis (LVIT. 7)
Je ne rougis point de l'Evangile, dit le grand Apôtre : Non erubesco ÆEvangelium (Rom. 1. 16). Pour moi, dit-il ailleurs, que m'importe d’être jugé par vous, ou par aucun homme : WMéhi pro minimo est ut a vobis judicer, aut ab humano die (1. Cor. 1v. 3).
Il y a une grande gloire à suivre Le Seigneur, dit l’Ecclésiastique ; c’est lui qui prolonge nos jours : Gloria magna est sequi Dominum : longitudo dierum assumetur ab eo (xxur. 38 ).
Parce qu’ils n’ont pas renié J. C., dit saint Augustin, ils passent de ce monde au Père céleste; en le confessant, ils méritentla couronne de vie, et ils la tiennent pour jamais : Quia C'hristum non negaverunt, transierunt de hoc mundo ad Patrem ; confitendo, coronam yromerentes, et vitam sine fine tenentes (In Eccles. ).
Que fit de si grand le bon larron, dit saint Chrysostome, pour aller soudain de la croix au ciel? Voulez-vous que je vous montre en deux mots sa vertu ? Tandis que Pierre le reniait au pied de la croix, alors
(1) Omnis qui confitebitur me coram hominibus, confitebor et ego eum coram Patre mMeo qui in cœlis est. Qui autem negaverit me coram hominibus, negabo et ego eum coram Patre meo qui in cœlis est (Matth. x. 32. 33).
IVe 19
Il y agloire et courage à s'affranchir du respect humain,
lui le confessait publiquement sur la croix. Le disciple ne put supporter les menaces d’une méprisable servante; mais le larron, voyant tout le peuple autour de lui, criant, proférant des blasphèmes et des injures, ne fait aucun cas de tout cela; il ne s'arrête pas aux humiliations présentes du crucifié; mais voyant toute chose des yeux de la foi, mettant de côté toutes ces illusions extérieures, méprisant tout respect humain, il reconnait le Seigneur des cieux, et lui soumettant les facultés de son esprit, il disait à Jésus, hautement et sans crainte d’être raillé : Seigneur, souvenez-vous de moi, lorsque vous serez dans votre royaume (De Cruce et Latr., homil.). Et Jésus voyant sa foi vive, son courage à le confesser devant tous, sans être retenu par aucun respect humain, ce larron eut le bonheur d’entendre sortir de la bouche même de J. C., en récompense de son héroïsme : Æodie mecum eris in paradiso : Aujourd’hui vous serez dans le ciel avec moi (Luc. xxm1. 43).
La force, la grâce, le salut et la gloire sont dans le mépris du respect humain...
Celui qui foule aux pieds le respect humain est maître du démon, du monde, de toutes les créatures , de soi-même, du ciel, de Dieu même...
Jamais le chrétien courageux ne rougit de Dieu , de sa religion... C’est dans ce courage qu'est la vraie gloire... C’est là ce qui sauva Madeleine. , le publicain. , le prodigue..., le bon larron. S'ils eussent écouté le respect humain, ils étaient tous perdus: ils le méprisent, ils sont tous loués par J. C., et couverts de gloire...
Les grands hommes, les saints de tous les siècles, n’ont été tels que parle mépris qu’ils ont fait du respect humain... Imitons-les..…;
Si nous souffrons avec J, C., nous régnerons aussi avec lui, ditsaint Paul : si nous le renoncons, il nous renoncera aussi : Si sustinebimus, et conregnabimus ; sû negaverimus, et ille negabit nos (KL. Tim. ir. 12).
Is ont rougi là où il ne fallait pas, dit le Psalmiste; Dieu les dispersera; parce qu'ils s'élèvent contre lui, ils tombeïont dans la confusion , parce que le Seigneur les a méprisés : Z/lic trepidaverunt timore ubi non erat timor. Deus dissipavit ossa eorum qui hominibus placent : confusi sunt, quoniam Deus sprevit eos (1. 6.7). Voilà un triple châtiment pour ceux qui se laissent guider par le respect humain pour plaire au monde : 40 le brisement des os, c’est-à-dire la perte de la vie, du bonheur, de la paix, du salut... ; 2 la confusion, l’ignominie , la perte de la gloire...; 3° le mépris de Dieu et la réprobation..….
RÉSURRÉCTION.
uR le soir de la mort de J. C., un homme riche d’Arimathie, nommé Joseph, vint trouver Pilate, et lui ayant demandé le
corps de Jésus, Pilate ordonna qu’on le lui donnât. Ayant
pris le corps, Joseph l’enveloppa dans un linceul blane, et le déposa dans un sépulcre neuf qu’il avait fait creuser dans le roc, et il roula une grande pierre à l’entrée du sépulcre. Le lendemain , les princes des prêtres et Les pharisiens s'étant assemblés, vinrent trouver Pilate , et lui dirent : Seigneur, nous nous sommes rappelé que ce séducteur, lorsqu'il vivait encore, avait dit : Après trois jours, je ressusciterai. Commandez donc qu’on garde le sépulcre jusqu’au troisième jour , de peur que ses disciples ne viennent dérober son corps; et ne disent au peuple : Il est ressuscité d’entre les morts. Et la dernière erreur serait pire que la première. Pilate leur dit : Vous avez des gardes; allez, et gardez-le comme vous l’entendrez. S’en allant donc, ils fermèrent soigneusement le sépulcre, en scellèrent
la pierre, et y mirent des gardes (Matth. xxv).
Après le sabbat, à la première lueur du jour qui suit le sabbat, Marie-Madeleine et l’autre Marie vinrent voir le sépulcre. Et voilà qu'il se fit un grand tremblement de terre. Car l'ange du Seigneur déscendit du ciel, et s’approchant, il roula la pierre, et s’assit dessus. Son visage était comme l'éclair, et son vêtement comme la neige. Les gardes, à sa vue, frappés d’épouvante, devinrent comme morts. Et l’ange dit aux femmes: Vous, ne craignez point; car je sais que vous cherchez Jésus, qui a été crucifié. Il n’est point ici, car il est ressuscité, comme il l’avait dit : venez, et voyez le lieu où le Seigneur a été déposé. Et hâtez-vous d’aller dire à ses disciples qu'il est ressuscité. Voilà qu'il vous précède en Galilée ; vous le verrez là, je vous le prédis (Matth. xxvir).
Quelques-uns des gardes vinrent annoncer aux princes des prêtres ce qui s'était passé. Et ceux-ci, s’étant assemblés et ayant tenu conseil avec les anciens, donnèrent une grande somme d’argent aux soldats en leur disant : Dites que ses disciples sont venus de nuit et Pont enlevé pendant que vous dormiez (1).
(1) Et congregati cum senioribus, consilio accepto, pecuniam copiosam dederunt
militibus, dicentes : Dicite quia discipuli ejus nocte venerunt, et furati sunt euni, vobis dormientibus (Matth. xxviir. 11-13). :
J. C. notre chef est ressuscité.
Si les gardes dormaient, dit saint Remy, comment virent-ils l'enlèvement? Si custodes dormierunt, quomodo furtum viderunt ? (De Resurrect.)
Vous faites paraître, dit saint Augustin, des témoins qui dormaient. Vraiment, Ô Juifs aveugles, c’est vous qui dormez, lorsqu’à force de recherches vous nous donnez de pareilles réponses : Dormientes testes adhibes. Vere, tu ipse obdornusti, qui scrutando éalia f'ecisti (In Psal. Lxur). \
Les disciples, qui avaient pris la fuite et s’étaient cachés par crainte, auraient - ils osé enlever leur maître au milieu des gardes armés, au milieu de tant de soldats? Il est impossible que tant de gardes fussent tous endormis à la fois; d’autant plus qu'ils étaient menacés de la mort, s'ils laissaient enlever le crucifié.….. Ensuite, il y aurait eu tumulte, si les disciples eussent voulu l’enlever, et ce bruit aurait été entendu; lessoldats se seraient réveillés..…
D'ailleurs, toutes les diverses et réelles apparitions de J. C., eñ particulier eten public, prouvent invinciblement sa résurrection; et son ascension prouve évidemment qu'il était ressuscité... Tous les fidèles sont là pour attester le grand miracle de la résurrection de J. C. La grande solennité de Pâques , qui s’est faite chaque année depuis lors, et dans tout l’univers, prouve invinciblement, à elle seule, la résurrection de J. C...…..
Le Prophète royal avait prédit cette résurrection : Vousne permettrez pas, Seigneur, dit-il, que votre saint voie la corruption du tombeau : Non dabis sanclum tuum videre corruptionem (xv. 11).
Je me suis endormi, et j'ai été plongé dans un sommeil profond; etje me suis réveillé, parce que le Seigneur est mon appui, dit J.C. par le Psalmiste : go dormivi et soporatus sum , et exsurrexi, quia Dominus suscepit me (x. 5).
En ce jour-là , dit Isaïe, le rejeton de Jessé sera élevé comme un étendard à la vue des peuples ; toutes les nations accourront vers lui, et son sépulcre sera glorieux : In die tlla radix Jesse, qui stat in Signum populorum , ipsum gentes deprecabuntur; et erit sepulcrum ejus gloriosum (xt. 10). Et qui a rendu le sépulcre de J. C. si glorieux ? sa glorieuse résurrection...
J. G. avait prédit lui-même qu’il ne resterait que trois jours dans le tombeau. Comme Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre de la baleine, ainsi le Fils de l’homme sera dans le sein de la terre trois jours et trois nuits (Matth. x1r. 40).
Pendant sa vie, il disait à ses disciples qu’il fallait qu’il allât à
RÉBURRECTION, 203
Jérusalem, qu'il y souffrit beaucoup de la part des anciens, des scribes et des princes des prêtres; qu’il fût mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour (1). Dans une autre circonstance, Jésus leur dit encore : Le Fils de l’homme doit être livré entre les mains des hommes. Etilsle mettront à mort, et le troisième jour il ressuscitera : Dixit illis Jesus : F'ilius hominis tradendus est in manus hominum, et occident eum, et tertia die resurget (Matth. xvir. 21. 22).
Tous les apôtres ne cessent d’annoncer et de proclamer la résurrection de J. C. Le Christ est mort, dit le grand Apôtre, il est mort pour nos péchés, selon les Ecritures; il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures. Il a été vu de Céphas, puis des onze. Ensuite il a été vu par plus de cinq cents frères ensemble, desquels beaucoup vivent encore; ensuite il a été vu de Jacques, puis des douze apôtres, et enfin de moi aussi qui suis après tous les autres, et comme un avorton; car je suis le moindre des apôtres ([. Cor. xv. 3-9).
Non-seulement tous les apôtres ont vu souvent J.C. après sa résurrection , pendant quarante jours, mais tous ont donné leur vie pour attester, à la face de l’univers, que J. C. était vraiment ressuscité.
L'Eglise entière a toujours cru et regardé comme un dogme de foi La résurrection de J. GC...
J'ai été mort, dit J. C. dans l’Apocalypse, et voilà que je suis vivant dans les siècles des siècles; et j'ai les clefs de la mort et de l'enfer : Fui mortuus, et ecce sum vivens in secula seculorum , et habeo claves mortis et inferni (1. 18).
Le prophète Osée avait aussi vu et prédit la résurrection de J. C.: Le Seigneur, dit-il, ressuscitera le troisième jour, et nous vivrons en sa présence : /n die tertia suscitabit, el vivemus in conspectu ejus (v1. 3).
C’est pour plusieurs raisons que J. C. est ressuscité le troisième jour. La première est que Jonas resta trois jours dans le ventre du poisson. Nous avons déjà dit que J. C. donnait cette raison en saint Matthieu, chapitre x1r, verset 40.
La seconde raison est que J. C. l’avait ainsi prédit en saint Jean : Détruisez ce temple, disait-il aux Juifs, et je le relèverai en trois jours. Et il parlait du temple de son corps : Dixit eis : Soluite templum
(1) Exinde cœpit Jesus ostenderé discipulis suis, quia oporteret eum ire Jerosolymam, et multa pati a senioribus, et scribis, et principibus sacerdotum, et occidi, et tertia die resurgere (Matth. xv1. 21),
PourquoiJ.C.
est-il ressuscité le troisième jour.
Nous ressusciterons nous-mêmes,
hoc , et in tribus diebus excitabo illud. Ile dicebat de templo corporis sui (11. 19-21).
La troisième raison est pour enseigner que la croix et la mort des fidèles ne seraient pas de longue durée, comparées à la bienheureuse éternité...
Le Prophète royal prédit ainsi la résurrection générale : Le Seigneur, dit-il, garde tous leurs os, il n’y en aura pas un seul de brisé : Custodit Dominus omnia ossa eorum, unum ex his non conteretur (xxxII1. 20).
Que les morts ressuscitent, dit J.C., Moïse le montre par ce que le Seigneur lui dit dans le buisson : Je suis le Dieu d'Abraham , et le Dieu d’Isaac, et le Dieu de Jacob. Or Dieu n’est point le Dieu des morts, mais des vivants (Luc. xx. 37. 38).
Le Christ, dit le grand Apôtre aux Corinthiens, est ressusoité d’entre les morts, prémices de ceux qui dorment : Christus resurrexit a mortuis, primitiæ dormientium (T. Xv. 20). Si j'ai combattu contre les bêtes à Ephèse, dit-il, de quoi cela me sert-il, si les morts ne ressuscitent point? Mais, dira quelqu'un, comment les morts ressusciteront-ils? où en quel corps reviendront-ils ? [nsensé, ce que tu sèmes n’est point vivifié, si auparavant il ne meurt. Et ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps qui sera, mais une simple graine, comme par exemple de froment, ou quelque autre. Mais Dieu lui donne un corps comme il veut, et à chaque semence son corps propre. Ainsi en est-il de la résurrection des morts; ce qui est semé dans la corruption ressuscitera dans l’incorruption; ce qui est semé dans l’abjection ressuscitera dans la gloire ; ce qui est semé dans la faiblesse ressuscitera dans la force; ce qui est semé est un corps animal, ce qui ressuscitera sera un corps spirituel (1).
Voici que je vous dis un mystère : Tous nous ressusciterons, mais nous ne serons point tous changés. En un moment, en un clin d’œil, au dernier son de la trompette, car la trompette sonnera, les morts ressusciteront incorruptibles, et nous serons changés. Car il faut que ce corps corruptible revête l’incorruptibilité, et que ce corps mortel revête l’immortalité (2). Et lorsque le corps mortel aura revêtu
(1) Seminatur in corruptione, surget in incorruptione; seminatur in ignobilitate, surget in gloria; seminatur in infirmitate, surget in virtute ; seminatur corpus ani— male, surget corpus spiritale (I. Cor, xv. 49-44).
(2) Omnes quidem resurgemus, sed non omnes immutabimur. In momento, in ictu oculi, in novissima tuba; canet enim tuba, et mortui resurgent incorrupti; et
l’immortalité, alors sera accomplie cette parole qui est écrite : La mort a été absorbée dans la victoire. O mort, où est ta victoire? où est, Ô mort, ton aiguillon? (1)
C’est pourquoi, conclut l’'Apôtre, mes frères bien-aimés , soyez fermes et inébranlables, faisant toujours abondamment l'œuvre du Seigneur, sachant que votre travail n’est pas vain dans le Seigneur : Ttaque , fratres mei dilecti, stabiles estote , et immobiles ; abundantes in opere Domini semper, scientes quod labor vester non est inanis in Domino (I. Cor. xv. passim. ).
Pour nous, dit ce grand apôtre aux Philippiens, notre vie est celle de la cité des cieux; d’où aussi nous attendons le Sauveur, Notre- Seigneur J, C., qui transformera notre corps infime, le configurant à son corps glorieux, par l’énergie de cette puissance par laquelle il s’assujettit toutes choses (2),
Je ne veux pas, mes frères, écrit-il aux Thessaloniciens, que vous ignoriez ce qui concerne ceux qui dorment, afin que vous ne soyez pas contristés comme les autres qui n’ont point d'espérance : Nolumus vos ignorare , fratres, de dormientibus , ut non contristemint sicut et cæteri qui spem non habent (1. iv. 3). Car si nous croyons que Jésus est mort et ressuscité , ainsi, par Jésus, Dieu amènera avec lui ceux qui dorment. Car nous vous disons ceci sur la parole du Sei- ‘ gneur, que nous qui vivons, nous, réservés pour l’avénement du Seigneur, nous ne précéderons point ceux qui se sont endormis ; que le Seigneur lui-même, au commandement et à la voix de l’archange , et au son de la trompette de Dieu, descendra du ciel; et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront les premiers. Ensuite nous qui vivons, qui sommes laissés, nous serons emportés avec eux sur les nuées au-devant du Christ dans les airs; et ainsi toujours nous serons avec Le Seigneur. Consolez-vous donc les uns les autres dans ces paroles (I. T'hess. 1v. 14-18).
La mort, d’après l’Apôtre, n’est qu’un sommeil; J. C. le dit formellement en parlant de Lazare mort : Lazarus amicus noster
nos immutabimur. Oportet enim corruptibile hoc induere incorruptionem, et mortale hoc induere immortalitatem (I. Cor. xy. 51-53),
(1) Cum autem mortale hoc induerit immortalilatem, tunc fiet sermo, qui scriptus est : Absorpta est mors in victoria, Ubi est, mors, victoria tua ? ubi est, mors ; slimulus tuus? (Jbid. xv. 53. 54.;
(2) Nostra conversatio in cœlis est :unde etiam Salvatorem exspectamus Dominum nostrum Jesum Christum, qui reformabit corpus humilitatis nostræ, configuratum corpori claritatis suæ, secundum operationem, qua etiam possit subjicere sibi omnia (nx, 20,21).
dormit , sed vado ut a somno excitem eum. Notre ami Lazare dort, mais je vais le réveiller (Joann. x. 11).
Les cimetières ne sont qu’un vaste dortoir.
Nous ressusciterons , à l'exemple de J. G. et par ce double titre : 4e que J. G. a été un homme semblable à nous, qu'il est mort comme nous mourrons ; 2 parce que J. C. est notre chef, et qu’il a mis en nous, comme étant ses membres, la vertu de la résurrection.…..,
J. C. ressuscite lui-même publiquement trois morts. À sa mort, plusieurs corps des saints ressuscitèrent : #'£ monumenta aperta sunt; et multa corpora sanctorum qui dormierant, surrexerunt (Matth. xxvir. 52).
Dans le courant des siècles, un grand nombre de saints ont ressuscité des morts au nom de J. CG...
L'un des sept Machabées, martyrs sous Antiochus, étant près d’expirer, dit à ce roi cruel : Certainement, homme pervers, tu nous fais mourir à la vie présente; mais le roi du monde nous ressuscitera à la vie éternelle : Rex mundi defunctos nos pro suis legibus, in æternæ vitæ resurrectione suscitabit (I. Machab. vir. 9). Un second, près de mourir, et plein de confiance, dit : J’ai recu ce corps du ciel; mais je le dédaigne maintenant, à cause des lois de Dieu ; car j'espère qu'il me le rendra : Æ cœlo ista possideo , sed propter Dei leges nunc hæc ipsa despicio; quoniam ab ipso me ea recepturum spero ({bid.vir.114). Le troisième, avant de mourir, parla ainsi : Pour ceux qui attendent de Dieu qu'il les ressuscitera , il est bon de mourir ; mais toi, tu ne ressusciteras point à la vie : Potius est ab hominibus morti datos, spem exspectare a Deo, iterum ab ipso resuscitandos : tibi enim resurrectio ad vitam non erit (Ibid. vir. 14). Enfin, le plus jeune, qui fut martyrisé le dernier, dit : En souffrant une courte douleur, mes frères sont maintenant dans l'alliance de la vie éternelle (et ils ressusciteront) (lbid. vi. 36).
Vos os se ranimeront comme l’herbe, dit Isaïe : Ossa vestra quasi herba germinabunt (Lxvr. 14).
Ceux qui dorment dans la poussière de la terre, s’éveilleront, dit le prophète Daniel, les uns pour la vie éternelle , et les autres pour l’opprobre, afin qu’ils voient à jamais : Qui dormiunt in terræ pulvere, evigilabunt : ali in vitam œternam, et alit in opprobrium , ut videant semper (XII. 2).
Je les arracherai des mains de la mort, dit le Seigneur par la bouche du prophète Osée; Ô mort, je serai ta mort : De manu mortis liberabo eos, de morte redimam eos : ero mors tua, o mors (x. 14).
J. C. nous ressngcitera, parce qu’il n’a pas fait la mort, et qu'il l’a tuée par sa propre mort...
Je sais, dit Job, que mon Rédempteur est vivant, et qu’au dernier jour je me relèverai de la terre. Et je me revêtirai de nouveau de ma chair; et dans cette chair je verrai mon Seigneur, Je le verrai moi-même, et mes yeux le contempleront, et ce ne sera pas un autre que moi; cette espérance repose en mon sein (1).
Le printemps est une image de la résurrection des corps...
Nos corps ressusciteront parce que 4° Dieu le veut, et la dit... ; 20 parce que notre corps est une partie de nous-même... ; 30 afin que nos corps participent à la récompense de nos âmes, comme ils ont eoncouru à leurs mérites; ou partagent les châtiments de l’âme, s'ils ont partagé ses iniquités.….
(1) Scio quod Redemptor meus vivit, et in novissimo die de terra surrecturus sum, Etrursum circumdabor pelle mea, et in corne mea videbo Deum meum; quem visurus sum ego ipse, et oculi mei conspecturi sunt, ct non alius ; reposita est hæc spes mea jn sinu meo (xix. 25-27).
Nécessité dela retraite.
RETRAITE (Voyez SOLITUDE).
AINT Jean-Baptiste fait retentir le désert de sa parole : Préparez,
dit-il, la voie du Seigneur; aplanissez ses sentiers : Vox cla-
mantis in deserto : Parate viam Domini , rectas facite semitas ejus (Matth. ur. 3). C’est au sein mème de la retraite que le saint précurseur prèche la nécessité de la retraite; et il la prèche d'exemple et de paroles.
Venez à l'écart, dit J. C. à ses apôtres, en un lieu désert, pour vous y reposer un peu : Venife seorsum in desertum locum et requiescite pusillum (Marc. vr. 31).
J'entendis une voix du ciel qui dit : Sortez de Bahylone, mon peuple, pour que vous n’ayez point part à ses œuvres, et vous ne serez pas atteint par ses plaies, dit saint Jean dans lApocalypse : Zxite de illa, popule meus, ut ne participes sitis delictorum ejus, et de plagis ejus non accipiatis (XVIIL. 4).
Retirez-vous des occupations étrangères à votre salut, dit le Psalmiste ; et voyez sérieusement les affaires de votre éternité : Vacate, et videte (xLv. 10).
Saint Arsène disait qu’il ne pouvait habiter en même temps avec Dieu et avec les hommes (/n Vit. Patr.).
Le poisson hors de l’eau languit et meurt, dit saint Antoine; ainsi le religieux, hors de la retraite, tombe dans la négligence et la tiédeur, et il fait mal ses exercices spirituels (/n Vi. Patr.).
Toutes les fois que j'ai été avec les hommes, j’en suis revenu moins homme, dit l’auteur de l’Zmitation de J. C. : Quoties cum hominibus fui, minor homo redii (Lib. F, c. xx).
Nécessité de la retraite pour régler sa conscience...
Nécessité de la retraite pour se purifier de ses péchés.
Nécessité de la retraite pour se retremper dans la ferveur...
Nécessité de la retraite, parce que c’est une grâce précieuse, rare, décisive, spéciale , peut-être la dernière...
Il est presque impossible au milieu du tumulte, des distractions , des agitations, des affaires multipliées du monde, de s'occuper sérieusement de Dieu, de ses devoirs, de son salut, de son éternité... La retraite, qui nous sépare de tous ces obstacles, est donc nécessalle...
Czrre nécessité de la retraite est encore prouvée par l’exemple de J. C. et des saints... 3, C., dit saint Marc, se retirait dans le désert : Æ% erat in deserto (1. A3). Il se retira de nouveau tout seul sur la montagne, dit saint Jean : Fugit iterum in montem ipse solus (vr. 45). Ge saint exercice , il le pratique souvent : Fugit iterum. I passait les nuits entières dans la retraite et la prière, dit saint Luc : L'rat pernoctans in oratione Dei (wi. 19).
Comme son saint précurseur, J, C. passe dans la retraite les trente premières années de sa vie...
J'ai veille, dit le Prophète royal; et j'étais seul dans ma retraite comme le passereau sur le toit : Vigilavi, et factus sum sicut passer solitarius in tecto (ct. 8.)
Tous les patriarches, tous les prophètes furent des hommes de retraite... Jean-Baptiste, la bienheureuse vierge Marie passent leur vie entière dans la plus profonde retraite...
Tous les saints ont aimé et pratiqué la retraite... C’est la nécessité de la retraite qui peuple les déserts , les montagnes, les forêts, de cette multitude d’anges terrestres...
Si la retraite n’était pas nécessaire, pourquoi J, C., et les saints, et les Pères de la vie spirituelle, l’auraient-ils tant recommandée par leurs paroles et surtout par leurs exemples?
Samr Ambroise parlant de la retraite, du désert où J. C. se retirait, dit : On ne trouve pas J. C. dans la foule, sur les places publiques; J. C. n’est pas amateur de ces lieux, car J. GC. est la paix; dans le monde il y a discorde et désunion; J. GC. est justice, le monde iniquité; J. C. est laborieux , sur les places publiques est loisiveté; J. C. est charité, le monde est médisant; J. C. est foi et simplicité, le monde, fraude et perfidie; J. C. est dans l’Eglise, dans le monde sont Les idoles (Lib. II de Virg.)
C’est dans la retraite qu’on trouve J, C., et non ailleurs...
Le vrai bonheur, dit saint Eucher, c’est de mépriser le bonheur du monde, de mépriser les choses de la terre, et d’être plein d’ardeur pour celles de Dieu. Brisons cette interminable chaîne des affaires du monde. Tout ce qui n’est que pour le temps n’est pas digne de notre attention; ce qui finit si tôt ne renferme aucune vraie et solide
joie (1).
(1) Vera beatitudo estseculi beatitudinem spernere, neglectisqueterrenis, in divina flagrare, Abrumpatur illa interminabilis secularium negotiorum catena, Nihil est
Exemple
de J. C. et des
saints,
Excellence et avantages de la retraite,
Comme l’eau dont on arrête l'écoulement s'élève, dit saint Grégoire, ainsi l’âme humaine, retenue et comme enfermée, s’élève vers le ciel. Trop libre, trop à elle-même, elle se perd, parce qu’elle se répand en mille inutilités et distractions : Sicut detenta aqua surgum elevatur; sic humana mens circumclusa ad superiora colligitur; et relaxata deperit, quia se per infima inutiliter spargit (Pastor. ).
Vivez dans la retraite, ditJ. G., et vous vous reposerez dans la paix (Marc. vi. 31).
Il est dit dans l'Evangile que les anges servaient J. C. dans sa retraite : £rat in deserto, et angeli ministrabant illi (Marc. 1. 13).
Ecoutez le Prophète royal : J'ai dit : Qui me donnera des ailes comme à la colombe, et'je m’envolerai et me reposerai? £# dixi Quis dabit mihi pennas sicut columbæ, et volabo, et requiescam ? (11V.7.)
La retraite s’embellit d’une fécondité céleste, dit le même prophète : Pinguescent speciosa deserti (1xIv. 43).
Dieu , dit-il encore, fendit les rochers du désert, et désaltéra son peuple de l’abondance des eaux : Znéerrupit petram in eremo, et adaquavit eos (LXXVII. 15).
Moïse, dit l’Exode, paissait les brebis; et ayant conduit son troupeau dans l’intérieur du désert, il vint à la montagne de Dieu en Horeb. Et le Seigneur lui apparut dans une flamme de feu au milieu d’un buisson. Et Le Seigneur dit à Moïse : Ote ta chaussure, car la terre sur laquelle tu t’arrètes est une terre sainte (1).
Apprenons de Jà que la retraite est admirable pour prier, pour cultiver l’âme , pour la former à un repos spirituel et à la perfection; que c’est un lieu saint; que c’est là que Dieu se fait voir. Apprenons à conduire et à nourrir trois troupeaux dans le désert de laretraite : le premier, le corps avec ses sens et ses mouvements. ; le second, l’âme avec toutes ses facultés et toutes ses affections. ; le troisième , l’esprit avec la volonté, l’intelligence et toutes ses pensées..…. C’est dans la retraite que Moïse est choisi de Dieu pour délivrer le peuple hébreu de la captivité de l'Egypte... C’est dans la retraite que Dieu lui manifeste ses volontés, le revèt d’une force, d’une puissance sans exemple... La retraite opère de semblables merveilles en tous ceux qui la chérissent.….
magnum re, quod parvum tempore: nec longis dilatatur gaudiis, quidquid arcto fine concluditur (In Epist.).
(4) Moyses pascebat oves; cumque minasset gregem ad interiora deserti, venit ad montem Dei Horeb. Apparuitque ei Dominus in flamma ignis de medio rubi. Dominus vocavit eum : Solve calceamentum de pedibus tuis; locus enim, in quo stas, terra sancta est (111.1. 2. 5).
L'empereur Charles V, ayant déposé la couronne pour embrasser la retraite monastique, disait qu’il avait éprouvé plus de joie et de bonheur en un seul jour dans sa retraite , que dans toutes ses victoires et ses triomphes ( Zn ejus vita).
C’est avec raison que saint Jérôme disait au moine Rustique : Regardez votre cellule, votre retraite comme un paradis : Æabeto cellulam pro paradiso.
D’après saint Bernard, la cellule est un ciel sur la terre : Cella est cœlum terrestre (De Vita contempl. ).
Saint Jérôme, écrivant à Héliodore, s’écriait : O retraite, printemps chargé des fleurs de J. C. ! O retraite, dans laquelle naissent ces pierres précieuses avec lesquelles, selon l’Apocalypse, est construite la cité du grand Roi! à retraite, tu jouis familièrement de
J’attirerai à moi cette âme, dit le Seigneur par Osée, je la conduirai dans la solitude, et là je parlerai à son cœur : £go lattabo eam, et ducam eam in solitudinem, et loquar ad cor ejus (mr. 14). Elle chantera là comme aux jours de sa jeunesse ; et en ce jour-là, ditle Seigneur, tu m’appelleras ton époux. Et en ce jour-là j’établirai avec eux une alliance; je briserai l’are , l'épée, et la guerre, et je . les ferai reposer dans la confiance. Je te prendrai pour mon épouse à jamais ; et tu seras mon épouse par la justice et l'équité, par la grâce et la miséricorde. Tu seras mon épouse par la foi, et tu sauras que moi je suis le Seigneur. J’aurai pitié de celle qui fut nommée Sans miséricorde ; et je dirai à celui qui fut appelé Non mon peuple : Vous êtes mon peuple; et il dira : Vous êtes mon Dieu (/d. 11. passim),
Voilà l’excellence , les richesses, les inestimables avantages de la retraite...
Toutes les fois que l'âme se retire de l’agitation , de la confusion , du trouble du siècle, l'esprit de Dieu vient en elle; et stérile jusqu’alors en bonnes œuvres, elle devient féconde en vertus...
Voici ce que dit le Seigneur par Isaïé : Je t'ai exaucé au temps de grâce, je t'ai secouru au jour du salut (xLix: 8). Voici maintenant, dit saint Paul, Le temps favorable, voici maintenant le jour du salut : Ait enim : Tempore accepto exaudivi te; et in die salutis adjuvi te; Ecce nunc tempus acceptabile, ecce nunc dies salutis (LL. Co. vI. 2).
Il est dit dans la Genèse qu’au temps du déluge toutes les sources du grand abime furent rompues, et que les cataractes du ciel furent ouvertes : Æupti sunt omnes fontes abyssi magnæ , et cataractæ cœli apertæ sunt (vu. 11). Ce miracle s’opère dans la retraite; mais ce
n’est plus un déluge de imalédictions pour détruire ; c’est un déluge de grâces et de bénédictions pour édifier et faire vivre de la vie de Dieu même , et pour l'éternité... Nous sommes de la famille privi-légiée de Noé; et comme lui, à mesure que les eaux s'élèvent, placés : dans l’arche salutaire de la retraite, nous montons vers les cieux...
Les portes des fleuves divins sont ouvertes (dans la retraite ), dit le prophète Nahum : Portæ fluviorum apertæ sunt (1. 6).
L'esprit du Seigneur, dit Isaïe, repose sur moi; le Seigneur m'a donné Ponction divine ; il m’a envoyé pour prêcher son Evangile äux pauvres, pour relever le courage de ceux qui sont abattus, pour annoncer aux aveugles la lumière, aux captifs la liberté; pour publier le temps de la réconciliation, pour consoler les affligés, pour tarir les larmes de ceux qui pleurent; pour changer la cendre de leur tête en une couronne , leurs pleurs en joie, leurs vêtements lugubres en des vêtements de gloire. On les appellera les arbres de la justice, et le germe de la gloire du Seigneur. Ils peupleront d’édifices les lieux déserts (leur cœur, désert de vertus, se changera en temple du Seigneur, en autel élevé à la divinité); ils relèveront les anciennes ruines (les ruines faites par le péché et l’habitude du péché); ils rétabliront les villes abandonnées (le corps, l’âme et le cœur). Au lieu des opprobres dont vous aviez à gémir, vous célébrerez votre partage, et votre joie ne finira jamais. Je conduirai mon peuple dans la vérité ; je ferai avec lui une alliance éternelle : ceux qui les verront reconnaitront en eux la race chérie. Je me réjouirai dans le Seigneur, mon âme sera ravie d’allégresse; mon Dieu me pare des vêtements du salut ; il m’entoure des ornements de la justification, comme l’époux embelli par sa couronne, comme l’épouse brillante de pierreries (1xvi).
Toutes ces merveilles , tous ces biens, tous ces avantages qu'énumère et décrit le Prophète, se trouvent dans la retraite. Dans la retraite, en effet, on trouve l’Esprit-Saint, l’onction divine, la force, l'espérance , la lumière , la liberté, la réconciliation, la consolation de la grâce, la fin de la tristesse et des larmes amères, la couronne de vie; la joie, et l’on s’y revêt de J. G. La retraite fait produire des fruits de salut, elle fait germer la gloire ; laretraite peuple le ciel, relève les ruines; elle rétablit dans toutes les vertus 3 elle est le partage des élus, elle est un avant-goût du ciel. Là est la vérité, l'alliance avec Dieu; c’est là que Dieu appelle ses énfants les plus chéris. Dans la retraite ; l'âme est inondée de bonheur, de paix; elle devient belle comme le soleil , elle est sanctifiée;
c’est là que s’opère l’union divine du céleste époux avec l'âme; J. C. contracte alliance avec l’âme pour l'éternité...
O âme chrétienne, par la retraite vous paraitrez belle comme l'aurore , et votre Sauveur brillera sur vous comme le soleil. L’on vous appellera d’un nom nouveau , que le Sei gneur lui-même vous donnera. Vous serez une couronne de gloire pour le Seigneur, et un diadème pour votre Dieu. On ne vous nommera plus la Délaissée, vous serez nommée la Bien-Aimée du Seigneur, la terre habitée, parce que le Seigneur met en vous ses complaisances et séjourne au milieu de vous. Voici votre Sauveur; sa récompense est avec lui, et sés miracles le précèdent. Vous serez appelés le peuple saint, le peuple racheté du Seigneur, dit encore Isaïe ( Lxr1). C’est dans la retraite que se trouvent tous ces biens inestimables. ….
Ex vous donnant notre concours , dit le grand Apôtre, nous vous exhortons à ne pas recevoir en vain la grâce de Dieu (la possibilité de se retirer du monde est une grâce ) : Adyuvantes exhortamur, ne in vacuum gratiam Dei recipiatis (AL. Cor. vr. 1 ).
En ce temps-là, en ces jours-là (en ces jours de retraite), dit le Seigneur par la bouche de Jérémie, les enfants d’Israël et les enfants - de Juda viendront ensemble; ils iront en cheminant et pleurant, ils chercheront leur Dieu; et ils demanderont le chemin de Sion; leurs regards seront là (1).
L’Ecriture indique ici d’excellents moyens pour faire une bonne retraite : 40 Les enfants d'Israël et les enfants de Juda viendront ensemble ; c’est-à-dire que, pour bien faire sa retraite, il faut quitter toute haine, se réconcilier, exercer la charité envers tous. 2° Ils se hâteront , properabunt ; point de paresse, d’hésitation à profiter de la grâce. 3° Ils seront contrits à la vue de leurs péchés, flentes. k Ils chercheront le Seigneur de tout leur cœur, Dominum Deum suum quærent. 3 Ils demanderont aux ministres du Seigneur le chemin du ciel qu’ils ont perdu, in Sion interrogabunt viam. 6° Leurs regards seront au ciel, et non plus attachés sur la terre , huc facies eorum.
Voici d’autres dispositions, d’autres moyens très-elflicaces et même nécessaires pour profiter de la retraite :
(1) In diebus illis, et in tempore illo, ait Dominus, venient flii israel ipsi, et filii.
Juda simul : ambulantes et flentes properabunt, et Dominum Deum suum quærent. In Sion interrogabunt viam, huc facies eorum (L. 4. 5).
Moyeris et dispositions pour bien user de la retraite.
30À | RETRAÎTE,
Lo IL faut entrer en retraite persuadé qu’on en a un grand besoin;
9e Vouloir la faire comme J. C. veut que nous la fassions en effet…;
90 Il faut un cœur libéral envers Dieu, faire comme Paul, et dire : Seigneur, que voulez-vous que je fasse? Domine, quid me vis facere ? (Act. 1x. 6.)
4° Une confiance sans bornes en la miséricorde de Dieu..;
5° Assiduité aux saints exercices.…..;
Go Recueillement... ;
7° Bonne et prompte confession...
11 y a deux grandes semaines dans l’histoire du monde : la semaine de la création, la semaine de la rédemption. Une semaine de retraite doit réunir en elle la semaine de la création et la semaine de la rédemption...
Dans la semaine de la création, Dieu fit la lumière le premier jour : Que la lumière soit, et la lumière fut : Fiat lux, et facta est lux (Gen. 1. 3), Le second jour, il fit le firmament, le ciel. Le troisième jour, il rendit la terre féconde. Le quatrième jour, Dieu fit le soleil, la lune, les étoiles, et les plaça au ciel. Le cinquième jour, il fit les poissons et les oiseaux. Le sixième jour, Dieu fit l’homme, disant : Faisons l’homme à notre image et à notre ressemblance, et qu'il domine sur toutes les autres créatures (Gen. 1). Et Dieu se reposa le septième jour (Gen. 11: 2).
Il faut imiter Dieu. Il faut, pendant la retraite, faire naïître en nous la lumière divine...; faire de notre âme un ciel.….; rendre notre âme féconde en bonnes œuvres... ; placer en nous le soleil de la foi, la lune de l’espérance, les étoiles de toutes les vertus... Il faut, comme le poisson nage dans l’eau, nager librement dans l'abondance des grâces; et comme les oiseaux, voler vers le ciel... Il faut rétablir en nous l’image de Dieu, et dominer nos passions, nos vices , le démon , le monde et la chair... Alors nous nous reposerons, à la fin de la retraite, dans la paix du Seigneur, dans le cœur de Jésus...
Dans la seconde semaine, J. CG. a rachëté le monde en mourant sur la croix. Il faut aussi, pendant la retraite, racheter nos péchés, les clouer à la Groix; les faire mourir.., et nous attacher nousmêmes à Ja croix..:.…
(Comme on le voit, ce sujet peut être appliqué aux religieux qui ée sorit consacrés à Dieu, et servir pour l’ouverture d’une missicn où d’une retraite.)