‹ Les trésors de Cornelius a Lapide (volume 2)Chapitre 31 sur 97 · SOBRIÉTÉ · texte numérisé non relu

SOBRIÉTÉ

E continuez pas à ne boire que de l’eau, dit l’Apôtre à son cher disciple Timothée ; mais usez d’un peu de vin, à cause de votre estomac et de vos fréquentes infirmités : Moli adhuc

aquam bibere, sed medico vino utere , propter stomachum tuum , et frequentes tuas infirmitates (I. v. 23).

Si la corde d’un instrument est tendue avec trop de force, dit saint Grégoire, l’instrument ne résonne pas ; si elle n’est pas assez tendue, l’instrument va mal. Ainsi en est-il de la vertu de sobriété; elle est entièrement nulle, si l’on ne dompte pas ses passions autant qu’on le peut : c’est là la première condition de la sobriété; mais elle est très-imprudente et déréglée, si l’on exténue le corps plus qu'il ne faut (Lib. Moral.).

Je vous exhorte tous, écrit saint Paul aux Romains , à ne point être sages plus qu’il ne faut , mais à l’être avec sobriété , et selon la . mesure du don de la foi que Dieu a départie à chacun de vous : Dico

omnibus , non lus sapere quam oportet sapere, sed sapere ad sobrietatem; et unicuique sicut Deus divisit mensuram fidei (xn.3). Point d’excès de zèle , de jeùnes , de pénitence , de mortification..….

Il faut de la sobriété en tout...

Soyez sobres et veillez, dit l’apôtre saint Pierre, car Le démon, votre adversaire, tourne autour de vous comme un lion rugissant, cherchant une proie à dévorer : Sobri estote et vigilate, quia adver-

sarius vester diabolus, tanquam leo rugiens, circuit quærens quem devo-

ret (L v. 8).

Il faut se servir des choses temporelles plutôt par besoin que par goût, dit saint Augustin, afin que nous méritions de jouir des choses éternelles : Temporalibus magis utendum est, quam fraenduns uti frui mereamur æternis (Lib. Confess.).

User des choses avec modération, avec sobriété, cela suffit à celui qui doit mourir...

Point de sainteté sans sobriété...

Il.y en a qui vivent pour manger, dit Socrate; moi, je mange pour vivre : Al vivunt ut edant, ego vero edo ut vivam (Prov.).

Le commencement de la vie de l’homme est l’eau, le pain, le

Nécessité de la sobriété,

Excellence et avantages de la sobriété,

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vêtement, dit l’Ecriture : Znitium vitæ hominis, agua, et panis, et vestimentum (Eccli., xxix. 28). C’est ce que dit le grand Apôtre : Ayant le manger et le vêtement, contentons-nous-en : Æabentes alimenta, et quibus tegamur, his contenti sumus (L. Tim. vr. 8).

Saint Bernard, écrivant à Robert, lui disait : Le sel et l’appétit suffisent comme agsaisonnement à celui qui vit avec sobriété : Sobrie conversanti, satis ad omne condimentum, sal cum fame. Prenez la nourriture comme une pénitence , dit encore saint Bernard , c’est-à-dire usez d'aliments par nécessité, et non par plaisir; et que ce soit la faim, et non la gourmandise, qui vous presse. Ne nourrissez pas votre chair pour les vers, et mangez de manière à avoir toujours faim (1).

Nous qui sommes les enfants du jour, soyons sobres, dit le grand Apôtre : Nos qui diei sumus , sobri sumus (T. Thess. v. 8).

Dites aux vieillards d’être sobres, dites-le pareïllement aux femmes; exhortez de même les jeunes gens à la sobriété, dit l’Apôtre à Tite, son disciple (11. 2. 3.6).

Joseph , à la cour de Pharaon, ne mangeait que du pain : Mee quidquam aliud cognoverat, nisi panem quo vescebatur (Gen. xxxix. 6). Voyez Judith...; voyez Daniel et ses compagnons en captivité...

Voyez les anachorètes, les solitaires, les ordres religieux et tous les saints de tous les siècles. Une grande sobriété a toujours été pratiquée parmi eux...

La sobriété, dit Origène, est la mère de toutes les vertus ; au contraire , les excès dans le boire et le manger entrainent dans tous les vices ( Aomil. nr in Levit.).

La sobriété est très-avantageuse , 40 à la santé; elle écarte les maladies et prévient une vieillesse précoce et infirme; elle prolonge la vie et la rend heureuse...; 2 elle conserve la chasteté et toutes les vertus.….; elle amortit le feu de la concupiscence , les appétits de la chair... 3° La sobriété porte naturellement à la science, à l'amour de Pétude et du travail; elle facilite les veilles, détruit les pesanteurs de l'esprit, ouvre Pintelliganedee

Moïse , Elie, Judith, Esther, les Machabées, les putsarbties , les pores les apôtres, les martyrs, tous les saints qui ont fait de

(1) Sicut ad crucem, sic accedas ad cibum; id est, nunquam voluptate, sed neces-

sitate pascaris : et fames, non sapor, prévosel appetitum,. Non nutrias carnem tuam vermibus : ita manduca ut semper esurias (Ut supra).

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