XXE RE
He ÏL£ y a, dit saint Bernard , quatre choses qui nourrissent et augmen-
être pieux, tent la piété : 10 le souvenir de ses péchés, qui rend l’homme hum-
ble..….; 2 le souvenir des peines de l’enfer, qui le stimule à faire le
bien... ; 3° le souvenir de son pèlerinage, qui le porte à mépriser
les choses visibles...; 4° le désir de la vie éternelle, qui excite
l’homme à la perfection, et à ne jamais abandonner sa volonté aux créatures... (/n Sentent.)
HOMME, s’écrie saint Bernard, reconnais combien graves sont
des blessures pour lesquelles il est nécessaire que le Seigneur
J. C. soit couvert de plaies! Agnosce, a homo, quam gravia sunt vulnera , pro quibus necesse est Dominum Christum vulnerari ! (Serm. ur de Nativ.)
Arrêtez-vous au touchant tableau que saint Augustin fait des douleurs de J. C. : Sa poitrine , dit-il, est brülante ; son côté cruellement ouvert est ensanglanté ; ses entrailles sont disloquées; ses yeux, si doux et si beaux, sont pâles, ils se fermenit; sa divine bouche se contracte ; ses bras célestes sont glacés, ses jambes pendues sont froides, son sang qui jaillit arrose ses pieds percés de clous. O Père céleste, regardez les membres souillés de votre criminelle famille; voyez le supplice du Rédempteur, et remettez les iniquités des rachetés ! Divin enfant, qu’avez-vous fait pour être ainsi jugé? Quel est votre crime? Quod scelus tuum? Quelle est votre faute? Quæ noxa tua P Quelle est la cause de votre mort? Quæ causa mortis? Quelle est la cause de votre condamnation? C’est moi qui suis la plaie de vos plaies ; c’est moi qui suis coupable de vôtre mort. J’en suis la cause; je suis votre flagellation ; je suis instrument de votre passion; c’est moi qui vous ai crucifié. O admirable condition du criminel! ineffable mystère! le criminel pèche, et Le juste est puni : Peccat iniquus, et punitur justus. Le coupable est chargé d’iniquités, et l’innocent est chargé de coups : Delinquit reus, et vapulat innocens. L’impie commet la faute , et la condamnation atteint la piété même : Offendit impius, et damnatur pius. Le bon endure ce que le méchant mérite : Quod meretur malus, patitur bonus. Le maître paie les dettes de l’esclave : Quod perpetrat servus, exsolvit Dominus. Dieu est chargé des forfaits commis par l’homme : Quod committit homo, sustinet Deus. Jusqu'où, Ô Fils de Dieu, jusqu’où votre humilité descend-elle? Quo, nate Dei, quo tua descendit humilitas ? Jusqu’où votre amour vous porte-t-il? Quo tua flagravit caritas ? Jusqu'où va votre dévouement? Quo processit pietas? Jusqu'à quel point votre bonté s’est-elle accrue? Quo excrevit benignitas ? Jusqu'où est allée votre charité? Quo tuus attigit amor ? Jusqu'où est parvenue votre compassion ? Quo pervenit compassio? Cest moi qui ai agi criminellement, c’est vous qui êtes
Souffrances de J. C.
à la croix.
Bonté et amour de J. C.sur la croix.
Richesses qui découlent descinq plaies,
frappé de la peine : Æ'go enim inique eg, tu pæna mulctaris. C’est moi qui ai commis le mal, c’est vous qui supportez la vengeance ; c’est moi qui suis coupable du forfait, c’est vous qui êtes soumis à la torture : Ægo crimen edidi, tu torturæ subjiceris. C'est moi qui me suis élevé par un sot orgueil, c'est vous qui vous humiliez : j'ai été superbe, vous vous abaissez : Ægo tumui, tu. attenuaris. J'ai été désobéissant, vous, obéissant, vous payez le crime de ma désobéissance : Zgo inobediens exstiti, tu obediens, scelus inobedientic lus. J'ai obéi à la gourmandise, vous tombez d’inanition; l'arbre m'a porté à un mauvais désir, une parfaite charité vous mène à l'arbre de la croix : Me ad illicitam concupiscentiam rapuit arbor ; te, perfecta caritas duxit ad crucem. J'ai touché au fruit défendu, vous avez été cloué; j'ai goûté la douceur du fruit de larbre, on vous abreuve de fiel ; je ris avec Eve, Marie pleure avec vous. Voilà le Roi de gloire; voilà mon impiété, et voilà votre amour , à mon Dieu ! (/n Medit., ce. vI.)
Ox lui dira : Que sont ces plaies au milieu de vos mains? Il répondra : Ce sont des plaies que j’ai recues dans la maison de ceux qui m’aimaient : Dicetur ei : Quid sunt plage 1stæ in medio manuum tuarum? Et dicet: His plagatus sum in domo eorum qui diligebant me (Zach. xm. 6). Et mon cœur ne se fondrait pas d’amour ! A ce Dieu qui a les mains, les pieds, le cœur percés par amour pour moi, je ne rendrais pas amour pour amour! je ne supporterais pas mes blessures par amour pour ses plaies , mes revers pour ses tourments, la mort pour sa mort!
Les secrets de son cœur, dit saint Bernard, s’échappent par les ouvertures de ses plaies : Patet arcanum cordis per foramina corporis (Serm. LXV ).
Les entrailles de la miséricorde de Dieu s'ouvrent (Luc. r. 78). Il donne sa vie pour ses brebis , et pour des brebis criminelles...
Les plaies de J. C., dit saint Augustin, sont pleines de miséricorde , pleines de bonté, pleines de douceur et de charité : Vulnera Jesu Christi plena sunt misericordia , plena pietate, plena dulcedine et caritate (In Manual.).
Vous puiserez avec joie des eaux vives aux fontaines du Sauveur, dit Isaïe : Haurietis aquas in gaudio de fontibus Salvatoris (x. 3). Des
cinq plaies coulent toutes les grâces, tous les sacrements , tous les trésors du ciel...
En ce jour-là , dit le prophète Zacharie , une fontaine sera ouverte pour la maison de David et pour les habitants de Jérusalem, pour laver les péchés et les souillures :: Zn die illa erit fons patens domui David et habitantibus Jerusalem in ablutionem peccatoris (xur. 4), Un repos assuré, dit saint Augustin, existe pour les infirmes et les pécheurs dans les plaies du Sauveur. J'habite là en toute sécurité; ses entrailles s’ouvrent pour moi par ses blessures; j’y trouve et j’y prends tout ce qui me manque; elles abondent en miséricorde. Ils ont percé ses mains , ses pieds, son côté. Il m’est donné de goûter par ces plaies combien le Seigneur est doux. Par ces plaies, une abondante rédemption nous est donnée ( /n Manual., c. xxI ).
Quoi de plus efficace pour guérir les blessures de la conscience , pour purifier l’âme, que la continuelle méditation des plaies de J. G.? dit saint Bernard : Quid tam efficax ad curanda conscientiæ vulnera, nec non ad purgandam mentis aciem, quam Christi vulnerum sedula meditatio ? (Serm. zxrr in Cant.)
Celui, dit saint Bonaventure, qui s’exerce avec application et
dévotion à réfléchir sur la vie et la passion du Seigneur, y trouve abondamment tout ce qui lui est utile et nécessaire : il n’est pas besoin de chercher ailleurs, tout est là (Collat. vir). Les plaies de J. C. sont un refuge assuré et un asile certain pour tous les fidèles dans les tribulations et les persécutions. O vous qui êtes accablés d’ennui , de tristesse , d’affliction , refugiez-vous là... Saint Augustin dit avec une tendre piété dans ses Soliloques : Seigneur, ce sont vos mains qui m'ont fait, ces mêmes mains qui ont été clouées à la croix pour moi ; Seigneur, ne méprisez pas le travail de vos mains; je prie les plaies de vos mains de m’obtenir que vous jetiez les yeux sur moi. Vous m'avez inscrit, marqué dans vos mains; lisez cet écrit, et sauvez-moi. Votre créature soupire vers vous, vous en êtes le Créateur, créez-moi de nouveau. Votre ouvrage crie vers vous; vous êtes la vie, vivifiez-moi; je suis votre image, Ô divin original , restaurez-mot.
Où trouver, dit saint Bernard, une assurance et une guérison pour les malades, sinon dans les plaies du Sauveur? (Serm. xLur. )
Une abondance infinie de douceurs , la plénitude de la grâce , et la perfection des vertus sont les plaies sacrées de J. C. notre Sauveur, dit saint Augustin : /n vulneribus Jesu Christi Salvatoris nostri, magna multitudo dulcedinis, plenitudo gratiæ , et perfectio virtutum. Lorsqu’une mauvaise pensée m'assiége , je cours aux plaies de J. C: Lorsque ma chair veut m’opprimer, je sors victorieux de la lutte
Il faut aimer les plaies de J.C.,ety établir notre demeure.
par le souvenir des plaies du Seigneur. Lorsque Satan me prépare des embüches, je cours aux entrailles de mon Seigneur, et mon ennemi s'éloigne de moi. Si l’ardeur de la passion agite mes membres, cette ardeur s'éteint par le souvenir des blessures de Notre- Seigneur Fils de Dieu. Dans toutes les adversités, je n’ai jamais trouvé un remède aussi efficace que les plaies de J. G. : dans ces plaies je dors tranquille, et je me repose intrépide. J. G. est mort pour nous; il n’y a rien d’amer, même la mort, qui ne soit guéri par la mort de J. G.; toute mon espérance est là (1).
Où les pécheurs, dit saint Bernard, trouveront-ils leur pardon, leur salut? dans les plaies du Sauveur. J’ai commis de grandes fautes, ma conscience est troublée, mais elle se rassurera au souvenir des plaies du Seigneur. Quel crime, si grave qu’il soit, ne serait détruit par la mort de J. C.? Quid tam ad mortem, quod non Christi morte solvatur ? Si donc je n’oublie point un remède si parfait, si puissant, si certain, je ne puis plus me désespérer à cause de l’énormité de mon iniquité ( Serm. xurr ).
Le jour de sa résurrection , J. C. vint au lieu où ses disciples étaient assemblés , et debout au milieu d’eux, il leur dit : La paix soit avec vous. Et il leur montra ses mains et son côté { Joann. xx. 19. 20 ). C’est donc dans les plaies de J. C. qu’on trouve la véritable QUE |
Saint Bonaventure dit avec raison : Seigneur, je ne veux pas vivre sans souffrances, puisque je vous vois couvert de plaies : Domine, nolo vivere sine vulnere, quia te vulneratum video (In Passione Christi).
Les plaies de mon Sauveur sont les mamelles où je suce le lait ; ces blessures sont ma nourriture, dit saint Augustin : Æinc lactor ab ubere , hinc pascor a vulnere (In Medit.).
Je suis cloué à la croix du Christ, dit le grand Apôtre. Et si je vis, ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi : Christo confixus sum cruci ; vivo autem, jan non ego, vivit vero in me Christus
(1) Cum me pulsat aliqua turpis cogitatio, recurro ad vulnera Christi. Cum me premit caro mea, recordatione vulnerum Domini mei resurgo. Cum diabolus mihi parat insidias , fugio ad viscera misericordiæ Domini mei, et recedit a me. Si ardor libidinis moveat membra mea, recordatione vulnerum Domini nostri Filii Dei exstinguitur, In omnibus adversitatibus non inveni tam efficax remedium quam vulnera Christi : in illis dormio securus, et requiesco intrepidus. Christus mortuus est pro nobis; nihil tam ad mortem amarum, quod morte Christi non sanetur. Tota spes mea est in morte Domini mei (7x Manual, c. xxt).
PLAIES (LES GINQ ). 43
(Gal, 11. 49. 20). Je porte en mon corps les stigmates du Seigneur Jésus : £'go stigmata Domini Jesu in corpore meo porto (Gal, vr. 17).
Mon amour est crucifié, s’écrie saint Ignace, martyr : Amor meus crucifitus est (Epist.).
Saint Elzéar écrivait à sainte Delphine son épouse : Si vous me cherchez, si vous désirez me voir, vous ne me trouverez que dans les plaies de J. C. ; c’est là que je demeure (/n ejus vita).
Je ne veux plus me séparer de J. C., dit saint Bonaventure. Il fait bon être avec lui ; je veux établir en lui trois demeures, une dans ses mains, l’autre dans ses pieds; et la troisième , dans son cœur, sera continuelle. Là je parlerai à son cœur, et j’obtiendrai tout ce que je voudrai (Collat.).
J. C. dit à Thomas : Mettez là votre doigt, et voyez mes mains; approchez votre main, et mettez-la dans mon côté, et ne soyez plus incrédule, mais fidèle. Thomas lui répondit et lui dit : Mor Seigneur et mon Dieu (Joann. xx. 27. 28). Des plaies sacrées de J. C. sortent la lumière de la foi et les flammes de l'amour...
Nous devons admirer, aimer, adorer les cinq plaies de notre Sauveur...
Je vous porte gravé dans mes mains, dit J. C. par Isaïe : Æ'cce in manibus meis descripsi te (xurx. 46). Nous sommes gravés dans ses plaies, non avec de l’encre, mais avec son sang; non avec une plume, mais avec des clous et des stigmates dans la chair, et si profondément que ni le temps, ni l’éternité ne pourront détruire cette marque.
Les plaies de J. C. lui sont si précieuses et si chères, qu’en ressuscitant il a voulu les garder, les conserver et les montrer dans le ciel, et cela pour jamais. En voici les nombreuses raisons : 1° pour attester qu’il a pris notre chair... ; 2 pour rappeler les atrocités de sa passion... ; 3° pour montrer sa victoire sur la mort et prouver sa résurrection, le même corps qui a été crucifié étant ressuscité... ; 4 pour montrer les caractères de son ardent amour...; 5° pour montrer les trophées de sa victoire sur le démon, sur l'enfer, sur le péché, sur la mort...; 6° pour montrer les ornements de son corps glorieux et ses triomphes éclatants..; 7° pour témoigner de notre rédemption..….; 8° pour attester son obéissance jusqu’à la mort... ; 9e ses plaies sacrées conservées , sont de précieux monuments de ses travaux et de ses douleurs... ; 40° pour preuve qu’elles sont la satisfaction de tous les péchés, et qu’en les montrant à son Père il
J. C. portera éternellement la marque de ses plaies.
obtient miséricorde pour les pécheurs..... 110 Elles sont la consolation des affligés.…. ; 12° l'exemple de la patience... ; 13° le refuge des malheureux... ; 14° l’aiguillon des pénitents... ; 15° l’asile de ceux qui sont tentés. ; 16° le courage de ceux qui travaillent. ; 47° le modèle des martyrs...; 18° la joie des élus... ; 19 la honte des réprouvés au jour du jugement... ; 20° l’étonnement et l’admiration du ciel, et la terreur de l’enfer..….
PRÉDESTINATION ET PRÉSCIENCE.
AINT Augustin, dans son livre du don de la persévérance, cha- Qu'est-ce que
pitre vir, définit la prédestination , la prescience et la prépa-
ration de tous les bienfaits de Dieu , par lesquels sont certainement sauvés tous ceux qui le sont. Et, chapitre xvir : Dieu dispose ce qu'il fera lui-mème selon sa prescience infaillible; voilà ce que c’est que prédestiner, rien de plus.
Selon saint Thomas (1. p. q. 23. art. 1), la prédestination est la manière dont Dieu conduit la créature raisonnable à sa fin, qui est la vie éternelle...
Selon saint Augustin, tout ce que Dieu donne, il a résolu de toute éternité de le donner; tout ce qu’il exécute dans la dispensation de sa grâce dans le temps, il l’a prévu et prédestiné avant tous les temps. Dans cette dispensation et distribution de sa grâce dans le temps, il y a une préférence gratuite pour tous les saints ,-c’està-dire pour tous ceux qui vivent et qui agissent saintement. Cette
‘préférence est donc prévue, voulue, ordonnée de toute éternité ; et cela mème, dit saint Augustin, c’est la prédestination ( De Dono persev., C. VIT).
Toute la différence qu’il y a entre la grâce et la prédestination , dit encore saint Augustin, c’est que la prédestination est la préparation de la grâce; et la grâce, le don mème que Dieu nous fait : /nter gratiam et prædestinationem, hoc tantum interest, quod prœdestinatio est gratiæ prœparatio; gratia vero, jam 1psa donatio (Lib. de Prædest., c. x ).
La prédestination, ajoute ce grand docteur (/bid.), est une prescience par laquelle Dieu a prévu ce qu'il ferait : Prædestinasse est hoc præscisse quod fuerat ipse facturus.
Sainr Paul, dans son Epitre aux Romains, dit : Dieu a pitié de qui 1l veut, et il endurcit qui il veut : Cujus vult miseretur, et quem vult indurat (1x. 18). Voici l'explication qu’il faut donner à ces paroles, et comment il faut les entendre : Les Juifs incrédules , ou les autres incrédules, ont été repoussés de la justice; mais les chrétiens croyants ont reçu la justice. Ces paroles de l’Apôtre expliquées ainsi,
la prédestination?
Cotiment doits'entendre la prédestinatiot,
46 © PRÉDESTINATION ET PRESCIENCÉ:
donnent la solution de toutes les difficultés. Et c’est le sens que VApôtre attache à ce passage. Les chrétiens ont été choisis, prédestinés à la justice, les Juifs en ont été rejetés; parce que les chrétiens ont embrassé la foi de J. C., et que les Juifs l’ont refusée.
La raison pour laquelle les Juifs n’ont pas été prédestinés , et que les gentils ont été, est que Les Juifs ont cherché la justice et le salut où ils ne devaient pas, c’est-à-dire dans les œuvres de la loi, et non dans la foi en J. C., où Dieu a placé la justification et le salut. Les gentils, au contraire, ont cherché la justice et le salut dans la foi en J. G. C’est ce que dit saint Paul : Les nations qui ne poursuivaient point la justice, ont atteint la justice, qui vient de la foi. Et en poursuivant la loi de justice, Israël n’est point parvenu à la loi de justice. Pourquoi? (parce qu’ils l'ont poursuivie), non par la foi, mais en quelque sorte par les œuvres; car ils ont heurté contre la pierre d’achoppement ; comme il est écrit : Voilà que je mets au milieu de Sion une pierre d’achoppement et une pierre de scandale ; et quiconque croit en lui ne sera point confondu (1).
J. C. fut pour les Juifs une pierre d’achoppement, parce que, voyant son humilité, sa pauvreté, sa mort, ils ne voulurent pas, offensés de son abjection, le reconnaître pour le Messie; car ils attendaient un Messie riche, puissant, etc... Ce n’est pas parce que Dieu avait prévu qu'ils seraient rejetés, que les Juifs l’ont été en effet. Is sont sortis volontairement, dit saint Augustin, ils sont tombés de leur propre volonté; et parce que Dieu avait prévu qu’ils tomberaïent, ils n’ont pas été prédestinés ; ils auraient été prédestinés , s'ils avaient dû revenir, et demeurer dans la sainteté et la vérité. Par là même la prédestination de Dieu est pour un grand nombre un motif de vivre saintement. La prédestination n’est pour personne une raison de tomber (2).
L'homme ne tombe pas parce que Dieu a prévu sa chute; mais
(1) Gentes quæ non sectabantur justitiam, apprehenderunt justitiam : justitiam autem, quæ ex fide est. Israel vero sectando legem justitiæ, in legem justitiæ non pervenit. Quare? quia non ex fide, sed quasi ex operibus : offenderunt enim in lapidem offensionis; sicut scriptum est : Ecce pono in Sion lapidem offensionis et petram scandali : et omnis qui credit in eum, non confundetur ( Rom. 1x. 30-33 ).
(2) Voluntate exierunt, voluntate ceciderunt; et quia præsciti sunt casuri, non sunt prædestinati : essent autem prædestinati, si essent reversuri, et in sanctilaté ac veritate mansuri : ac per hoc prædestinatio Dei multis est causa standi, nemini causa labendi (Aré, x11 2n arliculis sibi fulso impositis).