‹ Les trésors de Cornelius a Lapide (volume 2)Chapitre 8 sur 97 · PRÉDESTINATION ET PRESCIENCE · texte numérisé non relu

PRÉDESTINATION ET PRESCIENCE

saint Augustin (Zxb. de Dono persever., c. vir.), que le père de famille, qui ne les doit à personne, serait en droit, selon l'Evangile, de répondre à ceux qui se plaindraient : Mon ami, je ne vous fais point de tort; ne m’est-il pas permis de faire de mon bien ce que je veux? et faut-il que votre regard soit mauvais (injuste, jaloux), parce que je suis bon? Et si ces murmurateurs répondent encore que dans cette parabole il s’agit du plus et du moins, et non pas d’être à la fin privé de tout, comme le sont les réprouvés , le père de famille n’en dira pas moins : Je ne vous fais point de tort, puisque si je vous laisse dans la masse justement damnée d’où vous sottez, vous n’avez point à vous plaindre de la justice que j’exerce envers vous; et sije vous ai tiré, par ma pure grâce, de cette masse corrompue, et que vous vous y soyez replongé vous-même, en suivant la concupiscence qui est venue, je vous fais d’autant moins de tort, que je ne vous ai pas refusé les grâces absolument nécessaires pour conserver la justice que je vous avais donnée : ainsi vous n’avez qu'à vous imputer votre perte. Et si ces murmurateurs nous disent encore que cela est difficile à concilier avec la préférence gratuite, il faudra enfin leur fermer la bouche avec cette parole de saint Augustin (De Dono persever., ce. x1v., n. 37) : Faut-il nier ce qui est certain, à cause qu'on ne peut comprendre ce qui est caché? Ou faudra-t-il dire que ce qu’on voit clairement n’est pas , à cause qu’on n’en trouve pas la raison d’existence? Et enfin , si l’autorité et la raison de saint Augustin ne leur suffisent pas, que répondront-ils à l’Apôtre, lorsqu'il leur dira : Qui connaît les desseins du Seigneur ;, ou qui est entré dans ses conseils? O homme, qui êtes-vous pour disputer contre Dieu? Ne savez-vous pas que ses conseils sont impénétrables, et ses voies incompréhensibles? (Rom, 1x. 20, xr. 34. — Défense de la Tradition, liv. XIL, c. Xvtr.)

Laissons notre destinée entre les mains de la miséricorde de Dieu ; elle sera mieux placée qu'entre les nôtres. Travaillons à opérer notre salut et espérons; nous ne serons point confondus...

Moyens Nous lisons dans l’Amnitation de J. C., ce. xxv, L. 1 : Un homme flotd'assurer sa : aie : 2

prédesti. tant entre la crainte et l’espérance de son salut, un jour, accablé de

nation. peine, sé trouvaitau pied d’un autel et se disait en lui-même : Oh! si

je savais que je dusse persévérer ! Il entendit aussitôt une voix divine

qui lui dit : Que voudriéz-vous faire, si vous saviez cela? Faites

maintenant ce que vous voudriez faire alors, et vous serez dans la

vraie sécurité. Et aussitôt consolé et fortifié, il se confia entièrement

PRÉDESTINATION ET PRESCIENCE. 51 à la divine volonté. Faisons de même... Apprenez de là combien il est important de s’appliquer à la vertu et aux bonnes œuvres. Agir

ainsi, c’est une marque certaine qu’on est prédestiné de Dieu pour la gloire...

Se préserver des péchés, faire de dignes fruits de pénitence, c’est ainsi qu’on évite l’enfer et qu’on va au ciel...

Tout est par Dieu.

Dieu est partout,

>ssr de Dieu, dit le grand Apôtre, par lui et en lui que sont toutes choses : Ex ipso, et per ipsum, et in ipso sunt omnia (Rom. xr. 36).

Tout est du Père, par le Fils, dans le Saint-Esprit... C’est en Dieu que nous vivons et que nous avons le mouvement et l’existence, dit le même apôtre : Zn ipso vivimus, movemur, et sumus (Act. xvir. 28 ).

Dieu tient en son pouvoir notre vie, notre mort, notre temps, notre éternité, notre âme, notre corps; nous dépendons de lui comme les rayons dépendent du soleil, l'ombre du corps. C’est lui qui nous a créés et qui nous crée constamment par sa providence paternelle ; de lui nous tenons tous nos sens extérieurs , intérieurs , tous les biens temporels , tous les biens spirituels...

Écourez saint Grégoire : Dieu, dit-il, demeure dans toutes choses ; il est hors de toutes choses; il est au-dessus de toutes choses et au-dessous de toutes choses. IL est au-dessus de toutes choses par sa puissance; au-dessous, par le soutien qu’il leur donne; il est à l’extérieur par sa grandeur; à l’intérieur, par sa subtilité. Il est un et même tout. Partout il soutient en présidant, et il préside en soutenant ; en pénétrant tout, il environne, et en environnant, il pénètre tout; au-dessus de toutes choses, il gouverne tout sans souci, il soutient tout sans peine. Il est donc au-dessous et au-dessus de tout sans lieu, il est au delà de tout sans étendue (1).

Péchez où vous êtes sûr que Dieu n’est pas; ah! il n’y a aucun lieu hors de cet Etre infini, dit saint Bernard : Pecca ubi nescis esse Deum ; nullus locus extra Deum (Lib. de Modo bene vivendi, c. xx1x):

Si je monte vers les cieux, Seigneur, dit le Psalmiste, vous y êtes; si je descends au fond des abimes, je vous y trouve : Si ascendero in cœlum, tu illic es ; si descendero in infernum, ades (cxxxvnr. 8).

(1) Ipse manet intra omnia, ipse extra omnia, ipse supra omnia, ipse infra omnia ; et superior est per potentiam, et inferior per sustentationem : exterior per magnitudinem, interior per subtilitatem. Unus idemque totus. Ubique præsidendo sustinens, sustinendo præsidens ; circumdando penetrans, penetrando circumdans : sine inquietudine superius regens, sine labore inferius sustinens. Est itaque inferior et superior sine loco, est amplior sine latitudine ( Moral., lib. LT, ç. vinr).

Si je prends les ailes de l'aurore, si je vais habiter aux extrémités des mers, c’est votre main qui m'y conduit, c’est votre droite qui m’y soutient : Si sumpsero pennas meas diluculo, et habitavero in extremis maris, etenim illuc manus tua deducet me, et tenebit me dextera tua (exxxvrir. 9, 10 ).

Avavxs créature, dit le grand Apôtre , n’est invisible devant Dieu ; mais tout est à nu et à découvert à ses yeux : {Von est ulla creatura invisibilis in conspectu ejus ; omnia autem nuda et aperta sunt oculis ejus (Hebr. rv. 43).

Si vous voulez commettre le mal, dit saint Augustin, cherchez un lieu où Dieu ne vous voie pas, et là faites ce que vous voudrez : Si peccare vis, quære ubi te non videat Deus, et ibi fac quod vis (Lib. de Spiritu et Anima). Mais écoutez le Seigneur : Je suis celui qui scrute les reins et les cœurs ; et je rendrai à chacun de vous selon ses œuvres : Ægo sum scrutans renes et corda, et dabo unicuique secundum opera sua ( Apoc. 11. 23).

Dieu scrute les cœurs et les reins , dit aussi le Prophète royal : Scrutans corda et renes Deus (vi. 10). Vous avez placé mes iniquités devant vous, Seigneur, et notre vie a été éclairée par la lumière de votre visage : Posuisti iniquitates nostras in conspectu tuo; seculum nostrum in tlluminatione vultus tui (Psal. 1xxxix. 8). Îl ne dormira point, il ne s’assoupira point celui qui garde Israël : Æcce non dormitabit neque dormiet, qui custodit Israel (Psal. cxx. 4), Vous avez connu, Seigneur, le moment de mon sommeil et celui de mon réveil; vous découvrez de loin mes pensées ( Psal. cxxxvin. 2). Seigneur, vous connaissez toutes choses, l'avenir comme le passé; vous m'avez formé, et vous avez placé sur moi votre main : Æcce, Domine , fu cognovisti omnia novissima et antiqua ; tu formasti me, et posuisti super me manum tuam (Psal. exxxvur. 5). Votre science est merveilleusement élevée au-dessus de moi, et je n’y puis atteindre : #irabils facta est scientia tua ex me ; confortata est, et non potero ad eam (Psal. exxxvrr. 6). Où irai-je devant votre esprit? où fuir devant votre face ? Quo ibo a spiritu tuo ? et quo a facie tua fugiam (Psal. cxxxvnr. 7). J'ai dit : Peut-être que les ténèbres me cacheront , et la nuit a éclairé mes plaisirs. Devant vous les ténèbres n’ont pas d’obscurité, et la nuit éclaire comme le jour ; les ténèbres et la lumière ne sont pour vous qu’une même chose : Quia tenebræ non obscurabuntur a te, et nox sicut dies illuminabitur ; sicut tenebræ ejus, ita et lumen ejus (Psal. cxxxvnt. 12).

Dieu voit tout, connaît tout, entend tout.

Dieu , dit la Sagesse, est le vrai scrutateur des cœurs : Deus cordis scrutator est verus (1.6), Nous sommes dans sa main, et nous, et nos discours , et toute notre sagesse, et la science des œuvres, et la règle de la vie : /n manu illius, et nos, et sermones nostri, et omnis sapientia, et operum scientia, et disciplina ( Sap. vit. 16).

On doit craindre Dieu en public, dit saint Augustin; on doit le craindre en secret. Marchez-vous : il vous voit. Le soleil brille-t-il : il vous voit. Est-il nuit : il vous voit. Entrez-vous dans votre appartement : il vous voit. Craignez celui qui a soin de vous regarder, et en le craignant, ne l’offensez pas (1).

Dieu, dit ailleurs ce grand docteur, est tout œil, tout main, et tout pied; parce qu'il voit tout, qu’il fait tout, et qu’il est partout : Deus tatus oculus est, totus manus, et totus pes; quia omnia videt , omnia operatur, et ubique est (Epist. ur ad Fortun. ).

Le Seigneur est le Dieu des sciences, dit l’Ecriture, c’est lui qui prépare toutes les pensées : Deus scientiarum Dominus est, et ipsi præparantur cogitationes (1. Reg. 11. 3). Ce qui veut dire que toutes les pensées des anges et des hommes lui sont connues; qu'il les pèse, les classe, Les apprécie, les mesure...

Dieu regarde et interroge le cœur : Dominus intuetur cor (I. Reg. AVE»

En tout lieu, disent les Proverbes, les yeux du Seigneur contemplent les bons et les méchants : Zn omni laco oculi Domini contemplantur bonos et malos (xv. 3). Dieu regarde les voies de l’homme, et considère toutes ses démarches : Xespicit Dominus vias hominis , et omnes gressus ejus considerat (bid. v. 21 ). Dieu regarde du haut du ciel, ou plutôt, de sa profonde éternité, il voit, il considère, tout ce qui se fait au ciel, sur la terre et dans les enfers : tout ce qui est passé, présent, futur; tous les secrets et les mystères du cœur. Nous devons aussi nous-mêmes, à notre tour, le voir, le respecter, et le servir des yeux de l’âme et de la mémoire, en tout temps et en tout lieu...

Dieu, dit Pline, est tout intelligence, tout œil, tout oreille : Deus lotus est sensus , totus visus , totus auditus (Lib. Il, c. vri).

Toutes les voies de l’homme sont à découvert devant ses yeux, disent les Proverbes; le Seigneur pèse les esprits : Omnes viæ hominis

(1) Ipse timendus est in publico, ipse in secreto. Procedis? videris; lucerna ardet ? videt te; lucerna exstincta est? videt te; in cubile intras ? videt te, Ipsum time cui cura est ut videat te; et vel timendo cautus esto ( Serm. xLVI de verbo Damini ).

patent oculis ejus ; spirituum ponderator est Dominus (xvt. 2). Dieu dirige, dispose, mesure, pèse, juge les esprits...

Les yeux du Seigneur, dit l’Ecclésiastique, sont plus pénétrants que le soleil , ils voient l’homme tout entier, le fond de l’abime ,ils considèrent tous les replis des cœurs : Oculi Domini multo plus lucidiores sunt super solem, cireumspicientes omnes vias hominum, et profundum abyssi, et hominum corda intuentes in absconditas partes ( xx. 28).

Seigneur, dit saint Augustin dans ses Soliloques, vous considérez mes pas et mes voies, et nuit et jour vous veillez à ma garde; vous marquez tout. Vous êtes le spectateur de toutes mes pensées et de toutes mes actions ; comme &i, oubliant le ciel et la terre, vous ne vous occupiez que de moi seul. La lumière immuable de votre vue ne peut croître, si vous ne regardez qu’une choge, ni diminuer, si vous les regardez toutes à la fois. Car comme vous voyez parfaitement une chose en particulier, ainsi vous voyez toutes choses ensemble malgré leur diversité, et cela parfaitement. Vous voyez toutes choses, comme une seule, et chaque chose, comme toutes à la fois, sans division, sans changement, sans diminution. Vous êtes tout entier dans tous Les temps, sans qu’il y ait pour vous de temps ; et vous me voyez comme si vous n’aviez rien autre chose à voir. Ainsi vous veillez sur moi comme si vous mettiez tout le reste en oubli, et que vous ne voulussiez vous occuper que de moi seul. Vous vous montrez toujours présent; vous vous offrez comme étant toujours prêt, si vous me trouvez prêt moi-même. Quelque part que je sois, vous ne vous éloignez pas, parce que vous êtes partout, afin que partout où je vais, je vous trouve, vous par qui seul je puis être, afin que je ne périsse pas , privé de vous, ne pouvant exister sans vous. Je confesse que tout ce que je fais, quelque part que je le fasse, je le fais en votre présence; et tout ce que je fais, vous le voyez mieux que moi qui le fais. Car vous êtes présent à toutes mes œuvres, comme continuel témoin de toutes mes pensées, de toutes mes intentions, de toutes mes joies, de toutes mes actions. Et lorsque je considère cela avec attention, Seigneur, mon Dieu puissant et terrible, je suis confondu de crainte et de honte; parce qu'une rigoureuse nécessité nous est imposée de vivre avec justice et droiture, en faisant tout sous les yeux du juge qui distingue tout.

Souvenez-vous , dit saint Basile, que vous restez sous les regards de Dieu , qui voit les secrets des cœurs, et qui connaît ce qui est caché dans l’âme. Dans tout ce que vous voulez faire, examinez

auparavant si ce que vous préméditez est selon Dieu; et si c’est selon la règle, faites-le; mais si ce n’est pas selon Dieu, éloignez-le de votre esprit (1).

Toutes choses étaient connues du Seigneur avant qu’elles fussent créées , dit l'Ecclésiastique; et il les voit toutes maintenant qu'il les a faites: Domino enim Deo antequam crearentur, omnia sunt agnäta ; sic et post perfectum respicit omnia (xxrr. 39). Dieu voit tout, étant la créateur, le conservateur, le gouverneur de toutes choses...

Toutes choses sont présentes devant Dieu; car Les temps passés ne passent pas pour lui, comme les futurs n'arrivent pas pour lui. Le passé ne s’en va pas, tout reste devant ses yeux : l'éternité n’a ni passé ni avenir, tout est présent...

Que tous ceux qui habitent la terre, dit l’Ecclésiastique , sachent que vous êtes le Dieu qui contemple les siècles : Sciant omnes qui habitant terram, quia tu es conspector seculorum (xxxvr. 19). Vous contemplez, c'est-à-dire vous pourvoyez, vous prévoyez, vous ordonnez, vous connaissez, Vous gouvernez, vous récompensez ; Vous punissez..….

Les œuvres de tous les hommes, dit l’Ecriture, sont devant Dieu, et rien n’est caché à ses yeux; son regard s’étend d’un siècle à un siècle; rien n’est extraordinaire en sa présence : Opera omnis carnis coram tllo, et non est quidquam absconditum ab oculis ejus : a seculo enim usque in seculum respicit, ef nil est mirabile in conspectu ejus (Eceli. xxxix, 24, 25). Dieu , immobile dans son éternité, voit tout devant lui...

Le cœur de l’homme est trompeur et impénétrable : qui le connaîtra ? dit Jérémie. Moi, le Seigneur, qui sonde les cœurs , et qui éprouve les reins; qui donne à chacun selon ses voies, et selon le fruit de ses œuvres (2).

Toujours Dieu nous regarde , et toujours il opère en nous ; enfin il est tout en tous... Comme l’âme est la vie du corps, dit saint Augustin , ainsi Dieu est la vie de l’âme ; et comme le corps expire lorsqu'il rend l’âme , ainsi l’âme expire lorsqu'elle perd Dieu : Sicué

(1) Memento te sub Domini conspectibus stare, qui occulta cordis prospicit, et abdita mentium novit. In omni opere quod cogitas facere, prius examina, si secun-— dum Dominum est quod cogitas, et si rectum est coram Domino, perfice; si vero adversum fuerit repertum, amputa illud ab anime tua ( Ad filium spirit. ).

(2) Pravum est cor et inscrutabile, quis cognoscet illud? Ego Dominus scrutans cor, et probans renes : qui do unicuique juxta viam suam, et juxta fructum adinventionum suarum:(Xxvrr. 9. 10 ).

vita corporis anima est, sic vita animæ Deus : sicut exspirat corpus cum animam emitit ; ita exspirat anima, cum Deum amittit (Serm. xyin de verbis Apost.).

Nous sommes tellement unis à Dieu physiquement que , toutes les fois que nous respirons, nous aspirons Dieu. Sayons de même au moral; que notre âme n’aspire qu’à Dieu, ne pense qu’à Dieu, invoque sans cesse Dieu. Dieu est plus en nous-mêmes que nousmêmes; et tour à tour, nous sommes nous-mêmes en Dieu comme la lumière est dans l’air, et l’air dans la lumière...

Le Seigneur, dit le Psalmiste, connait toutes les pensées des hommes : Dominus scit cogitationes hominum (x. 11). Ses paupières interrogent les enfants des hommes : Palpebræ ejus interrogant filios hominum (Psal. x. 5).

Dieu est toujours près de nous, dit saint Paul: Dominus prope est (Philipp. 1v. 5).

Le Seigneur votre Dieu est au milieu de vous, dit Moïse à son peuple : Dominus Deus tuus in medio tui (Deuter. vi. 15).

40 La présence de Dieu exclut tous les péchés.

Le souvenir de Dieu exclut tous les crimes, dit saint Jérôme : Memoria Dei excludit omnia flagitia (Lib. VIL in Ezech., c. xxn1 ).

La présence de Dieu est un remède contre tous les vices, dit saint Basile : Aœc una recordatio, si esset assidua, contra omnia vitia medelam præberet (In Psal.).

Souvenez-vous de Dieu, et vous ne pécherez pas, dit saint Ignace : Memento Dei, et non peccabis (Ad Heronem).

2° La présence de Dieu rend inébranlable, et comme impeccable.

J’ai toujours le Seigneur présent à mes yeux, dit le Prophète royal; il est à ma droite, je ne serai point ébranlé : Providebam Dominum in conspectu meo semper ; quoniam a dextris est mühi ne commovear (XV. 8). Implorez le Seigneur, et vous serez fortifiés , dit encore le Psalmiste; cherchez sans cesse sa présence : Quærite Dominum, et confirmamini ; quærite faciem ejus semper (civ. 4).

Par la présence du juge qui sait tout, dit Boëce, on a une vive horreur des vices, on les évite ; on aime la vertu et on la pratique (Lib.V de Consolat., prosa vi ).

Joseph est violemment attaqué : il se rappelle la présence de Dieu, il est victorieux. Comment, dit-il, puis-je faire ce mal et pécher devant mon Dieu? Quomodo possum hoc malum facere, et peccare in Deum meum ? (Gen, xxxix. 9.) Suzanne est aussi fortement attaquée,

LA

Avantages et

heureux effets

de la présence de Dieu.

sollicitée; elle se souvient que Dieu la voit, elle triomphe (Daniel. xur).

Tertullien disait aux ennemis et aux persécuteurs des chrétiens : Vous accusez les chrétiens de commettre de grands crimes; vous les calomniez ; ils en sont incapables : pourquoi? parce qu’ils savent qu'ils sont toujours sous l'œil de Dieu, sous l'œil de leur juge, et cette pensée les rend comme impeccables (Apo/og.).

30 Le souvenir de cette sainte et salutaire présence nous fait observer la loi de Dieu.

Seigneur, dit le Psalmiste, mon âme a gardé vos préceptes, elle les a aimés d’un amour ardent; j’ai observé vos commandements et votre loi, parce que toutes mes voies sont en votre présence : Custodivit anima mea testimonia tua, et dilexit ea vehementer : servavi mandata tua, et testimonia tua; quia omnes viæ mecæ in conspectu tuo (oxvur. 167. 168).

4° Par la présence de Dieu nos ennemis sont vaincus.

La terreur, dit l’Ecriture, s’empare des ennemis du salut, en la présence de Dieu qui voit toutes choses, et ils sont mis en fuite : Timor hostibus incussus est ex præsentia Dei, fugerunt (II. Machab, xx 22).

Lorsque l’homme se tient en la présence de Dieu, dit l'abbé Sérapion, ses ennemis ne peuvent rien contre lui (Zn Vif. Patr.).

La présence de J. C. chassait des légions de démons des corps des possédés ; le même prodige a lieu pour éloigner les démons, lorsque nous nous rappelons la présence de J. C. Le démon , le monde, la concupiscence, tout est vaincu, renversé par cette arme puissante et invincible...

Il y a un moyen infaillible de vaincre l’ennemi, dit saint Antoine, c’est le continuel souvenir de la présence du Seigneur. Cette pensée déjoue les projets des démons, et les chasse comme une fumée : Unica est ratio vincendi inimicum animæ : Domini jugis recordatio, que dæmonum ludos quasi fumum expellit ( Vit. Patr.).

5o Dieu écoute et exauce la prière de celmi qui se tient en sa divine présence.

Les yeux du Seigneur sont sur les justes, dit le Prophète royal; ses oreilles écoutent et exaucent leurs prières : Oculi Domini super justos, et aures ejus in preces eorum (xxxu1. 16).

6° Cette sainte présence donne la joie et le bonheur.

Je me suis rappelé la présence de mon Dieu, dit le Psalmiste, et mon cœur s’est rempli de joie; ma bouche, Seigneur, a chanté vos

louanges, ma chair a reposé dans l'espérance : Providebam Dominum in conspectu meo semper : propter hoc lætatum est cor meum, et exsultavit lingua mea, insuper et caro mea requiescet in spe (xv. 8. 9). Mon âme était dans la tristesse, alors je me souvenais du Seigneur, et je poussais des cris de joie : Renuït consolari anima mea; memor fui Dei, et delectatus sum (Psal. Lxxvr. 3. 4).

Cassien dit, d’après l'abbé Isaac, que le bonheur de cette vie consiste dans le fréquent souvenir de Dieu : cette divine présence procure à l’homme, dès cette vie, un avant-goût de la béatitude éternelle. S

On ne peut que vivre heureux en la présence de Dieu, sachant qu'il nous regarde, qu'il a soin de nous, qu’il nous protége, qu’il désire nous combler de faveurs.

Comme le soleil réjouit, éclaire, échauffe, embellit, vivifie, féconde la nature; ainsi la présence de Dieu réjouit, éclaire, embrase, féconde, vivifie l’âme..…….

Te Cette précieuse présence rend la vie à l’âme et la lui conserve.

En la présence de Dieu nous vivrons, dit le prophète Osée : Vivemus in conspectu ejus (V1. 3). Ceux qui se tiennent en la présence de Dieu , qui savent que Dieu les voit partout et toujours, vivent saintement ; il n’y a pas d’autre vie que celle-là ; et ils cherchent à plaire à Dieu en toutes choses, et à faire sa sainte volonté. Nous vivrons en sa présence : Vivemus in conspectu ejus ; c’est-à-dire, nous serons pleins de vigueur et de santé, nous fructifierons, nous serons actifs, forts, énergiques, comblés d’honneur et de gloire...

Voici ce que dit le Seigneur : Cherchez-moi, souvenez-vous de moi, et vous vivrez : Aœc dicit Dominus : Quærite me, et vivetis (Amos. v. 4).

Par la présence de Dieu nous vivrons de la vertu et dans la vertu: nous vivrons de la grâce en ce monde, et de la gloire en l’autre...

8° La présence de Dieu nous rend parfaits.

Dieu apparut à Abraham, et lui dit : Je suis le Seigneur toutpuissant; marchez en ma présence et soyez parfait : Ægo Deus omnipotens : ambula coram me, et esto perfectus (Gen. xvir. 1). Le chemin de la perfection, c’est la présence de Dieu...

Ecoutez Sénèque lui-même : Vivez avec les hommes comme étant sous les yeux de Dieu; et entretenez-vous avec Dieu , comme si les hommes vous entendaient : Sic vive cum hominibus , tanquam Deus videat ; sic loquere cum Deo, tanquam homines audiant (Lib, T Epist. x ad Lucil.).

Vous serez parfait et sans tache en vous tenant en la présence du Seigneur votre Dieu, dit le Deutéronome : Perfectus eris, et sine macula cum Domino Deo tuo (xvnr. 13).

Ilest impossible, en effet, de ne pas tendre à la perfection en la présence de Dieu: par cette présence on vit de Dieu; et vivre de Dieu, c’est aller promptement à la perfection , et à la plus haute perfection; parce qu’on s’applique à éviter tout ce qui déplaît à Dieu et à faire tout ce qui lui plait...

9° La présence de Dieu nous procure tous les biens.

Le premier fruit de cette présence est la fuite du péché... ; le second , la victoire sur les tentations, les dangers, les ennemis...; le troisième, c’est que l’âme habite au ciel...; le quatrième, on est comme les anges; car les anges, dit J. C., voient toujours la face du Père... (Matth. xvur. 20); le cinquième, l'amour de Dieu...; le sixième , cette présence dissipe la colère, la cupidité, les distractions, les ennuis, et rend l’homme vertueux et parfait...

Il y a trois liens par lesquels les saints s’enchaînent fortement à Dieu, afin de lui être fidèles et de ne point l'offenser : le premier, c’est le respect pour la majesté divine présente à tout et jugeant tout; le second, le souvenir de la bonté et des bienfaits de Dieu. ; le troisième, c’est la crainte de Dieu fondée sur la considération du Jugement dernier et de la vengeance divine...

Comment obtiendrez-vous de vaincre les distractions dans la prière? dit saint Basile : en pensant sérieusement que vous êtes sous les yeux de Dieu : Quomodo obtinebit quis , ut in oratione sensus ejus non vagetur? si cogitet se assistere ante oculos Domini (In Psal. ).

De quel bien peut-on être privé en la présence de Dieu? dit Philon. Alors tous les biens , tous les avantages arrivent en foule : Quid boni defuerit, præsente omnipotente Deo? Tunc proveniunt acervatim cuncta commoda ( De Migratione Abrahæ }.

Si nous nous appliquons, dit saint Chrysostome, à voir constamment Dieu des yeux de l’âme; si nous cherchons à nous rappeler sa sainte présence, tout nous paraîtra facile, tout deviendra léger pour nous; nous supporterons tout, nous deviendrons supérieurs à toutes choses (1). Si celui, ajoute saint Chrysostome, qui se rappelle un excellent ami, relève son courage, et a le cœur rempli de joie par ce doux souvenir; celui qui se rappellera ce Dieu si bon qui a daigné

(1) Si semper mente videmus Deum ; si semper in recordatione ejus convertimus mentem nostram ; omnia nobis facilia apparebunt, omnia portabilia; omnia sustine— bimus, omnibus superiores efficiemur ( Homil. xxyi in epist. ad Hæbr.).

nous aimer si tendrement , comment pourrait-il être triste, ou sentir quelque impression sinistre , ou redouter quelque danger ? (4)

Tout abonde là où est Dieu, dit Philon ; habituellement il répand partout une multitude de biens parfaits : Zmpossibile est deesse commodum aliquod, ubi Deus præsidet, solitus plura perfectaque bona largiri rebus omnibus (De Migratione Abrahæ ).

Le continuel souvenir de la présence de Dieu est le principe de tous les biens, comme l’oubli de la présence de Dieu est la cause de tous les maux. C’est pourquoi Moïse ne cesse de dire aux Hébreux : Souvenez-vous de votre Dieu : Æecorderis Domini Dei tui (Deut. vu. 2 ), C’est pourquoi les hommes sages et les saints, de tous les lieux et de tous les siècles, ont mis tous leurs soins à ne jamais oublier Dieu, et se sont toujours appliqués à se souvenir de sa présence, par la pensée, par l'invocation, par la louange et l'amour...

Celui qui s'occupe de la présence de Dieu, s'assure la grâce, la vertu , le salut et la gloire éternelle...

Tant d’inestimables avantages et d’heureux effets de la présence de Dieu, doivent nous porter à vivre de cette ineffable présence...

IL est dit de Noé et d’Hénoch qu’ils ont marché constamment en la présence de Dieu : Ambulavit cum Deo (Gen. vr. 9 ).

Comme il n’y a aucun moment, dit Hugues de Saint-Victor, où l’homme n’use pas ou ne jouisse pas de la bonté et de la miséricorde de Dieu , il ne doit y avoir aucun moment où il ne se rappelle sa sainte présence : car regardez comme perdu tout le temps où vous oubliez Dieu (2). Saint Bernard dit la même chose. C’est aussi ce que dit Le grand saint Augustin : Ainsi, Seigneur, comme il n’y a ni heure, ni instant en toute ma vie où je n’use de vos dons, il ne doit non plus y avoir aucun instant dans ma vie où je cesse de vous avoir devant les yeux, dans mon souvenir, et où je ne doivé vous aimer de toutes mes forces (3).

(4) Siquisquam recordatus amici, erigit animam suam, delicians ex memoria illius ; qui in mente habuerit eum qui nosdiligere vere dignatus est, quando poterit aliquam sentire tristitiam, aut terribile aliquid, aut periculosum timere? (Homil.xxvi on epist. ad Hæbr.)

(2) Sicut nullum est momentum, quo homo non ütatur, vel fruatur Dei bonitate et misericordia ; sic nullum debet esse momentum quo eum præsentem non habeat in memoria : omne enim tempus in quo de Deo nôn cogitas, hoc te reputa perdidisse (Lib. IT de Anima ).

(3) Sicut nulla est hora, vel pünctüm in omni vita mea, quo tuo beneficio non utar ; sic nullum debet esse momentum quo te non habeam ante oculos in mea memoria, et non diligam ex omni fortitudine mea ( Zn Solilog., e. xvnir).

Ii ne faut pas

perdre de vue

la présence de Dieu.

Ayez Dieu présent à votre âme tous les jours de votre vie, dit Tobie à son fils : Omnibus diebus vitæ tuæ, in mente habeto Deum (vx. 6). Dans la mémoire, pour vous souvenir constamment de lui; dans votre intelligence, pour penser souvént à lui, et méditer sur ses perfections infinies , sur ses infinies bontés; dans la volonté, afin que vous le respectiez toujours, que vous l’aimiez, le bénissiez, l'imvoquiez, lui obéissiez, le glorifiiez, et que vous veilliez toujours sur vous pour éviter toute offense et tout péché...

Pensez à Dieu dans toutes vos voies, et il dirigera vos pas, disent les Proverbes : Zn omnibus vis tuis cogita illum , et ipse diriget gressus tuos (11. 6).

Pensez à Dieu, 4° très-souvent.… ; 2 reconnaissez Dieu en tout et partout, c’est-à-dire craignez-le , et adorez-le présent partout... ; 3° pensez à Dieu, c’est-à-dire ne voyez que Dieu pour but dans toutes vos actions... ; 4o pensez à Dieu, c’est-à-dire à son opération et à sa grâce...; 5° reconnaissez Dieu en toutes vos voies , c’est-à-dire représentez-vous Dieu , la volonté de Dieu, sa vie, sa doctrine, sa morale, sa loi, comme devant toujours être la règle de votre conduite, de vos mœurs, de vos pensées, de vos œuvres et de toute votre vie...

Il faut interroger notre cœur avec le plus grand soin, dit saint Basile, et ne pas permettre que la pensée de Dieu s'éloigne de nous, ni la pensée de tout ce qu’il a fait pour nous; ne pas laisser souiller notre mémoire de pensées futiles et de néant : il faut, au contraire, nous occuper assidèment de la très-sainte présence de Dieu, lime primer fortement dans notre âme, comme une marque, comme un cachet ; car c’est par le souvenirassidu de cette présence qu’on acquiert lamour de Dieu, et qu’on est fidèle à observer sa sainte loi (/n Gen.).

Sien tout liéu et en tout temps les yeux de Dieu nous contemplent, il est juste que de notre côté nous le contemplions avec persévérance , en tout lieu, en tout temps, tantôt en le priant, tantôt en chantant, tantôt en le louant, le bénissant , le remerciant , l’adorant avec le Psalmiste qui dit : Mon âme, bénis le Seigneur dans tous les lieux de sa domination : Zn omni loco dominationis ejus, benedic, anima mea, Domino (cr. 22), Mon âme, bénis le Seigneur, et n'oublie jamais ses miséricordes : Benedic, anima mea, Domino ; êt noli oblivisci omnes retributiones ejus ( arr. 2).

Qu'est-ce que le Seigneur demande de vous? dit le prophète Michée : c'est que vous marchiez avec attention en la présence dé votre Dieu : Quid Dominus requirata te ? utique sollicitum ambularé cum Deo tuo (vi. 8).

Le premier motif est que nous ne pouvons pas nous soustraire à la vue de Dieu, soit que nous le voulions ou que nous ne le voulions pas... ;

Le deuxième, c’est le compte qu'il faudra rendre à Dieu de tout ce qu’il voit en nous. ;

Le troisième est de penser combien la majesté de Dieu est grande et redoutable, cette majesté en présence de laquelle les colonnes des cieux sont ébranlées , les séraphins et Les chérubins tremblent et se couvrent la face de leurs ailes. ;

Le quatrième est de se rappeler les sollicitudes de Dieu pour nous... ;

Le cinquième, c’est que cette majesté exige que nous l’ayons sans cesse présente devant nous, que nous la servions avec humilité, avec obéissance… ;

Le sixième est que l’oubli de Dieu est la cause de toutes nos chutes... ; |

Le septième est de faire attention que nous avons de nombreux et terribles ennemis à vaincre, et que nous ne pouvons en triompher que par l'exercice de la présence de Dieu. ;

Le huitième est de réfléchir que tout ce que nous avons dépend de Dieu, et que nous sommes à son égard de pauvres mendiants.… ;

Le neuvième est que la nécessité de marcher en la présence de Dieu oblige tous les hommes, et cela dans toutes leurs pensées ; leurs actions, etc.; que tout, et jusqu’au moindre de nos actes ; doit être fait, soit pour le corps, soit pour l’âme, avec exactitude , avec sollicitude, avec perfection, selon la loi et la volonté de Dieu, afin qu’en toutes choses nous puissions de plus en plus lui plaire, et obtenir ses grâces. Une action médiocre faite avec petfection vaut mieux qu’une excellente action faite avec négligence et tiédeur ; car Diéu considère plutôtcomment on fait telle action ; que la grandeur de l’action elle-même...

Cowsrex de personnes auxquelles on pourrait adresser ce reproche que saint Jean-Baptiste faisait aux Juifs, parlant de J.C. :Ilyena un au milieu de vous que vous ne connaissez pas : Medius vestrum stetit quem vos nescitis! (Joann. T1. 26.)

Le Prophète royal a bien caractérisé le monde en l'appelant une terre d’oubli : Terra oblivionis. Qui dans le monde, en effet, pense à la présence de Dieu ? À quoi pensent les enfants ?.. à quoi pensent les jeunes gens? de quoi s’occupent la plupart des femmes ?.…

Motifs de se rappeler la présence de

Peu de personnes se rappellent la présence de Dieu.

Malheur d'oublier la présence de

Dieu.

quelles sont les pensées, les occupations du cultivateur, du négociant , du lettré, de l’homme du barreau ? L’ivrogne, le blasphémateur, le libertin, l’homme de colère, de haine, l’homme du monde, tous ces indifférents, ces incrédules, ces impies, à quoi pensent-ils ? s’occupent-ils de Dieu ? Leurs iniquités prouvent le contraire...

La plupart n’ont d’autre autel dressé que celui que saint Paul vit dans Athènes, sur lequel il lut cette inscription : Au Dieu inconnu : Ignoto Deo..….

L’auie, portant l’arrogance sur son front, oublie et dédaigne Dieu.

Les voies de celui qui oublie la présence de Dieu, dit le Psalmiste, sont en tout temps pleines de souillures : Von est Deus in conspectu jus, inquinatæ Sunt viæ illius in omni tempore (x, 5).

Toutes les passions surgissent dans l’oubli de Dieu... ; toutes les vertus s’en vont... ; tous les ennemis arrivent...

L’oubli de Dieu est la cause de tous les maux... Nous nous oublions, parce que nous oublions Dieu... Tout est perdu, et le temps, et l'éternité...

RÊTRE, en latin sacerdos, veut dire sacrum dans (S. Thom. 3. Que signifié le p. q: 22. art. 1). Prêtre, presbyter, n’est que la reproduction depiitre d’un mot grec qui se traduirait en latin par senior. Un pieux auteur veut y voir une autre étymologie ; selon lui, presbyter vient de prœæbens iler , prœæbens iter populo de exilio ad patriam : Montrant au peuple, qui est exilé, le chemin de la patrie (Honorius Augustod., in Josue, lib. IE, c. 1V).

Pasteur, pastor, a pascendo dicitur : pasteur vient du verbe paître. L’évèque, episcopus (surveillant), est ainsi appelé à cause qu'il voit, qu'il surveille tous les hommes, qu’il contemple tout, dit saint Chrysostome : Z'piscopus ex eo dicitur quod omnes inspiciat, cunctaque speculetur (Homil. xi).

Les prêtres sont appelés dieux dans l’Exode : Tu ne parleras point D mal des dieux, dit le Seigneur : Dis non detrahes (xxu. 98).

Des dieux devenus semblables à des hommes sont descendus parmi nous, disait le peuple de Lystra, ville de Lycaonie, parlant de saint Paul : Di suüniles facti hominibus, descenderunt ad nos (Act. xiv. 10).

Diey s’est assis dans l’assemblée des dieux, dit le Psahniste : Deus stetit in synagoga deorum (LXxxI. À ).

Pour nous, nous sommes de Dieu , dit l’apôtre saint Jean : Nos ex Deo sumus (1. 1v. 6).

0 prètre de Dieu, s’écrie Cassien, si vous contemplez l'élévation des cieux, vous êtes encore plus élevé ; si vous considérez la grandeur des rois, vous êtes plus grand; vous n’êtes inférieur qu’à

* Dieu, votre créateur: O sacerdos Dei, si altitudinem cœli contempleris, altior es; si dominorum sublimitatem, sublimior es; solo Deo et creatore tuo inferior es ( Catal. glor. ).

Qui dit prêtre, dit un homme divin, selon saint Denis; cette dignité est angélique ou plutôt divine : Qui sacerdotem dixit, pror sus divinum insinuavit virum ; angelica, imo divina est dignitas (De Cœlest. hier., c, 1).

C’est une profession qui communique la divinité, dit saint Ame broise ! Deifica professio ( De Dign. sacerd., c. m1).

Page 1