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TE e.
qualis esset ista salutatio. Et ait angelus ei : Ne timeas, Maria , invenisti enim gratiam apud Deum ( Luc. 1. 29. 30).
Ne craignez pas , 6 Marie, dit saint Bernard, ne vous étonnez pas de l’arrivée de l’ange; celui qui est plus grand que l'ange vient lui-même : Ve timeas, Maria : ne mireris angelum venientem, et major angelo venit (Serm. in Nativ. B. Virg. ).
Ne vous étonnez pas de {l’arrivée de l’ange, le Seigneur de l'ange est avec vous! Pourquoi ne verriez-vous pas un ange, vous qui vivez d’une manière angélique ? Pourquoi l’ange ne visiterait-il pas celle qui imite sa vie? Car la virginité est la vie même des anges : Ceux qui restent vierges, dit l’Ecriture, seront comme les anges de Dieu (1).
Venez, Seigneur Jésus , s’écrie le même saint Bernard, ôtez les scandales de votre royaume qui est mon âme, et régnez seul en elle (Serm. super Missus est). Venez, Seigneur Jésus, venez par Marie nous sauver...
Voilà, ditl’ange à Marie, voilà que vous concevrez dans votre sein, et vous enfanterez un fils, et vous lui donnerez le nom de Jésus. Il sera grand, et sera appelé le Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père; et il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n’aura point de fin. Marie dit à l’ange : Comment cela se fera-t-il? car je ne connais point d’homme (Luc 1. 31-34). Et l’ange lui répondit : L’Esprit-Saint surviendra en vous, et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. C’est pourquoi le fruit saint qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu : Spiritus Sanctus superveniet in te, et virtus Altissimr obumbrabit tibi. Ideo quod ex te nascetur sanctum, vocabitur Filius Dei (Luc. 1. 35).
L’Esprit-Saint surviendra en vous; par conséquent la conception de J. G. est sainte. Comme homme J. C. est saint, non-seulement en vertu de son union hypostatique avec le Verbe, mais encore en vertu de sa divine conception; puisqu'il n’est conçu ni d’un homme, ni d’un ange, mais du Saint-Esprit. Par sa divine conception, J. C. n’était point le fils d’Adam , il ne pouvait tirer de lui le péché originel, et naître pécheur ; mais il était très-pur et très-saint.
Le Seigneur, dit saint Cyrille de Jérusalem , à voulu naître d’une
(1) Ne mireris angelum Domini, et Dominus angeli tecum. Postremo quidni videas angelum cum jam angelice vivas? Quidni visitet angelus vitæ sociam ? Angelica plane vita virginitas, et qui non nubent, neque nubentur, erunt sicut angeli Dei ( Serm. in Nativ. B. Virg.).
vierge, pour indiquer que ses membres naitraient, selon le Saint- Esprit, de l'Eglise qui est vierge : Dominus de virgine nasci voluit, ut signficaret membra sua de virgine Ecclesia, secundum Spiritum nascitura (Catech. x1t). ia 2
Un Dieu , dit saint Bernard , ne pouvait naître que d’une vierge; et une vierge ne pouvait concevoir et enfanter qu’un Dieu (4).
Et la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre : Z4 virtus Altissimi obumbrabit tibi ( Luc. 1. 35 ). C'est-à-dire, selon l'explication de saint Grégoire, le Verbe de Dieu prendra en vous un corps qui sera comme l’ombre de la divinité , qui la voilera et la cachera comme une ombre (Lib. XXXIIL Moral., e. 11).
Par le mot ombre , saint Ambroise entend la vie présente et mortelle que le Saint-Esprit a donnée à J. C. : c’est en effet comme l’ombre de la véritable vie de l’éternité (Zn Psal. cvur, serm. v). Saint Ambroise, saint Augustin, et plusieurs autres Pères commentent ces paroles de l'Evangile de la manière suivante : Ombre rafraichissante, la grâce du Saint-Esprit vous défendra, à Vierge sainte, du feu de la concupiscence charnelle , afin que vous conceviez J. G. sous la seule impression d’un très-pur amour. Saint Augustin dit encore : La vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre, c’est-à-dire s’attachera à vous , se pliera à votre être comme l’ombre au corps, parce que la faiblesse humaine ne pourrait supporter toute la force et tout l'effet de cette vertu ( Lib. Vet. et Nov. Testam., c. 1x).
Saint Hilaire s'exprime à peu près de même : La vertu du Très- Haut, dit-il, vous couvrira de son ombre, c’est-à-dire vous protégera et vous fortifiera , pour que vous puissiez éprouver la force du Saint-Esprit dans la grande et incomparable merveille de la conception du Fils de Dieu. |
Le Saint-Esprit vous couvrira de son ombre, c’est-à-dire cachera le secret des secrets , le mystère des mystères qui a lieu en vous, à Marie! IL voilera à tous les yeux le plus grand des miracles; son ombre opérera comme un nuage. Le nuage cache le soleil et produit la pluie; il ombrage la terre et la féconde en l’arrosant : ainsi, en vous abritant, à Vierge sans tache , l'ombre du Saint-Esprit vous rendra féconde, selon ces paroles d’Isaïe : Cieux, versez votre rosée ; nuées, envoyez le juste comme une pluie; que la terre s'ouvre et qu’elle enfante le Sauveur : Rorate cœli desuper , et nubes pluañt gustumÿ aperiatur terra et germinet Salvatorem (xLV. 8).
(1) Deum hujusmodi nativitas decebat, quia non nisi de virgine nasccretur ; talis congruebat virgini partus, ut non pareret nisi Deum (Homil. 11 super Missus est).
Ecoutez mainteñant saint Bernard : La merveilleuse incarnation du Verbe était un mystère, et la Trinité seule a voulu opérer par ellemême dans Marie seule et avec Marie seule. A la bienheureuse Vierge seule il a été donné de comprendre ce qu’elle seule devait éprouver. Quand l’ange, lorsqu'elle lui demandait comment ce prodige aurait lieu, répondit : Le Saint-Esprit vous couvrira de son ombre; c’est comme s’il eût dit : Pourquoi me demandez-vous ce que bientôt vous trouverez en vous? Vous saurez de science certaine, et vous saurezavec un bonheur infini; mais ce que vous saurez, vous Papprendrez de l’auteur du prodige : Sciens scies, et feliciter scies ; sed illo doctore quo et auctore. Je ne suis envoyé que pour vous annoncer votre conception virginale et divine (Serm. 1v super Missus est).
C’est pourquoi le fruit saint qui naïîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu : Zdeoque quod ex te nascetur sanctum, vocabitur Filius Dei (Luc. 1. 35). |
Il sera saint par l'opération du Saint-Esprit et par son unioi hypostatique avec le Verbe : il sera le Fils de Dieu par nature ; nous, nous le sommes seulement par grâce , par adoption...
Et voilà , continue l’ange, qu’Elisaheth, votre parente, a concu , elle aussi ; un fils dans sa vieillesse; car rien n’est impossible à Dieu (Luc. 1. 36. 37). L’ange confirme ce miracle de l’incarnation par un autre miracle : afin, dit saint Bernard , qu’un miracle s’ajoutant à un miracle, la joie s’augmentät et parvint à son comble : U£ dum miraculum miraculo additur, gaudium gaudio cumuletur (Serm. tv super Missus est ).
Rien n’est impossible à Dieu : Quia non erit tmpossibile apud Deum omne verbum (Luc. ï. 37). En Dieu, dit saint Bernard, la païole n’est pas différente dé l’intention , parce qu’il est la vérité ni l’action de la parole, parce qu’il est la toute-puissance ni la manière du fait, parce qu'il est la sagesse (1).
L'ange s’arrète, se tait, attendant avec respect la réponse et le consentement de là Vierge. e
Adäm, dit saint Bernard, Abraham, David, tous les patriarches et les prophètes, désireux de la venue du Messie et du salut des hommes ; attendent ce consentement libérateur. L'univers , à bienheureuse Vierge ! l’attend prosterné à vos pieds : Æoc totus mundus
(1) Siquidem apud Deum , nec verbum dissidet ab intentione, quia veritas est; nec factum a verbo, quia virtus est; nec modus a facto, quia sapientia est ( Serm:
1v super Missus est),
tuis genibus provolutus, exspectat (Serm. 1v super Missus est). El ce n’est pas sans raison, puisque de votre bouche doit venir la consolation des malheureux , la rédemption des captifs, la liberté des hommés condamnés à l'enfer , enfin le salut de tous les enfants d’Adam, de tout le genre humain (1).
Donnez, à mcomparable Vierge, donnez une prompte et affirmative réponse : Da, Virgo, responsum festinanter (Serm. ejusd.). O ma dame ! laissez tomber cette parole qu’attendent la terre, et les limbes, et le ciel: O Domina, responde verbum, quod terra, quod inferi, quod exspectant et superi (Serm. ejusd.). Le Seigneur et le Roi de l’univers lui-même désire votre réponse et votre consentement, avec autant d’ardeur qu'il a désiré jouir de votre beauté; car c’est par ce consentement qu’il veut sauver le monde (2).
Cieux, limbes et terre, réjouissez-vous , Marie consent! Marie dit : Voici la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon votre parole : Dixit autem Maria : Ecce ancilla Domini, fiat mihi secundum verbum tuum (Luc. 1. 38). Fiat, qu'il me soit fait, qu’il en soit ainsi. À ce moment heureux et suprême le Verbe se fait chair : £é Verbum caro factum est (Joann. 1. 14). Dieu se fait homme , l’homme devient Dieu ; le ciel s’abaisse la terre s’élève ; Dieu a une mère, une vierge a Dieu pour fils. Les anges admireñt, la terre tressaille, l’enfer frémit. Tout est sauvé! Par un seul fiat le monde est tiré du néant , par un seul fiat de Marie le monde est racheté et sauvé. Que je devienne mère , dit Marie, mais que je demeure vierge: Alors du précieux sang de Marie le Saint-Esprit forme le corps de J, C.; et l’âme et la divinité s’unissent à ce corps sacré, aussi promptement que l’hostie devient le corps et sang de J. G. à ces paroles de la consécration : Æoc est corpus meum : Ceci est mon corps. Un fiat de Dieu crée le monde; un fiat d’Adam le perd ; un fiat de Marie permet l’incarnation du Verbe et sauve l’univers; un fiat du prêtre place J. C. sur l'autel; un fiat du Tout-Puissant ressuscitera tous les hommes et les transportera au lieu du jugement.
Qu'il me soit fait selon votre parole : Fiat mahi secuñdüm derbum tuum (Luc. 1. 38). Marie devient l’épouse de Dieu, et notre chair
(1) Nec immerito, quando ex ore tuo pendet consolatio miserorum , redemptio captivorum , liberatio damnatorum , salus denique universorum filiorum Adam, totius generis humani { Serm. 1v super Missus est).
(2) Ipse quoque omnium Rex et Dominus , quantum concupivit decorem tuum, tantum desiderat et responsionis assensum, in quo nimirum proposuit salvare mundum (Serm, ejusd. ).
HERpuse du Verbe. Lé Verbe s’est fait chair, dit saint Pierre Damien;
c'est là ce qu’admire la nature, ce que révère l’ange, ce que désire l’homme, ce qui étonne le ciel, ce qui console la terre, ce qui épouvante l'enfer (Serm. de Annunt ).
Un ange annonce , dit saint Bernard, la vertu d’en haut couvre Marie, le Saint-Esprit agit, la Vierge croit, elle conçoit, elle enfante, elle reste vierge : Angelus nuntiat, virtus obumbrat , supervenit Spiritus, Virgo credit, fide concipit, virgo parturit, virgo permanet (Serm. 1 in vigil. Nativ.)).
Et l’ange la quitta : Æf discessit ab illa angelus ( Luc. 1. 38 . L'ange prit congé après avoir achevé sa mission , et obtenu le consentement de Marie, par conséquent après l’incarnation du Verbe. On croit qu’en se retirant , l’ange Gabriel se prosterna aux genoux de Marie, soit pour vénérer la mère de Dieu, soit pour adorer le Verbe divin incarné en elle. C’est à l'exemple de l’ange qu’à ces paroles de l’'Angelus. : Et Verbum caro factum est, nous inclinons la tête et plions le genou.
Saint Doré assure que la sainte Vierge, par l'acte de foi “ d’obéissance qu’elle fit en consentant, sur la parole de l’ange ; l'incarnation du Verbe, se rendit digne d’être la mère de Dieu ; x que ce seul acte fut plus méritoire que ne lont été tous les actes de vertu des anges et des saints (Concl. 1x1, ©. x, art. 4).
Suarez explique ces paroles de saint Bernard en faisant observer que par l’acte dont nous parlons Marie mérita la dignité de mère de Dieu , dignité à laquelle la plus grande grâce et la plus “rs gloire étaient dues ( De B. Virg. ).
Le miracle de l’incarnation renferme beaucoup de miracles. Le premier est qu’une vierge conçut en restant vierge...; lé second fut que le Saint-Esprit éouvrit Marie de son ombre, forma aussitôt en elle Le corps de J.C. tout entier, et y plaça une âme parfaite. ; le troisième , que Le Verbe s’unit soudain à cette âme et à ce Corps... ; le quatrième, qu'il se fit homme... ; le cinquième , que l’homme devint Dieu...; le sixième, qu’à l'instant même de l’incarnation Jésus enfant fut rempli de sagessé et d’intelligencé.… ; le septièmé, qu’il fut conçu sans tache originelle et plein de grâce. ; le huitième, que l’âme sainte de J. C.; dès le moment de sa tt vit l’essence de Dieu, et s’offrit à toi pour souffrir le supplice du Calvaire ét racheter les hommes...
Eve, la première vierge, fut formée du corps du premier homme
NARIÉ. 145
. Vierge, Adam; J, C., au contraire, le second homme vierge, fut formé du corps de la seconde vierge, la bienheureuse Marie...
Jacos engendra Joseph époux de Marie, de laquelle est né Jésus qui 1x. Marié est appelé Christ, dit l'Evangile : Jacob autem genuit Joseph virum de) En Marie, de qua natus est Jesus qui vocatur Christus (Matth. | à Li Ms Fe lee L’Evangile ne dit pas : Joseph engendra Jésus, comme il dit des ancètres du Messie :*Abraham engendra Isaac ; Isaac en gendra Jacob, etc, L'Evangile ne dit pas non plus : Marie engendra Jésus , quoique Cela soit vrai; maisil dit : Marie, de laquelle est né Jésus. Par cette manière de parler, il indique, 1° que Jésus est né de Marie, non par une vertu naturelle, mais par une vertu surnaturelle, par la puissance et l'opération du Saint-Esprit ; 2° que Jésus n’a pas été engendré par Joseph, mais qu’il est né de sa mère seule > et par conséquent d’une vierge; 30 que l’incarnation s’est faite par le Saint-Esprit, qui en est la principale cause. Marie en a été la cause secondaire, activement par le consentement qu’elle a donné à l'ange, passivement en fournissant son sang pour être la matière du corps de GA dress
Vous êtes bénie entre toutes les femmes, dit l'ange à Marie : Benedicta tu in mulieribus (Luc. 1.28). Les mêmes paroles ont été prononcées sur Jahelqui tua Sisara, et sur Judith qui abattit Holopherne ; mais elles s'appliquent à Marie d’une manière beaucoup plus vraie et plus parfaite. Vous êtes, à Marie, la seule spécialement bénie entre toutes les femmes; çar en restant vierge, vous serez mère ; et comme vous concevrez sans concupiscence, vous enfanterez Sans douleur le Fils unique de Dieu...
Benedicta tu in mulieribus : Vous êtes bénie en tré toutes les femmes. L'ange salue ainsi Marie pour montrer qu'il y aenelle tout ce qui existe de plus parfait dans les trois états-de la femme ; Car unëé femme est ou vierge, ou mariée, ou veuve. Dans la vierge on loue l'intégrité , et non la stérilité; dans la veuve on loue la liberté, ét non la solitude; dans l'épouse, on loue la bonne éducation des enfants, mais non la perte de la virginité. Seule, la bienheureuse Vierge Marie est vierge sans stérilité, libre malgré son mariage à saint Joseph, et, ce qui l'emporte sur tout cela, elle est féconde sans avoir perdu son intégrité. Ainsi se trouve réuni en elle tout ce qu'il y a de bon dans les trois états de la femme, et écarté tout ce qu’il y a de défectueux. Voilà pourquoi l’ange la déclare bénie entre toutes les femmes : Benedicta tu in mulieribus.
ir. 10
Vous êtes, à Vierge sainte, cette femme bienheureuse dont sept cents ans auparavant avait parlé le prophète Isaïe, inspiré, étonné et ravi : Æcce virgo concipiet, et pariet F'ilium : Voilà que la Vierge concevra et enfantera un fils. #4 vocabitur Emmanuel : Et ce fils sera appelé Emmanuel (Isai. vir. 14). Il sera grand, il sera appelé le Fils du Très-Haut; il régnera éternellement sur la maison de Jacob, et son règne n’aura point de fin (Luc. 1. 32. 33). Il régnera dans l'Eglise ; il régnera ici-bas par sa grâce, et dans le ciel par sa gloire...
Comment deviendrai-je mère, répondit Marie à l’ange ; car j'ai fait vœu de virginité, et je veux être fidèle à mon vœu; je suis vierge et je veux rester vierge? Il ést vrai, Joseph est mon époux, mais c’est un époux vierge, et lui aussi veut rester vierge... Combien Marie aimait la virginité! Elle eût préféré cette vertu à l'honneur infini d'êtré mère de Dieu, sil eût fallu la perdre pour jouir de ce privilége.
Ecoutez la Vierge sans tache ,-dit saint Grégoire de Nysse : l'ange lui annonce qu’elle sera mère ; mais elle s’attache à sa virginité , et elle la préfère à tous les autres titres (1).
Marie est la première femme qui offrit à Dieu sa virginité, don incomparable. Sans y être engagée par aucun précepte, aucun conseil , aucun exemple, elle consacra à Dieu sa virginité et devint la mère de toutes les vierges qui, à son imitation, ont voulu vivre dans cet heureux et glorieux état. Elle désirait concevoir lé Fils de Dieu, mais elle craignait de ne point conserver sa virginité. C’est pourquoi elle obtint l’une et l’autre grâce, dit Tolet (Annoë. XGvIt). Elle ne consentit à devenir mère que lorsque l’ange lui promit, de la part de Dieu, qu’elle concevrait par l'opération du Saint-Esprit. Alors seulement, elle dit : Voici la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon votre parole : Æcce ancilla Domini, fiat mühi secundum verbum tuum ( Luc. 1. 38).
Marie, dit saint Augustin , était l’épouse d’un homme juste, qui lui était uni non pour lui enlever sa virginité, mais plutôt pour en être le gardien. Saint Joseph connaissait le vœu que Marie avait fait avant de l’épouser; et il consentit à ce qu’elle l'observât. Marie ne
(4) Audi pudicam Virginis vocem : angelus partum nuntiat : at illa virginitati inhæret, et integritatem angelicæ demonstrationi anteponendam judicat (Orat. de Natio. Christi.
MARIÉ. 147 l’épousa qu'à la condition formelle qu’elle resterait vierge et qu’elle garderait son vœu (1).
La preuve incontestable que Joseph respecta le vœu de virginité qu'avait fait Marie, c’est qu’il eut dessein de la quitter lorsque, ne connaissant pas encore le mystère de l'incarnation , il s’aperçut qu'elle était grosse. Il fallut que l'ange lui dit : Joseph, fils de David, ne crains point de recevoir Marie ton épouse ; car ce qu’elle porte dans son sein est né du Saint-Esprit. Elle enfantera un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus; car il sauvera son peuple de ses péchés. Joseph fit ce que l’ange du Seigneur lui avait commandé et reçut son épouse. Et il ne la connut point jusqu’à ce qu’elle eût enfanté son fils premier-né; et il lui donna le nom de Jésus (Matth, 1, 19-95).
Saint Joseph a vécu vierge, et il est mort vierge. Voilà pourquoi on le représente portant dans ses mains le lis ; emblème de la virginité.
Marie conçut et enfanta en demeurant vierge; J. G. sortit du sein de Marie en respectant son intégrité et comme les rayons du soleil traversent le verre, Ainsi l’assurent les saints Pères, les docteurs et les théologiens; ainsi le déclare l'Eglise. Ecoutez Suarez : Après la résurrection , dit-il, le corps du Seigneur pénétra dans l’appartement où se tenaient les disciples , quoique les portes en fussent fermées; la même chose arriva lors de la nativité ; J.C. sortit du sein de la bienheureuse Vierge Marie sans l’offenser en rien (De B, Virg.).
La virginité de Marie, dit saint Bernard, est au-dessus de la pureté des anges : Mariæ virginitas Major quam angelica puritas ( Serm. de Nativ.).
Un homme ordinaire, dit Guillaume d'Auvergne, ne peut avoir une vierge pour mère; mais Dieu se faisant homme ne pouvait naître que d’une vierge ( De B. Virg.).
Il convenait, dit saint Anselme, que la bienheureuse Vierge brillât d’üne pureté sans égale, puisque Dieu le Père voulait lui donner pour fils son Fils unique qu’il avait engendré semblable à lui, et qu’il aimait comme lui-même ( De Concept. Virg., c. XVIII).
Qui est-ce qui aurait pu, dit saint Pierre Chrysologue, blesser la pudeur et la virginité de Marie, puisque la divinité s’était unie à
(1) Desponsata est viro justo, non ablaturo, sed potius custodituro quod illa jam voverat. Sanctus Joseph hoc votum noverat antequam eam desponsaret , ét ut illud observaret, consentit. Maria Joseph duxit sponsum ea conditione ut maneret virgos et custodiret suum votum ( De Incarnät.).
cette Vierge qu’elle aimait, puisqu’un ange lui-même fut près d’elle l'interprète de Dieu, que la foi présida à cette union , que la chasteté la vit s’accomplir , que la vertu y fut la dot, que la conscience en fut le lien et Dieu l’auteur, que la virginité conçut et enfanta, et que mère , l'épouse demeura vierge? (4)
Je suis, dit Marie, représentée par l’Epouse des Cantiques, je suis la fleur des champs et le lis des vallées : £'go flos campi, et lilium convallium (11. 1).
Marie, dit la Sagesse, est née de la vertu de Dieu; elle est une pure émanation de la gloire du Tout-Puissant; aussi ne trouve-t-on en elle rien de souillé : Vapor est virtutis Dei, et emanatio quædam est claritatis Omnipotentis Dei sincera ; et ideo nihil inquinatum in eam incurrot (Vis. 25).
O miracles, à prodiges! s’écrie saint Augustin. Les lois de la nature sont changées; un Dieu se fait homme; une vierge conçoit en demeurant vierge ; la parole de Dieu rend mère celle qui ne connaît pas d’homme; et cette mère, vierge et mère tout à la fois, n’enfante qu’en demeurant intacte et sans tache : une vierge qui n’a pas connu d’homme a un fils, et quoique vierge elle est féconde (2).
Comme Marie, tout en demeurant vierge, conçoit et met au monde J. C.; ainsi, dit saint Grégoire, l'Eglise notre mère enfante à Dieu des enfants, sans douleur et sans cesser d’être vierge (Serm. de Nativ.).
Selon la commune tradition, les vers suivants de Virgile concernent la Vierge immaculée et la naissance de l’Enfant-Dieu : La série des grands siècles commence; la Vierge revient et avec elle l’âge d’or ; une nouvelle génération descend des hauteurs du ciel:
Magnus ab integro seclorum nascitur ordo; Jam redit et virgo ; redeunt saturnia regna : Jam nova progenies cœlo demittitur alto.
Le Seigneur, par la bouche d'Isaïe, promet au roi Achaz un prodige ; c’est qu’une vierge concevra et enfantera un fils : Dabit
(1) Quæ ibi verecundiæ læsio, ubi init deitas cum amica sibi semper integritate consortium, ubi est interpres angelus, fides pronuba, desponsatio castitas, donâtio virtus, jugex conscientia, causa Deus, conceptus integritas, virginitas partus , virgo mater ? ( Serm. CXEVIN.)
(2) O miracula, o prodigia! naturæ jura mutantur; in homine Deus nascitur ; virgo sine viro gravidatur, viri nesciam sermo Dei maritat; simul facta est mater et virgo; mater facta, sed incorrupta; virgo habens Filium , nesciens virum; semper clausa, sed non infæcunda (Serm, 1x de Nafiv. Dom.).
Dominus ipse vobis signum : Ecce virgo concipiet, et pariet filium (vir. 14). Mais où serait la merveille, si cette vierge eût dû concevoir et enfanter en perdant sa virginité? Cela n’arrive-t-il pas à toutes les femmes qui deviennent mères ? Il faut donc qu’il y ait ici l’annonce d’un miracle, c’est-à-dire la prophétie que Marie concevra et enfantera tout en demeurant vierge ; autrement le passage que nous venons de reproduire n’offrirait plus de sens raisonnable.
Marie, dit un poëte dans les chants de l'Eglise , a les joies d’une mère et l'honneur de la virginité; elle n’a pas connu d’égale dans le passé et n’en verra pas dans l'avenir :
Gaudia matris habens cum virginitatis honore, Nec primam similem visa est, nec habere sequentem.
Saint Chrysostome, saint Basile, Prudence, saint Bernard, et après eux Canisius, enseignent que, par sa virginité angélique et d’âme et de corps, la bienheureuse Vierge a mérité de congruo, selon le langage de l’école, d’être la mère de Dieu.
Les causes pour lesquelles Dieu est né d’une vierge sont cellesci : 10 Une naissance toute nouvelle, inaccoutumée et sublime, convenait à un Dieu, dit saint Bernard : or telle est la naissance que l’on reçoit d’une vierge (Serm. in Cant.). % En se faisant homme, celui qui donne lincorruptibilité ne s’est pas revêtu de la COTTUPtion ; et l’auteur de l’incorruptibilité ne saurait rien souiller. 3° La sainte Trinité est la première vierge, vierge incréée, vierge par essence, comme le dit saint Grégoire de Nazianze. Le Père vierge engendre le Verbe qui est vierge; et l’un et l’autre sont le principe de l'acte de spiration ou d’amour qui produit le Saint-Esprit. Il fallait donc que J. C. vint sur la terre sans père, comme il est dans le ciel sans mère, dans sa génération divine et éternelle ,'et que vierge luimême , soit au ciel, soit sur la terre , il naquit d’une vierge, Ayant au ciel un père vierge, il devait avoir sur la terre une mère qui füt vierge. 4e J, C. devait naître d’une vierge, parce qu’il fallait que le vainqueur de la concupiscence et du péché fût conçu sans coneupiscence et sans péché. Il convenait aussi que la conception de celui qui venait purifier tous les hommes et en faire des anges, fût trèspure. 5° J.C. a voulu naître d’une vierge, afin de montrer combien la virginité lui plait, ainsi qu’à Dieu...
ÆEcce Virgo concipiet : Voici que la Vierge concevra (Isai. vir. 14). Voici : Æcce. Approchez-vous, patriarches et prophètes, Juifs et