XVII. Sagesse de Marie
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entrée au démon dans son cœur; Marie, en adhérant aux paroles de l’ange , a recu J. C. dans son sein. Eve a mangé le fruit de mort et elle a communiqué la mort; Marie s’est nourrie du fruit de vie, et par son entremise la vie a été rendue aux hommes. La folie d'Eve a tout détruit; la sagesse de Marie à tout réparé...
La malice ne triomphe pas de la sagesse, dit l’Ecriture : Sapientiam non vincit malitia ( Sap. vir. 30).
Saint Bernard parlant d’Adam etd’Eve , de Jésus et de Marie, dit : La malice du serpent vainquit Adam et Eve, qui étaient devenus insensés ; mais Jésus et Marie, par leur sagesse , ont arrêté les effets de la folie de nos premiers parents et de la malice du serpent. Que disiez-vous , Adam? La femme que vous m’avez donnée pour compagne m'a présenté du fruit de cet arbre, et j’en ai mangé. Ces paroles sont des paroles de malice , qui augmentent votre faute, loin de la diminuer. Eve est effacée par une autre femme. Eve est insensée, celle-ci est prudente ; Eve est orgueilleuse, celle-ci est humble. Pleine de sagesse, elle vous présente, à la place du fruit de mort, le fruit de vie; au lieu d’une nourriture amère et empoisonnée, elle produit et vous offre la douceur du fruit éternel. Changez donc, Ô Adam, changez les paroles de votre criminelle excuse en paroles d'actions de grâces, et dites : La femme que vous m'avez donnée m’a présenté le fruit de l'arbre de vie, j'en ai mangé; et ce fruit a été plus agréable pour moi que le miel, parce que, par lui, vous m'avez donné la vie (ÆZomal. it super Missus est).
La malice du serpent, dit encore saint Bernard , a trompé Eve l’insensée; mais, là même où'cette malice a paru vaincre pour un temps, elle a été vaincue pour l'éternité; car la sagesse de Marie agit sur notre cœur et sur notre corps, afin qu’étant devenus insensés par une femme, nous devinssions sages par une autre femme ( Æomil, in super Missus est). ,
Par la sagesse de Marie, les trésors de la grâce se sont ouverts , disent les Proverbes : Sapientia illius eruperunt abyssi (gratiæ) (nx.20). Marie sera la vie et la grâce de notre âme : Z# erit vita animæ tuæ et gratia..…. (Prov. 11. 22.) Celle qui devait être la mère de la sagesse incréée, ne pouvait être que sagesse...
” AU Drev seul est saint par essence... Il n’y a de saint que celui qui aintele de , . . J 3 .
Marie. S approche de Dieu et qui communique avec lui; et la sainteté
augmente à proportion qu’on est plus près de Dieu et plus uni à lui.
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cs Se 169 Or, Marie étant de toutes les créatures la plus rapprochée de Dieu et la plus intimement unie à lui, il s'ensuit qu’elle est la plus sainte de toutes. Jamais il n’y eut de rapprochement et d’union si intimes avec Dieu que ceux qui résultent de la maternité divine. ependant cette proximité, cette parenté, cette consanguinité de Marie avec Dieu, ne lui eût servi de rien, si elle n’eût porté J, C. dans son cœur encore plus que dans son sein. Marie est plus heureuse d’avoir recu J. C. par la foi, que de l'avoir reçu par l'incärnation.……..
Marie avait entendu et compris ces paroles de Zacharie : Nous marcherons devant Dieu dans la sainteté et-la justice tous les jours de notre vie : Zn sanctitate et justitia coram ipso, omnibus diebus nostris (Luc. 1.75).
La sainteté est un éloignement et une aversion pour le monde et pour le péché, un attachement et une union à J, C. et à la vertu; or, Marie a toujours évité Le monde et le péché; elle n’a vécu que pour J.C. et la vertu. La sainteté consiste äoffrir son corps en hostie vivante , sainte, agréable à Dieu, comme le dit le grand Apôtre : U# exhibeatis corpora vestra hostiam viventem , sanctam, Deo placentem (Rom. xi1. 1). Or, Marie m’a-t-elle pas tenu cette conduite? Bien plus que saint Paul elle a pu dire ; J. G. est ma vie: Mihi vivere Christus (Philipp. r. 21). Je vis; ce n’est plus moi qui vis, c’est J. C, qui vit en moi : Vivo, jam-non ego, vivit vero in me Christus (Gal. 11. 20 ). Marie a été sainte dans ses veux, ses oreilles, sa langue, ses mains et ses pieds; elle a été sainte dans ses pensées, ses désirs , son cœur, son esprit et toute son âme; elle a été sainte dans tous ses mouvements, toutes ses démarches et toutes ses actions. Plus parfaitement qu'Hénoch, elle a marché avec Dieu : Ambulavit cum Deo (Gen. v. 22). Encore sur la terre, Marie était constamment au ciel... Elle a accompli à la lettre le précepte donné par le Seigneur dans le Lévitique : Soyez saints, parce que je suis saint, moi le Seigneur votre Dieu : Sancti estote, quia ego sanctus sum, Dominus Deus vester (RU 2).
Lorsous l’ange eut salué Marie comme pleine de grâce, comme ayant xIx.Humilité le Seigneur avec elle, comme bénie entre toutes les femmes, et sur- de Marie. tout comme devant être mère de Dieu ; loin de s’enorgueillir de tant
d'honneur, de si grands titres et de grâces si extraordinaires , Marie
s’est déclarée du fond de son âme la très-humble servante du Sei-
gneur : Zcce ancilla Domini (Luc. 1. 38). Reine du ciel et de la terre,
devant avoir puissance sur J, C., elle a pris le titre de servante du
Seigneur : Æ'ece ancilla Domini. Saluée par l'ambassadeur de l’Eternel comme la mère future de Dieu , elle ne voulut être que sa servante : Ecce ancilla Domini. C'est à juste titre, dit saint Bernard, qu’elle est devenue la maitresse et la reine de tous les hommes, puisqu’elle se regardait comme la servante de tous : Merilo facta est omnium domina, quæ se omnium exhibebat ancillam (Serm. in Apoc.). Parce que le Seigneur a jeté les yeux sur l'humilité de sa servante, dit-elle ; voilà que toutes les générations , à cause de cela, m’appelleront heureuse : Quia respexit humilitatem ancillæ suæ ; ecce enim ex hoc beatam me dicent omnes generationes (Luc. r. 48 ).
C’est avec raison que Marie dit que le Seigneur a considéré et aimé l'humilité; car le salut que la nature humaine avait perdu par l’orgueil de nos premiers parents, elle la retrouvé en Marie par Phumilité, dit saint Augustin (1).
Dieu regarde l'humilité de Marie, et il la comble de grâces... Poussées par une espèce d’orgueil, toutes les femmes juives désiraient d’être mères du Messie; seule, Marie, tout en désirant plus que toute autre la naissance du Rédempteur Pro EEE n’a jamais eu même la pensée qu'il lui serait doux d’en être la mère, tant elle était humble; et cette humilité a fait descendre dans son sein virginal le Verbe de Dieu. La plus humble des créatures est devenue, par son humilité, la plus grande et la plus élevée. Le Roi-Prophète dit : Du haut de son trône, le Seigneur regarde les humbles, et il ne voit que de loin les superbes : Æxcelsus Dominus, et humilia réspicit, et alta a longe cognoscié (GXXx VIT. 6).
O véritable humilité, s’écrie saint Augustin, Ô véritable humilité qui a enfanté un Dieu aux hommes, qui a donné la vie aux mortels, qui a renouvelé les cieux , qui a purifié le monde, qui a ouvert le paradis , et a délivré les âmes de l'esclavage ! (2)
L’humilité , dit saint Basile, est le plus sûr trésor de toutes les vertus; elle en est le principe et la base : Humilitas est tutissimus
virtutum omnium thesaurus, radix et fundamentum (Constit. Monast., C. XVII ).
(1) Bene Maria in hunilitatem Dominuméespexisse testatur , quia divinitatis propitiationem quam humana natura in primis parentibus per FAT perdidit, in Maria per humilitatem recuperavit ( Serm. xxx).
(2) O vera humilitas, que Deum hominibus peperit , vitam mortalibus edidit,
cœlos innovavit, mundum purificavit, paradisum aperuit, et hominum animas liberavit! (Serm. 11 de Assumpt.)
L'humilité, dit saint Chrysostome, st le plus grand des sacrifices : Sacrificium maximum est humilitas (Homil. 11 in Psal. L ).
Marie , dit saint Bernard , a plu infiniment à Dieu par sa virginité; mais, j'ose Le dire, sans l'humilité dont elle était ornée, elle n’eût pas été choisie pour être la mère de J. C. : Sine humilitate autem, audeo dicere , nec virginitas Mariæ placuisset (Homil. super Missus est).
Comme Eve s'était laissé entraîner à désobéir à Dieu et à le fuir, dit saint [rénée, Marie s’est laissé persuader. de lui obéir, et ainsi, Marie vierge est devenue l’avocate d’Eve vierge (1).
L’ange annonce à Marie la volonté de Dieu pour l'incarnation du Verbe; elle obéit : Je suis, dit-elle, la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon votre parole : Æcce ancilla Domini ; fiat mihi secundum verbum tuum (Luc. 1. 38 ).
L’obéissance de Marie sauve le monde : la désobéissance d’Eve en avait causé la perte...
L'ange ordonne à Marie de faire le long et pénible voyage de l'Egypte, et de porter avec elle son fils : elle part aussitôt...
L’obéissance de Marie est de tous Les instants ; elle obéit dans toutes les occasions, elle prévient l’ordre... Il est dit deJ. C. qu'il fut obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix : Factus obediens usque ad mortem, mortem autem crucis (Philipp. 11.8). On peut en dire autant de Marie.…...Marie ayant toujours fait la volonté du ciel, le ciel fera éternellement la sienne...
Marre a toujours été vierge, et par conséquent toujours infiniment pure... Il fallait, dit saint Anselme, que la Vierge Marie eût une pureté qui fût la plus grande après celle de J. C. ( De Laud. Virg:).
Marie est si pure qu’elle tremble à la vue même d’un ange ( Luc. 1, 29). Apprenez de là, vierges chrétiennes, à craindre et à vous tenir sur vos gardes, afin de conserver la plus belle et la plus délicate des vertus...
L'ange annonce à Marie qu’elle sera mère de Dieu; mais elle est si pure, elle tient tant à cette angélique vertu, dit saint Grégoire de
Nysse, qu'elle préfère la garder que d’être mère de Dieu , si cette
(1) Sicut Eva seducta est ut fugerct Deum; sic Maria suasa est obedire Deo, ut virginis Evæ virgo Maria fieret advocata ( De Laud. Virg.).