‹ Les trésors de Cornelius a LapideChapitre 33 sur 57 · XLV. Dieu et les hommes désiraient la naissance de Marie · texte numérisé non relu

XLV. Dieu et les hommes désiraient la naissance de Marie

‘montré une sagesse infinie et de beaucoup supérieure à celle qu'il a

employée dans la création du ciel et de la terre , et même dans celle des anges et des hommes... :

Marie est mère, fille et épouse de Dieu ; elle a uni la divinité à l'humanité, le ciel à la terre, la maternité à ds virginité, les pécheurs à la sainteté. A tous ces titres, le culte d’hyperdulie lui est dû...

Voira, dit l'auteur inspiré du Cantique des cantiques faisant parler Marie , voilà mon bien-aimé qui me dit : Levez-vous, hâtez-vous ma bien-aimée , ma colombe, vous qui êtes toute belle à mes yeux, et venez : En dilectus meus loquitur mihi : surge, propera, amica ‘mea, columba mea, formosa mea, et veni (x. 9. 10). Le bien-aimé qui parle à Marie, c’est Dieu qui veut et qui désire sauver le monde par elle...

Dieu témoigne le désir que Matie paraisse au monde ; dès la chute d'Adam , il la lui promet comme réparatrice de sa faute. (Gen. ur. 15). Il la promet à Abraham, à Isaac, à Jacob, aux prophètes; il la comble de grâces lorsqu'elle arrive ; il lui envoie un ange pour lui dire que le Tout-Puissant l’a choisie pour être sa mère...

Marie, ainsi que le Sauveur du monde, est attendue pendant quatre mille ans.

Seigneur, dit l’Ecclésiastique parlant de Marie, faites paraitre de nouveaux prodiges et changez vos merveilles. Glorifiez votre main et votre bras droit. Détruisez votre adversaire (Satan), et afiligez votre ennemi ( par celle qui doit lui écraser la tête). Hâtez le temps et souvenez-vous du but, afin que les hommes racontent vos merveilles (xxx vI. 6. 7.9. 10).

Cieux , s’écrie [saïe, ayant en vue Jésus et la très-cainte Vierge, cieux, versez votre rosée, et que les nuées envoient le Juste comme une pluie; que la terre s'ouvre et qu’elle enfante le Sauveur : Rorate cœli desuper, et nubes pluant justum; aperiatur terraet germinet salvatorem (xLv. 8). La terre est stérile et desséchée ; elle ne produit que des ronces et des épines; le prophète désire une nouvelle terre, le sein virginal de Marie qui produira un nouveau fruit, un fruit divinuéss

La sainte Ecriture est remplie de témoignages de désirs, de cris d’espérance, de prières ferventes adressées au Seigneur, afin qu’il daigne envoyer et le Messie et celle dont il devait naître.

0 sagesse! qui êtes sortie de la bouche du Très-Haut; venez nous enseigner la voie de la prudence (Æccli. xxIV.— Isaiï, x). O Adonaï!

chef de la maison d'Israël, venez nous racheter en déployant la force de votre bras ( Æ'xod. vtr. 15).

Les anges désiraient la venue de Marie, afinque par elle fussent remplies les places que la chute des anges rebelles avaient rendues vacantes..…..

Dans les limbes, les âmes des justes; sur la terre, toutes les pations souhaitaient aussi avec ardeur la venue de Marie...

Panranr de Marie , le Roi-Prophète dit : Les filles de Tyr viendront vous offrir des présents , et les grands de la terre imploreront vos regards : Piliæ Tyriin muneribus ; vultum tuum deprecabuntur omnes divites plebis (xLiv. 12 ). Ê

- Ma colombe est unique, elle est parfaite, dit le Seigneur parlant aussi de Marie dans le Cantique des cantiques ; les jeunes filles l’ont vue et l’ont appelée bienheureuse; les reines et toutes les femmes l’ont célébrée ( vr. 8).

Il est dit de Joseph que toutes les provinces venaient à lui afin d'acheter du grain et d’apaiser leur faim (Gen. xur. 57). Voilà l'image des nations aux pieds de Marie...

Vous êtes bénie du Seigneur, ma fille , dit Booz à Ruth; tout le peuple sait que vous êtes une femme pleine de vertus : Benedicta es à Domino, filia. Scit omnis populus mulierem te esse virtutis (Ruth. ur. 10. 41). Ruth n’était que la figure de la sainte Vierge...

Vous brillerez d’une lumière éclatante, dit Tobie, et tous les peuples de la terre vous vénéreront : Luce splendida fulgebis , et omnes fines terræ adorabunt te (xmr. 13). Les nations viendront à . vous de loin avec des présents, et elles adoreront en vous le Seigneur, etelles vous considéreront comme une terre sainte : Vationes ex longinquo ad te venient, et munera deferentes, adorabunt in te Dominum ; et terram tuam in sanctificationem habebunt (Tob. xnr. 14). Car elles invoqueront en vous le grand nom du Seigneur : Momen enim magnum invocabunt in te (Tob. xur. 15). Et vous vous réjouirez en vos enfants, parce qu'ils seront tous bénis et réunis aux pieds du Seigneur : Tu autem lœtaberis in fils tuis ; quoniam omnes benedicentur, et congregabuntur ad Dominum (Tob. xur. 17). Toutes ces prophéties s'appliquent à Marie et s’accomplissent en CH

L’Écriture dit que tous s’empressèrent autour de Judith, depuis le plus petit jusqu’au plus grand : £t concurrerunt ad eam omnes, a minimo usque ad maximum (xtir. 18). Ce tableau est une faible image de la piété et du zèle de toutes les générations envers Marie !..

L'univers aux pieds de Marie

pour l’invoquer et la prier. Accomplissement des prophélies qui concernent la glorification de Marie.

Tous adorant le Seigneur dirent à Judith : Le Seigneur vous a bénie en sa force; il a anéanti nos ennemis par vos mains, Le grand prêtre Lui dit ; Ma fille, vous êtes bénie du Seigneur Dieu très-haut , plus que toutes les femmes de la terre; car il a tellement glorifié aujourd'hui votre nom, que votre louange ne sortira pas de la bouche des hommes qui se souviendront de la puissance du Seigneur (1). Prosterné aux pieds de Marie , l’univers, depuis dixhuit siècles, nous présente l’accomplissement de cette magnifique promesse... Vous êtes bénie de votre Dieu dans toutes les tentes de Jacob ; car le Dieu d'Israël sera glorifié en vous par tous les peuples qui entendront prononcer votre nom (Judith. xnr, 31 ). Tous d’une voix la bénirent, disant : Vous êtes la gloire de Jérusalem, vous êtes la joie d'Israël, vous êtes l’honneur de votre peuple : Benedixerunt eam omnes una voce, dicentes : Tu gloria Jerusalem, tu lætitia Israel, tu honorificentia populi nostri (Judith. xv. 10 ).

Marie est louée , exaltée, honorée, par toutes les nations catholiques..….

Voilà, dit Marie dans son sublime cantique, voilà que toutes les générations m’appelleront bienheureuse : Æece beatam me dicent omnes Generationes ( Luc. 1. 48). Marie annonce et prédit sa grandeur présente et future...

Toutes les générations l’appelleront bienheureuse , parce que le Seigneur l'a choisie pour y établir sa demeure : Zlegit eam in habitationem sibi (Psal. cxxxr. 13). Elles l’appelleront bienheureuse parce que le Verbe s’est incarné en elle : Verbum caro factum est (Joann, 1. 14). Elles l’appelleront bienheureuse enfin, parce qu’en S’humiliant , elle a mérité de devenir la mère de Dieu, et le salut du genre humain : Quia respexit humilitatem ancillæ suc; ecce enim ex hoc beatam me dicent omnes generationes (Luc. 1.48).

Gette prophétie de Marie s’est accomplie merveilleusement dans tous les siècles, et elle s’accomplira jusqu'à la fin du monde, et pendant toute l'éternité, Les temples, les chapelles, les autels élevés à Marie, les honneurs qui lui sont rendus, les tableaux et les ex-voto qui lui sont offerts, les pèlerinages , les prières, les chants , étés, qui, dans tous les lieux et dans tous les temps , ont eu pour but

(1) Universi adorantes Dominum dixerunt ad cam : Benedixit te Dominus in virtute sua, quia per te ad nihilum redegit inimicos nostros. Benedicta es tu,filia, a Domino Deo excelso, præ omnibus mulieribus super terram : quia hodie nomen tuum ita magnificavit , ut non recedat laus tua de ore hominum , qui memores fuerint virtutis Domini (x1r. 22. 23. 25). .

PE

MARIE. 219 ou de l’invoquer , ou de la remercier, sont autant de témoignages de laccomplissement des paroles de la très-sainte Vierge : Toutes les générations m’appelleront bienheureuse : Peatam me dicent omnes generationes. L’éternité s’unit au temps pour lui rendre cet hommage. Dans le séjour de la gloire , tous les anges, tous les élus se presseront éternellement autour d’elle pour lhonorer, la bénir, la louer et la proclamer bienheureuse : Beatam me dicent omnes generationes. L’auguste Trinité elle-même joindra sa voix à celle de la Cour céleste...

Voyez-vous s'élever de tous les points de la terre ces églises et ces chapelles dédiées à Marie ? Au sommet des montagnes, elles ont pour objet d’écarter les tempêtes et la foudre , et d'attirer sur les plaines et sur les vallons la pluie bienfaisante , image de la pluie céleste de la grâce qui y descend dans les cœurs... Au fond des vallées, elles rappellent que Marie vient là pour hénir les faibles etles humbles..…. Au milieu des forêts, sombres solitudes, elles servent de phare au voyageur qui aperçoit de loin leurs tours élancées et qui entend la cloche de Marie tinter l'Angelus. Les peuples ne cessent de se diriger vers ces monuments, afin de prier Marie et de la proclamer bienheureuse : Beatam me dicent omnes generationes.

Il n’est pas une Eglise dans le monde qui ne renferme une chapelle dédiée à Marie; partout l’autel et le culte de Dieu s’unissent à lautel et au culte de la Vierge bénie. N’est-il pas de la dernière exactitude de dire que toutes les générations la proclament bienheureuse : Beatam me dicent omnes generationes.

La plupart des basiliques et des cathédrales des principales villes de province et des capitales de royaume, sont consacrées à Marie , sous le nom de Notre-Dame , et la proclament bienheureuse : Beatam me dicent omnes generationes..….

Jouet d’une tempête effrayante, placé à deux doigts de sa perte, le marinier aperçoit du haut des vagues un point culminant; c’est un sanctuaire consacré à Marie par d’autres navigateurs qui, quelques siècles auparavant, ont été sauvés du naufrage par le vœu d'élever à Marie ce modeste monument de leur reconnaissance. Le marinier d'aujourd'hui tourne ses regards de ce côté; il invoque Marie, et elle l’arrache à une mort certaine. Des milliers de sanctuaires sont ainsi construits en vue du rivage, pour glorifier et remercier celle que l'Eglise invoque sous le nom d’Ætoile de la mer. On voit appendus à leurs murs un très-grand nombre de tableaux qui indiquent et les vœux adressés et les secours obtenus. Là, comme

220 * MARIE, sur l'Océan, tous proclament Marie bienhenreuse : Beatam me dicent omnes generationes.

” Ouvrez les yeux, vous apercevrez ic1 Notre-Dame-du-Mont- Carmel, là Notre-Dame-de-Lorette, ailleurs Notre-Dame-des-Neiges. Cette chapelle est consacrée à Notre-Dame-de-la-Garde; cette autre, plus loin, l’est à Notre-Dame-de-Bon-Secours, etc. Sous les voûtes de chacun de ces édifices, Marie est proclamée bienheureuse par des flots de peuple : Beatam me dicent omnes generationes.

Tous les âges, tous les rangs , tous les siècles , toutes les langues, prient Marie , l’honorent et la déclarent bienheureuse : Zeatam me dicent omnes generationes.

Toutes les nations, juifs convertis et gentils, hommes et femmes, riches et pauvres, en un mot, le ciel et la terre tiennent le même langage : Beatam me dicent omnes generationes,

Les habitants du ciel, ceux du purgatoire et de la terre tournent leurs regards vers Marie , dit saint Bernard : les premiers, afin que les siéges demeurés vacants parmi eux soient occupés ; les seconds, afin d’être délivrés ; les troisièmes, afin d’obtenir leur réconciliation avec Dieu (1).

0 Vierge sainte, dit le cardinal Hugues, toutes les générations vous nomment bienheureuse, parce que vous avez enfanté pour toutes la vie, la grâce et la gloire : vous avez procuré la vie aux morts, la grâce aux pécheurs, la gloire aux malheureux (2). On vous adresse les louanges accordées à Judith : Vous êtes la gloire de Jérusalem, vous êtes la joie d'Israël, vous êtes l'honneur de notre peuple, vous avez agi avec vigueur. La première parole vient des anges, dont Marie a réparé la ruine; la seconde vient des hommes, dont elle a changé la tristesse en joie; la troisième vient des femmes, qu’elle a délivrées de l’infamie; la quatrième vient des morts , dont elle a fait cesser la captivité (3).

Voici que toutes les générations m’appelleront bienheureuse.

(2) Ad illam respiciunt , et qui habitant in cœlo, et qui habitant in purgatorio, et qui habitant in mundo. Primi, ut resarciantur ; secundi, ut eripiantur ; tertii, ut reconcilientur ( Serm. 11 de Pent.).

(2) Ex hoc ergo beatam te dicunt omnes generationes, o beata Virgo; quia omnibus generationibus vitam, gratiam et gloriam genuisti : mortuis vitam, peccatoribus gratiam, miseris gloriam.

(3) Primum est vox angelorum quorum ruina per ipsam reparata est : secundum est vox hominum, quorum tristitia per eam lætificata est : tertium est vox mulierum , quarum infamia per ipsam deleta est : quartum est vox mortuorum, quorum captivitas per eam reducta est (In Lib. Judith,).

MARIE, …. 291 Voici : Zcce. Cet adverbe, 4° marque l’admiration. Voici une chose nouvelle, inconnue à tous les siècles, merveilleuse, qu’une femme : soit bénie et heureuse; bien plus, très-heureuse, plus heureuse que les hommes et même que les anges. Car jusqu'alors toutes les femmes avaient été humiliées par Dieu en la personne d’Eve ; elles étaient condamnées à subir trois peines : l’esclavage, la douleur et le travail... (Gen. 11.) 20 Æcce : Voici, marque le commencement, le principe. Æ'cce, voici que dès ce moment je suis déclarée heureuse , et à l'avenir je continuerai de l'être par tous les siècles. …. 3 Æcce : Voici, marque encore l’avertissement. Voici, faites attention, ô malheureux mortels qui désirez arriver au bonheur; apprenez de moi qu’il ne se trouve que dans l’humilité, l’obéissance, la grâce et la faveur de Dieu, et vous obtiendrez les unes et les autres par mon entremise, Car je suis la première qui ait goûté le bonheur ; je suis celle par qui Dieu se propose de rendre heureux tous les hommes, Accourez donc à moi, implorez mon secours, afin d’échapper au malheur et d’obtenir le bonheur...

Toutes les générations n’appelleront bienheureuse..….. Permettezmoi, s’écrie le pieux Gerson, permettez-moi de vous louer, à Vierge sainte, vous qui êtes heureuse trois fois et plus. Car, 4° vous êtes heureuse d’avoir cru, vous dit sainte Elisabeth :-Beata quæ credidisti. 20 Vous êtes heureuse d’être pleine de grâce, ainsi que le témoigne la salutation de l’ange Gabriel : Ave, gratia plena. 30 Vous êtes heureuse, parce que vous êtes bénie , heureuse par le fruit de votre sein qui est la bénédiction même: Benedictus fructus ventris tui. 4o Vous êtes heureuse , parce que celui qui est tout-puissant à fait en vous de grandes choses : Fecit mihi magna qui potens est. 5o Vous êtes heureuse d’être la mère du Seigneur. 6° Vous êtes heureuse d’avoir uni la fécondité à la virginité. 7° Vous êtes heureuse, parce que vous n’avez pas eu d’égale avant vous, et que vous n’en aurez jamais. Oui, toutes Les nations vous proclameront bienheureuse : Beatam me dicent omnes generationes (Tract: [V, notul, 1 super Magnif.).

Marie a prophétisé qu’elle serait proclamée bienheureuse, honorée et invoquée comme telle dans tous les lieux et par tous les siècles, et cette prophétie s’est accomplie jusqu’à la dernière évidence: Tout en fait foi, les églises, les chapelles, les monuments, les autels, les pèlerinages , les ordres religieux et les congrégations institüées en son honneur, les prières, les supplications, leë chants des fidèles, Elle seule est plus invoquée et plus honorée que tous les anges et

XLVIT.

Il faut invo— quer Marie,

quetouslessaintsensemble. A elle seule on rend le culte d'hyperdülie; sur terre et sur mer, partout ôn s'adresse à elle, partout on publie sa gloire; partout et en tout tempsles chrétiens et l'Eglise entière ont célébré et célébreront, Ô Vierge auguste! votre immaculée conception (aujourd’hui surtout que c’est un article de foi) , votre virginité, votre humilité , votre obéissance , votre patience, votre sainteté et toutes vos vertus, votre maternité divine, votre puissance, votre bonté, votre miséricorde, les grâces que vous obtenez à vos serviteurs, les prodiges et les miracles que vous opérez : Peatam me dicent omnes generationes. Que votre culte prospère et grandisse aussi longtemps que vivront les hommes et les anges et le Sauveur lui-même; aussi longtemps que Dieu sera Dieu , pendant l’éternité et au delà ! Zn œæternum et ultra (Exod. 1v. 18). Il en sera ainsi, et je m'en réjouis, Ô ma mère ! parce que vous le méritez. Obtenez-moi de vous honorer, de vous prier , de vous aimer et de vous imiter ici-bas, afin que je puisse jouir à jamais de votre vue dans le ciel!

Si Marie eût été une femme ordinaire, si elle n’eût pas été réellement la mère de Dieu, comment aurait-elle pu annoncer qu’elle jouirait d’une telle grandeur et que la dévotion pour elle serait si grande, si générale et si constante ? Si elle n’eùt pas été la mère de Dieu , ses prophéties se seraient-elles accomplies à la lettre , comme l’atteste la voix unanime de dix-huit siècles? Dieu eût-il permis qu’une pareille imposture régnât à toutes les époques et sur toute l'Eglise, afin d’aveugler, d’égarer et de séduire tous les théologiens, tous les docteurs; tous les évêques, tous les Pères , tous les conciles, tous les souverains pontifes , tous les chrétiens et tous les saints ,en un mot, l'Eglise entière, et toujours?

Vive Marie ! vivent son nom, son culte et son amour! Il est si doux de la prier, de l’honorer, de l’aimer et de limiter! Ses fidèles serviteurs sont mis en possession de tant de sagesse et de tant de bonheur, que je veux vivre pour Marie et en Marie, afin de mourir dans ses bras maternels!

Mans, dit la Sagesse, ect brillante, et son éclat ne s’obscurcit jamais : ceux qui l’aiment la voient, et ceux qui la cherchent la trouvent facilement : Clara est, et quæ nunquam marcessit : et facile videtur ab his qui diligunt eam , et invenitur ab his qui quærunt illam (vi. 13). Elle devance ceux qui la désirent, pour se montrer à eux la première : Præoccupat qui se concupiscunt, ut illis se prior ostendat (Sap. vi. 14).

Celui qui invoqué Marie, la désire, la connaît, l’äime et la trouve et désirer, connaître, aimer et trouver Marie, c’est pour le chrétien le trésor des trésors. Penser à elle, dit encore la Sagesse , est une prudence consommée; veiller pour elle procure une prompte sécurité : Cogitare de illa, sensus est consummatus ; et qui vigilaverit propter ülam , cito securus erit (vi. 16).

Si le vent des tentations souffle, dit saint Bernard ; si, pareilles à des épines, les tribulations vous déchirent, regardez votre étoile, appelez Marie à votre secours : Xespice stellam , voca Mariam. Si la colère , l’avarice , ou la volupté, font chanceler la fréle nacelle de votre âme, tournez-vous vers Marie : Respice Mariam. Si le poids de vos crimes vous accable, si le triste état de votre conscience vous couvre de confusion , si vous commencez à vous troubler et à désespérer à l’idée du terrible jugementde Dieu, pensez à Marie : Mariam cogita. Dans les dangers, dans les angoisses, dans les ténèbres et le doute , pensez à Marie, invoquez Marie; qu’elle ne cesse d’être dans votre bouche et dans votre cœur : Mariam cogita, Mariam invoca ; non recedat ab ore, non recedat a corde (Homil. 11 super Missus est ).

Toutes les fois que je soupire et que je respiré , j’aspire à vous, Ô Jésus , à Marie, dit un saint : Quotiés suspiro et respiro; ad te respiro, Jesu, Maria. Gelui qui éherche Marie et qui l’invoque, la trouve aussitôt, et puise en elle, comme dans un océan, labondance de tous les secours et de tous les biens..….: Il y à plus, comme le dit le concile de Blois établissant la fête dela Visitation de la sainte Vierge, elle n’exauce pas seulement ceux qui la supplient; mais elle prévient, selon sa clémente coutume , les prières de ceux qui veulent s’adres= ser à elle : Zpsa, non solum supplicantes exaudiet ; sed ; sicut ex sua clementia consuevit, etiam supplicare volentium preces præveniet.

Comme nous l’avons déjà dit en parlant du nom de Marie, saint Anselme explique admirablement pourquoi la miséricorde de la très-sainte Vierge est si grande. Le secours, dit-il, arrive quelquefois plus promptement par l’invocation du nom de Marie, que par l’invocation du nom de Jésus ,- son fils unique; non qu’elle soit plus grande et plus puissante que lui ; car J. C. ne tire pas sa grandeur et sa puissance de Marie, c’est Marie qui doit la sienne à Jésus; mais je dis ce que je pense : son fils est le Seigneur et le juge de tous, il scrute les mérites de chacun. Quand donc il n’exauce pas celui qui invoque son nom , il agit en juge et avec justice; au contraire, lorsque quelqu’un invoque le nom de Marie, ses mérites fussent-ils

Marie a accordé d’insignes victoires à ceux qui l’ontinvoquée.

nuls, les mérites de Marie intercèdent pour lui. Elle agit en mère et non en juge (Lib. I de Excel. Virg.).

Mare prète l'oreille à tous ceux qui l’appellent à leur secours , et elle les exauce. Voici, choisis entre mille autres, quelques exemples frappants et vraiment miraculeux de la protection qu’elle étend sur ses serviteurs.

En l'an 332, Marié rendit victorieux des Goths; Narsès, général de l'empereur Justinien. Après avoir invoqué Marie , il défit à la tête d’une poignée d'hommes l’armée de ces barbares , très-nombreuse et très-fortes, la tailla en pièces et délivra l'Italie de la cruelle oppression qui pesait sur elle (Evagrii ist. Eccles., part. I, lib. IV, ct. XXVI).

Au moment où ses Etats, envahis par Chosroès, roi des Perses, lui échappaient , l’empereur Héraclius mit sa confiance en Marie , l’invoqua avec foi, et bientôt il battit l'ennemi et se fit rendre la vraie croix , l'an 626 (Pauli diac. Longobard. Hist., lib. XVIN ; et Theophan. Chronogr.,in Corp. hist, Bys.).

Pélage, roi des Asturies, ayant imploré le secours de la très-sainte Vierge , reconquit, en 718, sa principauté occupée par les Maures, et leur tua quatre-vingt mille hommes, y compris leur roi (Lucæ Tudensis, Marianæ , et alior. ist. Hisp. ).

L'an 867, Basile [, empereur de Constantinople, vainquit, avec le secours de Marie, les Sarrasins qui insultaient J. C. et la très-sainte Vierge , et il leur enleva presque toutes leurs conquêtes.

L’an 4099, les chrétiens, ayant à leur tête Godefroi de Bouillon, enlevèrent la terre sainte aux infidèles. Il était ordonné à tous ceux qui le pouvaient, de réciter chaque jour le petit office de la très-sainte Vierge ; leurs prières ni leurs vœux ne furent pas inutiles , et après plusieurs combats où ils demeurèrent victorieux , les croisés emportèrent d'assaut Jérusalem (Gulielmi Tyrii Belli sacri Hist, — Baronii et alior. ist. Eccles.).

L’an 4212 ; Alphonse VITE, roi de Castille, se mit à la tête d’une poignée de soldats et, précédé de la croix et d’un étendard sur lequel était peinte l’image de Marie et de son fils, il péniétra dans le camp des Maures , et extermina près de deux cent mille d’entre eux, sans perdre lui-même plus de vingt-cinq à trente hommes, Les Espagnols célèbrent encore chaque année cette victoire par une fête qui a lieu le 46 de juillet, et qui porte le nom de fête du Triomphe de la croix.

ïe D ut 868

Le 7 octobre 1571, sous le pontificat de Pie V, une grande victoire navale fut remportée sur les Turcs dans le golfe de Lépante, par l’invocation et le secours de la très-sainte Vierge. Pour la remercier de ce témoignage de sa protection et en perpétuer la mémoire, on établit une fête qui se célèbre le jour anniversaire sous le nom dé Sainte-Marie-des-Victoires.

Marie étant la femme qui, d’après la promesse de Dieu , devait écraser la tête du serpent infernal , on est toujours assuré de vaincre avec son aide tous les efforts de l’enfer.…,

Par Marie, on triomphe toujours du monde, de la concupiscencé etde la chair, detoutes les passions et de toutes les tentations. Rien ne lui résiste ; pas même J. C., son divin fils...

Lorsque la fin de la vie de la bienheureuse Vierge, mère de Dieu, fut arrivée ; tous les apôtres qui étaient dispersés dans les diverses contrées du monde , se trouvèrent par une admirablé providence - réunis à Jérusalem , autour de son lit de mort. L’évêque Juvénal 4 saint Jean Damascène, et beaucoup d’autres, mentionnent formellement ce fait.

La très-sainte Vierge trépassa l’an de J, C. 58; à l’âge de soixante:

douze ans , vingt-quatre ans après la passion du Sauveur.

Ilest certain que Marie est morte ; mais quelle belle mort, grand Dieu, après une vie si sainte, si parfaite, si sublime! Ce ne fut qu'un doux sommeil. Marie mourut d'amour comme elle avait vécu d'amour. L'amour, dit l’Esprit-Saint, est fort comme la mort : Fortis est ut mors dilectio (Cant. vu. 6).

Peu de temps après qu’elle fut ensevelie, la bienheureuse Viergé ressuscita ; le ciel s’ouvrit ; J. C. s’avança pour la recevoir et toute la cour céleste vint au-devant de sa reine... Le temple de Dieu s’ouvrit dans le ciel, dit l’Apocalypse , et l'on vit l'arche d'alliance dans son temple : Apertum est templum Dei in cœlo: ét visa est arca testamenti ejus in templo ejus (x. 19). Cette arche d’alliance , c’est Marie. Un grand signe parut dans le ciel, dit encore FApôtre : une femme revètue du soleil , ayant la lune sousses pieds , et sur sa tête une couronne de douze étoiles (Apoc. xu: 1). Voilà Marie montant au ciel, et prenant place dans les demeures éternelles.

La reine votre épouse , Seigneur, dit le Psalmiste, s’est assise à votre droite, revêtue d’or et de toutes les richesses : Astirit regina a dextris tuis, in vestitu deaurato, circumdata varietate (xrv. 10). Le roi du ciel, ô Vierge , est lui-même épris de votre beauté : C'oncupiscet

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