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30 parce que, dans les tribulations, le combat n’a pas de trève; tandis qu’une attaque à main armée à lieu subitement, et d’ordinaire ne dure pas sans relâche (2. 2. q- 136. art. 3).
Rien n’égale la force de la patience: celui qui a cette vertu ne peut jamais souffrir extrèmement; car son âme est comme impassible.……
Ne pas se venger, c’est être semblable à Dieu, dit saint Jean Chrysostome : Von ulcisei, Deo facit æqualem (Homil. vr im Act.).
Vous faites preuve d’une grande vertu si vous ne répondez pas à une offense par une autre offense , dit saint Isidore ; vous monirez une grande force d’âme si, étant offensé, vous pardonnez ; vous acquérez une grande gloire, si vous épargnez un ennemi auquel vous pouviez nuire : Magna est virtus si non lædas eum a quo lœæsus es; magna est fortitudo, si etiam lœsus, remittas; magna est gloria si, cui potuisti nocere, parcas (Lib. Sentent.). La patience fait tout cela. Le propre d’une âme forte est de mépriser les injures , dit Sénèque; le propre d’un homme faible, vil, misérable, est de riposter à celui qui l’a offensé. Il imite les rats et les fourmis, qui ouvrent : une bouche impuissante, et qui se croient blessés si on les touche (Epist, LXXVIT).
La patience, dans quelque événement que ce soit, est le signe caractéristique d’une grande âme. La partie supérieure du monde, la plus belle, la plus riche, la mieux ordonnée, c’est le firmament. Or, elle n’est ni plongée dans les brouillards, ni sillonnée par les tempêtes, ni sujette aux tourbillons de vents et à la poussière : elle ne connait pas l'agitation et le trouble; la foudre se forme dans des régions inférieures. De même l’homme patient ne perd jamais la paix ; il se met au-dessus de ce qui le troublerait, s’attire le respect et acquiert de grauds mérites. L'âme qui sait souffrir avec modération et douceur, et sans murmurer, est belle, grande, élevée et parfaitement ordonnée ; elle se tient près de l’éclatant Soleil de l’éternité..….
La patience est une vraie puissance. Dieu est tout-puissant parce qu'il est très-patient. La colère et l’impatience sont une marque d’impuissance, de faiblesse et de pusillanimité..….
Le chrétien, dit saint Maxime, souffre avec résignation pour mériter la récompense qui lui a été promise, et pour donner lexemple à ses concitoyens : il souffre en patience pour s’assurer le repos, et pour procurer le salut de son prochain : Sibi patilur ad præmium, civibus ad exemplum : sibi patitur ad requiem, civibus ad salutem (In ejus vita ).
Branurüneux les doux, les patents, dit J. C., car ils posséderont la terre : Beati mites, quoniam ipsi possidebunt terram (Matth. v. 4). Ils posséderont la terre, c’est-à-dire même les richesses d’ici-bas, car Personne ne songe à leur susciter des ennuis et des obstacles. Puis celui qui a la douceur et la patience , se contente du peu qu'il possède, ce qui équivaut à une fortune. Mais la terre qui leur est promise est surtout la terre des vivants, le ciel. Par la terre que doivent posséder les hommes doux, saint Bernard entend le corps et l’âme qu'ils gouvernent dans la patience, régnant sur tous les mouvements du cœur et des sens (/n hæc verba Matth.).
La patience , dit Tertullien, protége la foi, gouverne la paix, aide la charité, fait grandir l'humilité, attend le repentir, marque le moment convenable pour la confession publique, maitrise les sens, garde l'esprit, met un frein à la langue, retient la main, foule aux pieds les tentations , éloigne les scandales > consomme le martyre, console le pauvre , modère le riche, soulage le faible, n’épuise pas le fort, réjouit le fidèle, attire le païen, recommande Le serviteur au maître et le maître à Dieu, orne la femme, rend l’homme digne d'estime, plait dans l'enfant, mérite les louanges dans le jeune homme, est admirée dans le vieillard ; enfin elle est belle dans tous les sexes et dans tous les âges. La patience a le visage tranquille et calme, un front pur, sur lequel la tristesse ni la colère n’ont imprimé de rides; ses yeux sont baissés sous le sentiment de l'humilité et non du malheur; sa bouche fermée rend hommage à l’habitude du silence (1).
Ecoutez saint Cyprien : La patience, dit-il, nous recommande et nous conserve à Dieu. C’est elle qui tempère la colère, met un frein à la langue, gouverne l’âme , conserve la paix, règle la discipline, arrête l’élan de la volupté, comprime l’explosion de l’orgueil, éteint le feu de la haine; elle met des bornes à la puissance des riches, vient au secours des pauvres, protége la bienheureuse intégrité des vierges, la chasteté laborieuse des veuves, l’amour et l’union des
(1) Patientia fidem munit, pacem gubernat , dilectionem adjuvat, humilitatem instruit, pænitentiam exspectat , exomologesin assignat, carnem regit, spiritum servat, linguam frænat, manum continet, tentationes inculcat, scandala pellit, martyria consummat; pauperem consolatur, divitem temperat, infirmum non extendit, valentem non consumit, fidelem delectat, gentilem invitat, servum Domino , dominum Deo commendat ; feminam exornat, virum approbat; amatur in puero, laudatur iri juvene, suspicitur in sene ; in omni sexu , in omni ætale formosa est. Vaultus illi tranquillus et placidus , frons pura , nulla mœroris aut iræ rugositate contracta ; oculis humilitate, non infelicitate dejectis; os taciturnitatis horiore signatum (Lib, de Patientia, c. xv ).
Avantages de la patience.
époux ; elle rend humbles ceux qui prospèrent , forts ceux qui sont dans le malheur, doux ceux qui essuient des injures et des affronts; elle enseigne à pardonner aussitôt à ceux qui ne remplissent pas leurs devoirs, et à prier beaucoup et longtemps lorsque cela nous arrive à nous-mêmes ; elle surmonte les tentations, supporte les persécutions, conduit à la victoire par les souffrances et le martyre (1).
Mon fils , dit saint Basile, dans l'Avertissement à son fils spirituel , mon fils, efforcez-vous d'acquérir la patience , parce qu’elle est la plus grande vertu dé l’âme ; saisissez-la, afin d'arriver promptement au sommet de la perfection. La patience est le souverain remède de l'âme; mais impatience est le poison du cœur (2).
Personne ne peut nuire à la vraie patience : l’attaquer , c’est la rendre plus belle et la couronner. Tous les biens qu’on lui ravit, tous les maux qu’on lui fait, elle les place dans les trésors de Dieu, qui la dédommagera au centuple..… ”
La sagesse et la gloire de l'homme patient consistent à pouvoir dire sans mensonge : Je vis de l’amour de Dieu et du désir du ciel. Dieu , cefleuve de vie, apaise ma soif; Dieu, ce pain vivant, est ma nourriture; la pauvreté m’enrichit; je méprise La mort; j’ai les biens réels, rien ne me manque...
L'abbé Jean aimait à répéter à ses disciples : La patience, surtout à l'égard des injures , est la porte du ciel ( Vit. Patr.). ;
Parce que tu as gardé ma parole de patience, dit le Seigneur dans PApocalypse à l'ange de Philadelphie, moi aussi je te garderai à l'heure de l'épreuve : Quoniam servasti verbum patientiæ meæ ; ego servaho te ab hora tentationis (ur. 10).
Rien n’est plus doux, plus agréable, ni plus digne de l'homme ; que d’opposer la patience à toutes les offenses.…….
La patience, disent les Proverbes, est une grande sagesse ; l’homme
(1) Patientia est, quæ nos Deo et commendat et servat. Ipsa est quæ iram teniperat, quæ linguam frœænat , quæ mentem guberñat, pacem custodit, disciplinam regit, libidinis impetum frangit , tumoris violentiam comprimit, incendium simultatis exstinguit, coercet potentiam divitum, inopiam pauperum refovet, tuetur in virginibus beatam integrilatem, in viduis laboriosam castitatem , in conjunctis individuam caritatem : facit humiles in prosperis , in adversis fortes, contra injurias et contumelias miles, docet delinquentibus cito ignoscere; si ipse delinquas, diu et multum rogare : tentationes expugnat, persecutioncs tolerat, passioncs et martyria consummat ( L:b. de Bono patientiæ).
(2) Fili, patientiam arripe, quia maxima est virtus animæ, ut velociter ad sublimitatem perfectionis possis ascendere. Patientia grandis est medela animæ : impas tientia autem est pernicies cordis.
emporté proclame sa folie : Qui patiens est, multa gubernatur prudentia : qui autem impatiens est, exaltat stultitiam suam (xrv. 29). L’homme emporté proclame sa folie à haute voix par ses cris, par les mouvements de ses mains et de ses bras : il ne diminue pas son mal ; il l’augmente, il le double, il Le triple...
L'homme patient, dit saint Ephrem, se laisse diriger par une grande prudence. Qu’y a-t-il de plus avantageux et de plus admirable? Il est toujours joyeux, il a son espérance en Dieu, il est étranger à tout accès de colère, il supporte tout; il ne s'irrite pas, il n'insulte personne, il ne prononce aucune parole qui puisse nuire. L’offense-t-on ? il ne s’en aigrit point; il ne lutte pas contre ceux qui sont d’un avis contraire au sien; dans toutes les occasions, il se montre constant et fort; il se réjouit des épreuves et supporte les envieux. On lui donne un ordre, il obéit; on le blâme, il ne se plaint point ; il s’exerce sans cesse à persévérer dans la patience (Serm. v).
La prudence de l’homme qui à de la patience et Pimprudence de celui quien manque, se manifestent, 1° en ce que l'homme patient se montre Le maitre de la colère, et que l’impatient laisse voir qu’il en est l’esclave. Le patient domine ses affections etse domine lui-même ; voilà pourquoi il est dans une paix constante et parfaite: l’impatient, au contraire, est toujours travaillé par ses passions ; aussi ne cesset-il d’être dans l’agitation et dans le trouble. 2 En se taisant et en demeurant calme , l’homme patient est vainqueur non-seulement de sa propre colère , mais de la colère d'autrui; tandis que l’impatient est esclave de l’une et de l’autre. 3° Par la douceur et la modération , l’homme patient convertit souvent l’homme emporté , il lui communique sa patience ; l'homme emporté, au contraire, transforme quelquefois l’homme patient en un véritable furieux. Le premier ressemble à un fiévreux; et le second, à un médecin qui modère les accès de la fièvre et qui rend le bon sens à ceux qu’il soigne , en les replacant dans des habitudes de patience...
Ecoutez saint Pierre Chrysologue : N’est-il pas vrai, dit-il, que toutes les fois qu’une fièvre brûlante s'empare d’un malheureux , elle lui donne le délire et le rend furieux? Les sens du malade sont troublés, son esprit n’y est plus, la férocité le domine, l’humanité lui est inconnue ; il grince des dents, il frappe ceux qui lapprochent et mord. Alors , à la louange de la charité , à la gloire de l’art, à l’honneur de son savoir et de son humanité, le médecin s’arme. de patience; il méprise les injures du fiévreux, supporte ses coups, ses morsures, les fatigues et les ennuis, afin de le guérir.
où du moins de diminuer ses souffrances : il l’adoucit en employant l'huile de la patience ; il Penvironne de soins et lui fait prendre les remèdes convenables, assuré qu’il est que le malade , revenu à luimème et à la santé, sera plein de reconnaissance , et paiera largement les peines qu’il se sera données ( Serm. 1). L'homme emporté peut être comparé à ce fiévreux, et celui qui est doué de patience, au médecin charitable. Soyons des médecins spirituels, sauvons l'âme de nos frères et la nôtre; travaillons à les guérir de tout emportement par notre patience et notre charité; et quand ils seront guéris , ils nous remercieront et nous aimeront..….
L'homme emporté provoqueles querelles; l’homme patient calme celles qui se sont élevées , disent les Proverbes : Wir tracundus provocat rixas ; qui patiens est mitigat suscitatas (XN. 18.).
La colère enlève à l’homme trois trésors inappréciables : la gravité , la sagesse et la paix...
Laissez, dit Sénèque , laissez à autrui l'initiative des querelles, et prenez toujours celle de la réconciliation : Semper dissensio ab alio incipiat, a te reconciliatio ( Epist. LXXXVIT).
Personne, dit saint Grégoire de Nazianze, n’arrête un persécuteur aussi facilement que celui qui a de la patience : Mihil persecutorem ita sugerat. ut patiens (Orat. xIx).
Le fer embrasé plongé dans l’eau, dit saint Chrysostome, ne perd pas plus promptement sa chaleur, que l’homme emporté sa colère , quand il a affaire à une âme pleine de longanimité. Si nous sommes patients et doux, nous seront forts et puissants (1).
Ecoutez un poëte : La force remporte bien des victoires, mais la patience en remporte davantage. Voulez-vous être impeccable ? soyez patient, sachez vous contenir. Le meilleur moyen de punir ceux qui outragent, c’est de leur témoigner de la patience. Cette vertu vous aidera à supporter ce que vous ne pourrez corriger. La patience est la reine du monde. |
Multa tropæa vis eripit, plura sed patientia, Impeccabilis esse quæris? Sis patiens , sis continens, Nil sic contumeliosos urit, ut patientia.
Quidquid emendare non est, lenias patientia.
Regina rerum omnium patientia.
(1) Neque ferrum ignitum aqua intinctum illico colorem amittit, sicut si incidat in animam longanimem vir iracundus. Si simus lenes et patientes, erimus fortes et validi (Homil. vx in Act.).
L'homme patient vaut mieux que le guerrier plein de courage; celui qui maitrise son cœur l'emporte sur celui qui a pris d'assaut des villes, disent les Proverbes : Melior est patiens viro forti : et qui dominatur animo suo, expugnatore urbium (xvr. 32).
Celui qui sait se vaincre lui-même, dit un poëte, est plus fort que le capitaine qui a soumis les villes les mieux défendues; la force ne peut aller au delà :
Fortior est qui se, quam qui fortissima vincit Oppida ; nec virtus altius ire potest.
Se mettre au-dessus des outrages par la patience est la plus belle des victoires, dit saint Chrysostome. Dieu nous a donné des forces pour vaincre, non pas à main armée, mais par la patience. On célèbre partout le triomphe de Joseph, qui a supporté l’adversité avec tant de courage. Par sa patience, il est sorti victorieux des embüches que lui avaient tendues ses frères et la femme impudique. Job, par sa patience, est demeuré vainqueur des efforts du démon, des insultes de son épouse, des outrages de ses amis, de la pauvreté, de la maladie et de mille souffrances; par sa patience, il a été plus fort que Samson, qui a battu si souvent les Philistins. En souffrant avec résignation et patience la haine de ses frères, l’exil, la calomnie, la prison, J oseph s’est maitrisé lui-même; il s’est assuré la faveur de Pharaon et est devenu le maître et le sauveur de l'Egypte. David a montré plus de force en triomphant de Saül par sa patience, qu’en abattant le géant Goliath ( Æomil. vr in Act. ). : |
La patience triomphe même des démons pleins d’orgueil et de rage.
La patience est la fille de l'humilité ; avec son aide l’homme supporte sans se plaindre les persécutions, les attaques des calomniateurs, les maladies et toutes les adversités ; il triomphe de toutes les épreuves.
Le sage comprend que, dans cette vie malheureuse et misérable, l’homme doit s'attendre à une multitude d’afflictions : voilà pourquoi il se prépare à les recevoir et à les endurer avec patience; car il n’ignore pas que sil les recevait avec impatience et emportement, il augmenterait le mal et la douleur qu’il lui cause. En effet, il serait alors torturé et par le mal et par le ressentiment né de sa colère ; tandis que, grâce à la patience, il n’éprouve que le mal inséparable de la nature déchue; encore est-il tellement amoindri par la patience,
Qualités que doit avoir la patience pour être bonne,
qu’il ne le sent presque pas. Ajoutez que, s’ils’emportait et se révoltait, il offenserait Dieu, et s’attirerait en punition de sa colère des peines nouvelles et plus redoutables. Il souffrirait par conséquent beaucoup plus, perdrait tout le mérite qui pourrait résulter de ses maux et encourrait les peines éternelles. Celui qui médite ces vérités et qui les goûte se met en garde contre l’impatience, et s'applique à tout supporter avec résignation.
D'ailleurs , le sage sait que le véritable bien de son âme ici-bas, c'est la paix; mais il sait aussi que la paix ne vient que de la patience. Voilà pourquoi, dans toutes les adversités, il s'attache à pratiquer cette vertu, afin de se procurer un bien aussi désirable pour son âme que l’est la paix.
L'homme patient ne s'inquiète ni des outrages ni des afflictions ; supérieur au monde, il fixe son âme en Dieu et ne s’occupe que du ciel , qui doit être son héritage.
Les tribulations nous pressent, dit Senèque; si elles sont faibles, supportons-les, et la patience les adoucira; si elles sont grandes, supportons - les encore , et notre gloire ne se pourra mesurer (Epist. ).
EL faut être patient envers tous les hommes. Supportez-vous patiemment les uns les autres dans la charité, dit saint Paul aux Ephésiens: Cum patientia supportantes invicem in caritate ( xv.2). Nous vous en prions , frères, soyez patients avec tous : Rogamus vos fratres, patentes estote ad omnes (I. Thess. v. 14).
La patience produit une œuvre parfaite, dit l’apôtre saint Jacques : Patientia opus perfectum habet (1. 4). Or, pour produire une œuvre parfaite, la patience doit : 10 supporter les maux avec force et persévérance ; 2° être parfaite dans sa fin, c’est-à-dire tout endurer pour la foi de J. G., pour la justice et pour la vertu ;-3o être accompagnée des autres vertus.
Voici les principaux devoirs que doit accomplir la patience pour devenir parfaite et méritoire : 1° pardonner à celui qui offense… ; 2 lui faire du bien dans l’occasion. ; 3% recevoir lépreuve comme ‘un excellent remède...; 4e se mettre au-dessus des injures...
IL y a trois degrés dans la patience : le premier consiste à souffrir avec résignation… ; le second, à souffrir volontiers. ; le troisième, à souffrir avec joie...
Pourquoi faut-il sé réjouir dans les afflictions?
lo Parce que les afflictions nous détachent du siècle. Dieu, dit saint Grégoire, nous les envoie (le peur que nous ne nous plaisions trop dans le chemin, et que nous ne le préférions à notre patrie qui est le ciel: Ne viam pro patria diligamus (Moral, c. XxIn ). Les tribulations, dit à son tour saint Augustin, ne cessent de peser sur l’homme de peur que, voyageur vers la patrie, il ne préfère une pauvre étable à la maison qui l'attend : Ne viator tendens ad patriam, stabulum pro domo diligat (In Sentent. cLxxxvr).
90 Parce que les afflictions sont la marqué de l'élection et de la prédestination divines..….
11 faut, dit saint Thomas, supporter avec patience et avec joie Les coups de Dieu, à cause, 4e de l'affection que nous porte celui qui nous frappe, selon ces paroles des Proverbes: Mon fils, ne aigris point contre les épreuves du Seigneur, car le Seigneur châtie celui qu'il aime et il se complait en lui comme le père dans son fils : Disciplinam Domini, fili mi, ne abjicias : quem enim diligit Doruünus, corripit; et quasi pater in filio complacet sibi (m1. 11.12); 2° à cause de la conscience de notre culpabilité. Je porterai la colère du Seigneur, parce que je l'ai offensé, dit le prophète Michée : ram Domini portabo quoniam peccavi ei (ir. 9); 3° à cause de espérance de la récompense. Heureux l’homme qui supporte les épreuves avec patience, dit saint Jacques; car après avoir été éprouvé, il recevra la couronne de vie que Dieu a promis à ceux qui l’aiment : Beatus vir qui suffert tentationem ; quonïam cum probatus fuerit , accipiet coronam vitæ, quam repromisit Deus diligentibus se (1. 12) ; 4° à cause de l’inutilité des murmures, selon ces paroles de Jérémie : Pourquoi donc murmure l’homme vivant, l’homme puni pour ses péchés? Quid
murmuravit homo vivens, vir pro peccatis suis? (Lament. 111. 39.)
Ne vous défendez pas, mais faites place à la colère, dit saint Paul : Non vosmetipsos defendentes, sed date locum træ (Rom. xt. 19). C’està-dire, laissez à Dieu le soin de vos intérêts, et quant à vous, fuyez, gardez le silence, cédez à celui qui est en colère... Soulflrez avec résignation.…….
Lorsque votre patience est exercée par quelque épreuve, dites : Si j'ai mérité cette croix, je la porterai, afin de satisfaire pour mes péchés. Si je ne l'ai pas méritée, je la supporterai également , à l'exemple de J. C. et de sa très-sainte mère ; ma couronne en sera plus belle,
Moyens à prendre pour arriver à la pratique de la patience.
Enfin il faut penser à la passion de J. C, I] n’y a rien de tellement accablant, qu’on ne supporte avec patience, si l’on se souvient de la passion de J. C., dit saint Grégoire : Mihil adeo grave est, quod non æquanimiter toleretur, si Christi passio ad memoriam adducatur (Tract. de Conflict. virtut. et vit.)
AINT Paul était Juif et de famille noble. La première richesse et prérogative de saint Paul, c’est son caractère... Pourquoi Paul est-il'appelé un vase d'élection ? dit saint Jérome : parce qu’il était une arche précieuse de la loi et des saintes Ecritures : Cur dicitur Paulus vas electionis? quia legis et sanctarum Scripturarum erat armarium (Ad Paulin. ).
Saint Paul était d’un caractère élevé, magnanime , héroïque... Qui l’a égalé? qui a autant travaillé que lui? qui a été aussi souvent emprisonné ? qui a enduré des souffrances plus grandes et plus nombreuses ? qui a déployé autant d’intrépidité dans les dangers? qui a jamais été aussi hardi , aussi persévérant dans ses entreprises? qui a opéré tant et de si grandes merveilles? En toute circonstance son caractère est demeuré le même, doux, aimant, ferme , généreux, sublime , inébranlable..….
La vocation de saint Paul est remarquable en ce qu’il a été appelé du haut du ciel par J. C. immortel et glorieux, tandis que les autres apôtres ont été choisis et appelés par J. C. vivant sur la terre. Elle a cela d’extraordinaire encore que J. G. a triomphé de cet apôtre au moment même où sa haine contre les chrétiens était plus exaltée. Respirant les menaces et le meurtre contre les disciples du Seigneur, Saul, disent les Actes des apôtres, alla trouver le prince des prêtres : Saulus spirans minarum et cædis in discipulos Domini accessit ad principem sacerdotum (1x. 1), et il lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que s'il y trouvait des hommes et des femmes engagés dans la voie chrétienne , il les conduisit enchainés à Jérusalem : Ut si quos invenisset hujus viæ viros ac mulieres , vinctos perduceret in Jerusalem (Act. 1x. 4.2).
Comme il était en chemin, et qu’il approchait de Damas, tout à coup une lumière du ciel brilla autour de lui. Et tombant à terre, il entendit une voix qui lui disait : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu? Saule, Saule, quid me persequeris ? A dit : Qui êtes-vous , Seigneur ? Et le Seigneur dit : Je suis Jésus que tu persécutes ; 1l t'est dur de regimber contre l’aiguillon : Qui dixit : Quis est, Domine? Et
Première richesse et prérogative de saint Paul:
son caractère,
Deuxième richesse et prérogative de Paul.
sa vocation.
ile : Ego sum Jesus quem tu persequeris; durum est tibi contra stimulum calcitrare. Plein de stupeur et de tremblement, Paul reprit : Seigneur, que voulez-vous que je fasse? £'# tremens et stupens, dixit : Domine , quid me vis facere? (Act. 1x. 3-6.)
Quelle vocation miraculeuse! et quelle grâce efficace! Elles changent soudain un persécuteur : d’un loup vorace, d’un lion furieux et rugissant elles font un agneau; d’un grand pécheur endurci elles font le plus admirable des pénitents, le premier des apôtres, le plus glorieux des saints! Quelle bonne volonté ! quelle prompte correspondance à la grâce!
Quel est le pécheur ou le pénitent qui désespérerait du pardon en voyant la subite conversion de saint Paul par l’infinie bonté de. Dieu? Combien grande fut la grâce par laquelle J. C. fit de Saul le docteur des nations , le précepteur de l'univers! Mais aussi comme Saulcorrespondit merveilleusement à la grâce !.….flétaitsemblableaux démons,ne respirant queles persécutions et lesang des fidèles; changé en apôtre, 1l devint le modèle de toutes les vertus, ne respirant que la gloire de Dieu, ne cherchant qu’elle et le salut des nations...
Celui qui, peu auparavant, combattait J. C. et exterminait les chrétiens, désire de mourir pour eux; illeur donne sa vie tout entière ; il ne cesse de s’exposer aux fatigues des voyages , à l’accablement du travail , aux persécutions , à la faim, à la soif, à l’emprisonnement, aux flagellations, aux naufrages, aux menaces, aux tourments, à mille morts, pour faire connaître le nom de J. C. et conquérir des enfants à l'Eglise ; tellement qu’il était tout à tous, et comme transformé en J. G. Aussi dit-il : Le Christ est ma vie : Wiki vivere Christus (Philipp. 1. A). Je vis, ce n’est plus moi qui vis, mais J. C. viten moi: Vivo, jam non ego, vivit vero in me Christus (Gal. 11. 20 ).
Par la vertu de l’Agneau qui a donné sa vie pour ses brebis, Paul est transformé de loup en agneau , dit saint Augustin : Ab agno pro ovibus mortuo , fit ovis de lupo (Serm. xrv de Sanctis ).
Qui êtes-vous, Seigneur ? s’écrie cet apôtre à peine converti. Je suis Jésus que tu persécutes. Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? Déjà , dit saint Augustin , déjà se prépare à obéir celui qui auparavant exerçait toutes les rigueurs de la persécution. Le persécuteur est changé en apôtre ; le loup, en brebis; l'ennemi déclaré, en fidèle et intrépide soldat : Jam parat se ad obediendum ; Qui prius sœviebat ad
persequendum. Jam formatur ex persecutore prædicator, ex lupo ovis, ex . hoste miles (Serm. xrv de Sanctis Fr
PAUL (SAINT). 653 Le voilà devenu un vase choisi par J. C. : Vas electionis est mihi iste (Act. 1x. 13). Le voilà comblé de joie au milieu de toutes les tribulations : Superabundo gaudio in omni tribulatione nostra (AL. Cor. vi. 4). Le voilà ravi jusqu'au troisième ciel : Æaptum usque ad tertium cœlum (HA. Cor. xur. 2).
Saint Augustin et saint Thomas enseignent que dans ce ravissement, saint Paul vit l'essence même de Dieu ( De S. Paulo).
SAINT Paul traite des choses les plus merveilleuses et les plus sublimes, et il en parle divinement..….
Moïse reçut communication de la loi de Dieu sur la montagne du Sinaï : Paul alla puiser dans le ciel les mystères de l'Eternel : Jé sais, ditil en parlant de lui-même, je sais que cet homme fut ravi dans le paradis , et entendit des paroles secrètes, qu’il n’est pas permis à l’homme de proférer : Audivit arcana quæ non licet homini loqui (IL. Cor. x. 4). Non, s’écrie-t-il encore, non, l'œil de l’homme n’a point vu, son oreille n’a point entendu , son cœur n'a point compris ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment : Oculus non vidit , nec auris audivit ; nec in cor hominis ascendit , quæ præparavit Deus iis qui diligunt eum (Y. Cor. 11. 9 ).
Saint Denis l'Aréopagite appelle saint Paul le soleil des intelligences (De S. Paulo).
Paul, dit saint Chrysostome, est un ciel où brille le soleil de justice ; il est l'océan très-pur et très-profond de la sagesse : Paulus est cœlum , solem habens justitiæ ; ipse mare sapientiæ purissimum et profundissimum {Homil. rv Laud. $. Pauli). Paul est l’abime sans fond de la sagesse divine... Il est l’archétype de tous les biens , ajoute lé même Pèré ; Dieu lui a confié toute la prédication , les intérêts de Vunivers, tous les mystères et la dispensation universelle des lumières et des grâces : Paulus archetypus bonorum , cui omnem pr'ædicationem, res orbis , mysteria cuncta, universamque dispensalionem ; Deus concessit (Homil. rv de Laud. $. Pauli).
Paul, dit saint Jérôme , est un vase d'élection, la trompette de l'Evangile , le rugissement du lion, le fleuve de l’éloquence chrétienne : Paulus, vas electionis, tuba Evangeli , rugitus leonis ; flumen eloquentiæ christianæ ( Epist. Lx1 ad Pammachum).
Sainr Paul est le modèle de toutes les vertus; IL instruit les nations par ses paroles et par ses œuvres... Comme Jean-Baptiste, il est une lampe ardente et qui projette une vive lumière : Erat lucerna
Troisième richesse et prérogative de saint Paul, sa sagesse et sû.
science.
Quatrième richesse et prés rogative de saint Paul, ses vertus.
ardens et lucéns ( Joann. v. 35). Sa vie est un éclair; sa prédication, | un tonnerre.
Comme le fer plongé dans la fournaise devient tout feu , dit saint Chrysostome, ainsi Paul, embrasé d'amour , est tout charité. Aussi, tantôt par ses lettres, tantôt par ses exhortations , tantôt par ses prières , tantôt par ses menaces , tantôt par lui-même, tantôt par les siens , s’efforçait-1l avec un soin parfait d’encourager ceux qui travaillaient, d’affermir ceux qui persévéraient, de relever ceux qui étaient tombés, de guérir ceux qui étaient blessés et meurtris , de ranimer les tièdes , d’abattre les ennemis : comme un chef excellent, comme un grand capitaine et un habile médecin, il prenait tous les rôles et toutes les fonctions (1).
Nous sommes , écrit-il aux Corinthiens , nous sommes la bonne odeur de J. G. : Christ bonus odor sumus (1I. 1. 15). Paul, dit saint Bernard , est un vase choisi; en effet, il renferme le parfum le plus pénétrant et répand la plus douce odeur : Paulus, vas elections; revera , vas aromaticum, vas odoriferum (DeS. Paulo ).
Semblables aux plantes aromatiques qui laissent échapper une odeur d'autant plus suave qu’on les froisse plus rudement, J. C., les apôtres, les martyrs, et tous les saints, ont exhalé d’antant mieux la délicieuse odeur des plus sublimes vertus , qu’ils ont été comme brisés et broyés par les tribulations et les persécutions. Or, les épreuves de saint Paul ont surpassé celles de tous les apôtres , de tous les martyrs , de tous les saints...
Paul est le plus parfait modèle de foi, d'espérance, d’amour;, de charité, d’humilité, d’obéissance, de zèle ; d’abnégation, de patience , etc...
Paul, dit saint Augustin , a été constitué le docteur des nations j le modèle des martyrs, la terreur des démons, le Juge indulgent des coupables, la source de toutes les vertus : Paulus magister factus est gentium , forma martyrum, formido dæmonum, indultor criminum, fonsque virtutum (In Serm. 1 de apost. Petro et Paulo ).
Paul, dit saint Chrysostome, est un habitant du ciel , la colonne de toutes les Eglises, un ange terrestre, un homme céleste : Paulus
(1) Sicut ferrum missum in ignem , totum ignis efficitur, sic Paulus caritate succensus, totus factus est caritas. Unde nunc per epistolas, nunc per exhortationes, nunc per preces, nunc per minas, nunc per se, nunc per suos, omni studio conabatur crigere laborantes, stantes firmare, humi jacentes attollere, sanare contritos, torpentes animare, hostes retundere; more optimi ducis, militis et medici, omnium officiorum personas et munia unus ipse subibat ( Homil, ut de Laudib, $. Pauli }.
PAUL (SAIN* }: 655 cœlr civis, Ecclesiarum columna, angelus terrestris, cœlestis homo ‘(Homil. 1: de Laud. $S. Pauli).
Lorsque chaque jour il voyait les tentations et les épreuves fondre sur lui-même comme des avalanches , Paul, dit le même Père ; se réjouissait et se conduisait comme s’il se fût trouvé au milieu du paradis : Paulus , cum videret quasi nivis cumulos, tentationes quotidiè ingruentes ; non aliler quam si in medio paradis vixisset, ita gaudebat gestiebatque (Homil. 1 in II ad Cor.). Je surabonde de joie dans toutes nos tribulations , s’écriait-il : Surabundo gaudio in omm tribulatione nostra (IL. Cor. vi. 4). Pour moi, écrit-il aux Galates, à Dieu ne plaise que je me glorifie , si ce n’est dans la croix de Notre- Seigneur J. C:, par qui le monde m’est crucifié, et par qui je suis crucifié au monde : Mihi autem absit gloriari, nisi in cruce Domini nostri Jesu Christi; per quem mihi mundus cruafixus est, et ego mundo (V1. 14). |
Chaque jour, frères, je meurs pour la gloire que j’ai en vous, dans le Christ Notre-Seigneur , écrit-il aux Corinthiens : Quotidie morior, per vestram gloriam , fratres, quam habeo in Christo Jesu (X. xv. 34). Je suis dans le travail et dans les soucis, dans les veillés nombreuses, dans la faim et la soif , dans les jeünes fréquents, dans le froid et la nudité ; et outre ces épreuves du dehors, j'ai les soins de chaque - jour, la sollicitude de toutes les Eglises. Qui est faible; sans que je sois faible ? Qui est scandalisé , sans que je brûle ? (1)
Son zèle le porte à dire aux Romains : Je désirais ardemment d’êtré moi-même par le Christ anathème pour mes frères : Opéabam ego ipse anathema esse a Christo pro fratribus mers (1x. 3).
Saint Chrysostome lisait assidüment saint Paul et développait ses enseignements, ce qui le fit appeler bouche d’or : Xpvoos otoux.
Plein de zèle, de science, de charité, saint Paul parcourt le monde entier et le convertit...
Ecoutez saint Chrysostome : Comme au lever du soleil, dit-il, les ténèbres sont mises en fuite, les animaux sauvages se cachent, les voleurs se retirent; ainsi devant l’éclatante prédication de saint Paul qui répandait la bonne nouvelle, l'erreur était mise en fuite et la vérité revenait : l'idolâtrie, l'ivresse, l’amour de la bonne chère,
(1) In labore et ærumna, in vigiliis multis, in fame et siti,in jejuniis multis, in frigore et nuditate : præter illa quæ extrinsecus sunt, instantia mea quotidiana, sollicitudo omnium Ecclesiarum. Quis infirmatur, et ego non infirmor? Quis scandalizatur, et ego non uror? (IL. Cor. xr. 27-29.)
Cinquième richesséet prérogative de saint Paul, l'efficacité et les fruits merveilleux et abondants de son apostolat.
la débauche, l’adultère et Les autres crimes dont il ne convient pas de prononcer le nom disparaissaient et s’évanouissaient comme la cire qui se fond à la chaleur du feu, et comme la paille dévorée par Les flammes d’un incendie (4).
Enchaînez, si vous le pouvez, les rayons du soleil ou le soleil luimême, dit encore l’éloquent archevêque de Constantinople; arrêtez sa course : que si vous ne le pouvez pas, vous ne pourrez pas davantage mettre des limites à l’action de Paul qui, comme le soleil, habite le ciel et répand sur la terre les rayons de sa lumière et de sa doctrine : Znjice radiis solis, aut solt ipsi vincula ; siste cursum ejus, St potes : si non potes, nec Paulum, qui quasi sol in cælo convertitur, lucis= que et doctrinæ suæ radios in terra dispergit (Homil. x).
Arrachant les épines et semant partout la parole de la piété, Paul , dit-il ailleurs, dissipe les erreurs , ramène la vérité , ettransforme les hommes en anges; je dirai plus, des hommes qui étaient de vrais démons, il fait des esprits célestes (2).
À beaucoup plus juste titre que Jules-César, saint Paul pouvait s’appliquer ces trois mots : Vent, vidi, vici : Je suis venu > jai vus j'ai vaincu. . |
Laïssons encore parler saint Jean Bouche-d’or : Paul, dit-il, cou: rait le monde entier; il se hâtait de faire de tous les hommes de fidèles sujets de Dieu, en instruisant , en promettant, en méditant, en priant, en suppliant, en effrayant, en mettant en fuite les démons corrupteurs des âmes; tantôt par ses lettres, tantôt par sa présence; ici par ses discours, là par ses actes (3).
Dans la même homélie se trouve le passage suivant :
Comme des épines auxquelles on met le feu sont peu à peu consumées , cèdent aux flammes et finissent par être dévorées ; ainsi, à la voix de Paul qui retentit et se précipite , plus puissante que l’inéendie , tout cédait; le culte des démons mis en fuite disparaissait,
(1) Sicut radiis solis orientibus, fugantur tenebræ, feræ latitant, recedunt se fures : sic prædicatione fulgente, et Evangelium disseminante Paulo, fugabatur error, veritasque remeabat : idololatria, ebrietas, comessationes, stupra, adulteria, aliaque dictu fœda defecerunt, atque consumpta sunt, instar ceræ ignis vapore pereuntis; et instar palearum, quæ subito cremantur incendio (Homil. 1v de Laudib. S. Pauli).
(2) Paulus spinas evellens, et verbum seminans ubique pietatis, fagans errores, veritatem reducens, ex hominibus angelos faciens ; quinimo ipsos homines ex dæmo: nibus in angelos provehens ( Jbid.).
(3) Universum mundum currekat; omnes in regnum Dei festinabat inducere, docendo, pollicendo, meditando, orando, supplicande, terrendo, dæmones animarum
corruptores fugando, aliquando epistolis, aliquando præsentia, nunc sermone, nunc rebus ( Zbid,),
et les mœurs nationales , et les fureurs des peuples , et les menaces des tyrans , et les embüches domestiques , et les malignes manœuvres des faux apôtres. Comme au lever du soleil tout devient visible, la terre, la mer, les montagnes, les villes, la vaste étendue des campagnes; ainsi , à l’arrivée de Paul, tout s’éclaire , etc. (1). Entouré de difficultés, Paul, dit saint Cyprien , se montre plus fort qu’elles ; prisonnier, il fut supérieur à ceux qui le-tenaient captif; gisant à terre, il fut plus grand que ceux qui étaient debout; chargé de chaînes, il fut plus ferme que ceux qui l’avaient enchainé ; jugé , il fit pâlir ses juges par sa majesté (2). Ne nous lassons pas de citer saint Chrysostome , et étudions l’admirable portrait qu’il nous trace de l’apôtre qui porte à si juste titre le nom de grand. Paul , dit-il, fut un vase d'élection , le temple de Dieu, la bouche du Christ, la lyre du Saint-Esprit , le docteur de l'univers; 1l parcourut la terre et la mer, il arracha les épines des péchés et répandit les semences de la religion. Lui qui fut plus opulent que les rois, plus puissant que les riches, plus philosophe que les philosophes eux-mêmes, et plus éloquent que les orateurs; lui qui n’avait rien, et qui possédait tout ; dont l'ombre ressuscitait les morts, dont les vêtements mettaient en fuite les maladies, qui érigea des trophées sur les flots, qui fut ravi jusqu’au troisième ciel etentra dans le paradis, qui fut l’apôtre par excellence de la divinité ‘ de J. C., il dit : Quoique je ne me reproche rien, je ne suis pas pour cela justifié (1. Cor. 1v. 4). Vivant sur la terre , il se conduisait en toutes choses comme sil eût joui de la société des anges; car encore captif dans un corps soumis à la souffrance et à la mort, il avait leur perfection ; sujet à tant de fragilités, il s’efforçait de ne se montrer inférieur en rien aux vertus célestes. Comme s’il eût eu des ailes, il parcourut le monde entier répandant partout ses enseignements ; comme s’il eût été incorporel , il brava toutes les fatigues et tous les dangers; comme s’il eût déjà possédé le bonheur céleste, il foula aux pieds toutes les choses de la terre; comme s’il eût vécu parmi
(1) Sicut igne succenso, paulatim spinæ consumantur, et cedunt , flammisque superantur ; sic eliam insonante Pauli lingua, et omni igne vehementius irruente, cedebant omnia, fugiebant dæmonum cultus, mores patrii, populorum furores, tyrannorum minæ, insidiæ domesticorum, pseudoapostolorum operationes malignæ. Sicut radiis solis orientibus, lucida efficiuntur omnia, terra, pelagus, montes, urbes , regiones : sic etiam Paulo, etc. (Homil. de Laudib. S. Pauli).
(2) Jacuit inter pœnas, pœnis suis fortior ; inclusus includentibus major; jacens stantibus celsior; vincentibus firmior vinctus; sublimior judicantibus judicatus (Epist. ad Martyr.).