LE
3 + Ps x 2 + 7 Li L tn MARIAGE. Lé
et s’attachera à sa femme, et ils seront be une seule chair :
Adam dit : Voilà maintenant l'os de mes os, et dé chair de ma chair:
Dixitque Adam : Hoc nuncevos ex ossihus meis, ef caro de carne mea + pe #. “d :
(Gen. 17. 23). C’est pourquoi l’homme quit era son père etsa mère
Quamobrem relinquet homo patrem suum.et matrem; et adhwærebif amor 3%
suc, et erunt duo in carne una (Gen. 11. 24). En vertu de cette origine , les époux, dit J.C. lui-même, ne sont pas deux, mais une
seule chair. Que l’homme donc ne sépare point ce que Dieu a uni :
… Ttaquejam non sunt duo, sed una caro. Quod ergo Deus conjunxit , homo | é
non separet (Matth. xx. 6).
Mon esprit, dit lEcclésiastique , se plait en trois choses qui sont
approuvées de Dieu et des hommes : la concorde entre les frères,
ol
l'amour entre les parents, un mari et une femme qui n’ont qu'un. cœur et qu’une âme (1). :
Les époux sont tellement unis parle consentement qui précède leur union, par le contrat et par le sacrement de mariages par une hahitation et une table communes, par le lit nuptial, etce., qu’ils ne font qu’une seule personne civile. C’est pourquoi ils sont appelés époux (conjuges ), qui veut dire unis sous un joug. S'ils vivent dans la paix, la concorde, la fidélité, ils passent une vie agréable et sainte. Si au contraire , ils ne connaissent que la discorde , ils trainent une vie pénible et diabolique. Quand deux bœufs ou deux chevaux placés sous le même joug marchent de concert, ils avancent sans peine et ont beaucoup de force ; mais s'ils ne s'accordent pas, ils souffrent tous les deux, ressentent bien plus le poids du travail, et achèvent moins facilement leur tâche. Ainsi en est-il des époux... à
Le principe et la vie de l’union conjugale , c’est l'amour ré Iproque... Pour qu'il existe une harmonie parfaite entre des époux, il faut : 1e qu'il y ait parité de religion, de foi et de piété. ; 2 accord de caractère... ; 3 égalité de condition. ; 40 attachement réciproque. ; 5° résolution de partager les joies de La vie et d’en supporter mutuellement les adversités.….; 6° la paix et la concorde au sein de la famille... Si les époux désirent jouir des biens dont nous venons de parler, qu'ils prient Dieu et qu'ils le servent. S'ils s'unissent à Dieu par la prière et par l'amour, ils seront unis entre eux; soit parce pe. choses qui sont unies à une troisième , le sont également
si EE: # | (1) In tribus placitum est spiritui meo, quæ sunt probata coram Deo et homini-
bus: concordia fratrum, et amor proximorum, et vir et mulier bene sibi consentientes (xx. 1-2).
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k : 4 . = : . é tent âne jamais parler de lui et à ne lui parler à lui-même qu’en de
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ensemble; soit par que l’amour dont nous aimons Dieu et celui dont nous aimons le prochain par rapport à Dieu, sont au fond, et
+ - & surtout entre époux , are amour. # & + De
% FOURS + : > É L'épouse doit honorer, respecter, aimer son mari, lui être fidèle, supporter ses défauts.et l’assister,
1° L’honneur et le respect qu’unefemme doit à son mari consi
termes respectueux, qui marquent l'estime qu’elle fait de sa personne; à ménager en tout sa réputation, nonobstant tous les déplaisirs secrets qu’il peut lui causer, et à garder un inviolable silence
"Sur ses défauts. Toutes les saintes femmes dont il est parlé dans
lEcriture ont observé cette règle et ont honoré leurs époux par les termes respectueux dont elles se sont servi à leur égard. Sara ne parlait à Abraham qu’en l'appelant son seigneur (Gen. xvrir. 12).
“Rebecca donnait le même titre à Isaac, parce qu’elle envisageait
inspire. Il n’y a rien de plus efficace et de plus puissant sur lPesprit
en sa personne la majesté de Dieu, et que l'honneur qu’elle lui rendait rejaillissait sur elle-même. Anne, mère du prophète Samuel,
"et Ja mère du jeune Tobie , se sont également fait remarquer par les
témoignages de respect qu’elles ont donnés à leurs maris.
2° Une femme doitavoir pour son mari un amour constant et sans partage, c’est-à-dire un amour placé sous l'égide de la chasteté con- Jjugale, un amour spirituel et saint. Elle portera son mari à la piété plus encore par ses exemples que par les paroles de douceur qu’elle
ne doit point épargner dans les occasions favorables, pour le retirer
du vice et de la débauche, s'ilale malheur de s’y abandonner. Loin de se borner à ce qui est chdfnel et sensible , l'amour d’une femme pour son mari doit avoir le salut de celui-ci pour objet principal ; il doit l’engager à lui faire en temps et lieu convenables des
remontrances salutaires, avec les ménagements que la prudence
d’un mari que la voix d’une épouse vertueuse. Mais il y a pour cela des moments qu'il faut savoir prendre , et des mesures à garder. Faire des remontrances à des maris quand leurs passions de colère et autres sont encore enflammées, ou quand ils sont pris de vin, est une imprutdlence dont les conséquences sont souven: oi gereuses et très-funestes. Il faut que l'amour rende les épouses ingénieuses à s’insinuer dans le cœur de leurs époux, avant de leur
A ce qui naggrellement ne doit pas leur plaire; et avant tout, 4 " +
io
Exposé des devoirs des époux.
10 Devoirs de l'épouse.
102 ut MARIAGE, elles doivent adresser au ciel des prières ferventes et continuelles pour obtenir leur conversion et leur changement...
3o La femme doit être soumise à son mari, comme l'Eglise est soumise à J, G., en tout ce qui est selon le Seigneur. C’est Dieu luimême qui a assujetti la femme à l’homme, en punition de sa désobéissance. Elle est donc obligée d’obéir, dès que les choses sont selon Dieu , c’est-à-dire dès qu’elles ne sont ni contre l'honneur de Dieu, ni contre la charité du prochain. Mais si un mari exigeait de son épouse quelque chose de contraire à la loi de Dieu , à la religion, à la pudeur, à la modestie, en un mot, à ses devoirs sacrés , elle ne lui doit point d’obéissance, puisqu’en lui obéissant elle désobéirait à Dieu , à J. C., à la religion , à la vertu , à sa conscience...
Pour lés choses indifférentes, où la religion n’est point intéressée, ét qui ne sont pas contraires à la droite raison, une femme doit se rendre aux volontés de son mari ; de même s’il se produit quelque diversité des sentiments, la femme doit céder et demeurer dans le silence, de peur que la chaleur de la dispute n’altère l'union, la concorde et la charité qui doivent exister entre eux. Il importe à la femme de conserver le calme et la tranquillité d'esprit nécessaires à la piété et au service de Dieu, de ne pas donner un mauvais exemple aux enfants et aux domestiques, de ne pas leur apprendre à manquer de respect ni de soumission , à contester eux-mêmes ou à répliquer quand on leur parle. Même dans les circonstances où un mari pourrait avoir tort, la femme doit user d’une grande retenue, surtout en présence des enfants ou des domestiques. Elle né doit pas relever sur-le-champ ce que le mari avance, lorsqu'il parle avec vivacité et colère, de peur de l’aigrir, et que le remède ne devienne pire que le mal; et qu'au lieu de le faire revenir, il ne s’affermisse par un esprit de contradiction dans son sentiment, et ne veuille le soutenir avec hauteur, et l'emporter par autorité, malgré les bonnes raisons qu'on pourrait lui alléguer..….
C'est parce que beaucoup de femmes n’observent pas ces règles” dictées par la prudence et la charité, qu’elles manquent au devoir essentiel que la religion leur impose , de supporter leur mari, lors même qu’elles en reçoivent sans raison de mauvais traitements. Dans ces circonstances désagréables , leur obéissance serait d’autant plus précieuse aux yeux de Dieu, que n’ayant rien d’humain, elle ne serait fondée que sur la charité chrétienne. Mais, hélas! au lieu de vaincre leurs maris par la douceur, combien n’y en a-t-il pas qui ripostent par mille paroles offensantes à un mot de durété qu’on
MARIAGE. 103 leur a dit; qui, souvent même, commencent par charger de reproches, d’invectives, d’imprécations et de malédictions un mari tout abruti par ses débauches et hors d'état de comprendre qu'il
a tort? De là les jurements, les blasphèmes, les colères, les menaces,
les brutalités, les scandales et les désordres qui , suivant l'expression “à
de saint Jérôme , font de ces ménages tristes et maudits des images anticipées de l’enfer ( Zpist.). -
4e Il n’est pas besoin de rappeler aux femmes qu’elles doivent -
garder inviolablement la fidélité qu’elles ont jurée à leurs maris au pied des autels : quiconque a la moindre idée des principes du christianisme , ou écoutera seulement la raison, ne se fera jamais
à illusion sur des désordres dont , non-seulement les païens, mais les
nations même les plus hidden) les Cafres brutaux, les Océaniens anthropophages, ont toujours eu plus d'horreur que certains prétendus chrétiens de ce siècle corrompu... 8e 5° Elles doivent supporter avec fationie. # résignation leurs maris “et les faiblesses , les infirmités, les défauts qu'ils peuvent avoir... 6° Elles doivent à leurs maris l'assistance : assistance corporelle.…,
assistance spirituelle...
LEcriture nous dit que les parents de Sara l’exhortèrent à honorer son beau-père et sa belle-mère , à aimer son époux, à bien élever sa famille, à bien gouverner sa maison, et à se montrer irrépréhensible en tout : Monentes eam honorare soceros, diligerémaritum, regere familiam, gubernare domum, et seipsam irreprehensibilem exhibere ( Tob. xX13). Qu'il serait à souhaiter que toutes les épouses, que toutes les mères de famille imitassent Sara, et accomplissent les six obligations dont nous venons de montrer la nécessité !.…
Tels sontles devoirs sacrés des épouses (paie cathol. de Genève). Quers sont les devoirs des époux? À quoi sont-ils tenus à leur tour envers tre femmes ? Oo
Ils doivent Les aimer, leur être fi dèles, les entretenir, les suppor-
ter, les assister. | “
Un mari doit aimer son épouse : rien de plus juste rien de plus légitime. Cest pour l’époux et l’épouse un devoir réciproque. Mais
cela suffit-il? non. Pour être chrétien et pour plaire à Dieu, il faut
: PR : ns LS FE ke EL que cet amour soit rapporté à Dieu commé à sa fin dernière; qu'il
90 Devoirs
de l'époux.
LA
ait sa gloire en vue, et que cet amour ait les caractères de celui des |
J. G. pour son Eglise. Sauf cela, cet amour n’est compté pour rien
devant Dieu, il.n’a rien de chrétien. Les paiens s’aïmaient de la
sorte; et n’avoir que cela, c’est n’avoir rien de plus qu’un païen. #
Pour un mari, aimer sa femme est quelque chose de bon et de légitime ; mais n’aimer que cela, c’est un crime. La raison en est que
% dans ce cas, l’amour demeure dans la créature ; comme dans sa
dernière ff n,et ne porte alors que des fruits de corruption et de mort... \ j te 57 { Afin donc qu’un mari aime son épouse chrétiennement , il doit, dit saint Paul , l’aimer de la même manière que J, C. a aimé son Eglise. Comme J. C. est devenu le chef de son Eglise par l’union qu'il a bien voulu contracter avec elle, comme il n’a eu en vue que le salut de cette épouse dont il s’est rendu le Sauveur ; de même Ja fin de l'alliance qu’un mari fait avec sa femme, doit être de se sanctifier avec elle, et de contribuer à son salut autant qu’il le
” pourra. Il l’aimera comme lui-même, et comme on ne s'aime “véritablement soi-même qu’en aimant Dieu comme son vrai
bien , il commencera par aimer Dieu parfaitement , et apprendra à son épouse à faire la même chose. Il aura pour elle toute la
complaisance qui ne sera point incompatible avec ce qu'il doit à
Dieu...
Le mari doit se souvenir qu'il est le chef de la femme , mais comme J. C. l'est de l'Eglise, toujours dans le même esprit. Le Sauveur gouverne son Eglise , comme-une épouse qu’il regarde comme sa chair et ses os, qu'il traite toujours avec charité, et pour laquelle il s’est livré à la mort; de même le mari doit ee sa femme comme une partie de lui-même, la gouverner avec une autorité mêlée de douceur , de discrétion et de charité, la corriger , s’il est nécessaire, plus par persuasion que par commandement et
guepar des airs impérieux; car le mari n’a pas droit d’en user ne - sa femme comme un maitre avec ses serviteurs. La femme n’a pas
été tirée de la tête de l’homme, comme si elle devait pe ; elle À:
n'a pas non plus été tirée de ses pieds, comme si elle devait être son |
esclave ; mais de son côté, pour indiquer qu’elle doit être sa com- * pagne À, selon la parole de Dieu, une aide semblable à Ini.Elle a été
tirée du voisinage du cœur, pour que l’homme comprenne toute la charité qu’il doit avoir pour elle. Le mari ne peut donc pas passer les bornes, ni traiter sa femme en servante , ni lui commander avec un empire despotique étavec hauteur, ni la maltraiter brutalement dans
. “le cas même où elle aurait de grands torts, ni l’obliger de s’asservir à
toutes ses volontés, à ses passions et à ses caprices. Ce ne serait point agir en chrétien , en homme qui représente dans sa famille J. C....,
de.
La -” € &
L'épouxest entré en société avec son épouse par le mariage , afin de vivre dans une parfaite communauté d'esprit, de cœur, d’intérèts, de biens temporels et spirituels, de piété, de religion et de salut. La femme est los de ses os , et la chair de sa chair. L'homme n’use point de domination ni de hauteur envers sa propre chair; il a soin au contraire , de lanourrir et de l’entretenir. Il doit avoir les mêmes égards pour son épouse...
Un mari doit communiquer ses affaires à sa femme avec fran- .
chise et de bonne amitié, et demander son aveu pour agir-de concert, Il faut pour le bien de la paix que chacun cède de ses droits...
Les autres devoirs des maris sont les mêmes que ceux des femmes ; nous en avons parlé. Ils doivent à leurs épouses une fidélité réciproque, les supporter, les assister dans leurs besoins temporels et spirituels... <
Vorcr ce que dit le grand Apôtre dans sa première épitre aux Corinthiens : Il est bon à l’homme de ne point se marier. N’êtes-vous lié à aucune femme? n’en cherchez point. Cependant, si vous prenez une femme, vons ne péchez pas ; et si une vierge sè marie, elle ne pèche pas. Ceux-là, toutefois, auront les tribulations de la chair ; maisje vous les épargne. Je vous dis donc ceci : Le temps est court; que ceux qui ont des femmes, soient comme n’en ayant pas. Je veux que vous soyez exempts de soucis : celui qui n’a point de femme a souci de ce qui est du Seigneur , comment il plaira au Seigneur. Celui qui a une femme , a souci de ce qui est du monde, comment il plaira à sa femme ; et il est divisé. Et la femme non mariée , et la vierge pense à ce qui est du Seigneur, pour être sainte de corps et d'esprit ; mais celle qui est mariée pense à ce qui est du monde 6 mment elle plaira à son mari. Celui qui marie sa fille vierge fait bien; et celui qui ne la marie pas fait mieux (vin).
Je 1006, dit encore ce grand apôtre , que tous fussent comme moi (véeussent dans le célibat) ; mais chacun a de Dieu son don
Le mariage est inférieur à la virginité, Il est sujet à
F3 dit | re propre, Pun ceci, l’autre cela. Je le dis à ceux qui ne sont pas.
mariés et aux veufs : Il leur est bon de rester ainsi , comme moimême (I. Cor. vu. 7.8). né
Le mariage, dit saint Basile, ouvre un atelier de douleurs ( C'on- …
stit. Monast., ©. 11). . $ L’Apôtre di ue tribulations de la chaïr les épreuves inhérentes
au mariage, à la paternité , à la famille. Il oppose tout cela aux
vains plaisirs dont se repait l’imagination des imprudents et des
beancoup de maux,
on
Le
.Struise un vaisseau ( Anton. in Meliss. ).
aveugles; car les soucis, les ennuis, les embarras, les peines, les
” maladies, les dangers , la responsabilité que l’on encourt dans le
mariage l’emportent comme à Pinfini, sur les jouissances que l’on y trouve... Que de souffrances , que de dangers pour l'épouse lorsqu'elle porte son enfant et lorsqu'elle le met au monde ! Que de travail pour nourrir, vêtir , élever une famille! Que de douleur si les enfants meurent !.… Que d’embarras pour les placer , s’ils vivent !…
Que de larmes ; s'ils se conduisent mal! A cause de ces peines et .
d'autres semblables, saint Augustin, suivant en cela le sentiment de saint Ambroise, ne voulut jamais conseiller le mariage à personne...
Il y à trois états dans l'Eglise, dit saint Aldhème , évêque des Saxons : la virginité, le célibat et le mariage. Si vous voulez savoir la différence qui existe entre enx , la voici : la virginité est l’or ; le célibat, l'argent ; le mariage, le fer : la virginité est la richesse; le célibat, l’aisance ; le mariage, la pauvreté: la virginité est la paix; le célibat, la liberté ; le mariage, la captivité et l'esclavage : la virginité est le soleil; le célibat, un flambeau ; le mariage, ténèbres : la virginité est une reine; le célibat, un maitre : le mariage, un serviteur ( Bibl. Patr., t. UT, — De Laud. Virg., c. 1x):
Cependant que ceux qui ne peuvent pas garder la continence, se marient, dit saint Paul; car il vaut mieux se marier ; Que de succomber à la tentation (L. Cor. vir. 9). Quand une jeune personne ne peut pas garder la continence , ou ne le veut pas ; dit saint Jérôme , il vaut mieux qu’elle épouse un homme que le démon : Adolescentula, quæ si non potest continere , vel non vult, maritum potius accipiat quam diabolum (Contra Jovin., lib. IV ).
Les noces, dit le même Père, peuplent la terre; la virginité peuple le ciel : Nupti@ terram. replent, virginitas paradisum (D Virg. ).
La femme et un navire n’ont jamais assez d'ornedtentoMt Plaute; que celui done qui veut du travail, épouse une femme, et qu’il con-
Le mariage, cet état digne d'honneur et qui a ses joies quand les époux ont la crainte de Dieu et qu’ils sont unis , est un enfer quand le contraire a lieu. Si la femme que vous épousez est capricieuse et méchante, elle vous apportera la guerre ; elle se présentera comme
. une bête féroce, sa langue est un glaive frais émoulu. C’est chose
triste, pénible et déplorable, que celle qui doit être un secours soit un adversaire. Cependant, à homme! si vous n’avez pas été pieux, si
és:
la femme vous a blessé pour l'avoir perdue vous-même, guérissez par la patience le mal qu’elle vous fait. Qu’elle vous serve de chirurgien et de médecin pour les plaies de votre âme. Avec vous, Dieu l’ém: ploie comme un fer tranchant ; et quoique le fer entré les mains du médecin ne sache pas ce qu’il fait, le médecin le sait: cela suffit. Quoique une épouse persécutrice ne sache pas cé qu'elle fait, Dieu le sait, et pourvu que vous ayez de la résignation, ellé vous sauvera. .
La femme querelleuse , disent les Proverbés , ressemble à un toit qui, par une froide journée, laisse transsuder la pluie. Essayer de Papaiser, c’est vouloir arrêter avec la main le souffle du vent : Tecta perstillantia in die frigoris et litigiosa mulier comparantur : qui relinet eam quasi qui ventum teneat (xxvir. 15. 16).
Femme mauvaise, s’écrie saint Chrysostome, mal lé pire de tous les maux. Les dragons sont difficiles à dompter, les aspics sont redoutables et funestes; la méchanceté d’une femme est plus à!craindre et plus intraitable que les bêtes féroces elles-mêmes. Une mauvaise femme ne s’adoucit jamais. Traitez-la durement, elle entre en fureur; flattez-la, elle s’exalte et s’enorgueillit. Il est plus facile de fondre le fer, que de corriger une femme vicieuse; celui qui est uni à une femme sans pudeur et sans vertu, doit comprendre qu’il a recu la peine que méritaient ses péchés. Il n’est pas de monstre qu’on puisse comparer à une mauvaise femme. Quel animal est plus féroce que le lion? aucun, sinon une mauvaise femme. Quel serpent est plus cruel que le dragon? aucun, sinon une mauvaise femme (1).
L'homme qui l’a épousée est le plus malheureux des hommes... Une seule ressource lui reste, c’est la patience ; mais cette patience lui méritera le ciel...
A propos de la femme vertueuse unie à un mari corrompu, pécheur, colère, ivrogne, libertin, on peut dire .ce que nous disions au sujet de l’homme qui a épousé une femme sans pudeur et sans
(1) Omalum quovis malo pejus , mulicrem improbam! Asperi sunt dracones, aspides maleficæ; sed mulicris asperitas acerbior quam ferorum. Improba mulier, numquam mansuefacta, si durius tractetur furit; si blandius, tollitur et elata est. Ferrum coquere quam mulierem castigare facilius. Qui habet uxorem malam , su0rum se peccatorum mercedem accepisse intelligat. Nulla in mundo bellua est, que . cum muliere improba conferatur. Quid leone inter quadrupedes ferocius ? Nihil quam mulier improba. Quid crudelius dracone inter serpentia? Nihil quam mulier improba (Homil.), à -
Combien le mariage est profané.
Châtiments réservés à eeux qui profanent le mariage.
vertu, Quel malheur est le sien d’être forcée d’habiter avec un pareil être! quel enfer ! Hélas ! qu’elle prie , qu’elle se résigne ; Dieu Jui réserve une belle et riche couronne.
Quand la femme est vicieuse, le mari est très-malheureux, et réciproquement. Qu'est-ce donc, quand l’un et l’autre des époux sont remplis de mauvaises qualités, qu'ils n’ont ni douceur, ni patience, ni religion, ni chasteté? Alors il n’y à pas de paroles capables d'exprimer les douleurs qui naissent de cette alliance satanique et maudite...
IL y a des époux, dit la Sagesse, qui ne respectent plus la vie qui naît du mariage ni les noces chastes, se tuant spirituellement et s’outrageant les uns les autres par le crime : Neque vitam , nequ nuptias mundas jam custodiunt (x1v. 24).
Parmi certains hommes tout est confondu : le sang , le meurtre, le vol , la fourberie , la corruption, infidélité, l'oubli de Dieu , l’ingratitude, la profanation des âmes, l’avortement , le désordre , les dissolutions de l’adultère et de l’impureté { Sap. xiv. 98. 26).
Où sont tous les enfants que Dieu destinait à voir le jour? Refouler dans le néant des êtres qui devaient avoir pour but la vie éternelle, quel crime ! quel jugement les coupables n’auront-ils pas à subir?
Les fils des adultères , dit la Sagesse, seront malheureux ; ét la race du lit inique sera détruite : AB éniquo thoro semen exterminabitur (rx. 16).
Onan , dit la Genèse, mettait obstacle à ce que la volonté de Dieu s’accomplit; c’est pourquoi le Seigneur le frappa de mort , parce qu’il commettait une action détestable : Idcirco percussit eum Dominus, quod rem detestabilem faceret (xxxvur. 9. 10P Ten crime pareil viole la loi naturelle et la sainteté du mariage. Il est comparé par Dieu Iui-même à l’homicide, et l'Ecriture lui donne le nom de détestable. Qu'est-ce done quand des chrétiens le commettent ?
Beaucoup de parents se plaignent des malheurs dont ils sont accablés , des maladies qui s'emparent de leurs enfants, de la mort qui les leur enlève impitoyablement. Châtiments de Dieu. Epoux criminels, ouvrez les yeux, reconnaissez que vous avez violé vos devoirs les plus sacrés , convertissez-vous, et-la justice de Dieu cessera le vous frapper... | |
MARIAGE. 109 * La chaste Sara épousa consécutivement sept hommes; mais un démon , dit la sainte Ecriture , les tuait aussitôt, parce qu'ils étaient corrompus (Tob. 1. 8). L'ange dit au fils de Tobie : I y a ici un homme qui s'appelle Raguel , qui est de vos parents et de votre tribu ; il a une fille nommée Sara ; tout son bien vous sera donné, si vous épousez cette fille. Tobie lui répondit : Jai oui dire qu’elle avait déjà épousé sept maris, et qu’ils sont tons morts jet J'ai appris qu’un démon les avait tués. Je crains donc que la même chose ne m'arrive, Alors l'ange Raphaël lui dit : Ecoutez-moi , et je vous apprendrai qui sont ceux sur qui le démon a quelque pouvoir. Ceux qui embrassent le mariage de manière à bannir Dieu de leur cœur et de leur esprit, et qui ne pensent qu'à agir comme les animaux sans intelligence, le démon a pouvoir sur eux (Tob. vr. 11-17).
Chez les Juifs, l'adultère fut d’abord condamné à être brülé ; sous Moïse, on le lapidait (Zevif, xx. 10).
Les Egyptiens appliquaient jusqu’à mille coups de verges aux adultères; et les femmes qui commettaient ce crime avaient le nez coupé, afin que leur déshonneur ne cessät d’être public (Diod. » Bibl, hist. ).
Chez les Arabes , les Parthes , et d’autres nations encore, la peiné de mort était appliquée aux adultères; ils avaient la tête tranchée (Ibid. ).
Le roi Ténédius porta une loi qui ordonnait de couper par le milieu du corps les adultères, et il condamna à ce supplice son propre fils (Maxim, Orat.).
Dans son neuvième livre des Lois, Platon édicte la peine de mort contre le fornicateur ; il permet au premier venu de tuer impunément l’adultère,
Solon permettait de tuer celui qui était pris en flagrant délit d’adultère (Plutarc.).
Jules-César, Auguste, Tibère, Domitien, Sévère, Aurélien, décrétèrent de forts châtiments contre les adultères. Aurélien faisait attacher les pieds de ces coupables à deux branches d’arbres courbées de force qu’on laissait ensuite revenir à leur état primitif, de telle sorte qu’ils étaient partagés en deux (C. Ælian., Var. hist. lib. X, c. vi).
Opélius Macrinus, successeur de Caracalla, faisait brüler vifs les adultères (Alex. ).
Les Saxons, encore païens, forçaient la femme adultère à se
pendre, et l’on exposait son complice sur un bûcher auquel on mettait le feu (S. Bonif,, Æpist.).
Mahomet lui-même ordonna os à Fadultère la peine de
cent Coups de bâton.
Les Sarmates, au témoignage d’Osorius, tuaient les femmes adul
tères, ou les vendaient comme esclaves.
ës l’éternité, j'ai été choisie et sacrée, dès le commencement, avant que la terre fût : Ab œterno ordinata sum , et ex antiqus antequam terra fieret (Prov. var. 23). L'Eglise et les saints Pères appliquent à Marie ces paroles de l’Ecriture. 1° Marie aété choisie de toute éternité; parce qu’elle est une œuvre divine, l’œuvre non d’une heure , d’un mois , d’un an, d’un siècle, mais de tous les siècles. Dieu l’a choisie de toute éternité ; il annonce cette femme admirable, par des types, des fi gures, des faits prophétiques. Ainsi, il prédit sa virginité par la virginité des anges, sa charité par l'amour des séraphins, sa sagesse par celle qui éclate dans les chérubins , sa pureté par celle du firmament ; Sa splendeur par l'éclat des étoiles, sa beauté par celle des prairies verdoyantes et des fleurs, les fruits abondants de ses sublimes vertus par ceux que portent les arbres fruitiers. Toutes les vertus de tous les saints ne sont que les ombres des vertus de l’incomparable Marie; toutes leurs perfections n'étaient qu’un faible essai, une esquisse que Dieu faisait, pour arriver à la production de Marie. Voilà pourquoi saint Bernard appelle cette Vierge bénie, la grande affaire de tous les siècles : Negotium omnium seculorum (Serm. n de Pent.); voilà pourquoi elle a été choisie et prédestinée de Dieu pour princesse ét reine du ciel et de la terre, des anges et des hommes... + 2 Marie a été choisie et prédestinée de toute éternité pour être le prètre mystique, qui offrirait à Dieu, par la rédemption , le prix du salut de tout le genre humain, J, C. son fils , en holocauste et en victime d’expiation..…., 3° Marie a été choisie comme le modèle le plus parfait, le plus beau, de toutes les pensées, dé toutes les paroles, de toutes les actions saintes.
4 Marie a été choisie pour disposer l'Eglise entière, C’est pourquoi «elle est appelée dans les Cantiques une armée rangée én bataille ? Castrorum acies ordinata (vr. 9). Elle place et ordonne l’ar-
I. Marie a été choisieel prédestinée de touté éternite par Dieu,
mée des saints, les instruisant à vaincre les démons, le monde, la
chair, les passions et tous les crimes: … | 5° Marie a été choisie et prédestinée pour avoir des liens dé parenté et de consanguinité avec la très-sainte Trinité; car elle a
enfantéd. C., Filsde Dieu le Père, De plus elle est l'épouse du Saint- Esprit. Par l’action divine de cette troisième personne dela Trinité , sans l'intervention de l’homme, et en demeurant vierge, elle a conçu et enfanté J. C. Elle est la fille du Père, l’épouse du Saint- Esprit , la mère du Fils...
6° Marie a été choisie et prédestinée pour unir l’homme à Dieu, soit en mettant au monde, J.C. Dieu et homme , Soit en réconciliant, par J. C., Dieu avec les hommes, et les hommes avec Dieu. D’où il suit que tous les siècles , toutes les générations et tous les Etats, ont désiré voir la conception immaculée et la nativité de la Vierge Marie. Comme le dit saint Jean Damascène , les siècles se disputaient la gloire de la voir paraître ( De Laud. Virg.).
0 Vierge sans tache et très-sainte, vous avez donc été choisie et prédestinée même avant la création de l’univers. L'homme écrasé par sa faute, coupable de péché, incertain de son salut , noyé dans l’affliction , et abandonné de tous, a élevé ses yeux et son espérance vers vous, afin qu'en vous et par vous le criminel trouvât sa grâce ; l’affligé, la consolation ; l’abandonné, un asile ; l'insensé, la sagesse ; le pécheur, la justification; le juste, la persévérance. Marie est la véritable ville de refuge, le port assuré des naufragés, le secours de tous ceux qui mettent leur confiance en elle. Elle est la source qui jaillit, de la plus haute montagne, source plus abondante que toutes les. fontaines des collines; parce que, pour arriver à la conception du Verbe, elle a, dit saint Grégoire, élevé ses mérites au-dessus de ceux de tous les chœurs des anges , et jusqu’au trône de la divinité : U# ad conceptionem Verbi pertingeret, meritorum verticem Super omnes angelorum choros, usque ad solium dettatis, erexit (In lib. Reg.,c. 1). Voilà pourquoi elle a été conçue dans l'esprit de Dieu, et prédestinée par lui de toute éternité, avant la naissance des montagnes et des collines. | EL:
Quand Dieu préparait les cieux , fait dire l'Eglise à Marie, j'étais présente : Quando Præparabat cœlos, aderam (Prov. vrrr. 27). La sainte Vierge était devant Dieu lorsqu'il formait les cieux et disposait les eaux du ciel ; parce que tout ce que Dieu créait de beau dans le firmament, ille destinait à fi gurer la bienheureuse Vierge Marie, qui devait être le ciel vivant , où la plénitude de la divinité devait corporellement habiter.
Celui qui avait fait autrefois le firmament, ét qui l'avait arrondi dans les airs, aujourd’hui, dit saint Jean Damascène , à fait d’une créature terrestre le ciel sur la terre : Æodie ex terrena natura cœlum
MARIE. 113 in terra condidit ille , qui olim firmamentum finxerat , atque in altum extulerat. Et ce ciel dela terre, ajoute-t-il, porte bien plus que l’autre le cachet de la divinité ; car celui-là même qui a créé le soleil et Va placé dans le firmament, s’est levé soleil de justice dans le ciel d'ici. bas : Acsane illo longe divinius est ; nam qui in illo solem effecerat , in hoc justitic sol ortus est (Orat. de Nativ. Virg.).
J'étais avec Dieu dans la création : Cum eo eram cuncta Com ponens (Prov. vin, 30). Et je me réjouissais, en jouant sur le globe de l'univers : £'£ delectabar ludens in orbe terrarum (Prov. vur, 13). Ces paroles s’appliquent encore à la très-sainte Vierge ; car la sagesse de Dieu s’est plu à nous l’annoncer en figures, dans ve, dans l'arche de Noé, dans l’arche d'alliance, dans le buisson ardent, dans la verge d’Aaron qui avait reverdi, etc...
Marie est la mère de l’éternelle Sagesse qui a pris corps en elle. Jésus-Christ est la sagesse incarnée ei descendue sur la terre : Marie est la sagesse dans laquelle J. GC. s’incarne, et de laquelle il naît. C'est pourquoi, comme J. C. est appelé par saint Paul le premier né de toute créature, Marie est aussi appelée celle qui est née la première, parce qu’elle a été prédestinée de Dieu avant toutes les créatures.
J. C. est le premier des prédestinés, ainsi que l’enseignent l’Ecriture et la théologie; Marie est aussi la première prédestinée. J, C. et son incarnation ont été arrêtés de toute éternité; de même, de toute éternité ont été arrêtées la conception et la naissance de Marie,
Je suis sortie de la bouche du Très-Haut , jessuis née avant toutes les créatures : £'g0 exore Altissimi prodivi, primogenita ante omnem creaturam (Eccli. xx1v. D ).
Ces paroles s'appliquent à Marie; car, 4° de toute éternité la bienheureuse Vierge a été prédestinée à être la première des œuvres de Dieu, c’est-à-dire de toutes les créatures... 20 Elle a été le modèle de sainteté sur lequel Dieu devait former les saints anges, les apôtres, les martyrs, les confesseurs, les vierges, les religieux et tous les fidèles. Comme Dieu a conçu et prédestiné dans son esprit la bienheureuse Vierge, il prédestine par elle et d’après elle tous les élus... 30 De toute éternité, Dieu a décerné à Marie la principauté de la grâce et de la gloire, de la sainteté et du commandement; car il l’a destinée à être la première des créatures, et à en devenir la maîtresse et la reine... 4° Dieu l’a faitecomme les prémices de ses œuvres. On avait coutume d’offriv au Seigneur les prémices des
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IT. Marie est la cause de la création et de la conservation du monde.
fruits de la terre comme le symbole de l’offrande et de la consécration qu'on lui faisait de tout le reste : ainsi, la création a offert à Dieu la bienheureuse Vierge comme les prémices de la nature humaine , symbole de l’offrande, de la purification et de la sanctification des hommes et de la nature entière. Voilà pourquoi l’abbé Rupert met dans la bouche de Marie ces admirables paroles : Avant de naïtre , j'étais présente à Dieu ; avant que je fusse , j'étais trèsconnue de lui. Il m'a choisie avant la fondation du monde, pour être en sa présence sainte et immaculée dans la charité. Si les délices de Dieu sont d’être avec les enfants des hommes, combien plus se complaira-t-il en cette servante du Seigneur qui est la merveille de tous les enfants des hommes ? ( De B. Virg.) Voilà pourquoi aussi saint Jean Damascène appelle Marie l’abime, l'atelier des miracles : Miraculorum abyssum , miraculorum officinam (Serm. 1 de Nativ. B. Virg.).
À cause de la sagesse , dit Onkélos , Dieu a créé Le ciel et la terre ; c’est-à-dire 1l a créé le ciel et la terre pour l'amour du Messie son divin Fils, à qui dans les choses divines on attribue la sagesse, et pour l’amour de l’immaculée Vierge qui est la sagesse du monde (Tharg., Gb. VIE, c. mr).
Marie est la cause de la création de la lumière , du firmament , de la mer et de tout l’univers.
La création a eu lieu et a été disposée pour la justification et la glorification des saints en J. G., par Marie; car l’ordre de la nature a été fait et institué pour l’ordre de la grâce. Or, la très-sainte Vierge étant la mère de J. C., est aussi le moyen de notre rédempton , et de tout l’ordre de la grâce; elle est, par conséquent, la cause finale de la création du monde. La fin de l'univers , c’est J. C., sa mère et les saints; ce qui signifie que le monde a été fait afin que les saints fussent comblés de grâces ici-bas, et arrivassent au ciel de la gloire par J. C. et par Marie. Ainsi, quoique J. C. et sa bienheureuse mère ne forment qu’une partie de la création et lui soient postérieurs en tant que cause matérielle, ils l’ont précédée en tant que cause finale. |
De là vient qu'il y a un rapport mutuel entre la création de l’univers et la nativité de J. C. et de la sainte Vierge. Dieu n’a pas voulu que J. G. et la sainte Vierge naquissent ailleurs que sur la terre; et pareillement il n’a pas voulu que l’univers existât sans J. C. et la bienheureuse Vierge; ou plutôt, c’est à cause d'eux qu’il l’a créé.
il a tout disposé afin que l'univers füt rapporté à J. C,, à Marie et à l’ordre de la grâce, comme à son achèvement et à sa fin. J. C. et Marie sont donc la cause finale de la création. Ils en sont aussi la cause formelle, c’est-à-dire qu’ils en sont l'idée et le modèle; car l'ordre de la grâce dans lequel J. C. et Marie tiennent la première place, est l'idée et le modèle d’après lesquels Dieu a créé et disposé l’ordre de la nature.
Le monte n’a pas été seulement créé et orné pour l'amour de Ja très-sainte Vierge ; il est encore soutenu et conservé par amour pour elle. La terre aurait disparu à cause des crimes innombrables que commettent les pécheurs , si, par sa clémence et sa bonté, la glorieuse Marie ne la préservait en priant pour nous. C'est à cause d’elle, dit saint Bernard, que le monde a été fait; c’est par elle qu'il est sauvé de sa ruine (De B. Virg.). Par votre protection, 6 Vierge trèssainte, s’écrie saint Bonaventure , le monde est conservé, ce monde que vous avez créé dès le commencement de concert avec Dieu : Dispositione tua, Virgo:sanctissima, perseverat Mundus, quem et tu cum Deo ab initio fundasti (De Laud. Virg.). C’est pour J. C. et la bienheureuse Vierge que Dieu a fait le monde et qu'il le conserve ; car Marie est beaucoup plus noble, plus grande, plus précieuse que l'univers entier; elle en fait l’honneur et la beauté...
SEIGNEUR, dit le prophète Habacue, achevez votre ouvrage au milieu de nos années. Au milieu de nos années, vous nous le ferez connaitre : au temps de votre colère, vous vous souviendrez de votre miséricorde : Domine, opus tuum in medio annorum vivifica illud ; in medio annorum nolum facies : cum iratus lueris , misericordiæ recordaberis (m1. 2). Cet ouvrage, l’œuvre par excellence de Dieu , c’est J. G. et Marie que le prophète conjure Dieu de manifester au monde. Marie est tellement le chef-d'œuvre de Dieu, que, d’après saint Augustin , Dieu a épuisé sa sagesse, sa puissance et ses richesses en elle : Plus dare nescivit, plus dare non botuit, plus dare non habuit ( De Civit. ).
Dieu n’a qu'un Fils : il ne-peut en avoir plusieurs, parce qu’il s’est épuisé en l’engendrant, lui ayant tout donné. Il en est ainsi pour Marie : elle sera éternellement la seule mère de Dieu, qui ne peut avoir deux mères. Un seul fils, une seule mère, Dieu n’a Jamais fait et ne pourra jamais faire une aussi parfaite créature : Marie n'a jamais eu et n'aura jamais rien qui l’égale. Dieu, dit saint Thomas F