‹ Les tribulations d'un employé, vaudeville en un acteChapitre 10 sur 17 · BONTEMPS, ROSALBA · texte numérisé non relu

BONTEMPS, ROSALBA

ROSALBA. Ah! c'est ici qu'il doit être l'infâme!

ROSALBA. L'infâme! ce n'est pas moi, sans doute, que vous cherchez. ..

ROSALBA. Vous... non... mon brave homme... c'est un jeune et joli garçon. .. vous voyez bien que ce n*est pas vous. ..

BONTEMPS. Alors, madame, permettez...

ROSALBA. Un instant, homme d'âge... tous n'ignorçï paa qui je cherche.

BONTEMPS. Je veux être damné si...

ROSALBA. Allons donc! ne dissimulez pas, mon vieux... ce n'est pas quand on est danseuse h la Gaîté qu'on se laisse mon-

ter de ces couleurs- là... Rosalba est trop fine, voyçz-voâs; il <îst ici, vous dis-je, le monstre qui m'a trahie...

BONTEMPS. Qui donc enfin?...

ROSALBA. Edouard.

BONTEMPS, à part. A*ons, encore une tribulatian poiiF lui.

ROSALBA. Voua ne le connaissez peut-être pas...

BONTEMPS. Je ne dis pas cela... M. Edouard est au contraire de mes amis. .. et. ..

ROSALBA, Ah! il l'avoue, le tentateur aux rares chereux gris pommelés ! oui . il est de vos amis.. . joli ami que tous faites, agent du vice... c'est pour ça que vous lancez ce jeune homme dans le libertinage, que par vos conseils vous lui faites faire le mtilheur d'une pauvre femme sensible , trop sensible, hélas! qui a tout sacrifié à sou amour... homme immoral que vous êtes? vous ne rougissez pas de votre conduite ? au point de maturité où vous êtes parvenu... quand on n'a presque plus de dents... ah! c'est indécent... c'est indigne!.., perdre un garçon si gentil... en faire votre compagnon d'orgies échevelées.., c'est comme cela que vous l'avez arraché de mes bras... antiquité ambulante!.. . individu gothique...

BONTEMPS. Ah! mais! ah! mais! ah! mais! dans quel guêpier me suis-je donc fourré!., je vous prie de croire, madame, que mon bureau me donne assez d'occupation , sans que j'aille encore me mêler de votre amour... c'est un sentiment auquel )c prétends rester étranger par principe et par économie.

ROSALBA. II ne cessera de mentir comme un vieux charlatan qu'il e*t... Ed&vard est ici, voua dis-je... j'ai vu ce matin son créancier, qui m'a donné cette adresse.

BOSraPBMPS. Je vous assure qu'il n'y a personne dé caché ici.,, voyez vous-mêiïie.

ROSALBA, allant au cabinet. J'use de la licence. (Après avoir regardé.) Il n'y est pas .. mais où donc esl-il, Ite .«scélérat.. . que je lui arrache les yeusi, que je It dévisage... il faut absolument que je passe mon onvie sur quclqu'wB*^. laii}«Bz-mor vous àë* visagor, vieillardi... jo' ^

BOKTEMPS. Ah! bien par exemple...

BOSAI.BA. Eh bien, alors, vouftallfimocondaire vers lui...

BONTEMPS. Où vouIez-TOus que je voua conduise...

ROSALBA. Où il e.st... je ne vous quitte pas... je m'incruste à TOUS... vous allez me conduire... je le veux... obéissez, ou je TOUS fais^ une scène.

BONTEMPS. Une scène.... il ne manquerait plus que cela... apprenez que jamais il n'y a eu de scènes ici...

ROSALBA. Eh bien... ce sera la première... voulez-vous l'éviter... en ce cas... venez... vous jouirez de mon bras.

BONTEMPS, à part. Son bras!... grand merci de la faveur... et ina réputation! voyez-vous Un employé de l'instruction publique, division dès Cultes, rencontré bras dessus bras dessous avec... ah! si mon ministre le savait!

B0SAL6A. Venez donc, ou je commence la danse...

BONTEHPS. Non, non, non, mille fois non, je ne vénx pas me compromettre.

ROSALBA. Vous compromettre... insolent... c'est bon, je vais sur le carré vous traiter comme vous le méritez.

BONTEMPS. Ah I mon Dieu! de l'éclat... du bruit... c'était bien la peine de ne pas me marier. , .

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