‹ Les tribunaux comiquesChapitre 35 sur 73 · QUI DES DEUX EST LE GENDARME · texte numérisé non relu

QUI DES DEUX EST LE GENDARME

Une femme et un gendarme sont devant le tribunal de police correctionnelle. Heureusement, l’une a les habits de son sexe et l’autre Tuniforme de son corps, sans cela on serait assez embarrassé de dire qui des deux est le gendarme, même en les voyant lutter ensemble, s’il faut en croire l’agent de la force publique aux buffleteries jaunes.

La femme est prévenue de vagabondage et de rébellion ; la rébellion, le gendarme la fera con-

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naître ; quaftf fu vagabondage, il est établi par l’ab sénce de ressources et de domicile de la prévenue.

M. Lë tàÉStbmrr. — Vous aurez à dire qui vous êtes ef ce éjtie vous êtes, car, eh fait de papiers, on n’a saisi Stff vous qu’ohe pièce Singulière quand elle est trouvée en poSsesSithi femme; cette

pièce, c’est üh certifiés# de lifiêrafiôft élu service militaire. (Rites brtiÿdüià dans l'auditoire.) Vous vous expliquerez tortff k i’feêure.

Le QENbxMMè. — J’ai Üffêté fur la route cette femme,- qui èik'ii th trairi élë fétifêf ddtiè la boue et d’assomméf à ëoups de poing un individu qui, cependant, était d’une taille assez robtiSfê; il se débattait, se débattait comme il pouvait; mais elle était à genoux sur les jambes de l’individu, et les lui maintenait : d’une main elle le tenait à la gorge, et de l’autre elle lui crevait le nez à coups de poing. Il criait : « Au secours ! à l’assassin ! »

J’ai accouru à son aide, et j’ai eu toutes les peines du monde à le débarrasser de la prévenue. J’étais parvenu à la relever, et je la tirais de toutes mes forces par un bras, mais elle avait rattrapé l’individu par les cheveux, et elle l’entraînait avec elle. Il a fini par lui faire lâcher prise, ou plutôt il s’eSS, trouvé dégagé, parce que la poignée de cheveux s’est arrachée, et est restée dans la main de cette furie. (Rires.) Ah ! elle en a une poigne, celle-là ! et elle tire même la savate, car elle m’a passé la

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jambe et m’a fait tomber. L’individu et moi, nous avons couru après elle et vous n’avez pas idée de la lutte qu’il nous a fallu soutenir pour nous rendre maîtres de sa personne; moi, elle m’a menacé de me faire avaler mon sabre. ( Rires bruyants dans l’auditoire,) Finalement que nous sommes parvenus à l’attacher et à l’emporter; c’est au point qu’ayant trouvé sur elle un certificat de libération du service militaire, nous avons cru que c’était un cuirassier habillé en femme. ( Nouveaux rires.) Seulement, comme elle n’a pas de barbe et qu’on voit bien, en la regardant, que c’est une femme, nous avons dit simplement : Avec des femmes comme ça, on ferait une rude conscription. Voilà la chose authentique et verbalisée comme j’ai eu l’honneur de la rédiger.

M. le président (à la prévenue). — Pourquoi frappiez- vous un homme sur la route?

La prévenue. — Monsieur, parce qu’il m’a accostée en disant que j’étais la plus rude femme qu’il ait jamais vue et qu’il a voulu me faire des entreprises incongrues; alors je lui ai posé une gifle ; sur quoi il a voulu se rebiffer, et je me suis défendue comme j’ai pu et, sans le gendarme, je succombais comme deux et deux font quatre.

M. le président. — Ce n’est pas ce que dit le gendarme, puisqu’il déclare qu’il a eu beaucoup de peine à retirer cet homme de vos mains.

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