I 5 2 QUI DES DEUX EST LE GENDARME
La prévenue. — J’étais si en colère que ça me donnait des forces : un homme que je ne connais pas et que sans me faire la moindre déclaration, ni me dire qu’il m’aime, il s’en vient m’appréhender d’un attentat malhonnête.
M. le président. — Nous allons l’entendre.
Le don Juan de grande route est appelé à la barre; il prétend qu’il avait un petit coup de vin et reconnaît qu’il a, en effet, plaisanté un peu avec la prévenue; mais, dit-il, si j’avais su avoir affaire à une gaillarde comme ça, je ne m’y serais pas frotté.
M. le président (à la prévenue). — Maintenant, dites-nous donc ce que c’est que ce certificat de libération du service militaire trouvé en votre possession ?
La prévenue. — Monsieur, je vas vous dire : je l’ai trouvé; alors il m’est venu une idée. Etant pas mal forte...
M. le président. — En effet, le gendarme et cet individu en savent quelque chose.
La prévenue. — Je m’ai imaginé de travailler comme homme pour gagner davantage; si bien que j’ai trouvé de l’ouvrage comme ancien militaire. (Rires bruyants.) J’ai été garçon de ferme, maçon, charretier, carrier; finalement qu’un jour, voilà un de mes patrons qui me dit : Ecoute, t’es un rude gars, un cheval au travail, tu ne te dé-