‹ Les tribunaux comiquesChapitre 51 sur 73 · CONCURRENCE AUX BOUILLONS DUVAL · texte numérisé non relu

CONCURRENCE AUX BOUILLONS DUVAL

Voyez à quel degré de prospérité pourraient arriver, par un travail honnête, des gens qui ont l’imagination de Taboureau, Cérisier et Chotal, fondateurs d’un commerce de bouillons gras et maigres, qu’ils livraient à des prix défiant toute concurrence : 10 centimes au lieu de 3 o.

Serait-ce que leurs bouillons étaient mauvais?

2 5o concurrence aux bouillons duval.

Loin de là : ils étaient supérieurs à ceux des meib leurs restaurants ; voici le secret

Taboureau et Cérisier partaient ensemble, ayant chacun un grand seau de zinc à la main. Taboureau tenait, en outre, un objet soigneusement caché sous ses vêtements; nous saurons tout à l’heure ce qu’était cet objet.

Muni d’une liste de noms relevés dans le Bottin, Taboureau entrait dans une maison, jetait un de ces noms au concierge qui lui indiquait l’étage du locataire et montait par l’escalier de service sur lequel donnent les cuisines, dont la porte est, la plupart du temps, ouverte.

Si la cuisinière était absente, il découvrait la marmite, tirait de dessous son vêtement un de ces tubes en étain destinés à des bouillons d’une autre espèce et qui s’administrent dans une direction opposée; il le plongeait dans la marmite, l’emplissait par aspiration, le replaçait sous son vêtement et allait le vider dans un des seaux laissés à la ( garde de Cérisier et destinés à recevoir, l’unie bouillon gras, l’autre le bouillon maigre.

Si Taboureau trouvait la cuisinière, il demandait à parler à la maîtresse, et pendant le peud’instanis qu’on le laissait seul, notre homme, n’ayant d’yeux fixés sur lui que ceux du bouillon, exécutait sa petite manœuvre.

Si la porte était fermée, il frappait, demandait à

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