LA CASQUETTE AFFRANCHIE. 3 II
« Rends-moi ma casquette, mon fils attend après ! » Bref, un de mes collègues, étant venu à passer, m’a prêté main-forte, et nous sommes parvenus à traîner cet homme au poste, non sans avoir reçu des coups de pied et des injures.
M. le président. — Pinson, qu’avez-vous à dire? Vous étiez en train de commettre l’acte d’un insensé, en voulant jeter dans une boîte aux lettres un paquet qui n’y pouvait pas entrer, et qui n'y devait pas être déposé; un sergent de ville vous éclaire à ce sujet, et vous l’outragez, vous le frappez même.
Pinson. — Je vais vous dire: je crois que pour la chose de la casquette que j’envoyais à mon garçon, M. le sergent de ville se trompait, vu qu’on m’avait bien dit (et quelqu’un qui le sait, puisque c'est un garçon de magasin de mes amis) qu’on peut envoyer par la poste n’importe quoi comme échantillon, même que ça ne coûte que deux sous. Pour lors, j’ai écrit l’adresse de mon garçon sur la visière; j’ai mis au-dessus: « Echantillon de casquettes; » j’y ai collé un timbre de deux sous.
M. le président. — De pareils envois se déposent au bureau et ne se jettent pas dans la boîte ; mais ce n’est pas pour cela que vous êtes traduit devant le tribunal...
Pinson. — Ah! pour m’être rebiffé? Je ne nie pas, mais je vous prie de m’excuser, vu la circons-