LES GUEULETONS D'UNE DÉBITRICE
Qu’un créancier ne reçoive pas son dû et se retire pacifiqu.ment devant les habdes paroles de son débiteur, rien de plus naturel; mais qu’au lieu de son argent il reçoive des injures et des coups, c’est ce que M. Dimanche lui-méme n’aurait pas toléré.
Madame Gousselon, portière, commence, il est vrai, par donner des explications et ne recourt aux
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moyens violents qu’à la dernière extrémité; mais enfin, les extrémités arrivant, la mauvaise débitrice gâte tout à fait ses affaires.
Madame Gousselon est, paraît-il, criblée de dettes criardes. Aux fournisseurs qui viennent chaque jour la relancer, elle répond que la misère est grande, que les locataires sont tous des pingres qui se chauffent au gaz pour ne pas donner la bûche au portier, qui se refusent à payer l’amende quand ils rentrent après minuit, et qui lésinent de plus en plus sur les étrcnnes.
A sa blanchisseuse aussi, elle donne ces raisons; mais comme elle lui donne aussi son linge, la iblanchisseusc voit sur les serviettes des traces qu trahissent des habitudes de ripaille.
Or. au reproche par elle adressé à madame Gousselon, relativement à ces habitudes, la concierge a répondu comme les généraux de la garde, qui aiment mieux mourir que de se rendre. De là une avanie des voies de lait et un procès correctionnel dans lequel madame Gousselon est prévenue.
<t C’est tout de même un peu drôle, dit-elle à la plaignante, qu’à présent on vienne fourrer le nez dans la subsistance du monde. D’ailleurs, m’en avez-vous vu manger de l’oie? »
La plaignante. — Avec ça que vous venez me hercher ces jours-là! Monsieur le juge, je viens me plaindre de la brutalité de madame, que,