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on voyant qu'il n'était plus temps d'accepter 1ns offres spiendides que le faux cariliual lui avait faites sous forme de parabole.

S'il faut eu croire les mémoires de Saavedra, écrits par lui-même, on saisit, en s'emparant de sa personne, trois trésors : l'un de vingt mille ducats , qui élaienl le produit des pénitences des condamnés , destiné au sainl-oftice ^

ï^e second, de cent cinquante mille ducats qu'il avait eu, disaitql, l'intention d'appliquer aux besoins de l'Eglise et à d'autres bonnesœuvres : c'était là une excellente pensée , mais Ninon aurait dit, si elle eût été née :

— Oh ! le bon billet qu'a l'Eglise!

Le troisième trésor, de quatre-vingt mille ducats, qui lui apparte^ naieut en propre.

Saavedra fut conduit à Madrid, par ordre du gouverneur général du royaume, et enfermé dans une prison. Les alcades de la cour s'y transportèrent et reçurent les déclarations dont ils avaient besoin pour suivre son procès.

Il n'y avait pas encore à Madrid de tribunal de l'inquisition, comme dans les autres provinces d'Espagne, et la capitale du royaume était soumise, pour les affaires de ce genre, à la juridiction de celui de Tolède.

Toutefois, avant d'aller plus loin dans cette affaire, on songea au talent, au génie même dont Saavedra avait fait preuve pendant tout le cours de sa vie, et on voulut le ménager.

Saavedra déclare qu'on le condamna à servir dans les galères du roi pendant l'espace de dix années; qu'après une détention de deux ans, les alcades de Madrid prononcèrent sa sentence définitive, dont une des principales dispositions fut, qu'après avoir subi son jugement inquisitorial, il ne pourrait être mis en liberté, ni quitter les galères du roi, sous peine de mort, sans une permission expresse de Sa Majesté ; qu'il sortit des prisons de Madrid en 1 544, pour être

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conduit à sa destination; qu'en 1544, quoique le terme do sa peine fùl expiré, il ne put obtenir sa liberté.

Alors, persuadé que son affaire dépendait bien plus de l'inquisition que des alcades de la cour, il chercha à intéresser le pape à son sort : il dit qu'il avait fait une foule de choses très-utiles à la relij?ior et à l'Étal, dans l'exercice de sa fausse légation-, Paul IV lui fit remettre un bref favorable, lequel était adressé à l'inquisiteur général, Ferdinand Valdès, que Sa Sainteté chargeait d'obtenir la liberté de Saavedra.

Ce bref fut, en effet, communiqué au roi, Philippe II, et ce prince donna enfin l'ordre de mettre Saavedra en liberté, pour qu'il eût à se rendre en personne, directement et sans délai, à la cour.

Saavedra y arriva en 1562, après avoir subi dix-neuf années de galères.

Il fut présenté au roi, qui voulut entendre, de sa propre bouche, le récit de son histoire, et l'avoir par écrit; pendant que Saavedra entretenait le roi, Antoine Perez écrivait tous les détails des événe raents singuliers de sa vie, dont vingt années de fer n'avaient pu encore faire perdre le souvenir. — Enfin, en 1 567, Saavedra écrivit luimême ses aventures, pour l'inquisiteur général, don Diègue Espinosa. Telle est l'histoire de ce personnage singulier, qui a occupé l'Espagne et le Portugal pendant près d'un demi-siècle. La circonstance historique la plus étrange est assurément celle-ci : Bien que Saavedra n'eût reçu du pape aucun pouvoir régulier, cependant les Tribunaux qu'il fonda pendant Texercice de sa fausse légation furent maintenus par les successeurs officiels qui lui furent donnés, ot l'inquisition lui dut, par le fait, son élablis5ement dans un grand nombre de provinces.

Quelques écrivains prétendent que cet imposteur, véritablemeni hors ligne, était cousin du père de Michel Cervantes de Saavedra, l'immortel auteur de Don Quichotte,

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