C. Méthode de sélection par le milieu
Enfin il est une méthode infiniment pratique et d’une sûreté parfaite qui rend inutiles les séparations. Si, en outre de toute expérience et de toute recherche spéciale sur les milieux de culture, on prend soin de conserver les échantillons trichophytiques d’une collection sur une gélose contenant au moins 10 grammes de maltose pour 100, et au plus 40 centigrammes de matières albuminoïdes, azotées; si, pour conserver cette collection, on repique chaque mois ces cultures-échantillons sur ce même milieu, bien que ces cultures contieunent toutes des commensaux du trichophyton , jamais l’apparition de ces commensaux n’altérera la pureté apparente de ces cultures qui resteront intégralement trichophytiques.
Bien plus, en prenant, toujours et pour tout essai, la semence dans ces tubes échantillons, on pourra obtenir, même sur des milieux très azotés, la culture pure du trichophyton pendant une génération.
Ces propositions ne sont formulées que d’après les résultats de la pratique, et après avoir maintes fois vérifié l’absolue identité de ces cultures seulement purifiées, et des cultures effectivement pures obtenues par la méthode de Krâl.
L’importance de ces faits est grande en ce qu’ils permettront à quiconque de répéter n’importe quelle étude différentielle des trichophytons sans avoir même à aborder ce problème d’une si grande difficulté technique, les séparationscryptogamiques.
Et par le seul maintien permanent des cultures-mères en milieux très sucrés, peu azotés, on pourra, — en délaissant 1 etude des associations cryptogamiques, — étudier en toute perfection et avec tout loisir la question de la pluralité des trichophytons.
ANALYSE EXPÉRIMENTALE
| Y. — Recherche des milieux de culture propres a la différenciation DES ESPÈCES TRICHOPHYTIQUES A GROSSE SPORE.
Le premier problème que pose l’étude des trichophyties à grosse spore : le problème des associations cryplogamiques, étant résolu, étant du moins assez éclairé pour montrer la technique spéciale d’expérimentation qu’il nécessite, on peut aborder le second problème posé, celui de la pluralité des trichophytons.
Toutes les expériences qui précèdent établissent combien est absolue la fixité des caractères objectifs de toute culture cryptogamique en général, sur un milieu de culture de composition chimique fixe. On est en droit par conséquent de chercher à différencier les espèces de trichophyton (à grosse spore) par les caractères objectifs de leur culture sur un milieu de composition chimique connue et constante. Il nous faut pour cela :
1° Créer un milieu artificiel de culture, de composition simple et définie, approprié aux échanges chimiques des trichophytons, assez pour permettre leur développement intégral;
2° Ce milieu une fois constitué, vérifier par des réensemencements sériés la constance des caractères propres de chaque espèce, la fixité des espèces différenciées.
Tel sera l’objet de ce qui va suivre :
On ne peut espérer arriver, par des recherches seulement empiriques, à la composition d’un milieu de culture propice à une espèce cryptogamique. Essayer à l’aveugle tous les mélanges artificiels, toutes les infusions végétales et autres; plusieurs l’ont fait, même pour la culture du trichophyton (Verujski 1 , Djelaleddin % Bonnafy 3 ), d'autres pour la culture du favus (Sabrazès 4 , etc.). Leurs essais ne me semblent point satisfaisants. Il faut avant tout un milieu de composition chimique connue et constante , et ce sont deux qualités que les infusions végétales excluent l’une et l’autre.
1. Yerüjskt, Recherches sur la morphologie et la biologie du Trichophyton tonsurans et de l’Achorion Schonleïnii. [Annales de l'Institut Pasteur, août 1887.)