MORPHOLOGIE COMPARÉE DU TRICHOPHY¬ TON (A GROSSE SPORE
1° Régularité de forme de la cellule mycélienne.
2° L’enveloppe cellulosique des cellules n’est figurée que par un vide.
| 2“ Le double contour de l’enve-
1 loppe cellulaire est évident.
3° Les cellules mycéliennes sont juxtaposées de façon à constituer des filaments.
4° Les filaments sont flexueux et ondulés.
j 4° Les filaments sont rectilignes.
5° Leur division s’opère par tri .et tétratomie.
1 5° Leur division se fait par dicho-
1 tomie.
Laissons maintenant de côté la morphologie comparée de oes deux parasites pour examiner quel est leur mode de répartition dans le cheveu : leur habitat. Un premier fait est frappant.
Tandis qu’il sera impossible de trouver un cheveu favique dans lequel les filaments soient assez nombreux pour masquer le tissu propre du cheveu, dans une trichophytie (à grosse spore), il sera très difficile de trouver un seul cheveu qui ne soit pas absolument rempli par les filaments mycéliens tous juxtaposés.
Ce fait, gros de conséquences, car il permet pour le favus l’épilation du cheveu sans fracture et rend compte au contraire de la fracturé constante du cheveu trichophytique, a été parfaitement mis en lumière par le premier observateur, en ce qui concerne le trichophyton à grosse spore.
« Les cheveux, dit-il, sont encore couverts de leurs écailles épidermiques (voy. fig. 84) lorsque leur intérieur est déjà plein de sporules...
« La quantité de sporules est tellement augmentée qu’elle remplit complètement l’intérieur du cheveu dont le tissu normal n est presque plus reconnaissable» (Gruby). Rien n’est plus vrai.
Cette grande caractéristique différentielle du favus et du trichophyton à grosse spore vient s’ajouter à toutes celles que nous venons d’énumérer ; une seconde, également très probante,
nous est fournie comme un corollaire de celle qui précède. Au contraire du cheveu trichophytique, le cheveu favique ne se fracture pas d’ordinaire spontanément et dans un centimètre ou deux, à sa base, il paraît à l’œil nu décolore, mat et jaunâtre. Cette apparence spéciale provient un peu des alterations cuticulaires, mais surtout de ce fait que dans toute sa portion decoloree, le cheveu est creusé de canaux contenant des filaments mycéliens.
Certains de ces canaux sont déshabités, le mycélium y est mort, il est remplacé par de l’air ; certains autres gardent leur mycélium encore vivant et il est facile de suivre les filaments mycéliens sur une longueur qui dépasse celle de plusieurs cheveux trichophytiques placés bout à bout.
On voit ainsi combien est contraire à la réalité des faits le texte de M. le professeur Kaposi, quand il affirme que le trichophyton s’élève « incontestablement plus haut » que Yachorion dans la tige du cheveu malade.
C’est précisément le contraire qui est vrai.
Rien n’est plus facile que de trouver un cheveu favique sur plus d’un centimètre de longueur. Et le cheveu trichophytique se casse au-dessous de cette dimension !
Par conséquent, en ce qui concerne l’abondance du parasite, sa répartition suivant les deux axes du cheveu en largeur et en hauteur, le trichophyton à grosse spore et le favus différent encore complètement. 11 ne reste plus qu’un point commun entre le trichophyton endothrix et Yachorion , c’est qu’ils sont l’un comme l’autre contenus dans le cheveu, non hors de lui.
Ceci est vrai pour la portion aérienne du cheveu, mais non plus pour sa portion radiculaire.
Le trichophyton endothrix, nous l’avons dit, habite exclusivement le cheveu, et même dans sa portion radiculaire, il y est encore exclusivement contenu. C’est à peine si l’on peut trouver un ou deux rameaux mycéliens de quelques spores chacun,hors du cheveu, dans les deux couches emboîtées de Huxley et de Henle.
Le trichophyton ectothrix, au contraire, habite le follicule il y est contenu, il érode un peu la cuticule du poil et sa couche externe, mais il habite surtout hors de lui et revêt la portion radiculaire du poil d’un fourreau régulier de spores. Ces spores sont agminées en files régulières, toutes rectilignes, toutes ver-
ANALYSE EXPÉRIMENTALE
ticales, toutes parallèles entre elles, et parallèles au cheveu qu’elles emboîtent. Quelle que soit donc la disposition des trichophytons par rapport au cheveu, elle est simple et, si l’on veut, systématisée au cheveu lui-même.
Ou bien les fdes rectilignes de spores sont contenues dans le cheveu, remplissant le contenu de sa cuticule, ou bien ces mêmes fdes de spores emboîtent la racine du poil, en lui adhérant comme à un arbre son écorce.
Quant à la disposition du parasite du favus dans la racine du cheveu, elle est bien plus complexe et surtout moins soumise à la forme même du cheveu.
Bans la racine du cheveu favique, Yachorion garde ses filaments serpentins irréguliers de forme et de direction, toujours assez peu nombreux pour ne pas masquer la substance propre du cheveu.
Hors du cheveu, les filaments montent en divergeant autour de la racine, pénètrent non seulement les couches de Huxley et de Henle, mais le revêtement du follicule, et parviennent jusqu’au niveau du corps muqueux de Malpighi de l’épiderme avoisinant. A ce niveau, les filaments se tassent, se multiplient à l’infini, divergent comme les poils d’un pinceau et vont former au-dessous de la couche cornée de l’épiderme circumpilaire, cette surproduction qui est le godet. Cette surproduction de couleur jaunesoufre, visible à l’œil nu comme une bague autour du cheveu, à l’orifice pilaire, grandit progressivement, soulève la couche cornée qui s’exfolie et peut atteindre des dimensions considérables, tout en gardant sur ses bords une lame de la couche cornée épidermique, qui le sertit à son pourtour comme un verre de montre.
Sur une coupe microscopique, le poil apparaît donc au niveau de son point d’émergence entouré de bouquets de mycéliums divergeant comme les branches d’un éventail. Ces filaments ne gardent plus entre leurs cellules que l’espace clair, indice de leur enveloppe invisible.
Ainsi la disposition microscopique de Yachorion dans le follicule, non seulement est bien plus complexe que celle des trichophytons , mais elle est beaucoup moins systématisée.
Dans le favus, il y a un développement cryptogamique circumpilaire et aussi un développement intra-épidermique spécial qui est le godet.
LES TRICHOPIIYTIES HUMAINES
Quand les tricliop1 1 y ties pilaires se doublentsemblablemement d’un processus épidermique (tricbopbytie cutanée), on voit des fdaments isolés glisser entre les lames épidermiques; jamais ces fdaments ne s’adossent à eux-mêmes, dans l’épiderme, pour produire une surproduction quelconque.
Tous ces faits peuvent être résumés et mis en évidence dans le tableau suivant :
Tableau comparé du mode de végétation et de l’habitat du favus et des trichophytons à grosse spore dans le cheveu et autour de lui.
FAVUS TRICHOPHYTON ECTOTHRIX TRICHOPHYTOX ENDOTHRIX
Habitat dans le follicule.
I. Les filaments mycéliens existent dans le cheveu, ils sonttoujours clairsemés de direction flexueuse.
Les filaments mycéliens n’existent dans le cheveu qu’au voisinage de sa cuticule, et n’envahissent pas le cheveu jusqu’à son centre.
Les filaments mycéliens sont exclusivement cantonnés dans le cheveu elle remplissent complètement de leurs files de spores parallèles.
II. Hors du. cheveu, à sa racine, ces filaments mycéliens existent dans les éléments du folliculesans prendre de direction régulière, jusqu’à la hauteur du corps muqueux. A la hauteur du corps muqueux, les filaments se multiplient et se tassent, deviennent rectilignes et divergent en bouquet, autour del’orifice pilaire constituant ainsi le godet.
Dans toute la hauteur de la portion radiculaire du poil, le poil est revêtu (comme un arbre par son écorce) par des files de spores mycéliennes ; ces filaments sont tous verticaux, tous parallèles et adhérent au poil.
Dans toute la hauteur du follicule pilaire, on trouve à peine hors du cheveu un ou deux filaments composés chacun de quelques spores.
Le parasite est contenu dans le poil tout entier.
Habitat au-dessus du follicule.
III. Au-dessus du follicule, les filaments mycéliens sont exclusivementcontenus dans le cheveu. Ils sont flexueux, serpentins, toujours assezpeunombreux.
Au-dessus du follicule, les filaments mycéliens se prolongent quelquefois sur le poil, comme une plante grimpante sur un tuteur, mais sans l’entamer.
Au-dessus du follicule comme dans la racine le parasite est constitué par des files mycéliennes rectilignes, parallèles, remplissant la totalité du cheveu sans déborder sa cuticule.
ANALYSE EXPÉRIMENTALE
i IL — L’étude des mycoses externes exige une collection de