IX. — Les mycoses internés expérimentales
Enfin, en ce qui concerne les mycoses internes expérimentales, je ne nie point l’intérêt qu’elles peuvent avoir, mais je ne puis apporter aucun document. La pneumonie trichophytique que M. Sabrazès annonce avoir obtenue avec le trichophyton par l’inoculation intra-veineuse du lapin est un fait intéressant. Cependant il faut se défier de ces résultats. Rien n’est facile à obtenir comme l’hépatite infectieuse aspergillaire du pigeon et du lapin, rien n’est plus difficile que de trouver une tuberculose humaine aspergillaire pure, ainsi que les remarquables travaux de mon collègue et ami Rénon l’ont établi.
Il paraît probable que nombre de champignons introduits par la voie circulatoire dans l’économie animale sont capables de se développer en parasites organiques, alors que les mêmes champignons ne se rencontrent jamais spontanément comme parasites actifs de l’animal.
Il faut être prudent en ces matières, sinon en ce qui concerne l’existence d’un fait expérimental dont la preuve est facile, du moins en ce qui concerne ses conséquences générales.
C’est du reste une simple réserve que j’exprime et non pas un jugement, puisque la question m’est étrangère.
Il y a du muguet et il paraît y avoir du favus intestinal, le trichophyton pourrait être exceptionnellement autre chose qu’un parasite du feuillet tégumentaire animal ‘.
Je ne puis rien ajouter à ces quelques mots. Je n’ai jamais fait d’inoculations intra-veineuses de trichophyton et d’avance je les considère comme difficiles. Car au contraire des aspergillus dont la poussière sporifère se prête à ces expériences, les trichophytons dont les spores sont, dans la plupart des espèces, peu déhiscentes, ne s’y prêtent aucunement. On aura donc à tenir compte, dans le résultat, des embolies mécaniques que le matière d’inoculation peut créer.
1. Dans les deux épidémies équines que j’ai pu suivre (Orléans, 1892, — Clichy- Levallois, 1893), l’un des chevaux, dans les deux cas, le plus atteint, est mort presque subitement avec des symptômes d’entérite grave. Mais l’autopsie faite en mon absence n’a rien révélé Je note seulement la coïncidence sans conclure.