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celte chute de saillie qui fait l'eflet d'un pavé sur le ridicule qu'il écrase. L'homme qui reçoit ce pavé sur la tête, laïque ou prêtre, ne s'en relèvera pas. Il est tué raide sous la plaisanterie meurtrière.
A nous, par conséquent, Gaulois de la bonne souche, l'épithète martialieune, le trait qui fait dégaprer le ridicule, l'image énamourée qui bondit comme un joyeux fantoche, la forme caricaturale qui suspend à ses crocs, bourgeois gentilhomme, magistrat. A nous cette puissante incarnation du génie démoniaque, lançant son ricanement sur toute chose, jetant les préjugés sur le billot, pour conduire au véritable stathoudérat, celui de l'esprit. A nous enfin ce vieux sentiment révolutionnaire qui s'attaque aux choses établies, poussé par je ne sais quel instinct de redressement, de perfection, depuis Rabelais jusqu'à Bayle et Voltaire. Si jamais on tentait de remonter jusqu'aux sources de la liberté de la presse, ce serait en prenant place dans ce chariot conardique, d'où pleuvaient sur la foide les pasquilz et autres écrits satiriques dans lesquels aucun personnage n'était épargné, membre du parlement ou marchand ; les rois mêmes, témoin Henri VIII d'Angleterre, furent cités au tribunal sans merci érigé pendant la fête des Fous. Sous le masque emprunté par l'acteur qui les représentait, on a reconnu tour à tour Charles-Quint, les Guises et le pape Paul III. Or, qu'était-ce déjà que toutes
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ces montres, sinon la liberté de la presse en action ?
En 1510, à l'occasion de la demande faite par les Gonards au parlement de Rouen, la cour, moins favorable à la confrérie que les années précédentes , refusa d'autoriser la grande mascarade nocturne. Désappointemont très- vif parmi les intéressés, qui ne voulaient rien moins qu'établir la procession annuelle à Fécamp, ou à Saint-Gervais, paroisse tout à fait indépendante de la juridiction épiscopale de Rouen, et ne relevant que de l'abbaye de Fécamp.
Au milieu de l'effervescence générale, l'huissier Sirculde « bel esprit et bon couard », eut l'idée d'adresser un dizain au parlement, qui établit un soudain revirement en faveur de la société. Sur cette nouvelle requête, la cour, mise en gaieté, rendit cet arrêt en vers, le 21 février 1540 :
Permis vous est, souffert et toléré, Gros Père abbé, vos barons et marquis, Aller masqué, triomphant, phaléré.
Les jours et nuicts en triomphes exquis.
Telles sont les origines des fameuses exhibitions dont le récit fait sous la rubrique : Les Triomphes de ï abbaye des Couards, constitue la substance du livre, édité plus tard, en 1587, chez Nicolas Dugord. Ajoutons cependant que le libraire fut poursuivi pour avoir imprimé la description de ces montres, et les pamphlets, dizains, ballades^ rimes en l'honneur de dame Gonardie.
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C'est qu'en effet ces montres, ou ces cortèges, accomplis à diverses époques, furent de terribles allusions. On eût dit que, comme Asmodé, le génie railleur de la société couarde décoiffait toutes les maisons pour en surprendre les secrets. Ce qui s'était fait dans le silence de l'alcôve, ce qu'on n'avait raconté qu'à l'oreille de son voisin, était dévoilé, pendant ces jours de représailles, à la grande confusion de ceux qui se trouvaient ainsi mis en scène.
La politi([ue y possédait ses acteurs.
Henri Vllf, au lendemain du jour oi'i il avait pillé les abbayes d'Angleterre, fut désigné par le personnage qui dans la procession faisait le prophète Daniel, sous le nom de Balthasar,^ roi des Babyloniens. Ce prince, d'après l'Ecriture, s'était fait servir dans les vases sacrés, ce dont il avait reçu le châtiment immédiat :
Cela nous peut beaucoup signifier,
ajoutait malignement le dernier vers, dont il n'était guère besoin de souligner l'allusion à propos d'Henri Tudor. Ce même Henri VllI, Charles-Quint, un fou, et le pape Paul III, furent aussi représentés en train de se disputer la sphère, c'est-à-dire l'empire du monde, et se disant entre eux : « Tiens-cy, baille-ea, ris-t'-en, mocque t'-en... et margoûilloyent ce pauvre monde assez rudement, de sorte qu'il eust beaucou]) à souffrir entre leur mains. 7> Lorsqu'enfm on