‹ Les triomphes de l'abbaye des ConardsChapitre 6 sur 59 · XIV NOTICE · texte numérisé non relu

XIV NOTICE

au milieu de belles daines dedans leur couvent, non point accoustrez en moines, mais en gentilhommes ». A la faveur d'un capuchon, les femmes passaient la grille, car il se trouvait toujours au dehors, afin de les amener^ un frère Lubin assez éloquent:

Pour desbaucher par un doux style. §

Quelque fille de bon maintien.

Ce même Henri Estienne, si terrible en ses histoires, parle de Gordeliers jouant à la paume avec des jeunes filles, à la condition que les perdants auront la peine de coucher avec les gagnants. On sait que la papauté tirait ses revenus les plus importants des impôts prélevés sur les courtisanes.

L'Église a formulé l'expression de sa convoitise vis-à-vis de la femme par cette seule parole dans la bouche d'un de ses docteurs : « Sauver une belle âme qui habite un beau corps. »

A quels précédents, à quelles formes primitives se rattachait le^not Connrd, qui servit si longtemps à exprimer la Société des fous, de Rouen? D'après M. Leber, un savant noticier, du chaperon cornu appelé coquehichon porté par les fous, à l'épithète de cornard qu'on donnait à un mari trompé,

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la transition était facile. Le rapport du sotfol avec le cornard se trouve établi dans un acte de 1391, où l'un des deux adversaires traite l'autre de coquart et de sot, car, s'il faut l'en croire : il lï est si mauvaise coimrdie que solie.

Ce qui rattacherait le mot couard à une «lème parenté d'origine que les mots coquehichon et coquart, c'est cette citation de Ducange, des Antiquités et singularités de la ville de Rouen : « Les Couards ont leur confrairie à Notre-Dame- de- Bonne -Nouvelle, où ils ont un bureau pour consulter de leurs affaires. Ils ont succédé aux coquelucliers, — autre société de fous — il y a environ cinquante ans, qui se représentoient le jour des Rogations en diversitez d'habits. Mais parce qu'on s'amusoit plutôt à les regarder qu'à prier Dieu, cela fut préseiiLé pour les jours gras à ceux qui jouent plus particulièrement les faits vicieux, qu'on appelle vulgairement Couards ou Cornards. »

Quoi qu'il en en soit, les mots coqueluchers, Coquarts, coquibus, couards, cocu, sot, sont synonymes. On trouve ce vers dans une de nos plus anciennes pièces de théâtre :

Elle ! clic n'en fera qu'un sot, je vous assure. Molière a dit :

Epouser une sotte est pour n'être point sot.

L'on a voulu trouver aussi une analogie entre le personnage de l'abbé monté sur un

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