‹ Les triomphes de l'abbaye des ConardsChapitre 7 sur 59 · XVI NOTICE · texte numérisé non relu

XVI NOTICE

âne et cette pratique dont on usait à l'égard d'un mari joué par sa femme, ou du voisin du mari, et qui consistait à placer l'un des deux sur un âne à rebours ; mais nous croyons voir dans l'âne de la fête des Fous un souvenir plutôt hiératique que bouffon.

Il demeure prouvé en toute certitude que les couards n'avaient d'autre mission qu« celle de représenter « les faits vicieux». Nous admettons avec un de nos plus infaillibles érudits, M. Paul Lacroix, qu'il faut écrire Conard et non cornard, ainsi que l'on avait essayé de le faire, dit-il, pour la décence de l'expression. Les trois premières lettres de ce substantif font assez connaître, selon lui, le stigmate de son origine populaire , et prouvent que le français, comme le latin, brave l'honnêteté dans les mots.

Mais aujourd'hui, hâtons-nous de le dire, nous n'attachons au titre de Conard que l'idée d'une action amusante et burlesque, et ce titre a prestiue lavé sa racine étymologique sous les traits fins et mocpieurs qui ont été l'apanage des gens de Conardie. I^a société des XV« et XV1<= siècles, tout en gardant à chacun de ses membres cette épithète malsonnante de Conard, nous la rend donc en quelque sorte transformée, par la justesse du bon sens et l'élégance d'esprit qui ont caractérisé avec un certain éclat les écrits collectifs de ceux qui enont porté le nom .

L'élection d'un abbé des Couards était faite tous les ans par les associés de Conar-

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