‹ Les triomphes de l'abbaye des ConardsChapitre 9 sur 59 · XX NOTICE · texte numérisé non relu

XX NOTICE

fredonnant, fredondille, d'après les fraîches nonnains entre lesquelles tout prêtre peut cliûisir ; voici l'esquisse : « le corsage droit, le teint lis, les cheveux blonds, les yeux noirs, le minois coint, les sourcils mois, les traits meurs, le regard franc, les pieds plats, les talons courts, le bas beau et les bras longs. »

Povu' être homme d'église... on est d'autant pkis homme, c'est un fait à déduire ; la preuve est qu'en parlant d'une abbegesse à blanc plumage « (ju'il vaut mieux chevaulcher que mener en main » ; l'auteur de l'un des plus fameux romans du XVI" siècle, qui fait parler le cardinal d'Amboise, lui met en la bouche : « qu'elle était cointe, jolie, bien valant un péché ou deux. »

En effet, quoique les épaules des jeunes nonnains n'apparaissaient plus abritées sous l'abondante chevelure léonine, cependant on pouvait encore retrouver les su]:)tiles beautés du corps féminin dans les couvents. Si les moines devenaient très-gras au fond de leurs monastères, les habitantes des abbayes

— en en exceptant les fameuses extatiques

— ne maigrissaient pas. La religieuse que le fanatisme n'a pas ravagée, apparaît aussi en la communauté, doublée de cet embonpoint qui donne aux formes physiques un contact plus moelleux et plus doux.

Le cloître ajoutait peu de chose au libertinage du siècle. Si la religieuse ressentait si vivement dans sa cellule cette « sueur d'à-

Page 1