LE CHEMIN GLORIEUX
Alors, ô seulement, ô Mer que tout renomme, Alors je reviendrai pour la montrer à l'homme, Pour la manifester, l'exprimer, plein d'émoi, Dans sa perfection magnifique et sa foi.
LE VCEU
Le Vœu
Tous mes désirs de feu se tendent vers la mer,
Où plus vaste et sacré, plus sublime et plus clair,
Apparaît le zénith du rêve et de l'idée I
Là l'exaltation suprême est fécondée
Par le contact du grandiose et du divin ;
Là plus rien n'est mauvais ni noir, plus rien n'est vain ;
Tout s'illumine et se remplit de joie hautaine.
L'immense vérité se révèle, certaine
Constellée et visible à la pointe des mats.
Toute la chaude ardeur des magiques climats
Flambe dans l'air profond où bat l'aile du songe,
Et dans l'infini vaste où le désir s'allonge,
La heanU) lumineuse, au geste essentiel, Jette les feux de ses sourires dans le ciel. — L'air est pur, dégagé de peurs et de miasmes, Partout vole l'essaim des bleus enthousiasmes, Qui naissent de la mer et dans un geste sur, Montent, pleins d'espérance et de foi, vers l'azur, La lumière éclatante enivre l'eau; le globe, Vaste, que rien ne couvre et que rien ne dérobe, Apparaît, lumineux sous l'espace changeant, Comme un prodigieux et clair grelot d'argent. L'espace chante, avide d'air et d'allégresse. Tout est concilié, rien de noir ne transgresse La calme immensité pleine de rêves bleus ; Et comme les espoirs des jeunes cœurs heureux, Les flots, tout constellés d'éclatante lumière. Bondissent, et légers, agitant leur crinière D'écume lumineuse et que fouettent les vents, Semblent les clairs troupeaux joyeux d'être vivants.
Va, mon rêve ? tournoyé et cours, l'espace est libre 1
La Mer te donnera ce divin équilibre
Que tu rêves d'atteindre en ton immense essor.
Le jour scintille. Au loin, l'horizon semble d'or,
Et le rouge soleil y tend sa pourpre insigne.
La mâle immensité semble te faire signe !
0 désir de mon cœur assoiffé d'absolu,
Le doute misérable et noir est révolu.
LE VJEU 53
Les vents claquent, puissants, dans l'ampleur de mes voiles,
Mon espoir lumineux se tend vers les étoiles,
Extasiant le ciel de leur geste béni.
Et dans la volupté démon rêve infini,
0 Mer, j'ai fait ce vœu, riche d'un saint délire,
D'atteindre à la grandeur héroïque du rire,
De danser au sommet de tes flots radieux,
Et, plein de l'attribut magnanime des dieux.
De vivre, et sur ton gouffre immense qui tournoyé,
0 Mer, de triompher et créer avec joie I