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ORPHÉE AUX HOMMES

Orphée aux Hommes

Il leur disait souvent : « Je suis celui qui suis,

J'enchante, je délivre avec foi, je poursuis

Sur la route nocturne où rhomme se lamente,

La haine qui dévaste et le mal qui tourmente ;

J'entraîne à mes côtés tous les êtres épris

De mon hymne royal, exaltant les esprits

Vers plus de vérité lumineuse et parfaite ;

Je pousse sur la cime où scintille la fête

Auguste, rayonnante et suprême du feu. »

— Les hommes récoutaient,mais en tremblantun peu,

Car ils sentaient en lui brûler la sainte flamme.

Sous ce corps radieux, ils devinaient une âme

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Ample, loyale et pure, en ses dons infinis. Orphée, ouvrant les bras, disait : « Je vous bénis, Hommes, frères d'en-bas que la nuit louve enserre I » Et cette voix d'amour leodait sur leur misère, Gomme un épais manteau plein de félicité. Tous contemplaient sa lyre ardente à son côté, Et lui criaient : a 0 toi qui chasses l'ombre noire. Verse-nous ta chanson ainsi qu'on verse à boire ! Nous avons soif d'entendre, épars autour de nous. Ce chant religieux qui terrasse les loups Et met aux vieux lions, graves comme des pierres, Des pleurs mystérieux et doux sous leurs paupières ! »

Orphée alors chanta.

La lyre aux longs accents Vibrait comme les nuits des doux Avrils naissants, Quand se mêle au vent frais l'ivresse de la lune. Il montra l'infini des cieux et la rancune Qu'il gardait à Tenvie assise en ses venins ; Il bénit les géants et dénonça les nains ; Leur dit Cybèle et la grandeur de son extase Quand le feu d'Apollon printanier l'embrase Et la féconde en son délire, et la soumet Sous son souffle de dieu magnanime, qui met Partout la vérité chaste de son lyrisme ; Il maudit la bassesse et prôna l'héroïsme.

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