‹ Les triomphes, traduitsChapitre 15 sur 28 · PRÉFACE. XXIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXIII

mon lecteur d’aujourd’hui ne me suivra peut-être pas : mais je me retournerai vers lui, plein de gratitude; car c'est pour son service et pour satisfaire son goût raffiné, que le somptueux éditeur de livres vraiment beaux donne aujourd'hui à ma traduction l'épreuve de l'imprimerie, d’une noble imprimerie en jolis caractères, et le cadre de charmantes gravures sur bois.

En échange je voudrais avoir su procurer au lecteur quelque joie. Je l'espère. Il pourra se donner l’idée d’un poème vraiment magnifique. S’il veut jamais aller jusqu'a l'original, je l'y aurai aidé. — S'il s’en tient à la traduction, — il découvrira, de loin, un poëte, dont on parle beaucoup et qu'on connaît fort peu, — poëte réservé, difficile, — mais poëte du premier rang par l'élan lyrique, la splendeur descriptive, la richesse des images, et la sincère émotion humaine.

Pétrarque est sincère. L'image qu'il donne de lui-même et de sa vie est-elle véritable ? — Je sais ce qu'on peut découvrir de réalités, en comparant ses poèmes avec tant de documents, de livres, de lettres. Mais il faut l'oublier. — Laissons tout cela ! Reprenons la liberté à laquelle je vous engageais au début de ces lignes. |

Pour bien lire les poètes, il ne faut pas trop savoir.

Tout cela est-il vrai ? s’approche-t-il du vrai ? — Il faut le tenir pour tel; je m'interdis pour l'instant d'en discuter un mot. Tout ce que je puis assurer, c'est que Pétrarque le tenait pour vrai, alors qu'il l'écrivait.

Et il suffit de croire cela pour lire un poëte. Il faut être capable, à un certain moment, de n'ouvrir les yeux que sur

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