XIV PRÉFACE
de la nôtre, et que l’on ne peut traduire directement, et sans explication. Ce n’est pas le cas pour l'italien du xiv° siècle. Cette langue et la nôtre, ces deux sœurs latines, ont crû si près l’une de l’autre, que leurs usages sont pareils, à quelques inversions prés. La plus belle preuve en est la traduction de l’Enfer par Littré, en français médiéval, — un chef-d'œuvre ignoré, ou peu s’en faut.
Je ne l’égalerai pas, bien entendu, d'autant que je ne veux pas user de la langue du moyen âge. Je ne présente pas au lecteur moderne autre chose que la langue dont il a l'habitude, avec quelques tours archaïques à l’occasion, quelques mots passés d'usage, mais bien connus. Je tâcherai, quand je le pourrai, de reproduire le « nombre » des vers italiens, jusqu'a pouvoir parfois suggérer quelque chose de leur musique. -
Est-il excessif d'ajouter que pour cela je réclame du lecteur quelque effort, et un peu d'imagination complaisante ?
Mais je dois l’aider, et pour cela l'avertir un peu de ce qu’il doit chercher dans les T'RIoMPHES et de ce qu'il y trouvera. En effet, en suivant l'opinion commune, on risque d'y chercher autre chose que cela qu'on y trouve véritablement.
La cause en est le succés incroyable qu'ont obtenu les TRIOMPHES dans les siècles qui ont suivi leur première apparition. Cette faveur a été telle qu’elle est arrivée à fausser, dans l'opinion publique, la figure vraie de la grande œuvre. Ceux qui sont responsables de cette déformation, ce sont les artistes, — depuis les plus célèbres jusqu'aux plus obscurs, —