‹ Les triomphes, traduitsChapitre 8 sur 28 · PRÉFACE. | XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. | XV

qui ont illustré les TrioMPes. À l'heure qu'il est, ce mot TRioMPHES évoque, plutôt qu'autre chose, les œuvres de l’art italien, français, flamand, les fresques, les tableaux, les bas-reliefs, les grandes suites de tapisseries.

Ce ne sont que cortèges de guerriers, de héros, de poètes, de sages, que chars triomphaux, qu'animaux symboliques. Le xv° et le xvi° siècles ont accaparé les TrioMPxEs. Ils les ont développés et enrichis de formes et de figures, auxquelles souvent leur auteur n'avait pas songé.

Le principe des cortèges se trouve à l’origine dans les :

poèmes de Pétrarque. Car la mise en scène qu'il avait conçue, c'est le Triomphe romain, la pompe du vainqueur montant au Capitole, et traînant après lui les dépouilles des vaincus et les vaincus eux-mêmes. Et Pétrarque donc devait nécessairement peupler son épopée d’une foule de figures antiques. Sa passion, de tout temps, l’entraînait vers la connaissance de l'antiquité grecque et romaine.

À côté du poète, il y a en lui le chercheur, avide avant tout de Rome et d’Athenes, le romain antique. Il veut, envers et contre tous, ramener le monde entier, ramener toutes choses, à la beauté, à la sagesse, à la science, à la gloire du « vieux peuple de Mars », seul type pour lui de la grandeur humaine. |

Mais ainsi vont les choses ! — Cette direction de la pensée de Pétrarque, dans laquelle nos pères de la Renaissance ont abondé, qu'ils ont accentuée et exagérée, a fait qu'ils ont négligé tout le reste de l’œuvre du poèëte.

Or, ce que nous goûtons, nous, aujourd'hui, c'est ce que la Renaissance a négligé : c'est l’âme du poète.

Le cortège antique est au début. Le poète y revient à maintes reprises. Mais la nature même de son génie l'en a

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