‹ Les triomphes, traduitsChapitre 9 sur 28 · XVI PRÉFACE · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE

détourné. Il est revenu à sa recherche naturelle, l’expression de son histoire morale figurée par les symboles de la nature, — ses amours, ses repentirs, ses rêveries, son âme, sa foi.

Le poème est infiniment plus personnel que les grands

illustrateurs ne -se le sont figuré. Et il est arrivé ceci :

\ ° je ! A !

qu'après avoir attiré aux TRIOMPHES le goût de leur époque, ils en ont peut-être détourné les modernes. — Les modernes y doivent revenir |

Je voudrais brièvement indiquer ce que c’est au juste que le poème des TRIOMPHES, et ce qu’il en faut retenir pour y prendre le plaisir qui convient. |

C’est un grand poème en langue italienne que Pétrarque a commencé aux environs de la cinquantaine. Quand il l'entreprit, il subissait évidemment l'influence de la Drvine Comédie. Sans entrer en rien dans la question délicate des rapports de Dante et de Pétrarque, je dois dire sous quelles actions, avouées ou non, Pétrarque fut amené à écrire un long poème, qui ne fût pas en latin.

C'était un grand événement dans sa vie! Jusqu’alors, il n'avait aperçu de véritable gloire que dans l'épopée latine, sur les pas de Virgile. Tous ces admirables poèmes italiens de forme courte, ces sonnets, ces chansons qui font nos délices, 1l les traitait, (plus ou moins sincèrement), de « bagatelles. »

Cependant, quand sa dame, Laure, fut morte, il continua à la chanter, comme au temps de sa vie, en sonnets et en chansons. Et ce fut la seconde partie de son roman poétique. Ïl pleurait Laure disparue de la Terre, mais il la voyait au

Page 1