‹ Les trois amants, pièce en deux actesChapitre 18 sur 89 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LÉENA.

Non, il n'est pas jaloux; mais c'est un homme étrange sur lequel il est impossible d'exercer aucun empire... On ne sait jamais sa pensée.

ALPHONSE

Ensuite?

LÉENA.

Ensuite, je déménage. Je cherche un appartement avec porte d'entrée et porte de sortie, dans une maison où il y aura deux escaliers... Dès que je l'aurai trouvé, je ferai une vente publique de mes meubles...

ALPHONSE

Une vente publique?

LÉENA.

Qu'est-ce que cela a d'étonnant? N'est-ce pas l'usage?

ALPHONSE

Et après?

LÉENA.

Je me fais ordonner par mon médecin les eaux deCauterets, et j'y vais avec vous... Nous y resterons deux mois.

ALPHONSE

Deux mois?

Oui, deux mois!... Eh bien, quand je vous donne cette preuve d'amour, vous n'êtes pas plus radieux que cela ! Vous êtes triste comme un mausolée.

ALPHONSE

C'est que.,.

LÉENA.

Il n'y a pas de c'est que... Ou vous viendrez avec moi aux Pyrénées, ou vous ne mettrez plus les pieds ici... Vous hésitez? Je vais sonner Julie pour vous consigner.

ALPHONSE

Tu ne ferais pas cela.

LÉENA.

Je le ferais, et tout de suite.

ALPHONSE

Mais ma femme!... je ne puis pas la laisser seule!

LÉENA.

Croyez-vous donc qu'elle n'a personne pour lui tenir compagnie et qu'elle ne sera pas ravie d'être débarrassée de votre présence?... Ah! que vous êtes niais!

ALPHONSE

Que veux-tu dire?

Si vous ne savez pas que Maurice Evry est son amant, alors vous êtes le seul homme à Paris qui l'ignore.

ALPHONSE

C'est toi qui ne sais pas ce dont tu parles! Maurice est mon mei leur ami.

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