FORMATION D’UNE DIVIS1QN
Nous allons maintenant parler de la cavalerie, de la division. Il est impossible de déterminer sa place d’une manière certaine; car, cette petite fraction de cavalerie doit toujours être prête, au premier avertissement, à attaquer vivement sur tous les points où sa présence est requise.
L’intelligence du chef et la tournure des événements lui indiqueront suffisamment la conduite à tenir à cet égard.
Le général de division n’étant pas toujours à même d’envoyer des ordres, le chef de la cavalerie doit être un véritable soldat, inébranlable et toujours prêt à saisir les occasions favorables, même à défaut d’instructions officielles (1).
Cette fraction de cavalerie doit suppléer au nombre par la promptitude et l’audace; partout ailleurs, la cavalerie en masse peut réparer ses fautes ; mais dans le cas présent, toute erreur peut avoir de funestes conséquences.
Le but de la cavalerie divisionnaire est de protéger la division en tout temps avec le plus grand dévouement et de concourir au gain de l’action.
Si la cavalerie divisionnaire veut se couvrir parje terrain, il faut, même en ce cas, quelle se tienne le moins éloignée possible de l’infanterie, afin d’être toujours prête à participer au combat.
(1) Ad perflciendtim in dubiis rebus quid maxime opus facla sit, acrem et solertem. Imp. Leonis 'l'actica, cap. n, p. 28.
(Trad. franç.)
Ou les ailes d’armées sont soutenues, ou elles ne le sont pas. Quand toutes deux sont en l'air (1), on serait tenté de regarder comme avantageux de partager la cavalerie pour fournir deux appuis; mais il y aurait certainement inconvénient dans la division d’une si petite force.
On a dit, en parlant de la cavalerie, que la surprise enfante des miracles! Il résulte donc de ce second principe : que la cavalerie doit être masquée aussi longtemps que possible, en tant que le permet, d’ailleurs, la nature du terrain.
Il est bien reconnu que la cavalerie ne peut pas remplir les intervalles de l’infanterie dans une ligne de bataille. Placée entre les deux lignes, elle empêcherait les mouvements de la seconde ligne. Elle doit, en conséquence, conserver une position spéciale; ce qui implique ce troisième principe, savoir: « que la cavalerie divisionnaire doit être en arrière « de la seconde ligne et en arrière de son centre, « quand les deux flancs sont en l’air. »
C’est tout autre chose quand une des ailes est soutenue. 11 est entendu que la disposition qui précède est également applicable à l’artillerie.
Comme quatrième maxime, on peut affirmer :
• « que la place de la cavalerie divisionnaire est en « arrière du dernier bataillon de la seconde ligne. »
(1) Voir, au sujet de cette expression, la note explicative placée plus haut, page 32. (Trad. franç.)