FORMATION D’UNE DIVISION
Une cinquième règle invariable est celle-ci : « Que « quand l’infanterie marche à l’attaque, la cavale- « rie doit la suivre afin de compléter la victoire; et « quand elle bat en retraite, la cavalerie la suit sur « ses flancs, pour charger la cavalerie ennemie qui « la poursuit. »
La cavalerie divisionnaire ne doit pas s’astreindre aveuglément à ces principes, qui sont excellents pour les masses de cavalerie.
On doit la considérer comme liée à l’infanterie de la division, tandis que la cavalerie en masse est indépendante.
Cette dernière peut décider le gain d’une bataille en exterminant tout; la cavalerie divisionnaire soutient et protège; mais l'une et l’autre ne devront jamais opérer sans avoir leur réserve.
L’occasion favorable d’agir se présente rarement pour la cavalerie en masse; tout au plus, une fois dans l’action : tandis que dix chances pour une peuvent s’olTrir, dans l’espace d’une heure, à la cavalerie divisionnaire. Dans l’un ou l’autre cas, partiellement ou en masse, son attaque doit être rapide et impétueuse; mais c’est seulement quand l’infanterie est victorieuse que son sabre doit intervenir.
Les Français, pendant les guerres de la révolution, * maniaient leur cavalerie divisionnaire d’une manière admirable. Un escadron ou deux de hussards faisaient merveille, même dans les montagnes ' des Alpes. •
L’infanterie se plaint souvent qu’elle n’a pas été appuyée par la cavalerie ou par l’artillerie; que la première l'a abandonnée, et que toutes les deux lui ont fait défaut au moment où leur concours lui devenait le plus nécessaire : plaintes qui peuvent s’expliquer, lorsque ces différents éléments ne sont pas familiarisés avec leurs rapports réciproques; et plus particulièrement de la part de la cavalerie, qui compte les moments qui doivent s’écouler avant qu’elle ne soit relevée de ses obligations, (ie ne serait plus le même cas, si une cavalerie divisionnaire avait d’avance un but déterminé.
Nous, ferons remarquer que c’était la méthode adoptée par Marlborough, d’intercaler de petits corps de cavalerie entre les colonnes d’attaque.
Voici quels avantages résultent du concours bien entendu de l’artillerie et de la cavalerie :
1° L’infanterie peut agir avec plus de hardiesse.
2° L’infanterie ennemie devra, au contraire, être plus circonspecte, ou bien être également appuyée par de la cavalerie.
3° I^es tirailleurs de l’ennemi sont tenus en échec, tandis que les nôtres se sentent soutenus.
4° L’attention de l’ennemi est attirée sur ses flancs.
o° Dans ces conditions, notre succès peut être complet et l’ennemi mis en déroute.
Il arrivé fréquemment que les chefs de ces deux armes auxiliaires, cavalerie et artillerie, restent à
FORMATION D’üNE DIVISION
leurs places sur le front de leurs troupes et ignorent ce qui se passe le long de leur ligne.
Si un aide-de-camp vient les chercher, elles se trouvent lancées dans un nouveau monde et surprises par les circonstances. Ne connaissant pas le terrain et n’ayant plus le temps de se familiariser avec' leur position, elles sont forcées de se retirer au moment d’agir, sans recueillir de leur retraite aucun profit.
Au commencement de l’action, le commandant de la cavalerie, accompagné de son trompette, doit se . porter vers le front où il doit agir; d’un coup d’œil il embrasse le terrain en tous sens, dresse son plan dans sa tête et se met en rapport avec le général de division.
Au moment propice, il envoie un ordre ou des signaux à sa troupe, pour la faire avancer dans la direction qu’il a reconnue à l’avance; alors, il ne lui reste plus qu’à lancer la charge en se mettant à sa tète. -
Dans le même but , le commandant de l’artillerie accompagne le général dans sa reconnaissance, et choisit la position- la plus favorable à son arme en avant et sur les flânes.
Dans le cas où une section est détachée, le commandement doit • en être confié à un officier qui puisse agir selon les circonstances, sans attendre des instructions. ..
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