CARACTÈRE ET CONFIGURATION DU TERRAIN ET DE LEUR INFLUENCE
La plus grande partiedes règles de la tactique sont basées sur la supposition que les forces agissent en terrain plat.
Les accidents de. terrain rendent nécessaires d’autres dispositions, soit parce que les propriétés particulières à une arme lui donnent plus de développement, soit parce T[ue sa faihlesse est plus à découvert.
Indépendamment des points spéciaux, tels que les défilés, les ponts, les villages, etc., qifune division peut avoir à attaquer ou à défendre (points auxquels nous donnerons la dénomination générale de points tactiques), si la guerre a pour théâtre une chaîne de iriontagnes, une forêt ou contrée couverte, le système de tactique différera de celui employé, en plaine.
TERRAIN IRRÊGELIER. 0&
Après avoir exposé les dispositions nécessaires dans ces différents cas, nous procéderons dans la quatrième partie à l’explication des points tactiques qui peuvent se présenter à une division suivant la nature du pays, tant pour l’attaque que pour la défense. ■
TERRAIN IRRÉGULIER
Une contrée, sans être entièrement plate, peut être simplement ondulée ; elle peut être accidentée, sans être montagneuse ; elle peut être boisée ou découverte , de manière à permettre ou non la liberté des mouvements dans toutes les directions ; elle peut être coupée par des ruisseaux, des haies ou des fossés; envisagée sous ces différents aspects, elle prend la dénomination de terrain irrégulier. Tout tacticien doit étudier le terrain sous tous les aspects, en sorte qu’à un moment donné, il puisse tirer tout le parti possible de chaque arme.
En général, on peut dire qu’un terrain uni est propre à l’action des masses, tandis qu’un terrain entrecoupé de haies, de fossés, de ravins, etc., ne permet que les combats de tirailleurs.
Un terrain accidenté peut être ou n’être pas plat, découvert ou boisé. Supposons qu’il soit plat, mais
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traversé par des fossés et des ravins, etc. Cette disposition s’oppose à tous les mouvements réguliers, si ce n’est sur une petite échelle. Elle ncus oblige à îles ruptures et à des formations continuelles.
Il est évident, d’après cela, que ce terrain est moins favorable à l’attaque qu’à la défense, et que, dans ce dernier cas, il présente des avantages, même contre des forces supérieures.
Si, de plus, ce terrain est couvert de haies et de broussailles, la sécurité qu’il offre est encore plus certaine. . • -
Cependant le nouveau système de combat, en tirailleurs, a diminué la valeur de ces obstacles naturels; car les troupes, devenues aujourd’hui plus mobiles, franchissent sans grande peine ces mêmes obstacles regardés autrefois comme impraticables.
» On peut, en effet, lès parcourir en colonnes de tirailleurs, sinon en ligne.
DÉFENSE
Les défenseurs ont l’avantage de se placer derrière des obstacles qui rendent l’attaque difficile et péril- , leuse.
La cavalerie est presque inutile, les masses d’artillerie sont impossibles; l’ordre çn tirailleur est le
TERRAIN IRREGULIER
seul qui puisse réussir. C’est ce qui, dans les guerres de la Révolution, donna aux Français une si grande supériorité sur leurs ennemis qui ne savaient combattre qu’avec des formations régulières (1).
11 est aisé de trouver, dans un terrain accidenté, des points d’appui pour les ailes, et il est d’autant plus nécessaire de se les assurer que l’ennemi pourrait lui-même s’y établir et qu’il deviendrait difficile de l’en déloger.
Cette disposition donne plus de force et de liberté d’action aux divers détachements, parce que la nature du terrain leur garantit un mutuel appui.
La direction du combat offre des difficultés; aussi, chaque chef doit souvent agir d’après les inspirations de sa propre intelligence.
Si la contrée est boisée, elle est très-favorable à nos mouvements ; et en masquant nos forces à l’ennemi elle le fait souvent courir au-devant de sa propre ruine.
Les appuis et les réserves doivent se tenir plus en
(1) C'est aux Français qu’on doit en grande partie le perfectionnement des tirailleurs-. Pendant les guerres de la Révolution, la France, attaquée de toute part, avait été obligée de mettre sur pied tous les citoyens en état de porter les armes; mais qui n’étant pas., aguerris, ne pouvaient se plier à une tactique qui leur était inconnue, l.’usage de cette tactique désordonnée ne cessa qu’avec les circonstances et au moment où, rentré dans un état pacifique, le pays put employer son temps et ses soins i» l'organisation régulière de ses soldats.
(Col. Okounef, Propr. des Trois Armes.) (Trad. franç.)
TERRAIN IRRÉGULIER
arrière, parce qu’on ne peut juger des dispositions de l’ennemi ; il faut se défier des attaques de lianes contre lesquelles nous n'aurions rien à opposer, si les réserves étaient placées trop près de la ligne de leu. Il est rare que la nature du terrain ne présente pas de petits débouchés où une poignée de cavalerie puisse agir. Le gros de la cavalerie et de l’artillerie de division (principalement l’artillerie à cheval) demeure à la réserve et prend place sur les chemins de traverse ; cette position est la plus favorable pour se porter rapidement sur les points où l’ennemi essaiera de tourner notre flanc.
ATTAQUE
Il peut arriver qu’on n’engage dans l’attaque que l’infanterie légère et quelques pièces de campagne ; le reste de l’artillerie stationne sur les routes.
L’artillerie laisse en arrière toutes les voitures dont elle n’a pas besoin , jusqu’à ce que l’affaire soit décidée.
L’artillerie doit être tenue à distance, autant que possible, et ne pas trop s’aventurer.
Quand l’espace manque, on réserve les intervalles des pièces que l’on place de manière à commander les approches de la position. Lorsque l’eqnemi est