‹ Les Trois armes, ou Tactique divisionnaire du colonel prussien DeckerChapitre 9 sur 49 · FORMATION D'UNS DIVISION EN UGNE DE BATAIEIE · texte numérisé non relu

FORMATION D'UNS DIVISION EN UGNE DE BATAIEIE

La manière de gouverner une division d’infanterie est expliquée au chapitre de la tactique de l’infanterie. Les autres armes doivent être considérées comme auxiliaires ; mais, en même terni», l’infanterie ne doit pas, par un ridicule égoïsme, entraver l’action des autres corps, ni paralyser l’appui qu’elle en attend.

Comme il est avéré que les flancs sont la partie la plus faible de la ligne, les deux armes auxiliaires doivent être placées de façon à pouvoir diriger toute leur énergie vers ces points. De plus, le flanc de l’artillerie étant lui-même dépourvu de force, on remédiera à cette défectuosité par des moyens qui seront détaillés plus bas.

11 existe diverses opinions sur la véritable position de l’artillerie divisionnaire, et il est difficile de rompre avec les anciens usages ; néanmoins, comme ce qui est fait sans principes arrêtés, peut donner trop de chances au hasard, nous tâcherons d’établir les règles d’après lesquelles cette artillerie divisionnaire pourra être disposée.

La batterie est l’arme qui donne de l’énergie au

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combat de l’infanterie; elle prépare une issue favorable ; elle ramène un succès douteux ; elle répare même un désastre, bien que l’histoire fournisse peu d’exemples en ce genre.

Si l’on perd de vue le caractère propre à chacune de ces deux armes, il peut advenir que l’artillerie se trouve sur le chemin de [infanterie, et dès lors, celle-ci ne la regardera plus que comme un obstacle à la régularité de sa formation.

Aucun tacticien ne devra donc au début d une action déployer scs batteries ; ce qui fournirait à l’ennemi le moyen de faire le dénombrement de ses pièces: c’est ce qui faisait dire au grand Frédéric « que trop souvent l’artillerie donne à 1 ennemi cette facilité, en occupant le point le plus élevé d’une position. »

De ce qui précède, on peut conclure comme premier principe :

1. « Que le devoir d’une batterie est d’être en tout temps masquée avant le commencement d’une action, soit par le terrain, soit par l’infanterie. »

Que le combat soit offensif ou défensif, l’artillerie doit commencer le feu, parce que sa portée est plus longue : c’est pourquoi elle doit toujours occuper la tète de la ligne (1).

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La longue pratique de l’artillerie nous a appris que lorsqu’elle ouvre son feu, elle ne doit jamais être placée devant les autres troupes, afin que celles-ci ne soient pas exposées à être abîmées par le feu dirigé contre les pièces. De plus, combien de fois n’est-il pas arrivé que l’infanterie, après avoir ouvert un passage à l’artillerie en avant de son centre, avait fait volte-face, dans le but d’échapper aux projectiles?

Ceci n’aura jamais lieu, lorsque les bataillons du centre seront formés en colonnes ou auront ouvert leurs intervalles.

De là découle un second principe que voici :

II. « En tout temps, quand il devient nécessaire de placer une batterie en avant des lignes, les bataillons du centre doivent se doubler en colonnes, afin

de laisser un intervalle libre en arrière. »

il est A remarquer que déjà chez plusieurs grandes puissances européennes, pour ne pas faire déchoir l’artillerie de son importance, on a adopté dans ses approvisionnements l’usage des obus à halles, dits shrapnells. Les Anglais s'en servaient en 1814 dans la campagne de France; mais la question n’avait pas l’actualité de nos jours, et Hs n’en tirèrent d'ailleurs qu’un très-faible parti. Il n’en a pas été de même dans les dernières opérations de l’armée autrichienne, dans la guerre de Hongrie, où ces projectiles produisaient souvent de grands ravages à de très-fortes portées.

La question a é'é très-étudiée en France dans ces dernières années. Les résultats obtenus dans de nombreuses expériences semblent promettre encore des améliorations dont le besoin se fait sentir. (Trad. franç.) * -

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Quoiqu’il en soit, la position de la batterie en avant du centre, restreint la ligne de feu de l’infanterie et il y a encore d’autres raisons pour ne pas lui assigner cet emplacement.

La formation de l’infanterie se trouve dérangée; le bruit et la fumée de la batterie empêchent le général de distinguer les troupes qui sont sous son

commandement. S’il est obligé de se tenir à l’une

des ailes, l’autre échappe à sa direction. Ce n’est pas tout encore : La fausse position de l’artillerie empêche l’infanterie d’avancer; car, en allant en avant, elle empêche le feu.

Si l’infanterie se retire, l’artillerie doit nécessairement la suivre et par conséquent cesser son feu au moment où il est peut-être le plus indispensable ; d’un autre côté, si l’infanterie laisse l’artillerie en position, elle l’expose à être prise.

Dans le cas où l’infanterie aurait à opérer un

(1) On a conservé ici é la batterie sa formation de huit pièces telle quelle existe dans l’armée prussienne.

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