LES DEUX VAQUES D'IDÉALISME
A rbeore où les Amérioains par leur courage vin-
- rent ravir â'entlu^BMUne'le cœur de l'Europe, la
vague de l'idéalisme avait passé une fois et deux
fois sur les combattants, elle ne les souleva point
une troisième fms.
La première fois, en 1914, dîfTérenta orateurs officiels, pour amortir l'opposition de quelques poignées de sâns-patrie, firent circuler le mot d'ordre : nous /'allions la dernière guerre; si dangereuse que fût une telle promesse, dont nul ne peut répondra, nul n'étant à même de la tenir, un petit nombre d'exaltés la prit au sérieux et leurs convictions s'en nourrirent; mais, peu à peu, l'effet tomba soit par l'inanité profonde de la doctrine, soit que l'ambiance militaire, la joie de la victolra de la Marne et des premiers avantages qui l'ont suivie, le retour aux usines de la plupart des combattants socialistes eussent achevé de rendre superflu un appel à des conceptions aussi peu résistantes que peu substantielles. Comment se fussent écoulées les longues, lourdes, lentes saisons de la guerre imiqobile si le soldat n'eût pas connu la solide consolation du patriotisme sous les évidences de la nécessité? Même vers le milieu de 1916, cette idéologie démocratique apparaissait déjàplus défaitiste et dissolvante que fortifiante; des chefs socialistes comme Sembat-, comme Renaudel < , se montraient ' 1. Au Congrès National d'août 1SI6.