‹ Les trois aspects du président Wilson: la neutralité, l'intervention, lChapitre 52 sur 132 · LA RÉVOLUTION AMÉRICAINE ET LA NOTRE · texte numérisé non relu

LA RÉVOLUTION AMÉRICAINE ET LA NOTRE

Dans le très curieux livre sur la France d'aujourd'hui, écrit par M. Barrett-Wendell, professeur à l'université d'Uarvard, qui fut le premier titulaire de la chaire Jame Hazen Hyde en Sorhonne (traduit en 1909 par Georges Grappe), on peut voir pages 305- 3it comment naquit ce malentendu. La Fayette et ses compagnons crurent entendre de l'autre cdté de l'océan un écho de la philosophie des Droits de l'honmie A la mode de chez nous, et, selon moi, ils étaient loin de se tromper complètement; mais ils ne prirent pas garde à une chose, qui était, selon M. Barrett-Wendell et beaucoup d'autres Américains ' compétents, • la nature essentielle de la révolution américaine et du gouvernement durable qui en fut la conséquence *.

I^ TRADITION AMÉRICAINE 69

Ils no virent pas ce qm notre historien expose :

Nos aïeux américains se serraient des mots de la philosophie philanthropique française, exactement comme nous nous eu servons aujourd'hui et comme nos enfants continueront probablement & s'en servir aussi longtemps que durera notre Képublique. Nul d'entre nous -ne s'est jamais arrêté à les définir, même pour son propre compte: en toute vraisemblance nous ne le ferons jamais...

La liberté pour laquelle la rérolution américaine fut faite, avait un caraciére différent de cette liberté que proclamaient les esprits réTolntionnaires de France.' Somme toute, à leurs yeux..., c'étaiL.. un profond bouleversemeiit k la fois des croyances traditionnelles et de l'ancienne constitution du royaume qu'ils désiraient réaliser. Pour nous, la liberté signifiait la sauvegarde de notre propre société, lointaine, et an Gouvernement délivré de toute ingérence étrangère... Sauf en ce qui concernait la suppression de sa dépendance envers la Cpuronne, la constitution de chaque État restait virtuellement intacte...

... En réalité, notre action fut conservatrice- Ce que nos aînés voulaient, n'était ni la mise en pratique d'un nouveau système de gouvernement, ni les Droits de l'Homme : c'était le régime qui s'était développé parmi nous au gré du mouvement régulier de la nature- De là notre force véritable.

... On ne saurait douter que le mouvement révolutionnaire des Français ne reçût un grand enconragement du résultat heureux de la révolution américaine. Les conclusions spéculatives de la philosophie humanitaire semblaient justifiées par ce succès. Personne n'a sign&Ié la différence qui existe entr^ une révolution conservatrice et une autre destructive, entre une rôvo- . lution fondée sur des droite déjà anciens et une autre demandant des droits non consacrés par la tradition.

7t) LE PRÉSIDENT WILSON

Pltià Ma (pages Sl4-318}, M. fearret Wendell dît encore :

Cette tentative fut faite avec un enthousiasme sectaire, au sein d'un peupla qui, aujourd'hui eiicoi'e, demeure àans te prioè, le plus striciemeni prudent, le plus instinetioement eonaeroateur de tous les peuples modernes. On ne s'en prit pas seulement aux institutions politiques et aux privilèges officiels avec la volonté d'écarter ces obstacles du chemin. Comme nous l'avons déjà vu, les révolutionnaires supprimèrent la religion -<lu pays, imputant à crime, par décret législatif, ce qui auparavant était considéré comme obligatoire. Si, de nos jours, des réformateurs passionnés enooyaient en prison, sans aois préalable, tout couple qui prouverait qu'il est légalement uni, ili causeraient à peine un plus grand désordre social.

On voudrait citer tout ce qu'ajoute de profond et de pénétrant M. Barrett-Wendell sut- le même thème, étendu même à des matières d'art industriel et iïnfbilier.

Le lecteur peut s'y reporter, il suffit d'avoir fourni le rapide inoyea de dégager les éléments de quiproquo dont peut souffrir la lecture du dfernier discours de M. Woodrow Wilson.

POLtTIQUE ET MORALE

D'aillStli's,, l'illustre président ûous à fûurni lui^ mèine dans ses déclarations antérieures de quoi pénétrer sa pensée au delà des termes complexes dont elle est cuirassée et parfois obturée.

Ori connaît lés quatre articles de Son programme ' .

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