SOCIÉTÉ DES NATIONS
Pourquoi vous méfîâz-vous de Witson avant de connaître ses dispositioDs actuelles? Il a suivi, puis dirigé i'opiniou américaine vers la guerre, avec toute notre presse, il a uni dans un mdine hommage dereconnaissaQce Louis XVI, Vergennes, La Fayette et la Révolution. L'opinion américaine v'eut une paix sévi^re et dèBnitive. Witson lasuivra. Nefailespas de conjectures défavorables. Attendez qu'il ait parlé, ici.
Que nous gênions les formules de notre presse socialiste par notre façon de pratiquer le régime démocratique, de respecter toutes les libertés, quittes, lorsqu'il le faut, à les abandonner aux mains d'un chef momentanément autocrate, cela n'est pas étonnant. Mais notre manière devrait réjouir les partisans de l'autorité unique du chef qui, chez nous, a été le vrai artisan de la victoire.
Faites-lui confiance. Faite s- nous confiance, nous n'avons marchandé ni notre affection, ni notre sang, ni notre argent. Nous la méritons autant que les Anglais, dont vous venez d'accueillir le roi avec enthousiasme.
On imagine quelles réflexions peuvent être échangées de ce point de vue. Elles sont la vérité même. Le président Wilson est un philosophe en m$me temps qu'un homme d'Etat. II a réussi à servir (avec quelle hauteur de vue, avec quelle noblesse) la cause de notre Occident civilisé, c'est le service capital dont nous devons lui savoir un gré éternel et c'est le souvenir qui ne peut nous quitter. Quant à sa pensée, homme de pensée, il nous saura luimême gré de la discuter avec franchise et netteté. D'un libre échange de vues sortira vraisemblablement un accord rapide sur les faits acquis. L'accord sur les principes, sur les faits à instituer, en sera sans doute plus laborieux, maisj'ai la conQance qu'il est possible et sera, malgré tout, facile li l'oQ s'avise
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d'orienter l'esprit de M. Wilson ver3 le plâil solide que doit adopter toute action morale dans nos pays.
Qu bien l'action wilsonicnne s'adressera à. l'enthousiasme idéologique, et ce sera un feu de paille aussi trompeur que les autres, qui durera tout juste ce ^u'il faudra pour permettre à l'intrigué allemande d'en profiter.
Ou l'action wilsonienne empruntera les vieilles routes vénérables, solidement construites et fortement battues, des traditions, des mœilrs, des cultes et de tout ce qui a constitué les forces spirituelles de l'Occident: parelles, bien des idées neuves peuvent s'incorporer définitivement aux esprits et aux volontés. Ni les Etats, ni les dynasties ne seront des alliés méprisables à ce point de vue. Il faudrait pouvoir se servir de tous les éléments de ce qui vit déjà pour instaurer une vie meilleure. Au contraire, un plan neuf avec dés matériaux neufe, sur un emplacement neuf, cela suppose une poussée préalable de destruction bolchcviste qui est précisément ce dont M. le président Wilson a hOrteur, nous assure-ton.