‹ Les trois aspects du président Wilson: la neutralité, l'intervention, lChapitre 86 sur 132 · PASSIONS, INTÉRÊTS, RELIGIONS · texte numérisé non relu

PASSIONS, INTÉRÊTS, RELIGIONS

Jusqu'à quel point commande-t-on k la nature? L'empire de la volonté pure est-il illimité? C'est toute la question que soulèvent les doctrines de M. Wilson. Nous y lisons des impératifs. Nous n'y trouvons pas des moyens de les réaliser qui soient proportionnels aux difScultés abordées. Mais ces moyens existent ou ils n'existent pas. Cherchons-les. Nous avons commencé. Rien n'empêche Sembat d'aider notre recherche.

Lies deux Français qu'il inculpe d'intentions assassines ne lui en voudront pas de son accusation s'il leur fait le plaisir de fournir un commencement de réponse à leurs curiosités, car enfin, nous n'estimons pas du tout, bien qu'il nous attribue celte pensée, que c l'idée de tuer la guerre * soit « subversive, anarohique et antifrançaise i. Nous lui demandons seulement de nous en dire les moyens dans l'état présent d'une Europe où les nationalités représentent des associations d'égoïsmes effervescents ; où les mouvements sociaux représentent des jalousies et des haines de classes artistement suraiguisées par l'intérêt des partis politiques; où enân l'idée religieuse est combattue i peu près partout par les Etats nationaux et par les partis sociaux... M. Wilson a rédigé ses quatorze articles sur l'hypothèse d'Etats et de Partis civilisés, domptés, polis et

MAURkAS — WILSOK 9

adoucis par une culture morale et religieuse aussi profonde que la sienne.

Pareille culture, Sembat la voit-il, et où?

MÉDECtNE ÇHINOtSE .

Je lut réponds très posément, comme je l'ai fait plusieurs fois ici, par des idées très dé&nies et des raisons très perceptibles. S'il aime mieux crier au meurtre et au complot, libre à lui. Mais tout Is monde se demandera avec surprise oe qu'il a, ce qui lui a pris. On dira même que les quatorze articles doivent lui sembler bien fragiles puisqu'il ne peut pas les défendre de sang- froid.

Ou, si l'on s'occupe de trouver une raison plus ingénieuse & son extraordinaire mimique, on pourra se dire qu'il tient i. l'énoncé des quatorze articles beaucoup plus qu'A leur pratique et & leur réalisation. Signer, proclamer, acclamer les quatorze articles donnera peut-être au bon peuple l'illusion de leur règne et de leur action. Mais de tels procédés nous ont fait toujours penser à la mèdeoiae chinoise qui, à défaut du remède, en fait avaler aux malades le nom dûment inclus dans des boulettes de papier. Seulement Sembat est l'auteur de Faites un roi et de maint article du Courrier Européen où le monde républicain d'avant la guerre était sommé de parler et d'écrire sérieusement : sinon, disait Sembat, l'idée royaliste viendra fatalement & bout de l'ab' sence d'idée républicaine. Comment croire que d'un raisonneur, d'un dialecticien, d'un critique, las immenses événements où il a été acteur et public aient tira un adepte du nominalisme ehinois? Et, si

l'on refuse d'admettre œtte oataatropbe, comment concilîe-t-il son goût de la liberté intellectuelle, aon estime des quatorze articles et l'horreur que lui inspire tout débat sur ce point sacré? La question est inextricable.

Page 1