CAPITOLE ROMAIN ET CAPITOLE AMÉRICAIN
Comme toujours, l'orateur prenait les précautions les plus solides, il s'ancrait tout d'abord aux réalités fermes et par exemple avant de partir pour l'azur, il commençcùt par dire tout net :
Il est aisé de parler de droit et de justice, il est qaetquefois malaisé de tes faire passer dans la réalité, et cela exigera une pureté de mots et un désintéressement d'intentions dont le monde n'a jamais été témoin jusqu'ici dans les conseils des nations.
Pas de précédent. Donc, attention et gare! dit le bon sens américain. Mais cela dit (et fait), le président s'embarque dans des constatations dont le défaut est d'être remarquablement unilatérales... Oui, il a raison de le dire, f de grands empires sont tombés en morceaux >, c'est le fait capital de cette guerre, mais ce n'est pas le seul : d'autres empires se sont resserrés, concentrés et fortifiés, il faut donc y penser. Oui encore, ce qui rattache tes hommes dans les Etats, ce qui peut rattacher les Etats entre eux, c'est l'amitié. Ariatote l'avait déjà dit. Est-ce l'amitié seule? Il y a des intérêts qui le plus honorablement du monde ont su unir de grandes nations, après les avoir divisées : l'Angleterre et la France ne l'ontelles pas éprouvé dans les plaines de Flandre?...
Le président dit encore que l'amitié est le seul trait
M. WILSON A ROME l4l
d'union international « si vous écartez la force ! » Mais le plus beau est que vous ne l'écartez pas de la Sociëté des nations ; vous êtes obligés de créer une force internationale, et cette force est passible de toutes les objections dont les forces nationales sont si curieusement accablées aujourd'hui.
Alors? Alors, il y a beaucoup de faataisie, de mousse, d'humour philosophique et doctorale dans ces magnifiques discourset quand on lit, d'autre part, ce regret :
Si l'Allemagae avait attendu seulement le temps d'une simple génération, elle aurait possédé l'empire commercial du mande. Elle se refusait à faire cette conquête par les moyens de l'intelligence, de l'esprit d'entreprise, de la réussite commerciale,
ici, on ne peut s'empêcher de rêver et, le rêve achevé, de se dire qu'un empire purement commercial peut être terriblement oppressif, homicide et dévastateur. La Société des nations noua y ezposera-telle? Ne haussez pas l'épaule, ne vous confiez pas au destin des belles idées et fuites (je ne vais pas vous donner un petit modèle), faites, faisons tous comme le roi d'Italie, riche en sourires radieux pour la Société des nations, maïs qui a commencé un paragraphe de son discours en des termes aussi sages et puissants que ceux-ci :
L'Italie ayant désormais réuni à elle ceux' de ses enfants depuis longtemps éprouvés par l'oppression étrangère et retrouve les frontières qui seules peuvent lui donner, avec la sécuriié, une véritable indépendance...
14B LE PRÉSIDENT WtLSON
Victor- Emmanuel III est décidément de l'avis de M. Clemenceau. Société des nations tant qu'on voudra : mais des frontières, des armements, dea alliances et l'équilibre des forces de terre et de mer en Europe et dans le monde entier. Ce système peut être ancien. Il est. Tout ce qu'on peut dire de l'autre est qu'il n'est pas encore apparu capable de vie.