SCENE XII
CAMILLE
Quinze mois.
DUPONT
Ahl... Un biscuit?
CAMILLE
Merci 1
Un temps.
DUPONT
El le veuvage ne vous pèse pas un peu, madame?
CAMILLE
Nullemenl, monsieur.
DUPONT
Aiil
CAMILLE
Je ferais volontiers, comme vous, vœu de célibat.
DUPONT, vivement.
Ah ! madame, je suis bi^^n revenu de ces idées-là, moi t... (Un temps.) Et VOUS ne soulïrez pas parlois de cet isolement?
Mon Dieu, monsieur, toute situation a ses ennuis, je crois.
DUPONT
Sans doute, sans doute... (un temps.) Alors jamais l'idée ne vous est venue...
CAMILLE
Piaît-il?
DUPONT
Rien!... (un temps. — Avec résolution.) Madame, que pensezvous de moi?
CAMILLE, étonnée.
Devons?
DUPONT
Oui.
CAMILLE
Que vous êtes uu brave garçon, un peu fou...
DUPONT
Croyez-vous?
CAMILLE
Mais je suis sûre que vous êtes bon.
DUPONT
Excellent, madame, excellent I... Vous n'avez pas deux sœurs, madame?
^i LES TROIS CUl\IAGES
CAMILLE, souriaot.
Vous m'en demandiez trois, tout à l'iicure...
DUPONT
Oui j mais j'ai réfléchi que deux suffiraient.
CAMILLE
J'en ai une... une seule.
DUPONT
C'est toujours ça !... pardon... elle a plus de sept ans ?
CAMILLE
Elle a dix-huit ans, monsieur.
DUPONT
Bravo!... pardon... Elle n'est pas mariée?
CAMILLE
Oh! non, monsieur.
DUPONT
..... El vous êtes bien sûre de n'en avoir qu'une?
CAMILLE
Parfaitement sûre. . ■
DUPONT
Enfin! —Ah! une idée!... Quel âge a votre tante, madame?
Cinquante-cinq ans.
DUPONT
Diable! c'est un peu mûr... quoi qu'il y ail des femmes de cinquante-cinq ans... Diane de Poitiers!... non, je divague... Vous n'avez pas une cousine-germaine... ou pas germaine?
CAMILLE
Peut-être, en cherchant bien.
DUPONT
Oh! cherchez, madame, cherchez!
CAMILLE
Non, je ne crois pas.
DUPONT, à part.
Ma position est embarrassante !... voilà bien deux épouses... une pour moi... charilé bien tirdonnée!... l'autre pour Desmichel, le littérateur... mais (junnl au peintre... (uaui.) Madame, ne trouvez- vous pas (}u'un artiste a le plus ^rand tort de se marier?... Ne me répondez pas... vous ne seriez peut-être pas de mon avis. (Seievaût.) Madame, j'ai l'honneur de vous demander votre main ainsi que celle de mademoiselle votre sœur.