‹ Les trois dames de la KasbahChapitre 6 sur 8 · i;s TKois UA.Mi;s uk l\ k.vsbah · texte numérisé non relu

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parois, et <lo vioux petits tîiMoaux acrrochés au hasard r<'présenlaient des choses incompréhensibles : c'étaient des inscriptions ayant forme de bétes singuHères, des lions dont le corps était un assemblage d'hiéroglyphes d'or, et puis des symboles mystérieux, et plusieurs images d'un cheval ailé à visage de femme.

Ils avaient dormi par terre, sur des couvertures et des coussins; il n'y avait rien nulle part dans ce gîte, rien ({u'unc natte grossière recouvrant le sol tout d'une pièce, et un plateau de cuivre sur lequel on avait biùlé de l'anibre et de l'encens. L'air gardait une senteur d'église.

Les filles avaient dans leur sommeil une Iranijuillité et comme une innocence d'enfanL Elles étaient parées encore de tous leurs bijoux d'argent et de corail, et de leurs colliers odorants en fleurs d'oranger.

Kiix éprouvaient tout A. coup une timidité et un malaise au milieu de tout cet

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iin(tiiiiii. Ils s<* levôifrit avec pnk'aulioii pour iifj pas les ('veiller, et se coulèrent vers une ouverture que fermait une ilraperic de soie.

Alors ils se trouvèrent dans la cour d»; faïence et de marbre, où tombait d'en haut l'air vif et délicieux des dernières heures de la nuit.

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Ils se souvinrent de Barazère, (jui dormait près de Kadidja, (|iiel(|ue |»art dans celte maison, et ils l'appelèrent doucement

Harazère aussi se leva, et rej^arda cette foinme (|ui voulait le retenir en .l'enlaçanl. Il vit qu'elle était vieille, que son visage était ridé et sa chair affaissée. — Il s'en détourna avec Ijornuu', la repoussant du pit'd...

En clierchant dans l'indécise lueur lilanche, ils trouvèrent la porte verrouillée du dehors, et ils sortirent, énervés par toutes ces ivresses de leur nuit.

Le pâle matin les enveloppa de sa fraîcheur saine, de sa lumière timide et virginale. Aucun bruit; tout dormait encore dans la Kasbah ; enveloppée dans ses blancheurs de chaux, elle avait plus que jamais son air de sépulcre.

Où étaient-ils ? Ils s'orientèrent ; ils n'étaient plus ivres. Ils jugèrent qu'ils devaient être très haut au-dessus du port et

de I.i iiu'i-, t'L ils se inin'iit à descendre i^ar les jtentes raides des petites rues arabes.

On y voyait encore à peine, et autour d ('U\ tout était d'une pâleur singulière; à jtarl les pavés de galets noirs, tout était blanc. Les vieilles maisons jnauresqucs, les vieilles voûtes en oj^ive, les vieux Jambages de bois qui chevauchaient le long des murs, tout était comme dans une obscurité blanche. I^e silence send>lait couver des eiichantements et des mystères.

Après les voluj)tés, les baisers de fièvre, es fumées d'encens, ils respiraient avec délice ce grand air, cette i'raîchour douce du matin. Kt ils marchaient d'un pas alerte et léger, dans ces hauts quartiers qui dormaient.

Ils allaient gai<'nn'iil, savourant ce bienêlre matinal, ne se doutant pas ({ue c'était fini à jamais de leur saine et belle jeunesse, et qu'ils efiq^oi-taient avec eux dans leur sang de hideux germes de mort...

Le jour était encore incerlain quand ils arrivèrent en bas, sur les quais d'Alger. Parmi les décombres, les pièces de bois empilées, ils virent des masses grises : des Arabes, portefaix des navires, qui dormaient H la belle étoile dans leurs burnous percés; un tas hideux, couvert de haillons et de vermine.

Et puis, plus loin, ils éclatèrent de rire en reconnaissant leurs amis d'hier, les trois Bretons, sur du sable.

Ils furent étonnés d"en voir un (|uatrième avec des moustaches : — le zouave.

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Trois chiens, assis siii' loin- (Icrrièni, semblaient voilier sur eux avec une sollicitude reconnaissante.

Tout débraillés, ils donnaient comme des morts, les Bretons. 11 leur manquait à chacun une pièce de leur costume, qu'ils avaient retirée pour habiller l'autre.

Yves, lui, ({ui avait donné son tricot à raies bleues, laissait voir sa poit'ine nue, et les deux petits chats qu'il avait volés pour leur apprendre des tours, blottis contre sa peau, dormaient aussi, Irancjuilies et conlianls.

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