X INTRODUCTION
œuvres des poètes, écrites soit en vers, soit en prose, car la prose ne dédaigne plus de piller à son profit le riche héritage de la poésie.
C'est à ces derniers fidèles d'un culte diminué et proscrit que nous nous proposons devenir en aide : nous voudrions leur donner des armes contre leurs ennemis, fortifier leur goût en réclah'ant, multiplier les nobles émotions que suscite raudition des plus beaux textes anciens et modernes en leur en facilitant l'interprétation.
Parmi ceux qui ont préconisé les lectures publiques se trouve au premier rang le charmant et agréable auteur de deux livres qui resteront le bréviaire des lecteurs ou récitateurs à venir, M. Legouvé : il convient de citer ensuite Constant Coquelin, qui s'efforça de faire aimer et goûter les poètes modernes, dans les réunions mondaines. Notons-le à sa louange ; encore qu'il soit un peu responsable, devant les lettrés, de l'épidémie de monologues qui s'est abattue sur les salons depuis une vingtaine d'années. Des salons oii elle ne trouva qu'un accueil de commande, que des applaudissements dictés par le snobisme ou l'intérêt, la poésie est allée vers le peuple. Maurice Boucher, le poète bien disant, l'a conduite dans les assemblées des humbles, des petits employés, des artisans, des ouvriers. Hommes faits, pauvres femmes et adolescents accoururent en habits de travail au devant d'elle; elle toucha sans peine l'âme populaire qui s'émut et vibra longuement, reposée par ses paroles enchanteresses du labeur pénible de la journée, des préoccupations du lendemain, des hantises d'un avenir presque toujours sombre.
Depuis, les auditions organisées par les universités