INTRODUCTION XI
populaires, par les associations philotecliniques etphilomatiques se sont multipliées, non seulement à Paris, mais en province. Les instituteurs, les professeurs de lycée, non contents d'enseigner dans les limites tracées par leur devoir, prennent sur leur repos du soir et se font les éducateurs delafoule ; ils lui commentent les chefs-d'œuvre littéraires de notre esprit et de notre langue ; ils lui présentent les plus belles fleurs de notre culture nationale ; ils lui font part de l'héritage intellectuel amassé au cours des siècles par les illustres aïeux sur les lèvres desquels l'âme de notre race a parlé.
Et c'est justice; ce qui vient des pères doit retourner à tous les enfants sans distinction de rang, de fortune et d'esprit : ceux qui ont le plus besoin de cet héritage moral peuvent y prétendre avec le plus de droits. Il s'est produit en Europe, ce demi-siècle dernier, un fait unique et sans exemple dans Thistoire : un peuple divisé, morcelé pendant quinze siècles, dont le nom n'était qu'mie expression géographique, a subitement réuni tous ses tronçons épars, s'est puissamment repris à la vie, est sorti de sa misère économique et affirme tous les jours sa vitalité nouvelle : il s'agit ici de l'Italie.
A quoi donc est dû ce phénomène unique de résurrection? A ce que Tltalie a toujours gardé le culte de sa beauté, de son passé, de ses artistes, de ses poètes, en un mot, de sa tradition. Au moment où la réunion de tous les éléments qui pouvaient constituer la jeune Italie s'est produite, les ferments étrangers, les corps (Ussidents se sont fondus avec le reste dans la religion du passé et du souvenir.
Sait-on quels destins nous menacent? En tout cas,