‹ Les trois dictions [par] Georges Berr et Ren© DelbostChapitre 32 sur 91 · SUR LA DICTION RYTHMIQUE EN GENERAL · texte numérisé non relu

SUR LA DICTION RYTHMIQUE EN GENERAL

Lin moment ; des souffles légers frémissent, des apparitions guerrières tournoient dans le vague de la nuit, puis tout s'efface et, des temps sublimes et de l'empire et des guerres titanesques, il ne reste rien qu'un père semblable aux autres, qui sanglote, le cœur plein de son enfant :

Non, ce qui Toccupait c'est Tombre blonde et rose Dun bel eufant qui dort, la bouche demi-close,

Gracieux conune FOrient, Tandis qu'avec amour sa nourrice enchantée D'une goutte de lait au bout du sein restée

Agace sa lèvre en riant.

Le père alors posait ses coudes sur sa chaise, Sou cœur plein de sanglots se dégnntlait à Taise,

11 pleurait, d'amour éperdu.

Sois béni, pauvre eufant, tète aujourd'hui glacée. Seul être qui pouvait distraire sa peusée

Du trône du monde perdu l

Par degrés le rythme s'amplifie, il perd en passion, gagne en profondeur et finit par un largo semblable au mouvement d'une marche funèbre entremêlée de quelquesuns des cris du Dies irœ :

Tous deux sont morts, — Seigneur, votre droite est terrible! Vous avez commencé par le uiaîtie invincible.

Par l'homme triomphant.

Puis vous avez enfin complété l'ossuaire; , Dix ans vous ont sufh pour liler le suaire

Du père et de l'enfant.

Gloire, jeunesse, orgueil, biens (jue la tombe emporte! L'homme voudrait laisser quelque chose à la porte.

Mais la mort lui dit non !

Chaque élément retourne où tout doit redescendre, Lair reprend la fumée et la terre la cendre ;

L'oubli reprend le nom.

PeuL-ètru quelques cspriis prévenus contesteront-ils la légitimité de comparaisons et d'analogies que nous n'avons, du reste, établies qu'avec certaines réserves.

Cependant il est hors de doute que dans l'ode que nous avons citée, le* rythme^ sont plus nombreux, plus variés, et plus importants que les idées.' qui toutes, du reste, ne sont que le développement splendide, incomparable, inimitable, si vous le voulez, du texte le plus banal, comme le plus souvent développé qu'on puisse imaginer, nous voulons parler du Sic transit gloria mundi. Il n'est pas un prédicateur qui ne puisse compter au moins un sermon à son actif sur ce point, pas un poète qui n'ait été amené à le conmienter incidemment au cours de son œuvre poétique; mais où sont-ils parmi les prédicateurs, historiens ou poètes, ceux qui Font commenté avec tant de flamme, tant de passion, tant de mouvement, tant de vie, tant de rythme, en un mot, car le rythme est l'harmonieuse loi de la vie.

Par conséquent, il est légitime pour un diseur de s'occuper surtout du rythme, dans l'interprétation de ce morceau. Toutes les indications de la diction expressive seraient ici absolument inutiles sans l'observation du rythme. En tête d'une phrase musicale, le compositeur indique toujours brièvement le mouvement dans lequel elle doit être rendue et sans lequel elle perd toute sa valeur et sa signification, le poète se préoccupe rarement de donner des indications à ses futurs interprètes : c'est aux diseurs à reconstituer les œuvres des poètes dans leur mouvement original : il ne leur est pas permis de commettre une erreur. Pour traduire cette sonate, commencez par l'adagio, puis attaquez 1' « allegro e con

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