SDR LA DICTION RYTHMIQUE EN GÉNÉRAL
brio ') presque sans transition : à cet « allegro », opposez un (( andante » auquel vous ferez succéder un (( presto » : mêlez enfin 1' « adagio » et les « allegro » dans ravant-dernière partie, puis terminez sur un <( largo » religieux plein de pitié et de consternation.
Nous avons eu Toccasion de réciter cette Ode à Napoléon II, ainsi comprise et traitée comme une manière d'œuvre musicale à un musicien de nos amis, organiste et compositeur de grand talent, nature sensible à l'excès, passionné pour son art : il nous avoua n'avoir rien entendu d'aussi. « évocateur », d'aussi peuplé de visions, (.l'images et de sensations que cette poésie lyrique. Aucune symphonie, exécutée à grand renfort d'orchestre ne l'avait aussi profondément pénétré que ces vers, aucune ne lui avait paru plus fertile en combinaisons, en rythmes et en éléments musicaux. Notez que notre ami préfère la musique symphonique à toute réalisation dramatique, à toute exécution au théâtre qui, affirme-t-il, limitent sa compréhension et dhninuent son émotion en voulant en préciser la forme et l'objet. Or, à n'en pas douter, c'est au respect du rythme qu'il avait dû cette . hnpression ; un interprète qui voudrait traduire toutes ses sensations, qui voudrait serrer de trop près le texte du poète, grossir la ligne, fouiller le détail, là oii le poète a procédé par larges indications, par vues d'ensemble, par mouvements plutôt que par petits traits, un tel interprète détruirait l'effet total de l'œuvre. Celle-ci consiste bien plus, nous croyons l'avoir démontré, dans la variété, la puissance des rythmes que dans des idées, qui à l'analyse se réduisent considérablement et se ramènent à une seule : celle que nous avons indiquée plus haut.
Dans le commentaire on le parallèle qni précède, qnel que soit le nom dont vous vouliez l'appeler, nous avons parlé d'une manière tout à fait générale de rythmes, de mouvements, de cadences, sans élucider un seul de ces termes; nous avons simplement démontré, en en séparant les mouvements, en les décomposant, que Fode ici commentée recevait du fait de ces mouvements une force très puissante, qu'elle leur devait incontestablement la plus grande partie de sa beauté ; le reste consistant bien plus en belles images qu'en pensées attrayantes, recherchées et neuves. D'autres poésies vaudront ou par leur harmonie ou par leurs images, ou par la grâce et la force de leur pensée.
D'une manière générale, toute poésie contient ou un élément émotionnel: c'est le rythme; ou un élément représentatif : ce sont les images ; ou un élément rationnel : ce sont les pensées ; ou un élément général qui enveloppe les autres : l'harmonie.
Etudions le premier de ces éléments, le rythme. Il faut croire que le rythme est d'une nature bien mystérieuse, car tout le monde en parle, et personne ne sait à vrai
dii-e ce que c'est. La plupart du temps on le confond avec le mot mesure.
Or, supposons une mesure musicale à quatre temps, dont chaque temps comprendrait trois croches ; si, pendant un morceau de vingt-quatre mesures, on reproduisait vingt-quatre fois la même mesure de douze mêmes croches battues également sans aucnne différence, sans groupements en noires ou en blanches, sans s3'ncopes, vous imagineriez-vous qn'on aurait créé nn rythme ? On aurait tout simplement i-empli vingt-quatre mesures, mécaniquement, mathématiquement.
Prenons maintenant une phrase qui compte douze syllabes ou mieux douze pieds; exemple : Je ne crois pas du tout le voir avant demain.
On peut souvent émailler sa conversation de phrases analogues sans pour cela parler en vers et se vanter d'être un poète.
En réalité, cette phrase a la mesure d'un vers de douze pieds; mais il lui manque :
Le rythme poétique ;
La pensée poétique;
L'image poétique ; . .
L'harmonie poétique ;
Une pareille phrase :
— .le ne crois pas du tout, le voir avant demain — est semblable à ces objets en fonte d'un usage journalier, tels que pelles, pincettes, marmites, auxquels l'artisan donne dans un moule commun une apparence artistique ; de loin ils ont l'apparence du fer ou du cuivre ciselés ; mais un connaisseur a vite fait de les juger. La forme de ces objets peut varier sans inconvénient avec le moule. De
même vous pouvez plier à votre fantaisie de pareilles phrases : elles n'y perdent rien : Vous pouvez dire :
Oh! je n espère pas le voir avant demain.
Non! je ne compte pas avant demain le voir.
Le voir avant demain, je ne l'espère pas!
Ça n'a aucune importance.
Mais touchez donc, sans le mutiler, à ce beau vers de Victor Hugo.
Une immense bonté tombait du firmament.
Essayez avec nous de changer un mot, l'épithète « immense », que nons remplacerons par « douce ».
Une douce bonté tombait du firmament.
Par le simple changement de l'épithète, nous avons rétréci la grandenr du firmament, restreint l'ampleur de la pensée, atténué l'harmonie du vers.
Seul le rythme a été respecté :
Une don | ce bonté | tombait ] du firmament Une immen | se bonté | tombait | du firmament
Mais quelle différence dans l'ensemble.
Il y a quelque chose de profondément senti et perçu dans la théorie de Théodore de Banville que le poète est nn créateur et que ce qu'il crée ne peut exister indépendamment de la forme que la création poétique lui a donnée.
Tout le monde connaît le beau vers des trophées de José Maria de Hérédia :
Cléopûtre debout dans la splendeur du soir.
Retournons ce vers splendide de sonorité, de rythme et
d'image
Cléopàtre dans la splendeur du soir, debout.
La mesure du vers reste la même.
Mais nous avons changé et mutilé le rythme.
Nous avons supprimé rharmonie, car à la place de la sonorité pleine et prolongée du mot soir, qui était à la rime, nous avons sul)stitué la résonance sourde et étouffée du mot debout. Eu un mot, le second vers est mauvais, et ce n'est pas faire preuve de méchanceté que de dire de ceux ((ui ne s'aperçoivent pas de la différence rythmique et harmonique des deux vers qu'ils ont les oreilles du roi Midas, le père des Philistins actuels, l'ancêtre de ceux que Théophile Gautier et l'école romantique déshonoraient du nom de « bourgeois ».
Il y des vers où l'harmonie surtout prédomine, comme ceux-ci d'Alfred de Musset :
Les tièdes voluptés des nuits mélancoliques Sortaient autour de nous du calice des fleurs.
L'harmonie générale résultant de l'ensemble de ces deux vers est créée parla souplesse caressante du rythme et surtout par les sonorités douces des mots qui les composent. Il y en a d'autres où le rythme l'emporte :
Le chagrin | monte eu crou | pe et galo | pe avec lui '.
( 1. Le rythme consiste dans la qualité des variations intérieures d"une /mesure toujours identique en durée.
/■ L'harmonie consiste dans la qualité des sonorités qui entrent dans la
composition du vers.
Dans ceux de Victor Hugo, les images prennent un développement, une force extraordinaire et priment l'harnionie, le rythme et la pensée, qui existent pourtant à un si haut degré dans son œuvre.
Demain, c'est le cheval qui s'abat, blanc d'écumel
Quelquefoisla pensée seule donne aux vers le sceau poétique en négligeant la cadence, le rythme, l'harmonie et l'image.
Pascal, le plus nerveux, le plus concis, le plus original de nos prosateurs, ayant à exprimer comment de petites causes peuvent produire de grands effets, écrit d'abord à l'article VI des Pensées :
a Cromvi^ell allait ravager toute la chrétienté : la famille royale était perdue, et la sienne à jamais puissante, sans un petit grain de sable qui se mit dans son urèthre; Rome même allait trembler sous lui; mais ce petit gravier, qui n'était rien ailleurs, mis en cet endroit, le voilà mort, sa famille abaissée et le roi rétabli. »
Plus loin, à l'article IX, il émet une pensée analogue, à propos de l'amour, et l'accompagne des réflexions suivantes :
« La cause en est un je ne sais quoi, et les effets en sont effroyables. Ce je ne sais quoi, si pende chose qu'on ne saurait le reconnaître, remue toute la terre, les princes, les armées, le monde entier. Si le nez de Cléopàtre eûf. été jdus court, tonte la face de la terre eût été changée. »
SuUv Prudhomme exprime une idée de même nature dans un poème appelé ï Ame; il se dit lui-même mélancohque-
ment :
Partout scintillent des couleurs ; Mais d'où vient cette force en elles ? Il existe un bleu dont je meurs, Parce qu'il est clm^s des prunelles.
Tous les corps offrent des contours.
Mais d'où vient la forme qui touche ? Comment fai^-tu les gramls amours, Petite ligne de lu bouche ?
Est-ce que ces deux derniers vers ne sont pas la traduction gracieuse, émue, de cette remarque brève, concise et sèche :
« Si le nez de Cléopâtre eût été plus court toute la face de la terre eût été changée » ?
Et comprenez-vous maintenant la différence qu'il peut y avoir entre une môme pensée exprimée par un moraliste et im poète?
Notez encore que les vers de SuUy-Prudhomnie u"ont ici, par exception du reste, qu'un rythme et une harmonie très faibles, qu'ils ne comportent aucune image saillante et que c'est seulement la grâce et l'émotion contenue de la pensée qui font la poésie de ces deux strophes.
Comprenez-vous maintenant que cette phrase do douze pieds, intercalée par Molière dans la prose du Sicihen :
Le ciel s'est habillé ce soir en Scaramouche
est un vers, un véritable vers, avec la mesure, le rythme, l'harmonie et l'image. Vous n'en pouvez rien changer sans y enlever un élément d'utilité et d'agrément.
Au contraire ces phrases de Scapin :
Nous nous sommes allés promener sur le port ....
Il va nous emmener votre fils en .\iger,
Non vraiment, vous lavez remis dans votre poche,
et ces autres de Géronte dans la même pièce :
Va-t-en, Scapin, va-t-en vite dire à ce Turc...
Que je vais envoyer la justice après lui...
Attends Scapin, je m'en vais quérir cette somme, etc..
de môme que son :
Mais que diable allait-il faire à cette galère,
qui n'est (|u'une variante de la première phrase :
Que diable allait-il faire dans cette galère
toutes ces phrases, quoique possédant la mesure du vers de douze pieds, ne sont que de la prose.
De même beaucoup d'autres.
Vous vous rappelez sans doute encore les g-racieuses descriptions poétiques de Fénelon dans le Ti'lhnaque. Songez à quelques-unes de celles qui rempHssent le séjour de l'élève de Minerve dans l'île de Chypre ou dans l'ile de Calypso. Et, si vous voulez savoir tout ce que le rythme poétique leur ferait gagner en grâce, en mélodie et en séductions irrésistibles pour l'esprit et les oreilles, écoutez celles-ci.
C'est un amant qui parle à sa maîtresse :
Je me suis figuré, dans mon premier sommeil, Être dans un jardin, au lever du soleil, Que l'Aurore vermeille avec ses doigts de rose Avait semé de fleurs nouvellement écloses ; Là, sur les bords charmants d'un superbe canal, Qui reçoit dans son sein un torrent de cristal, Où cent flots écumant et tombant en cascades Semblaient être poussés par autant de naïades ;
Là, dis-je, reposant sur un lit de roseaux,
Je vous vois sur un char sorti du fond des eaux;
Vous aviez de Vénus et l'habit et la mine;
Cent mille amours poussaient une conque marine ;
Et les zéphirs badins, volant de toutes parts,
Faisaient au gré des airs flotter des étendards.
La maîtresse deniandanl :
De grâce, dites-moi, parlant sincèrement. Sous l'habit de Vénus, avais-je l'air charmant? Le port noble et divin ?
l'amant répond avec nn ;i propos exquis :
Le plus divin du monde, Vous sentiez la déesse une lieue à la ronde.
Et ces vers sont signés de Regnard, nn autenr auquel on ne se borne qu'à demander la gaieté et qui nous offre par surcroit la fantaisie la plus délicate et la grcâce la plus fraîche.
Connaissez-vous beaucoup de couplets dits par les valets de Molière, de Lesage ou de Marivaux qui aient Tentrain, le brio, le mouvement de celui-ci :
. . . Devant qu'il soit deux ans Je veux que Ton me voie avec des airs fendants, Dans un char magnifique, allant a la campagne, Ébranler les pavés sous six chevaux d'Espagne. Un suisse à barbe torse et nombre de valets. Intendants, cuisiniers rempliront mon palais : Mon buffet ne sera qu'or et ((ue i)orcelaine; Le vin y coulera comme l'eau dans la Seine;
Table ouverte à dîner, et les jours libertins, Quand je voudrais donner des soupers clandestins, J'aurai, vers le rempart, quelque réduit commode Où je régalerai les beautés à la mode. Un jour Tune, un jour l'autre, et je veux à ton tour Et devant qu'il soit peu, t'y régaler un jour.
C'est que Regnard est prodigieusement poète, qu'il possède avant tout le rythme et le mouvement et que cela suffit à lui assurer la prédominance sur beaucoup de prosateurs au théâtre.
On a beaucoup raillé la fameuse boutade de Flaubert :
« Un beau vers qui ne signifie rien est supérieur à un vers moins bon qui signifie quelque chose. » Voici la pensée qu'elle exprime : un vers qui n'est pas beau, même quand il signifie quelque chose, n'est pas un vers et, par conséquent, n'a aucune valeur poétique, mais un beau vers, même quand il n'a pas une compréhension très déterminée, a toujours en lui les éléments de la poésie : la plastique, le nombre, la cadence, le rythme et l'harmonie.
Nous croyons avoir rendu service à quelques-uns de nos lecteurs en nous adressant à leur sensibilité, à leur goût, pour leur faire comprendre plus facilement ce que des démonstrations plus scientifiques n'éclairent qu'avec une certaine tension de l'esprit et non par intuitions profondes et spontanées.
Nous conseillons à nos lecteurs de lire la préface de l'Amour Sicilien écrite par M. Georges Monval : autrefois on lisait beaucoup de préfaces ; elles dispensaient de lire les livres et d'entendre les pièces : ce n'est pas le cas ici. M. Monval, fanatique de Molière et l'homme de France qui connaît le mieux la biographie et la biblio-
rp:flexions sur les vers 8!J
graphie moliéresques, serait désolé de fournir des prétextes et des excuses à Tinertie et à la paresse des indifférents. Tout le Paris lettré connaît sa grande courtoisie, a puisé dans les réservoirs toujours ouverts de son érudition ; mais, à le voir, qui croirait que tant de prévenances, tant de science cachent un pince-sans-rire énorme, un humoriste qui s'amuse en dedans, silencieusement. Donc, dans la- préface en question, M. Mon val commence par remarquer avec Ménage que la prose du Sicilien est remplie de vers blancs, avec Castil-Blaze que la pièce founidlle de vers de toute mesure ; il accorde il M. de Montaiglon que la pièce est écrite en vers libres non rimes — ce qui est soutenable, dit-il, si l'on n'est pas trop à cheval sur les chinoiseries de la versification et si Ton est sans préjugés contre l'hiatus. Le ton de cette phrase devrait déjà nous mettre en garde ; mais M. Monval endort nos défiances en nous citant plusieurs extraits de la pièce : nous prenons au hasard.
Sotte condition que celle d'un esclave
Il faut que nuit et jour je n'aie aucun repos !
Que diantre veux-tu dire avec ton beau bécarre?
Monsieur, je viens d'ouïr quelque bruit là-dedans
Je reçois cet honneur avec beaucoup de joie !
Laissons les compliments, et songeons au portrait
Ah ! quand on aime bien, on se résout bientôt
Il met ces <( extraits », presque sur le même rang que « cet admirable alexandrin )> perdu dans la prose (hi « Don Juan » :
La naissance n'est rien où la vertu n'est pas.
Il cite encore l'aphorisme de Sagnarelle : « Et qui vit sans tabac n'est pas digne de vivre » ; le cri d'Harpagon dans son fameux monologue: « Ils me regardent tous et se mettent à rire » ; cette phrase de M™" Jourdain : « Mettez-vous là, mon gendre, et dinez avec moi » ; puis c'est ici que l'ironie commence et que le lecteur s'aperçoit qu'on s'est amusé de lui. M. l'archiviste du Théâtre Français qui connaît ses auteurs et son théâtre ajoute en passant, presque négligemment, d'un air détaché : « Notre prose courante est pleine de vers blancs, d'alexandrins isolés (il les appelle quelques instants encore des alexandrins) ; les choses les plus vulgaires, grâce au nombre et à la césure, prennent aisément le ton héroïque : Les Piaule urs de Racine et le théâtre de Regnard en fournissent de nombreux exemples. Ne disait-on pas de l'avocat Patru qu'il était poète, puisqu'un de ses morceaux commençait ainsi :
Sixième plaidoyer pour un jeune Allemand...'.'
<( On a lu ce beau vers au bas de toute invitation à une distribution de prix :
La rentrée est fixée au lundi 3 octobre.
« Et tout récemment, j'étais frappé de la noble alhire de cet avis charitable, placardé sans mahce aucune:
Ne mettez pas vos mains dans le ventilateur, L'hélice en mouvement vous couperait les doigts.
Ici le critique, las de badiner, emporté par une juste colère, cesse les feintes, montre à nu sa pensée et dit un
peu vertement la vérité aux poètes de rencontre qui se mêlent de confondre la prose et la poésie.
« Aussi, que font certains de nos poètes du jour sous prétexte de naturel et de simplicité? Ils collectionnent soigneusement ces alexandrins spontanément éclos dans le langage de chaque jour; ils les accouplent deux à deux par assonnances de même genre, et f(jnt ainsi de la prose sans le savoir, de la prose rimée, mais de la prose : sic i/ttr ad astra! »
On n'est ni plus clair ni plus juste! Nous nous associons volontiers à ces conclusions, et nous espérons que les amateurs de véritable poésie, avertis par des exemples si judicieux, sauront la reconnaître parmi les nombreux fantômes mensongers qui tentent d'usurper sa figure et ses vêtements, mais qu'il est si facile de démasquer.
Il nous parait qu'il serait temps de tirer scientitîquement au clair la notion du rythme, après avoir essayé d'en faire pénétrer Tessence par des exemples et des comparaisons.
Le rythme, d'une manière générale, est le rapport de la durée des sons ; en poésie comme en musique, il est aussi indispensable aux sons que le rapport de leur hauteur.
Sans la coexistence et la combinaison de ces deux rapports, tout langage, musical ou naturel, parlé ou chanté, est impossible : les rapports de hauteur d'une note sont assez faciles à saisir ; les rapports de durée sont plus difficiles à percevoir ; c'est pour cela qu'on évite les rapports compliqués et que les vers les plus employés sont ceux qui font entrer dans la composition de leur rythme les facteurs les plus simples, comme deux et trois, d'oti le nom de rythmes binaires et rythmes tertiaires.
En générahsant et en synthétisant plus encore, peutêtre pourrait-on dire que le rythme est le rapport plus ou moins varié, mais toujours harmonieux des différentes parties d'une œuvre ou d'une manifestation d'art. Quand le rythme s'exerce dans l'espace, il constitue l'architecture, la sculpture, la peinture ; quand il s'exerce dans le temps il constitue la poésie, la musique : l'art chorégra-
])liique s'exerce à la fois dans le temps et dans l'espace ; le rythme visuel et le rythme auditif se pénètrent, se mêlent souvent ; souvent aussi l'un d'eux se transforme et produit l'autre, ainsi que le prouve la poésie du délicat poète Léon Dierx.