‹ Les trois dictions [par] Georges Berr et Ren© DelbostChapitre 5 sur 91 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

tant qu'il y aura un esprit français, aussi longtemps le peuple français subsistera. Les meilleurs véhicules de cet esprit sont les œuvres de nos grands poètes et de nos écrivains de génie. Faire par leur moyen l'éducation de la foule n'est que légitime.

Mais il importe que celui qui fait l'office de trait d'union entre la foule et les grands esprits de notre race s'acquitte, comme il convient, de sa délicate et enviable fonction; il importe que le lecteur, récitateur ou diseur, qui est une manière de traducteur, ne soit pas un traître. On ne s'improvise pas lecteur, comme beaucoup de gens semblent se l'imaginer. Si, dans le but de faire partager un noble enthousiasme, une juste admiration, — l'admiration est aujourd'hui une denrée de luxe, — vous vous instituez du jour au lendemain diseur, vous courez grand risque d'ennuyer un auditoire, qui, forcément injuste parce qu'insuffisamment renseigné, s'en prendra aux auteurs de la monotonie, du manque d'intérêt uniquement dus au manque de savoir de l'interprète. Ainsi, vous irez à rencontre du plus cher de vos désirs et du but vers lequel vous tendez.

Certes, nous ne sommes pas exclusifs; nous ne nous bornons pas à vouloir être utiles seulement aux interprètes des œuvres du génie : d'une façon plus générale, nous nous proposons de venir en aide à ceux qui sont appelés à parler journellement en public, aux avocats, aux orateurs politiques, aux prédicateurs, aux professeurs; mais nous ne leur réserverons pas un enseignement absolument particulier : on peut poser en principe général que, pour arriver à bien s'interpréter soi-même, il faut commencer par interpréter les ouvrages qui offrent le plus de

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