‹ Les trois dictions [par] Georges Berr et Ren© DelbostChapitre 6 sur 91 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

beautés, de variétés et partant de difficultés ; ce (^ui revient à dire que tout orateur qui veut devenir un diseur, doit commencer par Tétude des maîtres.

-- Mais combien plaident, prêchent ou discourent d'instinct, sans jamais progresser et ne songent à recourir k la réflexion ou à l'enseignement raisonné qu'après de lourdes et fréquentes déconvenues. Il n'y a pas si longtemps encore, la chaire religieuse ne dédaignait pas les enseignements du théâtre * : M*''"' d'Hulst, qui ne fut pas le dernier venu parmi les orateurs sacrés de ces temps, avant de prêcher à Notre-Dame fit venir Got aux Carmes, à l'Institut catholique, pour obtenir de lui quelques conseils dont ni M*^''' d'Hulst ni son auditoire ne se plaignirent. Un grand nombre d'avocats v mettent moins de manières et s'imaginent tenir tout des faveurs du Code ou de leur excellent naturel. Ils se trompent, mais le public ne leur en garde pas rancune : Un avocat au palais a le droit d'ânonner, d'escamoter, de bredouiller, de bousculer les mots, de bégayer même et d'endormir son auditoire : il en profite et, s'il se lance dans la politique, il y reste ce qu'il était au Palais. Quoique les récitations publiques des œuvres des maîtres nous tiennent au cœur, nous ne voulons pas cependant nous en occuper davantage dans cette introduction. Notre grand amour pour les chefs-d'œuvre qui nous enthousiasment, pour les poètes que nous considérons comme des « hommes de bonne volonté », comme « des messagers de paix et de lumière », dans riiifornale, dans i"(d)sciu'e

1. Est-il besoin de rappeler ici le mot de Goethe : « Le tliéàtre l'ut souvent en querelle avec la chaire. Us ne devraient pas, ce me semble, vivre en ennemis ; comme il serait à souhaiter que dans l'un et l'antr lieu, la Divinité et la Nature ne fussent glorifiées que par de nobles esprits. » {Années d'apprentissage de Wilhem Meisler.)

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