DU VERS ALEXANDRIN
Un des plus intelligents reporters de ce temps-ci, qui est, à ses heures, auteur comique et poète, Georges Docquois, verveux, souple et spirituel, lorsqu'il veut s'en donner le temps, a écrit sur l'alexandrin une fantaisie en vers burlesques, qui ne manque pas de sel et qui mettra un peu de gaité dans ce débat sérieux. Ce poème, en même temps qu'il est un réquisitoire contre l'alexandrin, renferme un panégyrique en faveur du vers de huit pieds. Peut-être les délicats s'offusqueront-ils de certains traits un peu gros qui s'y rencontrent; nous ne le citerons que parce qu'il énumère, résumés pittoresquement, quelquesuns des griefs que, de longue date, on a formulés contre l'alexandrin soleimel.
La nuit dernière, l'air bourru, L'alexandrin m'est apparu.
Dans la profondeur des ténèbres Blanchoyaient ses douze vertèbres.
Près de la porte du salon,
Il se dressait long, — combien long! —
Et long ainsi, comme une lance, D'abord, il garda le silence.