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On rap.peLleMa. noa Elle eut hier seize ans
La nolalion, très logique, très justement ohservée, rsL d'acciu'd avec les lois les plus rigoui-euses de la diclioii.
Il y a, dans les Contes du Lundi d'Alphonse Daudet, une charmante fantaisie en prose qui a pour titre : les Vieux, dans l'interprétation de laquelle un diseur trouve matière à réflexions, à nuances et à succès. Alphonse Daudet s y met en scène lui-même. Laissons-le parler :
<( — Une lettre, père Azan?
« — Oui, Monsieur! ça vient de Paris.
« Ce brave père Azan; il était tout fier que ça vint de Paris. Pas moi! Quelque chose me disait que cette Parisienne de la rue Jean-Jacques tombant sur ma table à l'improviste et de si grand matin allait me faire perdre ma journée. Je ne me trompais pas. Écoutez plutôt. »
Et la lettre commence : elle est charmante, ég'ayée par des détails délicats dont Timprévu amène un sourire attendri dans les yeux des auditeurs. Un ami du poète, retenu à Paris par des occupations, ou peut-être simplement par de petites passions de jeune homme, le prie d'aller voir ses vieux parents qui habitent à Eyguières, un bourg proche du moulin que Daudet partage avec un vieux hibou : entre les lignes, se glissent des traits dans le genre de celui-ci ;
« Ils te parleront de moi, rien que de moi, ils te diront mille folies que tu écouteras sans rire... tu ne riras pas... hein? »
Ou de cet autre :
« Moi... Paris me tient... Eux, c'est le grand âge : ils sont si vieux... s'ils venaient me voir, ils se casseraient en route... » Cependant, malgré tous ces jolis traits, le poète ne s'égaye qu'à demi et s'écrie en fermant la lettre : « Au diable l'amitié, » grognant contrôla corvée quilui est imposée, pestant de ne pouvoir rester tout le jour dans
l'abri rêvé, « à boire de la lumière, en écoutant chanter les pins ».
Or, quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, nous avons entendu les diseurs lire ce morceau, non pas comme l'épitre d'un fâcheux, qui dispose indiscrètement de leur temps, qui trouble leurs projets et leur gâte toute une belle journée, mais comme un bijou littéraire dont ils ne sont pas fâchés de mettre les feux en évidence. Ils la détaillent avec la mine satisfaite et les fines nuances d'un auteur qui a fait un chef-d'œuvre : on dirait qu'ils en savent depuis longtemps tous les jolis traits; ils les relèvent avec des- gracieuses modulations, des cadences rares et précieuses. Cette manière constitue un non-sens.
Le flâneur qui se proposait de rêver et auquel on impose une course de plusieurs lieures en plein soleil se moque considérablement des trouvailles et des ciselures de la fâcheuse lettre ; il lit brutalement, uniformément, presque bourru ; tous ces frais de style ne lui arrachent qu'un haussement d'épaules et qu'un sourire fugitif, forcé, contraint, involontaire. Par conséquent, pas d'inflexions de voix ou, du moins, le strict nécessaire. Au contraire, la lettre lue, que le : « Au diable l'amitié ! » où reparait l'homme, se manifeste par un large intervalle et une forte accentuation.